Missing Files 04 Septième Sens

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Missing Files 04 Septième Sens

Message  Humbug le Sam 28 Fév 2015 - 8:11

Titre : Missing Files 04 Septième Sens

Auteur : Humbug

Avertissement : R (c'est quand même un peu violent)

Catégorie : X

ship : =

Résumé : Il existe une "faille temporelle" dans la chronologie de la série X-Files. L’épisode pilot se déroule début Mars 1992 alors que l’épisode "Squeeze" (Compressions) se passe en 1993 vu que Tooms tue tous les 30 ans & que ses précédents forfaits remontent à 1963 & 1933. Entre les deux, l'épisode "Deep Throat" (Gorge Profonde), uniquement. Si l'on admet que "Squeeze" se déroule début 1993 et "Deep Throat" en décembre 1992, cela nous laisse environ 8 mois, les 8 premiers mois d’enquêtes de Mulder & Scully passés sous silence par Chris Carter & son équipe. Durant ces 8 mois, Mulder & Scully ont été confrontés à 13 enquêtes (inédites) particulièrement difficiles : voici ces "enquêtes perdues", ces "Missing Files".



Disclamer : Les personnages ne m'appartiennent pas.








MISSING FILES






Episode 4




«Septième Sens»










Chapitre 1 «Solitaire»




Omaha – Nebraska
Mardi 25 mai 1992 - 22h27



La jeune fille ne faisait qu’un avec sa machine. Connectées l’une à l’autre comme deux circuits imprimés. Elle n’entendait même pas les bruits aigus ni les musiques répétitives et abrutissantes de tous les autres jeux vidéos qui l’entouraient. Elle était seule contre sa borne et à cette heure-ci, elle était toute seule dans la salle d’arcade. Depuis plus de deux heures maintenant, elle se livrait à un combat acharné contre les niveaux du jeu « Ninjustu Princess » et battait ses précédents records de minute en minute. Elle était comme possédée. Aucun méchant ne semblait lui résister. C’était SA borne d’arcade.

C’était une adolescente dont on avait beaucoup de mal à cerner l’âge car elle était petite, moins d’un mètre soixante, et toute fine. Avait-elle 21 ans tout en faisant beaucoup moins ou bien 15 ans tout en paraissant un peu plus ? C’était très difficile à dire et à déterminer en la voyant pour la première fois.

Elle avait les cheveux rouges en pétard qui la faisait ressembler à un perroquet, un rouge à lèvres vermillon, du fard à paupières jaune et bleu, les sourcils très épilés, des yeux verts, au moins cinq boucles à chaque oreille, un collier en breloque avec de faux rubis, sept ou huit bracelets en cuir ou en perle à chaque poignet, un bustier en dentelles noir, une jupe écossaise à carreaux rouge et noir avec une ceinture en maillon de chaine, des collants noirs troués et des escarpins tout aussi noirs dont le verni était craquelé.

Elle avait aussi autour du cou son casque de Walkman, tandis que le fil courait le long de son buste et que l’appareil était clipsé à la ceinture de sa jupe.

Sur son épaule droite, dénudée, elle avait un tatouage monochrome : une petite fée dans un croissant de lune.

Ses petites mains couvertes par des mitaines en laine s’agitaient sur le joystick et les boutons, et on pouvait lire les mots « SOFT » sur la main gauche et « HARD » sur la droite, une lettre sur chaque première phalange de ses poings fermés.

Ses yeux sortaient de leurs orbites tandis qu’elle accompagnait du corps les mouvements qu’elle donnait à la manette.

-Allez, vas-y bon sang, mais vas-y !!!

Elle rencontrait quelques difficultés car le méchant de ce niveau était beaucoup plus fort que les précédents. Soudain, un flash lui traversa l’esprit et son tatouage d’épaule se mit à scintiller.

Elle fut horrifiée par la vision mentale qu’elle venait d’avoir et son visage se crispa. L’effroi le plus extrême se lut dans son regard d’émeraude alors que son corps demeurait figé, comme statufié. Après un bref moment de désorientation, elle arrêta sa partie et s’empara de son sac de facteur marron clair, son « sac à malice » comme elle l’appelait. Une sacoche dans laquelle tenait toute sa vie ou presque et qu’elle déposait systématiquement au pied de la borne d’arcade, sur le coté droit. Elle enfila aussi un long pardessus en laine noir qu’elle avait déposé sur son sac avant sa partie pour ne pas qu’il traine par terre et être plus libre de ses mouvements, puis sortit de la salle de jeux en quatrième vitesse. Elle passa devant la seule personne présente, le gérant de la salle, affairé à lire une BD derrière son comptoir, et le salua de sa voix suraigüe et nasillarde.

-Salut Numéro 1 !

Le jeune homme d’un mètre quatre-vingt douze releva à peine la tête.

-Salut Solitaire !

Elle courait à perdre haleine dans les rues d’Omaha, direction le bureau du shérif. Une vingtaine de minutes plus tard, elle était arrivée à destination. Durant tout ce temps, elle n’avait pas cessé de courir. Elle s’arrêta net devant l’édifice du Douglas County Law Enforcement Center situé au 3601 nord de la 156eme rue. Changeant de direction, elle entra dans ce lieu très calme en cette heure tardive, lui qui fourmillait de monde en pleine journée.

Elle fut accueillie par l’adjoint du Shérif, le Deputy Chief Daniel Burroughs, qui était un jeune homme bien propre sur lui, avec la raie sur le coté. Il avait, de plus, la particularité d’être le fils d’un élu local. Le moins que l’on puisse dire c’était que le contraste entre les deux était saisissant.

-Je dois voir le Shérif immédiatement ! lança-t-elle le souffle court.
-Pour quel motif ?
-Pour le prévenir d’une catastrophe.

L’adjoint était dubitatif.

-De quel genre ?
-Un crash aérien.
-Un avion s’est écrasé ?
-Non, pas encore ! Il va se crasher juste après le décollage.
-Mais il n’a pas encore décollé ?
-Tout à fait. C’est le vol 1-0-1-3 de la Delta Air Lines pour Paris, aéroport Roissy-Charles De Gaulle, qui doit décoller d’Omaha à 23h00.
-C’est une blague ? Un canular, c’est ça ?
-Non, je vous jure ! Implora la jeune fille.

Mais l’homme n’en démordait pas.

-OK ! Où est la caméra ? C’est pour quelle émission ?

Il regarda tout autour de lui, à la recherche d’un petit objectif dissimulé pour capturer ses réactions.

-Je vous dis que ce n’est pas une blague !  Ni une caméra cachée ! Commença-t-elle à s’énerver. Un avion va s’écraser à 23h.

L’adjoint Burroughs regarda sa montre, interloqué par son comportement un peu trop insistant.

-De toute façon, c’est dans moins de cinq minutes. Si vous saviez qu’un avion allait s’écraser au décollage pourquoi prévenir juste avant ? Et pourquoi vous n’avez pas prévenu l’aéroport ?
-Parce que je viens juste d’être avertie et parce qu’ils ne m’auraient pas cru au téléphone, ils auraient pensé à un canular comme vous, juste à l’instant.
-Parce que vous pensiez qu’avec le look que vous avez j’allais vous prendre au sérieux ? Répliqua le jeune policier d’un air moqueur.
-S’il vous plait, il faut sauver ces gens ! Implora-t-elle.
-Il faut me donner des détails pour que je vous crois. De quoi s’agit-il ? D’un attentat ? D’une panne mécanique ?
-Ni l’un ni l’autre. C’est un accident. Quelqu’un va tirer un coup de feu près d’un groupe d’oiseaux qui se reposaient et pris de panique, ils vont foncer droit dans les moteurs de l’avion qui décollait.
-Et vous dites que cet accident ne s’est pas encore produit ? Comment vous le savez alors ?

La jeune fille parut gênée.

-Ça je ne peux pas vous le dire.
Le Deputy fut surpris.
-Comment voulez-vous que je vous crois moi ? Et vous pouvez me donner au moins votre nom ?
-Solitaire !
-Pardon ?
Elle répéta, plus distinctement, en sur articulant chaque syllabe.
-So-li-taire.
-Un nom de famille ?
-Non, juste Solitaire.

Cette fois, le jeune adjoint était plus agacé que jamais.

-Écoutez mademoiselle, je vais vous demander d’arrêter de m’importuner sinon je vais être obligé de vous inculper d’outrage à agent en fonction !

La jeune fille était désemparée. Elle jeta un coup d’œil à la pendule qui était accrochée juste derrière lui et ce fut le plus profond des dépits qui la gagna.

-De toute façon, c’est trop tard, l’avion s’est déjà crashé. Juste à l’instant à mon avis. Tous ces gens sont morts. Vous n’aviez qu’à appeler l’aéroport, ils vous auraient cru, vous.

Son visage s’empourpra et les larmes commencèrent à monter. Elle était anéantie mais trouva la force, puisée au plus profond d’elle-même, de continuer à parler.

-C’est pour ça que je suis venue ici, pour qu’on puisse sauver la vie de tous ces innocents. Mais vous ne l’avez pas fait, juste à cause de mon apparence et de mon identité. J’espère sincèrement que ça ne vous empêchera pas de dormir à l’avenir.

Ses mots étaient de plus en plus saccadés au fur et à mesure de son discours et le volume de sa voix augmentait aussi pour aboutir à une sorte de cri. Mais l’adjoint se contentait de la regarder, muet.

Elle sortit la tête basse et le souffle long sous les yeux de Burroughs, heureux d’être enfin débarrassé de cette hurluberlue, et marcha quelques mètres, jusqu’à un bar ou elle avait également ses habitudes.

-Salut Tony ! Lança-t-elle au barman.
-Salut Simone ! Alors qu’est-ce que je te sers ce soir ?
-Un coca, comme d’hab’.

Normalement il n’acceptait pas les mineurs à cette heure tardive mais faisait une exception pour elle car il la connaissait bien et puis, il n’était même pas sûr qu’elle était mineure et jamais il ne lui serait venu à l’esprit de lui demander sa carte d’identité. Pour lui cela ne se faisait pas, en tout cas, pas à elle. Il s’exécuta et lui servit son verre de coca-cola.

-Merci !

Elle releva la tête vers le poste de télé et s’aperçut qu’ils diffusaient le film « Retour vers le futur » de Robert Zemeckis, mais Tony avait coupé le son. Soudain « Breaking News », flash spécial d’information.

-Tu peux monter le son, s’il te plait Tony ?

Le barman d’origine italienne s’exécuta à nouveau.

Une journaliste blonde d’environ trente-cinq ans parlait en direct.

-Ici Samantha Coleman qui vous parle de l’Eppley Airfield, l’aéroport d’Omaha dans le Nebraska où un accident impliquant un avion de ligne vient tout juste d’avoir lieu. Selon les premières constatations, une nuée d’oiseaux en panique aurait foncé dans les moteurs du vol 1013 de la Delta Air Lines à destination de Paris en France alors qu’il venait à peine de décoller, peu après 23h. On ne sait pas encore s’il y a des survivants mais le bilan risque d’être très lourd car l’avion transportait 250 passagers et douze membres d’équipage.

La jeune fille était aussi déphasée que dévastée et regardait son liquide noirâtre tout en touillant avec sa paille pour faire fondre les glaçons. Elle en but une lampée en se reprochant de n’avoir pas pu sauver toutes ces personnes.

Une larme coula sur sa joue.


Dernière édition par Humbug le Ven 29 Juil 2016 - 16:48, édité 6 fois

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Re: Missing Files 04 Septième Sens

Message  Humbug le Sam 28 Fév 2015 - 8:14

Chapitre 2 « La route d’Omaha »



Autoroute Interstate 80 - Nebraska
Jeudi 27 Mai 1992 - 13h47

-Mulder, j’espère que tu vas enfin me dire ce qu’on fait dans le Nebraska !?! Maugréa l’agent Dana Scully à l’adresse de son partenaire.
-Du calme Scully, on a une heure de route pour discuter de tout cela, on a donc largement le temps.

Fox Mulder jubilait derrière le volant tandis que sa coéquipière pestait à ses côtés.

-Mais où on va, bon sang ?
-On va à Omaha ! Répondit-il fièrement.
-Alors pourquoi tu m’as fait me réveiller avant l’aube en me disant d’empaqueter mes affaires et en me donnant rendez-vous à la base aérienne d’Andrews dans le Maryland, pour prendre un vol militaire durant lequel tu ne m’as rien dit et qui a fini par atterrir à la Lincoln Air Force Base ?
-Parce qu’il n’y a plus de vols commerciaux pour Omaha jusqu’à nouvel ordre et ce depuis environ 36 heures.
-Et j’imagine que cette interdiction de vol a quelque chose à voir avec notre présence ici ?
-Absolument.

L’agent Mulder restait très mystérieux. Il avait l’intention de distiller les informations aussi lentement qu’on égraine un chapelet.

-Tu peux arrêter de jouer aux devinettes, s’il te plait ?
-Nan, j’aime trop me faire prier ! Lança-t-il dans le but de l’énerver encore plus.

C’était un jeu quotidien entre eux.

-Alors ! Procédons par élimination. Qu’est-ce qu’on peut bien faire dans le Nebraska ? Ajouta-t-il pour l’aiguiller quand même un petit peu.
-Je ne sais pas moi ! Manger du maïs ou être pris dans une tornade ! Mais je suppose que tu ne m’as pas fait venir jusqu’ici pour ça.
-C’est exact ! Sais-tu que beaucoup d’acteurs célèbres sont nés à Omaha ?
-Marlon Brando, Fred Astaire, Montgomery Clift…

Mulder fut étonné.

-Je ne savais pas que tu étais cinéphile Scully !
-Quand j’étais petite et que mon père était en mer, on regardait des vieux films en famille avec ma mère, tous assis sur le canapé, avec une couverture et du lait chaud. Mais arrête de noyer le poisson. Si tu ne m’as pas dit pourquoi on est là c’est parce que tu as eu peur que je ne vienne pas, que je ne prenne pas au sérieux cette affaire. C’est donc qu’elle est bancale ou inintéressante.
-C’est vrai que si je ne t’ai rien dit jusqu’à maintenant, c’est parce que j’ai eu peur que tu refuses de venir, mais là où tu te trompes c’est lorsque tu dis que cette enquête sera inintéressante ou bancale. Moi, au contraire, je pense qu’elle sera tout sauf ça !

Soudain elle eut une révélation.

-Ne me dis pas que cette affaire a quelque chose à voir avec le fait que juste à coté d’ici se trouve la base aérienne d’Offutt où était basé le Strategic Air command et qu’on replonge à nouveau dans une histoire de Boules de feu ?
-Non Scully, cette fois cela n’a rien à voir avec des sphères radioactives. En plus le Strategic Air Command est en train d’être démantelé en ce moment même. Il n’est plus du tout opérationnel.
-Alors tu vas enfin te décider à me dire de quoi il retourne car on arrive à Omaha dans moins de vingt minutes maintenant ?
-Ok, voilà ! Hier soir j’ai reçu un appel du bureau d’Omaha qui me disait que l’adjoint du Shérif local les avait appelés dans la journée pour leur signaler un cas étrange. Une jeune fille était arrivée dans ses locaux juste avant 23h pour le prévenir que le vol à destination de Paris allait s’écraser au décollage moins de cinq minutes plus tard. Il ne l’a pas crue mais à l’heure dite, l’avion s’est effectivement écrasé dans les conditions exactes qu’elle avait décrites. Il a beaucoup hésité à les prévenir car il a eu peur que son incrédulité passe pour de l’incompétence ou de la non-assistance à personne en danger.
-Tu penses à du terrorisme ou à un acte de sabotage ?
-Non, apparemment c’est bel et bien un accident qui a causé le crash de l’avion. La jeune fille n’a donc rien à voir là dedans et elle était juste en face du Deputy quand les moteurs ont explosés.
-Elle est peut être complice…
-Non Scully, c’est surement autre chose et c’est pour ça que j’ai demandé directement à Skinner, sans passer par Blevins, de nous affréter un avion militaire. J’ai prétexté une affaire de terrorisme intérieur dû à une milice pour venir enquêter car tous les agents sont réquisitionnés quand il s’agit de terrorisme, mais je suis persuadé que cette affaire relève du paranormal. Le hic c’est que ni lui ni Blevins n’aurait affrété cet avion militaire s’ils avaient su ça, les éléments sont bien trop minces. Sans compter que le FBI n’enquête pas sur les accidents. Pourtant il faut absolument qu’on retrouve cette fille.
-A-t-elle donné un nom au moins, à ce Shérif adjoint ?
-Juste un prénom. Solitaire !
-Solitaire ? Comme le jeu ? Et tu veux qu’on retrouve une adolescente avec ça dans une ville de plus de 300 000 habitants.
-On sait à quoi elle ressemble. On a des images de vidéosurveillance et trois hommes l’ont vue ce soir là. Le gérant d’une salle d’arcade, le shérif adjoint et un barman.
-Tu veux commencer par lequel ?
-On va les interroger dans cet ordre. Ça me parait cohérent et ça doit paraitre logique à ton maudit esprit rationaliste.

Au même moment, leur voiture de location pénétra dans la ville d’Omaha. Ils passèrent devant le panneau d’entrée de la ville qui indiquait fièrement « Omaha Gateway to the West », le surnom de cette ville : La Porte d’entrée vers l’Ouest.

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Re: Missing Files 04 Septième Sens

Message  Humbug le Sam 28 Fév 2015 - 8:25

Chapitre 3 « Nebraska »


Le gérant de la salle d’arcade faisait face aux agents spéciaux du FBI avec beaucoup de placidité. Mulder qui faisait déjà plus d’un mètre quatre-vingt devait lever la tête pour lui parler et le cou de Scully faillit quasiment se rompre tant elle dût lever les yeux au ciel pour pouvoir regarder ce géant de plus d’un mètre quatre-vingt-dix dans les yeux. Il était tout maigre et portait un pull en laine marron et un jean. Son visage ressemblait à celui d’un oiseau tellement ses joues étaient creusées et sur son crâne, ses cheveux châtains, courts, épars et mal coiffés faisaient un peu penser à du duvet. Il avait le regard vide mais il ne fallait pas s’y tromper, ce n’était peut-être pas le meilleur joueur de jeux vidéo du monde mais il avait une connaissance encyclopédique des maps et des niveaux et détenait un certain nombre de records sur plusieurs bornes de sa salle. Et puis ses connaissances de sujets comme « Star Wars », « Star Trek », « Le Seigneur des Anneaux » ou des personnages de comics Marvel ou DC relevaient presque de l’infini. Sur ces sujets il était incollable. Cet enfant qui aurait grandit trop vite était donc tout à fait à sa place dans ce lieu de divertissement fréquenté avant tout par des adolescents et de jeunes adultes.

-Comment vous appelez-vous ? Demanda Mulder.
-Stewart Copeland. Mais tout le monde ici m’appelle « Numéro 1 ». C’est une référence à « Star Trek ». La Nouvelle Génération avec Picard et Data, pas la Série Originale avec Kirk et Spock.

Mulder et Scully étaient définitivement sur une autre planète, au pays des Geeks.

-Vous avez vu une jeune fille avant-hier soir ? Elle est partie peu avant 23h, c’est bien ça ?
-Oui. Répondit-il d’une voix timide et toute douce.
-Comment était-elle ? Questionna Scully. Nerveuse ? Anxieuse ?
-Bah, elle est arrivée un peu après 21h, comme presque tous les soirs et elle était comme d’habitude, souriante et enjouée, une vraie fée du bonheur quand elle entre dans la vie des gens. Pour peu qu’on soit sensible à son aura, on ne peut rien lui refuser. Elle est allée directement à sa bécane et y est restée jusqu’à environ 22h30. Mais quand elle est partie, il y avait quelque chose de bizarre, elle ne court jamais d’habitude et là, elle a traversé le magasin comme un bolide. Sur le coup je n’ai pas fait attention et j’ai continué à lire mon épisode de « Iron Man » mais quand j’ai compris que c’était elle, je me suis souvenu que c’était la dernière cliente et j’ai descendu le rideau métallique. J’ai regardé jusqu’au bout de la rue mais elle avait déjà disparue.
-Vous avez des caméras de surveillance ?
-Oui, c’est obligatoire, à cause des ados fugueurs.
-Il nous faudrait les bandes de cette soirée.
-Bien sûr. Qu’est-ce qu’elle a fait de mal au fait ?
-Rien. Répondit Mulder. On veut juste lui parler. Vous connaissez son nom ?
-Ici, tout le monde a un pseudo, une identité virtuelle. Elle c’est Solitaire. Je ne connais pas son vrai nom.

Les agents étaient déçus de ne pas en avoir appris un peu plus mais il restait encore deux témoins, deux hommes qui l’avaient rencontrée ce fameux soir. Ils se rendirent directement au bureau du Shérif pour s’entretenir avec son adjoint, Daniel Burroughs. Le jeune homme paraissait perdu et dubitatif par rapport à ce qu’il avait vécu, surtout lorsqu’il était rentré chez lui et qu’en allumant la télé, il avait découvert aux infos qu’il n’avait pas empêché la mort de plus de 250 personnes alors qu’il avait eu connaissance de leur destin funeste.

-Juste Solitaire, agent Scully. Dit-il à la partenaire de Fox Mulder. C’est d’ailleurs quand elle s’est présentée sous cet unique pseudonyme que j’ai définitivement renoncé à croire tout ce qui sortirait de sa bouche. Je pense que si quelqu’un venait vous dire qu’un accident parfaitement fortuit allait prochainement se produire et qu’il disait juste s’appeler Elvis, vous aussi vous auriez eu du mal à le croire. Et puis son look…mon Dieu, son look ! Vraiment, on n’a pas idée de s’accoutrer de la sorte.

Malgré son jeune âge, le Deputy Burroughs parlait d’une manière soutenue, en tout cas face à des gens plus gradés ou plus âgés que lui.

-Comment était-elle habillée ? Demanda Scully. On n’a pas encore récupéré les bandes vidéo de la salle de jeux où elle était juste avant de venir ici.

L’adjoint ne put contenir un rire nerveux plein d’incompréhension et de moquerie.

-Si vous voyez à quoi ressemblait la chanteuse Cindy Lauper il y a 10 ans, vous avez le portrait craché de cette fille, agent Scully.

Les deux agents spéciaux se lancèrent un regard de satisfaction, bien qu’à présent ce fût le Shérif adjoint qu’ils avaient du mal à croire. En sortant, Mulder se retourna vers sa partenaire pour lui balancer l’un de ses habituels sarcasmes.

-Tu vois qu’on n’est pas venu ici pour rien, Scully ! On a une chanteuse des années 80 qui voyage dans le temps comme Tony Newman et Douglas Phillips, et qui avertit des catastrophes. Ce n’est pas la classe ça ? Vivement qu’on la retrouve, que je lui demande les résultats du loto et la date de la fin du monde.

Sa coéquipière aux cheveux roux ne put réprimer un petit sourire en coin. Ils se rendirent au « Crescent Moon », le bar où avait été vue la jeune fille connue sous le simple nom de Solitaire pour la dernière fois. Ils y rencontrèrent Tony et le rituel de l’interrogatoire recommença.

-Elle est entrée, comme toute les semaines, précisa l’italien, et elle a pris un coca. Par contre, à la différence de d’habitude, elle paraissait soucieuse.
-Qu’est-ce qui vous fait dire ça ? Voulut savoir la scientifique.
-Ses yeux. Elle a des yeux très expressifs. Quand quelque chose ne va pas, vous pouvez le voir immédiatement dans ses yeux. Et puis elle m’a demandé de monter le son de la télévision, elle ne fait jamais ça d’habitude.
-Qu’est-ce qu’il y avait à la télé ? Demanda Mulder.
-Les infos. Un flash spécial sur le crash de l’avion.

Les agents se regardèrent à nouveau. L’ancien profiler posa la question rituelle.

-Je suppose qu’elle vous a dit s’appeler Solitaire à vous aussi ?
-Solitaire ? Ah non, connais pas. Je n’ai jamais vu sa carte d’identité mais je peux vous dire qu’elle s’appelle Simone Latrelle. Elle me l’a dit un jour, je ne sais plus pourquoi.

Enfin. Les agents progressaient enfin. Ils avaient un nom, ainsi qu’une description précise et ils auraient bientôt les vidéos pour en tirer des photos et pouvoir faire un appel à témoin. Mais Mulder assembla les pièces du puzzle, grâce à son esprit analytique de surdoué et son enthousiasme retomba. En sortant du Crescent Moon, Scully était satisfaite de la révélation du barman mais pas son coéquipier. Elle avait le sourire jusqu’aux oreilles lorsqu’elle se retourna vers lui.

-Pour une fois ton ironie n’est pas de mise car on a une vraie piste, un nom.

Mulder était soucieux.

-Je ne sais pas Scully. Il y a un problème avec l’identité que le barman nous a fourni. Simone Latrelle.
-Elle est d’origine française, et alors ?
-Ce n’est pas ça Scully. Quand il l’a dit, j’ai eu une impression de « déjà vu ». Ce nom ne m’était pas inconnu. Je l’avais déjà entendu ou lu quelque part. Puis j’ai fait le rapprochement avec Solitaire et j’ai compris.
-C’est-à-dire ?
-Tu as vu ce James Bond avec Roger Moore qui se passe à New York, en Louisiane et dans les caraïbes ? Vivre et laisser mourir.
-Oui ! Avec la chanson de Paul McCartney.
-Exactement. Tu te rappelles du nom de la cartomancienne du docteur Kananga, jouée par Jane Seymour ?
Un éclair traversa les yeux bleues-verts de sa partenaire.
-Solitaire !
-Ce n’est pas tout Scully. J’ai aussi lu le livre de Ian Fleming qui a inspiré ce film et l’auteur précise le vrai nom de la médium.
-Simone Latrelle ?
-Ce qui veut dire qu’on ne sait toujours rien de la véritable identité de cette personne. Et quelque chose me dit qu’on va avoir beaucoup de mal à la découvrir. On ne sait pas si elle a fait ce choix à cause d’origines françaises ou parce qu’elle est fan de Jane Seymour. Bref, on a interrogé des gens qui la côtoient souvent et on ne sait toujours rien. Je pressens que c’est un jeu pour elle. Elle va jouer avec nous comme on joue aux échecs ou aux dames. Elle est beaucoup plus maline que son look ne le laisse paraitre au premier abord. Elle est peut-être bien mêlée à cet accident après tout.

Scully fut très surprise que Mulder aie changé d’avis aussi rapidement sur cette jeune fille et s’en inquiéta presque. Ce n’était pas vraiment dans les habitudes de son partenaire. Il était décidément très difficile à cerner.

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Re: Missing Files 04 Septième Sens

Message  Humbug le Sam 7 Mar 2015 - 3:25

Chapitre 4 « Crash »



La jeune fille avait son casque de walkman sur les oreilles et était assise sur le banc d’un abribus. La pluie s’était mise à tomber sur la ville et elle avait décidé de se réfugier là. Depuis le crash du vol 1013, elle ne voulait plus retourner au centre ville et encore moins à la salle d’arcade ou au Crescent Moon. Elle dégoulinait littéralement et ses vêtements bariolés et disparates ruisselaient telle une cascade. Malgré le froid, elle ne semblait pas en ressentir les effets et chantonnait en yaourt. Soudain, sa petite fée tatouée se mit à s’illuminer et elle eut un nouveau flash, une nouvelle vision d’horreur.

Elle vit une femme brune au volant d’un Range Rover de couleur verte avec un bébé dans son siège auto. A la radio, la chanson était « Heal the World » de Michael Jackson et la maman chantonnait tout en regardant sa petite fille de 8 mois dans le rétroviseur intérieur.

There's a place in your heart (Il existe un endroit dans ton coeur,)
And I know that it is love (Et je sais que c'est l'amour)
And this place could be much brighten than tomorrow (Et cet endroit pourrait être plus éclatant que demain)
And if you really try (Et si tu essayes vraiment)
You'll find there's no need to cry (Tu verras qu'il n'y a nul besoin de pleurer)
In this place you'll feel there's no hurt or sorrow (Dans cet endroit, tu sentiras l'absence de cri ou de pleurs)
There are ways to get there (Il existe des manières de se rendre là bas)
If you care enough for the living (Si tu sais assez te soucier des vivants)
Make a little space (Créez un petit espace)
Make a better place... (Créez un endroit meilleur...)

Heal the world (Guéris le monde)
Make it a better place (Fais en un meilleur endroit)
For you and for me and the entire human race (Pour toi et pour moi et l'humanité tout entière)
There are people dying (Il y a des gens qui meurent)
If you care enough for the living (Si tu te soucies assez des vivants)
Make a better place for you and for me (Créez un endroit meilleur pour toi et pour moi)




La route était l’interstate 80, l’autoroute gigantesque qui traversait tous les Etats-Unis d’Ouest en Est et qui reliait San Francisco à la banlieue de New York. Celle-là même qu’avaient empruntée Mulder et Scully pour venir de Lincoln.

La jeune fille vit clairement un camion semi-remorque chargé de troncs d’arbres perdre une partie de son chargement et l’un des troncs traverser le pare-brise d’une voiture de police qui roulait juste derrière, la transperçant de part en part. Les éclats de verre des deux vitres firent déraper une moto ainsi qu’une voiture bleue qui fit plusieurs tonneaux des suites de ce dérapage. Le motard fut bloqué contre un tronc d’arbre qui s’était mis en travers de la route et sa propre machine, lancée à vive allure, l’écrasa contre le végétal. La voiture bleue retomba sur ses roues mais fut percutée par un camion benne. Un jeune couple roulant dans une berline blanche perdit également le contrôle de son véhicule et vint s’encastrer lui aussi dans un tronc d’arbre, celui contre lequel était mort le motard. Le chauffeur de la semi-remorque qui avait perdu son chargement fit une embardée et les derniers rondins tombèrent sur la route, ce qui provoqua la perte de contrôle de la maman au Range Rover. Après plusieurs tonneaux, la voiture ne ressemblait plus qu’à un tas de taule froissée et ensanglantée.

Un vertige secoua la jeune fille qui se leva en sursaut. Elle n’avait plus du tout envie de chantonner. Soudain, l’effroi la parcourut, elle vit arriver droit vers elle un Range Rover vert. Plus la voiture se rapprochait et plus elle arrivait à distinguer la plaque d’immatriculation, malgré les trombes d’eau qui s’abattaient sur elle. « 24 – MJ 80 », c’était bien la même plaque que dans son flash. Il s’agissait indéniablement de la même voiture. Elle entreprit d’arrêter le 4x4 par n’importe quel moyen et savait pertinemment qui si elle faisait uniquement des signes de mains, la mère de famille ne s’arrêterait pas. Elle se mit donc en plein milieu de la route en gesticulant et en hurlant.

-Arrêtez ! Arrêtez-vous !

En voyant cela, la conductrice mit les deux pieds sur la pédale de frein et s’arrêta net juste devant la jeune fille détrempée. Celle-ci vint se porter coté passager pour être quand même à l’abri sur le bas coté. Elle frappa au carreau et la femme brune descendit la vitre à moitié.

-Vous allez à Council Bluffs dans l’Iowa ?
La maman était perplexe.

-Oui. Pourquoi ?
-N’y allez pas tout de suite. Il va y avoir un grave accident sur la 80 et si vous partez maintenant, vous et votre petite fille allez mourir écrasées dans votre voiture. A la radio ils vont passer « Heal the World » et vous allez avoir un accident mortel juste après.
-Écoutez, je suis pressée. Je n’ai pas le temps de…

Elle commençait à remonter la vitre.

-Je sais que vous êtes pressée. Vous allez à Council Bluffs dans votre famille, rendre visite à votre père qui est très malade et vous pensez que ça lui ferait du bien de voir son unique petite fille. Vôtre mari ne vous accompagne pas car il travaille. Il est cadre dans une grande entreprise d’Omaha. Je l’ai vu complètement effondré à votre enterrement et à celui de la petite. Vous êtes mariés depuis dix ans, pensez à lui et à votre enfant.

La conductrice n’en croyait pas ses oreilles. Tout ce que venait de dire cette jeune fille débraillée et dégoulinante était rigoureusement exact.

-S’il vous plait, écoutez moi. N’y allez pas tout de suite. Le carambolage est imminent. Un camion de bois va perdre son chargement parce qu’une des sangle va lâcher et cela va créer une réaction en chaine qui va aboutir à votre mort et à celle de votre fille Rebecca.

Pendant qu’elle parlait à la mère de famille, elle entendit passer le motard à toute allure, roulant vers son irréparable destin.

-Le motard qui vient de passer va mourir dans cet accident. Dit-elle. C’est juste à la sortie d’Omaha et ça va se produire dans moins de deux minutes.

La conductrice commençait à avoir un petit doute mais ne pouvait pas l’admettre, en tout cas pas à voix haute.

-Je ne sais pas comment vous faites mademoiselle ni d’où vous tenez toutes vos informations, mais je vous prierais de nous laisser tranquille, ma fille, mon mari et moi.

Encore une fois, elle pensa que sa prévision n’avait pas été prise au sérieux. La maman voulut refermer la fenêtre mais se trompa de bouton et alluma l’autoradio. Dans le poste, retentirent les premières notes d’un tube de Michael Jackson : « Heal the World ». Les deux femmes se regardèrent mais restèrent muettes pendant que les paroles et la voix du chanteur résonnaient dans l’habitacle. Le doute, très profond au départ, s’estompait dans l’esprit de la mère de famille à chaque vers de la chanson.

La jeune voyante était très heureuse d’avoir sauvé au moins deux vies ce jour là et s’en alla, le sourire aux lèvres, en marchant sous la pluie.


Dernière édition par Humbug le Jeu 19 Mar 2015 - 8:04, édité 1 fois

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Re: Missing Files 04 Septième Sens

Message  Humbug le Sam 7 Mar 2015 - 3:30

Chapitre 5 « Michelle De Notre-Dame »



FBI antenne locale d’Omaha - Nebraska
17h10

Les agents spéciaux Scully et Mulder avaient pris leurs quartiers au 4411 sud de la 121eme rue, au siège local du bureau, une antenne qui gérait les états de l’Iowa et du Nebraska. Les épreuves photographiques tirées des bandes vidéos de la caméra de la salle « Arcade Vidéo » étaient enfin prêtes et les affiches mentionnant que la jeune fille était recherchée comme témoin avaient commencé à être distribuées.

En cette fin d’après-midi, une femme se présenta à l’accueil avec, dans les mains, une affiche recherchant « Simone Latrelle ». Elle posa violemment la feuille sur le comptoir et désigna la photo de son index droit.

-Vous recherchez cette fille ? Je la connais ! Je l’ai vue hier, en début d’après-midi.

L’agent chargé de l’accueil des personnes lui demanda de patienter et alla chercher les deux agents spéciaux de Washington. Scully et Mulder arrivèrent au pas de course.

-Vous connaissez cette personne ? Demanda Mulder.
-Oui !
-Alors venez avec nous.
Il l’emmena dans une salle de réunion, pas une salle d’interrogatoire. Scully était à ses cotés.
-Vous voulez boire quelque chose ?
-Non merci.
-Vous dites connaitre cette jeune personne ?
-Oui. Je ne l’ai rencontrée qu’une seule fois mais je dois avouer que cela a changé ma vie.
-Changé votre vie ? Comment ça ? Demanda la scientifique.
-En réalité, je dois bien dire qu’elle ne l’a pas changée, elle me l’a sauvée. La mienne et celle de ma petite fille de 8 mois, Rebecca.
-Ça parait très intéressant tout cela mais on va tout reprendre depuis le début. Dit Mulder. Quel est votre nom ?
-Je m’appelle Gloria Beckett. J’étais avocate mais j’ai arrêté de travailler quand je suis tombée enceinte. Mon mari est directeur dans une des grandes sociétés d’Omaha et nous sommes tous les deux originaires de Council Bluffs. On s’est fréquenté au lycée puis on s’est perdu de vue à cause de nos études et on s’est retrouvé par hasard, un soir à Omaha, dans un bar alors que nous étions tous les deux avec des collègues.
-Et comment avez-vous fait la connaissance de cette jeune fille ?

A ce moment précis Scully ne put s’empêcher de remarquer que la mère de famille portait exactement la même croix en pendentif qu’elle.

-Mon père est très malade. Le week-end dernier j’ai dit à mon mari que je devrais aller le voir car ce serait peut-être la dernière fois. Je voulais aussi qu’il voie sa petite fille. Voir sa famille, il n’y a rien de tel pour revigorer quelqu’un de malade. Il n’y a que mon mari et mes parents qui étaient au courant de cette discussion. Hier après-midi j’ai donc pris la route comme prévu, j’allais prendre la 80 à la sortie de la ville et j’ai vu cette jeune fille (elle regarda l’affiche qui était posée sur la table, entre les agents et elle) qui était plantée au milieu de la route, sous la pluie et qui me faisait des grands gestes. J’ai cru qu’elle avait un problème, ou qu’un de ses amis avait eu un accident. Mais non, elle était toute seule et elle m’a dit que si je prenais cette route à ce moment précis, ma fille et moi allions mourir dans un accident.
-A-t-elle précisé les circonstances de cet accident mortel ?
-Bien sûr ! Elle m’a tout détaillé ! Elle m’a dit que la chanson « Heal the World » passerait à la radio et que l’accident aurait lieu tout de suite après. Elle a aussi dit qu’un motard serait impliqué dans l’accident. Elle connaissait le prénom de ma fille et son âge, le métier de mon mari, ma destination et les raisons de mon voyage. Elle savait tout. C’est sûr qu’avec son look un peu bohème, on aurait plutôt tendance à croire qu’elle va vous aborder pour vous demander de l’argent ou un service, mais là, pas du tout. Elle nous a juste sauvé la vie et elle est repartie, comme un ange protecteur.
-L’accident dont elle vous a parlé est celui qui a eu lieu hier après-midi à la sortie de la ville, n’est ce pas ?
Les yeux de l’ancienne avocate s’embuèrent.
-Oui. L’accident qu’elle m’a décrit a bien eu lieu quelques instants plus tard et au lieu exact où j’aurais dû être à ce moment là si elle n’avait pas arrêté ma voiture. Et le motard qui est passé devant nous pendant qu’elle me parlait est effectivement mort dans ce carambolage, écrasé par sa propre moto contre un tronc d’arbre. Quand j’ai entendu la chanson à la radio j’ai su qu’elle ne mentait pas et je suis retourné chez moi. J’ai appelé ma mère et je l’ai prévenue que je viendrais plus tard, que pour l’instant je ne pouvais pas. J’ai mis mon bébé à la sieste et j’ai allumé la tv, c’est là que j’ai vraiment compris que je lui devais la vie quand j’ai vu qu’ils parlaient du carambolage mortel aux infos régionales. Je suis entrée dans la chambre de Rebecca, je l’ai regardé et je lui ai dit qu’elle avait un ange qui veillait sur elle.

Scully pencha la tête sur le côté. C’était peut-être dû à son éducation catholique mais cette histoire d’ange protecteur la toucha. Elle appréciait beaucoup cette idée, surtout que cela concernait un bébé. Pourtant, son cartésianisme scientifique reprit le dessus lorsqu’elle lui posa sa question suivante.

-Vous ne pensez pas que cette jeune personne a pu saboter elle-même ce camion ? Puis, prise de remord, elle vous a prévenu de ne pas emprunter cette route et vous a ainsi sauvé la vie, tout en ayant causé la mort de toutes les autres personnes impliquées.

La mère de famille s’offusqua.

-C’est impossible ! Et puis ça n’explique pas comment elle connaissait tous ces détails de ma vie privée. C’est un ange descendu du ciel, je vous dis, comme dans cette série « Les routes du Paradis ».

Cette référence à Michael Landon fit sourire Dana Scully car c’était l’une des séries préférées de sa mère, Margaret.

-Elle vous a dit autre chose, sans rapport direct avec l’accident ? Coupa Mulder.
-Rien d’autre à part que mon mari m’aimait comme un fou et que ma mort l’aurait dévasté. Que nous formions une magnifique famille et que cela était très précieux.
-Elle vous a dit son nom ? Demanda-t-il, à nouveau, comme une litanie.
-Elle allait partir avant même que je la remercie et je l’ai retenu en lui demandant de me dire au moins comment elle s’appelait. Elle m’a répondu « Michelle De Notre-Dame ».

Cette fois c’est Scully qui fit preuve de sarcasme.

-Quelque chose me dit que c’est un pseudonyme !

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Re: Missing Files 04 Septième Sens

Message  Humbug le Sam 7 Mar 2015 - 3:36

Chapitre 6 « Marianne Lenormand »


Red Eye Tavern – Omaha - Nebraska.
18h51

La jeune fille aux identités multiples avait finalement pris le bus et était descendue dans un restoroute de la périphérie immédiate d’Omaha. Dès le parking, elle savait que c’était un repaire de Bikers. Toutes les Harley Davidson garées en lignes parallèles ne trompaient pas sur la clientèle de l’endroit. Le lieu était bruyant et masculin dans son acceptation la plus virile. Des hommes corpulents portant presque tous la moustache et les cheveux longs étaient accoudés au bar et descendaient des bières plus vite qu’un pot de fleur tomberait d’un balcon. La dizaine de motards qui étaient là faisaient tous partie du même club, ils portaient tous la même veste sans manche en cuir. Leur symbole était un squelette encapuchonné, une faucheuse avec un M16 dans la main droite. Au bout du canon, il y avait une lame de faux ensanglantée. Dans la main gauche, la mort portait une boule de cristal flanquée de la lettre « A » comme Anarchie. Au dessus de leur logo, il y avait le nom de leur club « Sons of Anarchy » et en dessous, leur « chapitre », c'est-à-dire l’état où était basé leur groupe, « Nebraska ». Lorsqu’elle vit leur logo et le nom de leur club, la jeune fille eut un léger fou rire qu’elle eut beaucoup de mal à réprouver. Elle ne pouvait pas être en meilleure compagnie qu’avec ces hommes là, la boule de cristal flanquée d’un « A » ne saurait mentir. Lorsqu’elle entra, il était inutile de dire qu’elle provoqua un léger remous parmi les bikers hors la loi. Attablé, il y avait aussi un jeune couple qui se caressait la main mais elle les fit à peine détourner les yeux, tant ils se noyaient dans leurs regards respectifs. Ils détonnaient dans ce lieu, mais cela n’étonna pas plus que cela la jeune fille. Ils étaient surement sur la route et avaient décidé de faire une halte. Les motards, par contre, manifestèrent leur intérêt d’une manière aussi masculine que bruyante.

-Hey, petite demoiselle ! Tu es au courant qu’on est dans les années 90 ? Les années 80, c’est fini ! Dit l’un d’eux dont le Patch en haut à droite de la veste indiquait « Président ».

Curieusement, elle ne les ressentit pas du tout comme une menace mais au contraire comme une excellente occasion de se faire de nouveaux amis.

-Et toi ? Répliqua-t-elle. Avec tes grosses moustaches, tes rouflaquettes et tes cheveux longs, t’es au courant que les 70’s c’est fini depuis longtemps ?

Les bikers se regardèrent puis la fixèrent avant de se regarder à nouveau et explosèrent littéralement de rire, un éclat de rire profond et spontané. Juste avant cela, le temps parut s’être arrêté, en tout cas pour le propriétaire de la taverne, un biker lui-même mais ne faisant partie d’aucun club.

L’un des « Sons » se retourna vers son Président.

-Ah bah celle-là ! Elle t’a bien mouché la gamine, Johnny !
-Ça c’est sûr ! Répliqua le chef du groupe. Et j’aime bien les gens qui en ont ! Viens par ici gamine, je te paye un verre !

La demoiselle au look bohème s’exécuta. Ils lui laissèrent un tabouret pour qu’elle puisse s’assoir. Lorsqu’elle fut dessus, elle était presque de la taille de ces géants mais ses pieds ne touchaient plus le sol.

-Qu’est ce que tu bois, gamine ?
-Un coca-cola !

Le président était déçu.

-Un coca ? Merde, ça me fait chier de payer pour un truc pareil, mais bon je t’ai promis un verre alors je te le paye, quel que soit le breuvage !

Le tenancier apporta le soda à la jeune fille et les motards trinquèrent bruyamment avec elle.

-Santé, gamine !
-Santé à vous ! Mais ne m’appelez plus « gamine », s’il vous plait.
-Ah bon ? Alors comment tu veux qu’on t’appelle ? C’est quoi ton petit nom ?
-Marianne Lenormand.
-Marianne Lenormand ? Ah bah merde alors ! T’es française ?
-D’origine ! Pourquoi, vous avez un problème avec ça ? Vous êtes sur un territoire qui s’est appelé « La Nouvelle France » pendant très longtemps. Vous êtes donc chez moi ici et je vous permets d’y rester, ne l’oubliez jamais.

Les membres du club explosèrent encore de rire immédiatement suivis par leur Président.

-Décidément, tu en as une paire plus grosse que la moitié des hommes présents dans ce bar.

La voyante ne répondit pas, elle se contenta de boire une petite gorgée de coca.

-J’aime bien tes tatouages ! Ajouta le Président.
-Et encore tu ne les as pas tous vus.

Elle souleva ses cheveux et au niveau de sa nuque, le motard remarqua une petite coccinelle.

-Jolie !

Tout à coup, il vit son tatouage d’épaule, sa petite fée s’éclairer comme une constellation.

-C’est quoi ce bordel ?

Elle ne répondit pas, elle était comme en transe et vit distinctement une nouvelle scène horrible. Son pouvoir ne semblait vouloir la harceler que pour lui montrer des morts et de la souffrance. Cette fois ci, elle assista à une scène inédite. Une jeune couple s’embrassait dans une voiture. Cette dernière avait l’air d’être garée dans un petit coin tranquille entouré d’arbres. Soudain, le garçon se fit un peu plus entreprenant, il avait envie d’aller plus loin ce soir, dans cette voiture. Dans un premier temps la jeune fille se laissa faire car elle prit ses caresses pour de la tendresse mais elle lui demanda d’arrêter aussitôt qu’elle comprit ses véritables intentions. Elle était très amoureuse de lui, elle était vierge et elle n’avait pas envie de perdre sa virginité dans une voiture, dans ces conditions. Elle voulait du romantisme et de la délicatesse, ainsi qu’une chambre et un lit douillet. Mais la bestialité du garçon en avait décidé autrement et il se fit de plus en plus pressent. Elle lui demanda d’arrêter à plusieurs reprises mais il n’écoutait pas, il n’avait pas l’intention de renoncer, c’était ce soir ou jamais, il ne pouvait plus attendre. Comme elle se refusait à lui, il se mit à la frapper, encore et encore. Finalement, il eut ce qu’il voulait et tous les deux se rhabillèrent. Les vêtements et sous-vêtements de la jeune fille avaient été déchirés. Elle n’osait plus le regarder, souillée qu’elle était par sa brutalité. Elle était aussi désemparée qu’il n’ait pas respecté sa volonté juste pour un acte de quelques minutes. Pour elle ce n’était pas du tout ça l’amour. Ses sentiments s’étaient évanouis en même temps que son innocence. Son regard était dans le vide tandis qu’elle reboutonnait son chemisier abimé.

La jeune fille aux cheveux rouges sortit de sa vision haletante et suffocante. Cette fois-ci il ne s’agissait pas d’une mort physique mais d’un crime tout aussi horrible, une mort psychologique.

Elle reconnut dans le jeune couple qui était attablé dans le bar les protagonistes de sa précognition. L’animal était bien ce garçon en apparence tout à fait normal et portant le blouson de son équipe de football. Sa compagne, elle, avait l’air un peu perdue, peut-être avait-elle subit un drame peu de temps avant. Si c’était le cas, ce nouvel outrage aurait à coup sûr des conséquences désastreuses sur sa santé mentale et elle ne le méritait assurément pas. Marianne Lenormand (ou quel que fut son nom) se leva de son tabouret et se dirigea vers la table du jeune couple, sous les yeux des bikers. Elle regarda avant tout la jeune fille mais jetait aussi, de temps à autre, un coup d’œil au footballeur.

-Excusez-moi, mademoiselle. Je suis navré mais vous ne devez pas rentrer avec lui ce soir.
-Qu’est-ce que vous racontez ? Protesta le jeune homme.

Marianne ne l’écoutait pas.

-Si vous rentrez avec lui en voiture ce soir, il va vous violer !

La jeune fille fut horrifiée. Les motards entendaient toute la conversation.

-Tu ne vas pas écouter cette tarée ? Elle raconte n’importe quoi !
-Je vous supplie de me croire. Il y a quelques jours, plusieurs garçons vous ont agressée quand vous êtes rentrée chez vous un peu tard, après une soirée entre filles. Ils vous ont humiliée. Vous n’en avez parlé à personne. Vous êtes perdue et vous avez même honte. Quand ce sportif vous a demandé de sortir avec lui, vous avez accepté car vous vous êtes dit qu’il pourrait vous protéger. Il a été très très gentil depuis que vous êtes ensemble et vous êtes tombée amoureuse de lui. Mais je vous jure que ce soir, il a l’intention de faire son affaire et votre refus n’y changera rien.

La jeune fille ne savait plus rien. Elle n’avait qu’une envie, disparaître très vite et très loin. Le garçon se leva, furieux et invectiva la voyante.

-Arrêtez vos conneries !!!

Les motards se levèrent aussi et avaient l’intention d’intervenir.

Cette fois, Marianne ne faisait pas du tout attention au garçon et ne regardait que la jeune fille. Elle voulait frapper un grand coup pour la convaincre définitivement de sa bonne foi. Elle plongea ses yeux dans les siens et lui asséna la terrifiante vérité, comme un coup de massue.

-Vous êtes vierge ! Et ce soir, dans moins d’une heure, vous ne le serez plus !

La jeune fille éclata en sanglot. Tout ce que lui avait dit cette inconnue à la coupe de perroquet était parfaitement vrai. Elle ne pouvait donc pas se tromper sur quelque chose comme ça et cette perspective la fit s’effondrer. Cette fois, le sportif s’approcha d’un peu trop près de Marianne et les Sons intervinrent. Le président prit le garçon par le col.
-Maintenant tu vas te calmer mon gars, sinon tu vas prendre la raclée de ta vie !

Le garçon retrouva un calme relatif.

-Tu vas laisser ces deux demoiselles et tu vas rentrer chez toi, c’est compris ? Et si jamais l’une de ces jeunes filles te voit à moins de cent mètres d’elle, tu vas devoir manger de la soupe avec une paille et tu te déplaceras en fauteuil roulant jusqu’à la fin de ta vie.

Le garçon était dégoutté d’être ainsi à leur merci mais acquiesça. Il se dirigea vers la porte en regardant sa petite amie mais elle avait la tête dans ses mains et n’arrivait pas à arrêter ses larmes.

Une demi-heure plus tard, elle était assise derrière un motard des Sons of Anarchy, sur une Harley Davidson pétaradante. Le biker avait pour mission de la reconduire chez elle et de la protéger. Marianne fit une bise sur la joue de la jeune fille et la moto démarra en trombe, disparaissant dans la nuit en moins de quelques secondes. Elle monta à sa tour sur une moto, celle du Président et lui demanda une dernière chose.

-Tu es sûr que ça ne te dérange pas de m’amener au parc d’attraction ?
-T’inquiète pas gamine, ça fait une éternité que je n’ai pas mangé de barbe à papa !
-Je t’ai déjà dit de ne pas m’appeler « gamine » !

Le Président des Sons of Anarchy du Nebraska se mit à rire et démarra sur les chapeaux de roues.

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Re: Missing Files 04 Septième Sens

Message  Humbug le Mer 11 Mar 2015 - 12:21

Chapitre 7 « Penny »



Fun Plex – Omaha - Nebraska



Les bikers arrivèrent en nombre au parc et passèrent aussi inaperçus dans ce lieu familial que Marianne Lenormand à la Red Eye Tavern.

La jeune fille aux cheveux rouges salua le président des SoA du Nebraska en descendant de sa moto et lui fit son plus beau sourire pour le remercier.

-Si tu as le moindre souci, dit-il, je suis là fillette !
-Merci Prés’, je ne l’oublierai pas. Par contre, « gamine » et « fillette », c’est quasiment la même chose, tu sais !
Le motard hors la loi rit encore à gorge déployée, d’un rire bien grave et bien gras. L’association de ces deux là était contre nature par essence mais tellement belle justement parce qu’originale.

Marianne Lenormand se sépara de ses nouveaux amis bikers et commença à déambuler dans le grand parc d’attraction, parmi la foule très dense et bruyante.

Il y avait des couples, des familles, des groupes d’amis et même des hommes seuls. Ce dernier fait inquiéta quelque peu Marianne.

Soudain elle vit une petite fille particulièrement douée pour le tir à la carabine. C’était une fillette blonde, toute mignonne, avec les cheveux très courts coupés à la garçonne. Elle avait des yeux bleus avec un léger strabisme et passait son temps à faire des bulles avec son chewing-gum. Elle portait un jean délavé, un T-shirt noir et un blouson en jean. Elle faisait mouche à chaque tir et dégommait toutes les boites de conserves au grand désarroi de l’homme obèse qui tenait le stand. C’était un vrai garçon manqué.

La fée tatouée de la voyante s’illumina de nouveau et elle s’approcha de la petite fille.

-Salut ! T’es douée dis-donc ! Qui c’est qui t’a appris à tirer comme ça ?
-C’est mon père ! Il s’appelle Wyatt !

La petite blonde avait l’air dégourdie et naïve à la fois.

-Et tu es venue ici avec lui ?
-Non je suis là avec mes deux grands frères et ma grande sœur !

Elle rechargea sa carabine à plomb et continuait à tirer tout en parlant avec la fille aux tatouages.

-Et ils sont où, là ?
-Je ne sais pas trop. Surement avec leurs chéri(e)s.
-Ça ne te dérange pas d’être toute seule ?
-J’ai l’habitude.
-Et comment tu t’appelles ?
-Penny. Et toi ?
-Irma. Penny, c’est joli comme prénom. Tu n’es pas un peu petite pour trainer ici toute seule, avec tous ces inconnus ?
-J’ai déjà sept ans. Et il ne va rien m’arriver. Pas tant que j’ai cette carabine avec moi.

La voyante aux identités multiples sourit.

-Effectivement tu es grande et tu sembles très bien protégée. Dis-moi, tu peux me rendre un service, s’il te plait ?
-Oui, c’est quoi ?
-Dis à ton père qu’il arrête de t’élever comme un garçon et dis lui surtout de ne pas t’emmener à la chasse demain.
Si il insiste, tu n’as qu’à lui dire que tu es malade, d’accord ?
-Oui mais pourquoi je ne dois pas aller à la chasse, demain ?
-Parce que si tu y vas, il va y avoir un accident et une balle va te toucher. Tu perdras beaucoup de sang et ta famille va beaucoup pleurer. Mais ne dis surtout pas à ton père pourquoi tu dois rester à la maison demain, c’est d’accord ?
-D’accord ! Mais comment tu sais ce qui va arriver demain ? Tu connais l’avenir ou quoi ?
-Oui ! En fait, des fois je vois ce qu’il va se passer pour certaines personnes et je les avertis pour ne pas qu’ils aient mal.
- Tu as des pouvoirs magiques ? Tu es une espèce de « fée clochette » ? Et tu as déjà vu mon futur plus loin que demain?
-Oh oui beaucoup plus loin. Précisa-t-elle avec un petit sourire en coin.
-Jusqu’à quand ?
-Quand tu seras très grande.
-Alors c’est quoi ? Je ferais quoi comme travail ?
-Disons juste que tu vas avoir une vie très compliquée !

La petite fille était inquiète.

-Ah bon ?
-Tout ce que je peux te dire que ton avenir n’est pas ici, dans le Nebraska. Tu vas aller vivre en Californie. C’est là-bas que tu vas t’installer et que tu vas fonder une famille.

Elle retrouva le sourire.

-Et je vais rencontrer des vedettes ?
-Non mais tu vas rencontrer l’amour. Un garçon très gentil, très intelligent et qui t’aimera comme un fou, pour ce que tu es. Il aimera tout de toi, les qualités et les défauts. Il n’aura pas exactement l’air d’un prince charmant mais tu sais des fois, il y des princes qui ressemblent à des grenouilles. Il aura aussi un colocataire un peu bizarre mais tu ne devras pas faire attention à lui. Lui aussi trouvera l’amour avec une très bonne amie à toi. Vous allez tous beaucoup rire. Il y aura beaucoup de rigolades dans ton avenir et beaucoup d’amour aussi. Mais si tu veux tout ça, ne vas pas à la chasse demain avec ton père, je t’en conjure !

La petite était convaincue.

-C’est promis, Irma.

Elle venait de gagner un ours en peluche et l’enfant le donna de bon cœur à l’adolescente.

-Je te le donne, j’en ai déjà plein, moi !

La médium la remercia.

Tout à coup, son tatouage scintilla de plus belle, comme une voute céleste un soir de 4 juillet. Mais ce qu’elle vit cette fois-ci n’était pas une petite fille morte des suites d’un accident de chasse ou même un viol dans un voiture, ni un avion en flamme ou un carambolage, c’était une vision inédite mais tout aussi horrible que les autres. Des cris, du métal, du liquide, des chutes, beaucoup de sang et une grande vitesse. Les yeux ronds, elle leva la tête et regarda le Grand Huit, un roller coaster au nom prédestiné « Highway to Hell ».

-Oh non !!!! Laissa-t-elle échapper.


Dernière édition par Humbug le Mer 11 Mar 2015 - 12:24, édité 1 fois

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Re: Missing Files 04 Septième Sens

Message  Humbug le Mer 11 Mar 2015 - 12:24

Chapitre 8 « Cassandra Priamson »




Mulder et Scully étaient toujours en poste au bureau local d’Omaha et n’avaient pas eu d’autre témoignage sur la jeune fille qui avait tout l’air d’un sosie de Cindy Lauper. Mais la standardiste appela soudain Scully. L’agent spécial se précipita.

-Il y a un couple au téléphone qui prétend qu’une ado aux cheveux rouges vient de sauver la vie d’une vingtaine de personnes. Ils ont reconnu la fille sur l’avis de recherche.
-Où ça ? Demanda Dana Scully.
-Au Fun Plex. C’est un parc d’attraction de l’agglomération. Ce couple gère le Grand Huit.
Scully prévint Mulder et ils filèrent au parc d’attraction. Toute cette foule de jeunes gens venus là pour s’amuser provoqua un sourire chez Fox Mulder.
-Tu veux une pomme d’amour, Scully ? Ou une gaufre à la confiture ?
-Non merci Mulder ! Si on veut attraper cette fille, il vaut mieux que je reste alerte.

En s’approchant du Grand Huit, ils remarquèrent qu’il était fermé, pour « réparation ». Au pied du gigantesque circuit aux multiples loopings, un couple de quarantenaires les attendaient, anxieux.

-C’est vous qui avez appelé le FBI ? Demanda Mulder.
-Oui. Répondit la femme. Une dame petite, ronde et brune avec un carré court, plus maquillée que Bozo le clown.

Les agents sortirent leurs badges.

-Agents Scully et Mulder. Précisa la scientifique.
-Vous avez fait vite ! S’étonna la foraine.
-J’ai une licence de pilote de course. Plaisanta Mulder.
Scully le regarda du coin de l’œil et s’employa à recentrer le débat, une fois de plus.
-Vous avez dit à notre standardiste que vous avez vu la jeune fille que nous recherchons ?
-Oui ! Dit le forain, tout excité. Elle est arrivée comme une furie en hurlant de tout arrêter, de ne pas faire partir le manège pour un nouveau tour. Elle a fortement insisté.
-Elle vous a donné une raison pour arrêter votre Grand Huit ?
-Tout d’abord, je ne l’ai pas écoutée et j’étais en train de mettre le train en route. Là, elle s’est mise à hurler à la lune comme un loup-garou en faisant de grands gestes. J’ai arrêté quand même malgré les protestations des clients et elle devenue plus précise.
-C’est-à-dire ? Demanda Scully.
-Elle nous a dit qu’on avait une fuite d’hydraulique et que cela allait provoquer une réaction en chaine digne d’un record du monde de dominos, aboutissant à la mort de toutes les personnes présentent dans le train à ce moment précis, celles dont le tour allait démarrer.
-Et là, vous l’avez crue ? Vouluy savoir Mulder.
-J’ai eu de sérieux doutes. Nous vérifions le manège de fond en comble quatre fois par jour alors que la loi nous impose une seule vérification. Nous avons tous les permis et toutes les autorisations. Nous aimons notre métier et notre manège, la sécurité de ces enfants est notre préoccupation numéro un. En vingt ans de Grand Huit, on n’a jamais eu un seul incident. Mais cette jeune fille était vraiment très convaincante. Elle s’est même approchée d’un jeune afro américain et lui a dit que son harnais allait lâcher et qu’il allait tomber durant un looping. Juste après, elle a été vers une jeune fille, genre cheerleader et lui a dit qu’elle allait être décapitée par une pièce de métal désolidarisée à cause de la trop grande vitesse.
-C’était vraiment horrible ! Coupa soudain la foraine. Sa description était à la fois détaillée et très réaliste. Elle ne pouvait pas inventer tout ça. Ou alors cette fille a plus d’imagination que Stephen King.
-Dans le doute, je suis allé voir à l’endroit qu’elle avait indiqué pour la fuite et elle était effectivement là. Le liquide hydraulique qui sert au bon fonctionnement du train était en train de s’échapper par une jonction de tuyau qui avait cédé.
-Serait-ce possible qu’elle ait provoquée elle-même cette fuite ? Questionna la scientifique.

Le forain répondit dans la seconde.

-Les seules personnes à avoir accès à cette zone sont ma femme et moi. La réponse à votre question est « Non ». Elle n’a absolument pas pu sectionner ce câble. D’ailleurs personne n’a pu le faire !
-Et vous pensez que la réaction en chaine qu’elle a décrite est crédible ?
-Je ne suis pas devin mais je suppose que oui. A cette vitesse et avec ce genre de parcours, la moindre anomalie peut vite tourner au drame.
-Elle a sauvé tous ces jeunes ! Ajouta sa femme avec des tremolos dans la voix et les yeux embués.
-Vous l’avez reconnue tout de suite ?
-Pas du tout. Et je n’ai même pas pu la remercier. J’ai été voir sous les wagons et j’ai bien trouvé la fuite. J’ai immédiatement fait descendre tout le monde et j’ai fermé le manège. Quand j’ai voulu lui dire merci, elle avait déjà disparu. C’est alors que le papa d’un  petit garçon m’a dit qu’il avait vu cette fille sur des avis de recherche du FBI. J’ai effectivement vu votre affiche et je vous ai appelé tout de suite, surtout quand j’ai su que c’était juste comme témoin que vous la recherchiez. Si vous vouliez l’arrêter, jamais je ne vous aurais appelé, je suis désolé de vous le dire. Cette jeune personne a sauvé des vies et pour moi, elle mérite une médaille.
-Elle a quand même eu le temps de vous donner un nom ? Demanda Mulder. J’imagine que non !
La tenancière répondit.
-Pendant que mon mari était sous les wagons, je me suis approchée d’elle et j’ai voulu en savoir plus. Elle ne m’a pas dit son âge ni d’où elle venait mais j’ai quand même réussi à lui faire dire son nom et son prénom : « Cassandra Priamson ».

Les agents se regardèrent.

-Et encore un nouveau nom ! Maugréa Scully.

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Re: Missing Files 04 Septième Sens

Message  Humbug le Dim 15 Mar 2015 - 9:28

Chapitre 9 « Grand Prix »



Iowa Speedway - Newton - Iowa

Le vrombissement des moteurs était assourdissant. Les cris des 30 000 spectateurs de l’Iowa Speedway étaient à peine audibles, couverts par le bruit des voitures de NASCAR passant devant les tribunes. Les bolides en étaient déjà à leur dixième tour d’arène. La température était douce et le ciel était chargé de nuages mais la pluie n’était pas prévue avant la nuit. Les conditions devaient se maintenir jusqu’en fin de soirée, bien après la fin de la course. Ce circuit était une des épreuves phare de la Busch Series, la deuxième division de la NASCAR, la National Association for Stock Car Auto Racing.

Le Stock-Car était une catégorie de course automobile dérivée des voitures de tourisme, née, à l’origine, dans les années 30, à l’époque de la prohibition. Les trafiquants d’alcool modifiaient leur voiture pour échapper aux forces de police puis très vite des courses entre bootleggers furent organisées ; les courses de Stock-Car venaient de naitre. Cette course était la dix-septième de la saison sur trente-cinq. Plusieurs chaines étaient là pour retransmettre l’évènement, ESPN America et ABC Sports.

Le pilote Joe Nemechek était en tête. Il conduisait une Chevrolet pour l’équipe Nemco Motorsports. Bobby Labonte, le vainqueur de la saison précédente, lui collait au pare-choc. Ce dernier conduisait une Oldsmobile pour Labonte Motorsports, fondée par son grand frère Terry Labonte qui avait remporté le titre suprême en 1984. Juste derrière, les autres vainqueurs des précédentes éditions de la Busch Series : Chuck Brown, Rob Moroso, Tommy Ellis, Larry Pearson, double vainqueur en 1986 et 1987, ainsi que Stefano Sadibussi, un sérieux challenger. La course était très serrée et relativement indécise. La foule était en délire et encourageait ces athlètes de haut niveau risquant leur vie à chaque virage et immortalisés dans le film de Tony Scott « Jours de Tonnerre », sorti en 1990, avec Tom Cruise en vedette dans le rôle du pilote Cole Trickle.

Des gens étaient venus de tout l’état et même du Nebraska pour assister au spectacle. L’avant de la course était très compact mais à l’arrière, les voitures s’étalaient un peu plus sur la piste. Le speaker était tout aussi survolté que les pilotes et le public.

-La voiture n°87 de Nemechek est toujours en tête de la course ! L’homme de Lakeland en Floride est très en forme aujourd’hui. Il n’a jamais remporté le titre mais cette année pourrait bien être son année. Ses concurrents ne sont pas en reste, loin de là. David Green et Bobby Labonte notamment. Mais il faudra aussi surveiller Stefano Sadibussi, un nouveau venu particulièrement prometteur !

Les tours de piste s’enchainaient à un rythme effréné.

Dans les tribunes, toutes les générations étaient réunies pour assister à ce spectacle hautement populaire aux Etats-Unis, cette « Grand Messe » du sport automobile.

Certaines personnes posaient leurs pieds sur les bancs devant eux et se faisaient rappeler à l’ordre par les agents de sécurité, d’autres personnes portant des stetsons empêchaient les gens derrières eux de voir la course et le ballet incessant des gens se levant pour aller chercher de la nourriture et des boissons, puis dérangeant à nouveau leurs voisins pour regagner leurs places faisait partie intégrante du spectacle. Cela relevait même du rituel. Des spectateurs restant debout trop longtemps se faisaient insulter par ceux qui se trouvaient derrière eux.
La voiture numéro 35 de Stefano Sadibussi s’arrêta au stand pour ravitailler et corriger un problème sur sa voiture mais dans l’empressement, il repartit sans s’apercevoir qu’un de ses mécanicien avait oublié un tournevis sur sa voiture. Il perdit l’outil dans un virage du même tour et ce dernier fut plié par le choc d’un bolide lancé à vive allure. Au tour suivant, la voiture jaune et noire numéro 51 de Duane Bartlett jr roula sur le tournevis plié à l’équerre et cela fit éclater son pneu arrière gauche. La voiture de Stock-Car dérapa et fit plusieurs tonneaux. Un des pneus se détacha, s’envola dans les tribunes et frappa une jeune spectatrice en plein visage, la décapitant. Le véhicule continua de rouler sur lui-même et une plaque se détacha à son tour, coupant en deux un couple qui tentait de s’enfuir. Une mère de famille fut écrasée par le moteur chaud et fumant de l’épave. La tribune s’écroula, tuant au passage une vingtaine de personnes. Un homme d’une quarantaine d’année s’empala le crâne sur un morceau de banc en bois et un jeune homme fut transpercé par une barre de fer.

Sur la piste, la voiture avait fini ses tonneaux mais prit feu et enflamma plusieurs véhicules qui n’avaient pu s’arrêter, tuant plusieurs pilotes dans cette fournaise alimentée par les centaines de litres de carburant.

Une véritable vision d’apocalypse. L’enfer.

La jeune inconnue ouvrit les yeux et son tatouage cessa de briller. Elle était moite, tremblante et essoufflée. Cette prédiction rivalisait d’horreur avec celle de l’avion en flamme qu’elle avait eu un peu plus tôt. Ce rêve prémonitoire la secoua une fois de plus. Cette rengaine infernale allait finir par avoir raison de sa santé mentale. Elle hyper ventila pour essayer de se sortir des conséquences de ce cauchemar si réaliste et violent. Elle pouvait encore sentir le soufre, le sang et l’essence tandis qu’elle faisait absolument tout pour retrouver un semblant de calme.

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Re: Missing Files 04 Septième Sens

Message  Humbug le Dim 15 Mar 2015 - 9:29


Chapitre 10 « Morgane Robertson »



17h10

Les agents Mulder et Scully avaient décidé de faire les trois heures de route qui séparaient Omaha de Newton dans l’état voisin de l’Iowa. Ils avaient reçu un coup de fil du directeur de course du circuit de cette petite ville rurale les prévenant qu’il avait rencontré une jeune fille ayant prédit un grave accident lors de l’épreuve du jour et sauvant du même coup la vie de plusieurs personnes parmi les pilotes et les spectateurs. En effet, certains concurrents avaient décidé de se retirer mais la course eut quand même lieu et il y eut finalement deux fois moins de victimes que dans les prédictions de l’adolescente. Elle avait aussi réussi à convaincre certains spectateurs qui avaient fini par rentrer chez eux, au contraire de certains téméraires ou sceptiques qui périrent ce jour là, au bord de la piste.

La route avait été longue pour les agents spéciaux mais l’homme qui les accueillit se montra des plus coopératif. Ils avaient été ralentis un long moment par des travaux importants sur un pont gigantesque traversant le fleuve Missouri à hauteur de Council Bluffs et s’en excusèrent.

Depuis leur arrivée dans le Nebraska, les agents du FBI avaient toujours un temps de retard sur l’adolescente sans nom qui prévoyait les désastres avec une précision de métronome et c’était encore une fois le cas.

Un agent de la sécurité les avait emmenés jusqu’au sein des seins. Ils entrèrent dans le bureau du directeur de course et ce dernier se présenta dès qu’il vit leur insigne.

-Mitch Duval. Je suis le responsable du circuit.

Ils se serrèrent la main.

-Vous avez vu cette jeune fille vous aussi, celle qui prévoit les catastrophes ? Demanda Mulder.
-Oui, nous l’avons tous vue. Et elle nous a fichu une sacrée trouille.
-Comment ça ? Questionna Scully.
-Elle a débarqué de nulle part avec son look improbable, ses cheveux couleur cerise et sa sacoche de facteur en bandoulière. Elle est entrée ici même, dans mon bureau pendant que j’avais une petite réunion d’avant course avec les pilotes les mieux classés. Je ne sais même pas comment elle a fait pour entrer vu que les locaux sont strictement interdits au public. En plus, il faut posséder un Pass et connaitre deux codes pour passer les trois portes qui sont entre ce bureau et l’entrée. Rien que ça, je ne me l’explique pas. Ensuite, elle nous a interrompus sans gène apparente et nous a expliqué que huit coureurs et une vingtaine de spectateurs allaient mourir lors de cette course, à cause d’un tournevis oublié sur une voiture. La voiture numéro 35 du rookie Stefano Sadibussi.
-Et alors qu’est ce qu’il s’est passé ? Voulut savoir Mulder.
-Certains pilotes ont eu les jetons. Pas à cause de ce qu’elle a dit mais comment elle l’a dit, avec pleins de détails impossible à inventer. Elle savait que la compagne d’un des pilotes était enceinte alors qu’elle avait fait le test le matin même. Elle lui a même dit le nom que portera le bébé, le nom de son grand-père. Il ne savait pas encore le sexe de l’enfant, bien sûr, mais avait déjà décidé avec la mère des prénoms éventuels. Celui pour un garçon était effectivement celui de son grand-père. C’était flippant ! Les pilotes de courses sont ultra superstitieux vous savez ? Ils gagnent leur vie en la risquant alors au moindre mauvais signe, ils se font porter pâle même si courir est leur passion. Alors, lorsque cette gamine est entrée et qu’elle a balancé tous ces détails sur leur mort, carbonisés dans leur voiture, ils ont eu la trouille de leur vie. Devant elle, ils ont fait bonne figure mais dès qu’elle est sortie de la pièce, plusieurs m’ont demandé d’annuler la course. Mais je ne pouvais pas, pas à cause des racontars d’une gamine. J’ai pensé que ce n’était pas une menace assez sérieuse et je m’en mors encore les doigts. Il va falloir que je vive avec ça. J’ai appelé la sécurité pour nous débarrasser d’elle. Un agent l’a mise dehors et plus tard il m’a dit qu’elle s’était envolée alors qu’il n’avait tourné la tête qu’une demi-seconde. Moins de dix minutes plus tard, il l’a revue dans les tribunes alors qu’elle n’avait visiblement pas de billet. Comment elle avait réussi à entrer ? Mystère ! Elle discutait avec un couple puis avec une mère de famille et un jeune homme. Au début de la course l’agent de sécurité n’a pas revu ces gens alors qu’il était sûr qu’ils avaient payé leur place. Il a entraperçu l’adolescente au bord de la piste, juste avant le départ. Il est allé la chercher mais elle a disparu une fois de plus, sans laisser de trace. Plus volatile qu’une poussière.
-Rien ne disparait sans laisser de trace ! Affirma Scully. Vous pensez qu’elle a pu mettre en place des éléments qui ont causé l’accident qu’elle prétend avoir prédit ? Qu’en fait, ces prophéties ne sont que de la poudre aux yeux, comme dans un tour de magie ? Ce qui lui permet d’avoir un alibi quant-aux catastrophes qu’elle provoque tout en paraissant vouloir les éviter.
-C’est une très bonne question. Je n’en sais trop rien. Je vous avoue que j’ai pensé à ça aussi mais ça ne colle pas trop avec le fait qu’elle a sauvé beaucoup de gens en nous avertissant. C’est indéniable.
-Le départ de la course a été donné à l’heure dite. Et qu’est ce qu’il s’est passé ensuite ? Demanda l’enquêteur.
-La moitié des coureurs dont elle avait prédit la mort n’ont pas pris le départ, parmi lesquelles Joe Nemechek, Bobby Labonte et Stefano Sadibussi. Duane Bartlett est parti lui. C’était celui qui devait rouler sur le tournevis échappé de la voiture 35 d’après sa prédiction. Il ne l’a pas cru et il est mort aujourd’hui. Tout s’est passé comme elle l’a dit sauf que comme Sadibussi n’a pas pris part à la course, c’est la voiture 53 qui a perdu le tournevis et non pas la 35.
Mulder ne put s’empêcher de remarquer que 35 était l’inverse de 53.
-Elle vous a donné un nom ?

Il répéta cette phrase avec une lassitude allant croissant.

-Oui agent Mulder ! Un pilote s’est retourné vers elle en lui disant qu’on ne savait même pas qui elle était et elle a dit en hurlant « Je m’appelle Morgane Robertson et tout ce que je veux c’est vous sauver la vie ! ». Quand j’y repense j’ai encore des frissons dans le dos.

Les agents se regardèrent. Encore une nouvelle identité. Elle semblait avoir abandonné les patronymes français, ce qui signifiait peut-être qu’elle n’était pas originaire de l’hexagone. En tout cas, ils étaient sûrs d’une chose maintenant : Si elle s’était présentée au barman, au gérant de la salle d’arcade et à l’adjoint du shérif sous le nom de Simone Latrelle ou Solitaire, ce n’était pas parce qu’elle était fan de l’actrice Jane Seymour. Mais que pouvait bien signifier ces identités, dont pas une seule ne semblait réelle ?

Comme il était un peu tard pour rentrer à Omaha, Mulder et Scully décidèrent de prendre deux chambres dans un motel à la sortie de Newton pour passer la nuit.

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Re: Missing Files 04 Septième Sens

Message  Humbug le Mer 18 Mar 2015 - 7:05

Chapitre 11 « Précognition »


Autoroute Interstate 80 – Iowa

Le lendemain matin à l’aube, ils avaient repris la route 80 en direction du Nebraska.

Alors qu’ils étaient sur la route du retour, Dana Scully reçut un appel du bureau local du FBI la prévenant qu’un nouveau témoin avait croisé la route de l’adolescente. Une jeune fille de dix-sept ans s’était présentée en déclarant qu’une fille étrange ressemblant comme deux goutes d’eau à Cindy Lauper l’avait prévenu qu’elle allait se faire violer par son petit ami alors qu’elle était avec lui dans un restoroute pour motards. Apparemment sa nouvelle identité était Marianne Lenormand. Une de plus. Et cette prédiction semblait avoir eu lieu avant celle du Grand Huit du Fun Plex.
Depuis le Début de cette affaire, ils connaissaient cette véritable Pythie sous les noms de Simone « Solitaire » Latrelle alors qu’elle avait prévu un crash aérien, Michelle De Notre-Dame lorsqu’elle avait dit à une mère de famille de ne pas prendre la route 80, Marianne Lenormand empêchant une jeune fille de se faire agresser sexuellement, Cassandra Priamson sauvant la vie des passagers d’une attraction foraine et enfin Morgane Robertson prévenant un accident mortel lors d’une course automobile. Cinq identités. Cinq noms pour la même personne qui sauvait des vies mais semblait provoquer elle-même ces catastrophes d’après l’agent scientifique Dana Scully.

-Ça s’appelle le « Syndrome du Héros » ! Dit-elle à son partenaire. C’est une pathologie qui touche surtout les jeunes gens recherchant l’estime et la reconnaissance des autres personnes à travers des actes héroïques qu’ils savent pouvoir effectuer parce qu’ils sont fait dans un contexte sécurisant pour eux. Souvent ils provoquent la catastrophe qu’ils endiguent et c’est de là que vient leur contrôle de la situation. Le cas le plus connu est celui du « pompier pyromane » mais il existe aussi ce syndrome chez des policiers, des infirmières et des agents de sécurité, entre autre. C’est une manière détournée d’obtenir l’estime d’eux-mêmes avant tout. Et c’est ce manque de confiance qui les pousse à commettre des actes illicites, y compris des crimes.
-Et tu penses sérieusement que cette gamine souffre de ce syndrome ?
-C’est d’une logique imparable. Sinon pourquoi l’agent de sécurité l’aurait vue rodant près de la piste juste avant cette course de Stock-Car ?
-Ça c’est une énigme pour moi aussi Scully. Mais reconnais quand même que lors du crash de l’avion, elle était juste en face du shérif-adjoint quand les coups de feu ont effrayé les oiseaux. Elle n’est donc pas responsable de cet accident. Et puis les propriétaires du Grand Huit nous ont dit que personne à part eux n’avait accès au câble hydraulique. Quant-au viol, tu n’oseras quand même pas me dire que c’est elle qui a provoqué le petit ami de cette fille.
-Pour ça, c’était peut-être de la suggestion. Quant à l’accident de la route 80, elle a très bien pu couper les sangles du camion de bois lors d’une halte. Pour le vol 1013 et le Grand Huit, elle devait avoir un complice.
-Un complice ? Que personne n’a jamais vu alors qu’elle est présente sur tous les lieux de ces catastrophes et qu’elle ne se cache même pas ? Non Scully ! Et puis comment connait-elle tous ces détails sur les victimes ? En plus, elle n’a vraiment pas le profil. Tu as entendu les témoignages. Elle a plus l’air d’être une fille à la rue qu’une infirmière ou une policière.
-Son complice est peut-être un des pompiers qui était à l’aéroport d’Omaha. Si ça se trouve son unité a même été appelée à l’Iowa Speedway.
-Scully ? Le circuit est à trois heures de route de l’aéroport. Aucune chance que ce soit la même caserne qui ait été appelée pour éteindre les deux incendies.
-Alors son complice est l’agent de sécurité qui l’a soit disant mise dehors. C’est lui qui l’a fait entrer dans le bureau du directeur de course, qui lui a donné l’accès aux tribunes et à la piste. Le reste de son discours sur sa disparition soudaine est de la poudre de perlimpinpin, comme avec le Magicien d’Oz, un faux semblant pour nous leurrer. C’est aussi surement lui qui a tiré en l’air près de l’aéroport pour effrayer les oiseaux afin qu’ils s’envolent dans les moteurs de l’avion. Il est son homme de main. Il a coupé la sangle retenant les troncs d’arbres sur le camion, il a sectionné le câble hydraulique du Grand huit et l’a aidée à préparer l’accident du circuit.
-Tu vas aussi me dire que le gars qui a voulu agresser la jeune fille près du bar de bikers c’est lui ? Décidément, cet homme est partout ! Désolé Scully mais je dois te dire que cette fille à l’air d’avoir d’authentiques pouvoirs de précognitions. En plus, elle semble utiliser son don à des fins positives, pour faire le bien.
-Précognition ? Une perception extra-sensorielle, rien que ça ?
-Les travaux du scientifique Dick Bierman, de l’université d’Utrecht sur le pressentiment ont démontré des réactions bio-physiologiques de sujets juste avant que différentes images leur soient montrées. Ces réactions non contrôlées étaient plus marquées juste avant des images violentes sans que les sujets ne sachent ce qu’ils allaient voir. Normalement ces réactions doivent être mesurées après la vision de l’image et non avant. Cela prouve qu’on peut prédire quelque chose de violent, un évènement, avant qu’il ne se produise et que cela à été mesuré scientifiquement. A la Stanford Research Institute en Californie, ils n’ont pas fait que des expériences de Vision à distance avec des espions psy comme ceux que nous avons rencontrés, ils ont aussi fait de nombreux travaux sur la précognition.
-Mulder, pour que l’art de prédire l’avenir soit réel, il faudrait abandonner le principe de causalité. Un principe physique indéniable. Une cause précède toujours son effet. Cela est la base même du déterminisme.
-Autrement dit « La théorie du chaos » ! Pourquoi pas. Mais même selon cette idée, certains événements peuvent être prédits. Et ceux qui prédisent ces événements veulent toujours les éviter. Ce qui nous ramène à notre ado bohème. Un autre scientifique, un certain professeur Cox a demandé aux compagnies de chemins de fer de lui donner la liste des passagers des trains ayant eu un accident, ceci sur plusieurs années, ainsi que la liste des passagers quatorze jours et vingt-huit jours avant l’accident. Il a déterminé que le jour du drame, il y a toujours moins de passagers que les jours précédents. Comme si certaines personnes savaient que l’accident allait se produire et qu’ils ont renoncé à prendre le train.
-Mulder ça ne prouve rien. Ce sont de pures coïncidences statistiques.
-Tu ne penses donc pas que cette jeune fille ait un don de voyance ?
-Ça dépend ! Tu crois qu’elle se balade avec sa boule de cristal ?

Mulder la regarda le sourire aux lèvres.

-Non. Ce n’est pas très pratique à transporter dans une sacoche de facteur !

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Re: Missing Files 04 Septième Sens

Message  Humbug le Mer 18 Mar 2015 - 7:08


Chapitre 12 « Destination Finale ? »



Council Bluffs – Iowa

Les agents spéciaux du FBI étaient presque arrivés. Ils étaient juste en face d’Omaha. Il ne leur restait plus qu’à traverser le pont enjambant la fleuve Missouri et à traverser Council Bluffs pour changer d’état et entrer dans Omaha. A cause des travaux, la circulation sur le pont était réduite à une voie en direction de Des Moines. Une employée des travaux publics brandissait un panneau jaune indiquant « Slow ». Un petit crachin très désagréable s’abattait sur les ouvriers et les carrosseries. Un morceau de macadam du pont avait été découpé avec une énorme disqueuse. Le vent fit tomber un cône orange à bandes blanches dans le trou béant de deux mètres carrés. Un ouvrier arrêta un autocar bleu et blanc à l’aide d’une pancarte « Stop ». Le vent redoubla d’intensité et fit s’envoler plusieurs casques jaunes. L’ouvrier découpant le macadam avait dû couper trop loin car la surface du pont commença à se fissurer. Des brèches de plus en plus larges gagnaient à présent la majorité du pont, comme une gigantesque toile d’araignée. Une voiture qui se trouvait sur la même file que celle de Mulder et Scully fut aspirée dans la crevasse et tomba dans le fleuve. Des passagers du car réussirent à s’enfuir et rebroussèrent chemin, à pieds, sous les yeux des agents. Le pont était littéralement coupé en deux. Une jeune fille tomba et fut embrochée sur le mât d’un voilier qui passait juste en dessous. L’autocar fut lui aussi aspiré par le trou et plongea dans le Missouri, à la verticale. Des plaques de macadam se soulevèrent. Un câble se détacha et un nouveau trou se créa. Les adolescents du bus essayaient de passer en faisant les funambules sur une poutre métallique qui supportait le rebord du pont. C’était la panique totale, des gens couraient dans tous les sens. Mulder et scully descendirent de leur voiture de location, abasourdis par cette vision d’horreur. Le pont s’affaissa encore d’avantage. Une voiture bascula, des câbles cédèrent et des gens furent à nouveau aspirés dans le gigantesque trou qui venait de se créer. Le pont, plus du tout rattaché par les câbles épais faisait des vagues comme un océan déchainé. Un homme chauve qui avait réussi à s’accrocher à la rambarde fut brulé vif par le macadam chaud qui se déversa d’une citerne directement sur lui. Des plaques entières de pont et des voitures tombèrent dans le fleuve. Heureusement, Mulder et Scully n’étaient pas encore engagés, ils ne risquaient pas grand-chose. Mais ils furent choqués d’une manière viscérale par ce qu’ils étaient en train de vivre. En tant qu’enquêteurs, ils arrivaient souvent sur place après un drame mais là, ils faisaient partie intégrante du chaos et cela n’avait rien à voir avec le paranormal. Mais tout à coup, Mulder aperçut la jeune fille aux cheveux « perroquet », juste à quelques mètres d’eux, sur le pont.

-Scully, elle est là !

La petite rousse au tailleur beige regarda sur le coté et vut de ses yeux l’adolescente. Ils se précipitèrent vers elle et tentèrent d’établir le dialogue malgré le vacarme ambiant.

-Nous sommes du FBI, il faut qu’on vous parle.

Ils la rencontraient enfin cette ombre fuyante, cette oracle des 90’s, l’objet de leur quête et de leur enquête dans le Nebraska.

-Vous ne pouvez pas aider ces malheureux plutôt ?
-Je suppose que vous avez déjà appelé les secours ?
-Ils vont arriver bientôt mais votre partenaire est déjà là et elle est médecin non ?

Elle savait qu’elle allait rencontrer les deux agents mais ne s’était pas enfuie.

Scully regarda Mulder avec son incompréhension habituelle.

-Comment prédisez-vous toutes ces catastrophes ?
-C’est mon don, ma malédiction !
-C’est tout ? Coupa Scully. Une malédiction, c’est comme ça que vous justifiez la mort de tous ces gens ?
-Ces personnes devaient mourir. C’était dans le plan. Moi j’essaye juste de le contrecarrer mais je n’y arrive pas à tous les coups.
-Le plan de qui ?
-La mort, agent Scully !
La physicienne redoubla d’étonnement car elle ne s’était même pas présentée. Qui était cette jeune fille et comment savait-elle son nom ?
-Nous allons vous ramener à Omaha pour vous interroger sur tous ces accidents auxquels vous semblez être mêlée.
-Je ne suis mêlée à rien ! Est-ce qu’une infirmière est mêlée à la maladie de son patient ?
-C’est comme ça que vous vous voyez ? Dit Scully. Comme une infirmière ?
-Oui ! Et qui essaye de guérir le monde mais parfois je me demande si il n’est pas en phase terminale.
-Vous allez quand même venir avez nous.
-Désolée mais je ne pourrais rien vous dire.
-Même pas votre vrai nom ? Interrogea Mulder.

L’adolescente lui fit un clin d’œil en guise de réponse, prit son walkman et ouvrit la trappe. Elle s’empara de la cassette audio qui s’y trouvait et la donna à l’agent en costume cravate.

-Tenez ! Vous trouverez toutes les réponses à vos questions dans cette cassette.

Mulder était dubitatif mais prit le rectangle de plastique des mains de la jeune fille.

-Ah, et puis j’ai aussi ça pour vous, agent Mulder ! Ajouta-t-elle en glissant dans sa main un paquet de graines de tournesol.

L’agent du FBI spécialiste du paranormal était, pour une fois, surpris et circonspect.

-Vous pensez sérieusement nous avoir avec ce tour de passe-passe ? Dit Scully.
-Ce n’est pas de la magie ! N’empêche que tous ces gens risquent leur vie sur ce pont.

Les agents du gouvernement ne purent s’empêcher de regarder au loin, vers le milieu du pont, mais lorsqu’ils regardèrent à nouveau autour d’eux, l’adolescente avait disparu.

Heureusement, elle avait laissé tomber quelque chose dans sa fuite, une carte d’identité. L’agent Scully la ramassa et regarda le nom qui y était indiqué : Eileen J Garrett. La Sibylle du Nebraska avait enfin un nom qui paraissait authentique. Scully trouvait ça presque trop beau pour être vrai.

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Re: Missing Files 04 Septième Sens

Message  Humbug le Sam 21 Mar 2015 - 3:31

Chapitre 13 « Eileen J Garrett »



J. Edgar Hoover building - Siège du FBI – Washington DC
Mercredi 2 juin 1992

Les agents du FBI étaient rentrés à Washington DC car après l’effondrement du pont de Council Bluffs, il n’y avait plus eu de catastrophes dans le Nebraska ni dans l’Iowa et plus aucun témoin n’avait vu la jeune voyante dans l’un de ces deux états.

Lorsque Dana Scully poussa la porte du sous-sol du Hoover Building, de la musique résonnait dans la petite pièce. Vraiment une chose impensable partout ailleurs, partout sauf dans ce réduit qui servait de repaire au Martien Fox Mulder. Elle entra en faisant la grimace et parla fort pour essayer de se faire entendre.

-Mulder qu’est ce que c’est que ça ?

L’agent était assis à son bureau en mangeant les graines de tournesol que la jeune fille lui avait données. Pour répondre à sa partenaire, il parla aussi fort qu’elle.

-« I will survive » de Gloria Gaynor !
-Du disco ? Mais pourquoi tu écoutes du disco au bureau ?
-Parce que c’est une pièce à conviction, figures-toi ! C’est la cassette que nous a donné l’adolescente. Toutes les réponses à nos questions, d’après elle. J’ai l’impression qu’elle s’est bien fichu de nous.
-Tu en doutais ?
-Pas vraiment. J’ai juste voulu y croire c’est tout. Mais ce n’est pas la seule chose avec laquelle elle nous a fait tourner en bourrique. J’ai fait une petite recherche sur toutes les identités qu’elle a données cette semaine.
-Et tu as trouvé des choses intéressantes, je suppose ?
-Disons que mon sens de l’humour n’est rien à côté du sien. Pour ce qui est de ses deux premiers pseudonymes, ceux qui ont à voir avec le crash de l’avion, Simone Latrelle et Solitaire, on sait déjà qu’ils se réfèrent au personnage d’une cartomancienne dans un James Bond mais j’ai fait des recherches un peu plus poussées sur ses autres identités. Michelle de Notre-Dame, le nom qu’elle a donné à Gloria Beckett, cette femme qui aurait dû mourir dans un carambolage sur la route 80, est en fait le véritable nom du médecin et prophète français Nostradamus célèbre pour ses mystérieuses Centuries. Il y a cinq-cents ans, il aurait prédit les deux Guerres Mondiales entre autre. Elle a juste féminisé le prénom.

Scully fit un mouvement arrière avec la tête et son cerveau commençait à faire les connections, elle n’avait pas du tout pensé à ça. Mulder continua ses révélations.

-Marianne Lenormand, le nom qu’elle a fourni dans le bar de motards et que la jeune fille qui a failli être violée a entendu, est aussi le nom d’une personnalité française possédant un don de voyance et de précognition. Marie-Anne Adélaïde Lenormand était une nécromancienne et cartomancienne française qui a vécu à la fin du XVIIIème et au début du XIXème siècle. Elle aurait prédit les morts violentes de Louis XVI et Robespierre. Ce n’est pas un exploit en soit vu la violence extrême de l’époque mais elle est devenue la voyante officielle de Louis XVIII à la restauration.
-Cassandra Priamson ? Demanda Scully.
-Pour cette identité là j’ai dû me triturer le cerveau un peu plus, je l’avoue. Cette fois ce n’est pas en France mais du côté de la mythologie grecque qu’il faut chercher. Cassandre était la fille de Priam, roi de la mythique cité de Troie. Elle aurait reçu d’Apollon le don de prédire l’avenir mais s’étant refusée à lui, il lui a également transmis la malédiction qu’aucune de ses prédictions ne serait crue par qui que ce soit. Elle avait dit aux troyens que l’enlèvement d’Hélène par Paris causerait la perte de Troie et les a même prévenus que le Cheval était un subterfuge des Grecques pour rentrer dans la cité. Son malheur était que personne ne la croyait jamais. Ils se précipitaient vers leurs destins funestes malgré les avertissements. Ça ne te rappelle personne ?

Scully réfléchissait et son regard était dans le vague. On aurait pu agiter une main devant ses yeux, elle ne l’aurait même pas vue.

-Cassandre, fille de Priam. Cassandra Priamson. Sauf que « Son » signifie « fils » et non pas « fille », Mulder !
-Je sais Scully mais dans le cas des noms de familles, le terme « son » qui renvoit à la génération suivant le père désigne tous les enfants y compris les filles.
-Et pour Morgane Robertson ?
-Alors là, on touche tout simplement au génie. Comme pour Nostradamus, elle a féminisé le prénom d’un homme, Morgan Robertson.
-Qui est ?
-Morgan Robertson n’était pas un voyant célèbre, c’était un écrivain. Mais un auteur très particulier qui est passé à la postérité pour son roman « Le Naufrage du Titan ». Quatorze ans avant le naufrage du Titanic, il a prévu dans son livre qu’un gigantesque paquebot sombrerait dans les eaux glacées de l’Atlantique Nord lors de son voyage inaugural à cause d’une collision avec un iceberg. Il avait annoncé environ deux-mille morts, essentiellement à cause du manque de canots de sauvetages. Le plus troublant c’est, entre autre, les proportions du bateau, identiques à celles du Titanic, sa vitesse, le nombre de victimes, les circonstances comme le voyage inaugural au mois d’avril, et le fait que le paquebot soit réputé insubmersible. De plus, dans le roman comme en vrai, les deux bateaux ont heurté un iceberg coté tribord.
-Mon Dieu Mulder ! C’est dingue, cette gamine s’est jouée de nous et de tous les gens qu’elle a rencontrés dans ces deux états. Elle possède une telle culture qu’elle n’est certainement pas une fille des rues. Qui peut connaitre tous ces gens aux dons de divination à part ceux qui s’intéressent vraiment au sujet ? Moi aussi je dois t’avouer quelque chose. J’ai ramassé une carte d’identité près du pont de Council Bluffs quand elle a disparu. C’était sa carte d’identité car il y avait sa photo dessus. Je l’ai faite analyser et ce n’est pas une fausse, elle est tout ce qu’il y a de plus vraie. Le nom inscrit est Eileen J Garrett.
-Cette fille s’appelle donc Eileen J Garrett !
-Non Mulder, ce n’est pas aussi simple. Même si les experts ont été formels et que cette carte est authentique, j’ai fait une recherche sur ce nom et j’ai découvert quelque chose. Eileen J Garrett était la plus douée des voyantes et médiums du début du siècle et elle a vu le jour dans la ville de Tara en Irlande, le 17 Mars 1893.

Mulder ne put réprouver un sourire nerveux.

-Tu penses que c’est le hasard, une simple homonymie ?
-Je ne sais pas, peut être pas cette fois.
-Même toi tu ne crois pas à cette explication rationaliste ? Mais bon sang, qui est-elle alors ?
-J’aimerais beaucoup le savoir.
-Ne me dis pas que tu penses que c’est Gloria Beckett qui a raison et que cette ado est un ange descendu du ciel comme Michael Landon dans « Les routes du Paradis » ?
-Non Mulder, mais depuis l’effondrement du pont, personne ne l’a revue et les catastrophes ont cessé dans le Nebraska et l’Iowa. C’est troublant, je le reconnais.
-Et tu penses qu’elle serait où aujourd’hui ?
-Je n’en sais rien, surement dans un endroit où on a besoin d’être prévenu d’une catastrophe pour qu’il y ait le moins de victimes possibles.




Au début du mois de juin 1992, dans la toute petite ville de Saint-Engrâce dans les Pyrénées-Atlantiques, en France, une adolescente aux cheveux rouges et en pétard entra dans la minuscule mairie du hameau avec fracas et se précipita vers le bureau d’accueil. La fée qu’elle portait à l’épaule en tatouage venait d’arrêter de briller.

-Oui ? Lui dit une vieille femme avec des lunettes épaisses. Que puis-je faire pour vous ?
-il faut faire évacuer la ville ! Répondit la jeune fille dans un français parfait. Des pluies diluviennes s’abattront ici et sur toute la région. Vous serez noyés sous deux mètres d’eau et le barrage hydroélectrique va céder, provocant un glissement de terrain qui va emporter cinquante mètres de route. Plusieurs de vos concitoyens vont mourir ! Et au mois de Septembre, à Vaison-la-Romaine, ce sera encore pire.
-Mais bien sûr ! Et vous, vous êtes qui au juste ? Madame Soleil ?
-Non je suis Priscilla Aquila et je vous conseille fortement de me croire.

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