L'air de rien...

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L'air de rien...

Message  noisette le Mar 30 Mar 2010 - 9:52

Avertissement : PG 13 / NC 17 (à partir de "un peu plus tard dans la soirée")

L'AIR DE RIEN...


- C’était écrit ! Cette journée sentait l’arnaque à plein nez !
- Scully…
- Rien que le dossier déjà ! Une affaire complètement inepte – et je suis correcte ! – de loup-garou satanique dévoreur de volailles - …
- Et d’un mouton quand même, tenta mollement de placer Mulder.
- Un canular d’étudiant, Mulder ! Bon sang ! Une enquête pareille, on ne l’aurait même pas refilé à un bleu de l’agence pour le bizuter ! Et toi, qu’est-ce que tu fais ?! Tu la réclame !
- Ben, c’est un peu mon boulot, en fait… Le surnaturel, je veux dire.
- Ce qui est surnaturel, c’est ton attirance irrépressible pour les plans foireux !

Pendant que Mulder se demandait, un sourire au coin des lèvres, si Dana Scully était donc aussi un plan foireux, elle bouscula la porte de l’aéroport d’un coup sec. Et son partenaire dut s’écarter précipitamment pour éviter de recevoir le retour de battant dans la figure.
- Eh !
- Pardon, grommela Scully.

Elle se figea sur le trottoir avec un air désespéré devant le spectacle qui s’offrait à elle.
- Mon dieu, c’est pas vrai ! J’aurais mieux fait de rester couchée ce matin, maugréa-t-elle en relevant le col de sa veste. Manquait plus qu’une tempête de neige, par-dessus ça !
Elle leva les yeux au ciel, exaspérée.
- Positivons, proposa Mulder avec un petit sourire narquois qui n’eut pour effet que d’horripiler davantage sa comparse si c’était possible. Nous avons survécu aux turbulences du voyage et tu n’as même pas vomi !
- Extrêmement drôle, Mulder, grinça-t-elle. Et de bon gout. Tellement !
- Je sais. Merci ! siffla-t-il modestement en examinant ses ongles d’un air pénétré.
- Si, si ! D’ailleurs, là, tout de suite, je serais déjà à me gondoler par terre si je n’étais pas glacée au point de ne plus pouvoir bouger un seul membre à cause de ces…

Elle ferma les yeux, souffla un grand coup et dans une tentative surhumaine, elle parvint à retenir les noms d’oiseaux qui lui venaient à l’esprit à l’évocation mentale des employés de l’aéroport.
- Quand même, risqua Mulder. Tu aurais pu prévoir…
- J’avais prévu ! explosa-t-elle, outrée de sa remarque. J’avais prévu de récupérer ma valise avant de partir, figure-toi ! Tout était dedans ! Mes gants, mon manteau d’hiver, mes vêtements de rechange et même mes Moon-boots !
- Nan mais je veux dire que si tu les avais gardé avec toi dans l’avion, tu serais moins…

Elle se planta devant lui et le fusilla du regard. Il ravala sa remarque.
- Oublie ! En fait, je voulais dire : ce sont des cons ! Des sales cons ! Et c’est intolérable qu’ils aient perdu tes bagages.
Il posa sa main compatissante sur l’épaule de Scully qui se radoucit presque instantanément.
- Et en plus, on est dimanche soir et tout est fermé ! bougonna-t-elle. Cette journée est la pire journée de ma vie…
- T’exagères pas un peu ?

Il fit signe à un taxi qui arrivait en trombes un peu plus loin.
- A part la fois où je me suis retrouvée en petite culotte et sac poubelle sur la tête en WE d’intégration à la fac de médecine, je ne vois pas non !
La voiture s’approcha rapidement. Dans un mouvement brusque, elle freina juste à l’emplacement d’une immense flaque saumâtre qui suintait à leurs pieds provoquant dans son mouvement une puissante et somptueuse gerbe d’eau boueuse … qui macula d’une vague glaciale et maronnasse le tailleur de Scully !
Elle frémit et serra les dents.
- En fait, je rectifie ! C’est bien aujourd’hui la pire des journées de merde de toute mon existence !

***

- Muldeeeer…
La voix plaintive s’éleva de derrière la porte. Allongé sur le lit, il retint un rire.
- Oui ? s’enquit-il en toute innocence.
- Et si on se faisait plutôt livrer le diner ici ? C’est une bien meilleure idée, tout bien réfléchi.

Il rit.
- Ben voyons. Et on fera comment ? Je te fais passer les plats sous la porte ?
Un grognement contrarié lui répondit. Il la prit en pitié.
- Allez, Scully, depuis quand te soucis-tu du regard des autres ?
- Je ne peux pas mettre ça ! Tout est dix fois trop grand !
- Fais des ourlets. Tu as même le droit de trouer ma ceinture si ça peut t’arranger.

Il l’entendit farfouiller quelques secondes, ponctuant ses opérations par ce qu’il devinait être des jurons bien sentis.
- Mon dieu, j’ai l’air de rien ! finit-elle par lâcher.
Il se releva sur ses coudes, les sens bien en éveil et très intéressé.
- Montre ?!
Un silence hostile et funeste envahit la pièce.
- Scully ? Il était aux anges. Sors de là !
La poignée tourna et la porte s’entrouvrit.
- Une seule remarque sarcastique, Mulder et tu es mort, menaça-t-elle.
Il s’assit, pétri d’impatience et l’appétit définitivement aiguisé.
Elle apparut sur le seuil, les deux mains sur chaque montant, la tête basse d’abord.
Les yeux de Mulder se posèrent sur elle. C’était tellement inhabituel de la voir ainsi, hésitante, déstabilisée mais furieusement sexy bien malgré elle. Il ne put se retenir de la dévorer d’une œillade gourmande qui frisait le licencieux. Elle dut sentir son regard sur elle et, progressivement, se redressa. En deux secondes, son air misérable se mua en un sourire bravache quoique gêné.
- Heureusement que le ridicule ne tue pas, n’est-ce pas ?
Il se leva et s’approcha lentement d’elle, détaillant le pantalon trop large qui tombait sur ses pieds, la ceinture sombre qui serrait sa taille fine dessinant ses courbes féminines… Et sa chemise… Sa propre chemise sur la peau nue de Scully… Elle l’avait laissée entrouverte sur la naissance de sa poitrine comme une ultime résistance de sa coquetterie de femme.
Il sourit.
- Tu es mon type d’homme, Scully !
Le visage de sa partenaire s’éclaira. Le regard malicieux mais manifestement très appréciateur de Mulder la rassérénait et il la vit se métamorphoser en reprenant son assurance habituelle.
- Mais…, ajouta-t-il en s’arrêtant avec une mine inspirée. Et la cravate ? T’as pas mis la cravate ?!
Il se dirigea d’un pas déterminé vers sa valise ouverte dans la salle de bain.
- Mulder ! protesta-t-elle. C’est une plaisanterie, là ?!
Il revint avec une de ses cravates rouges dans les mains, visiblement très satisfait de son projet et se planta face à sa partenaire consternée.
- Tu tiens absolument à ce que l’humiliation soit complète, c’est ça ?!
- Je veux juste parfaire ton look irrésistible de garçonne ! se défendit-il en tentant de lui passer la cravate.
- Pas question !

Elle saisit vivement son poignet, mais de sa main libre, il entreprit de la chatouiller sous le côté droit provoquant chez elle un mouvement reflexe pour se protéger. Il profita de l’occasion pour attraper ses deux mains et après un bref corps à corps, il réussit à la coincer contre le mur.
- Quand on sort, on s’habille, susurra-t-il à son oreille en maintenant son avantage.
Et il s’écarta très légèrement. Les yeux levés vers lui, elle le fixait, lèvres entrouvertes et regard de braise. Il sentit son rythme cardiaque s’accélérer brutalement et se surprit à savourer le souffle court de leurs respirations s’ajustant l’une à l’autre.
- On s’habille ? Vraiment ? ne put s’empêcher de provoquer sa partenaire qui, presque instantanément, se reprit en rougissant. Non. Je plaisante.
Mais sa voix était rauque et ses pupilles brillaient en l’examinant comme si elle pouvait voir le trouble en lui.
- Laisse-moi faire, murmura-t-il en glissant la cravate dans son cou.
Elle le laissa faire. La caresse de la soie sur sa peau avait anéanti toute velléité de résistance de toute façon.
Il croisa les deux pans de tissu et entreprit de former la boucle de son nœud en plaçant son index sur le point de jonction… précisément entre les deux seins de sa partenaire. Elle restait rivée aux yeux clairs de Mulder qui, tant bien que mal, faisait mine de se concentrer sur l’opération technique pour ne pas s’oublier au creux de la poitrine diablement séduisante de sa collègue.
- Ne serre pas trop, articula-t-elle d’une voix très basse.
- Rassure-toi, souffla-t-il sur le même ton, elle est très bien… relâchée comme ça.

Et subrepticement, du bout du doigt, il parcourut dans un frôlement la gorge frémissante de Scully…
Elle tressaillit.
Les secondes se changèrent en une éternité brûlante contenue toute entière dans cet échange visuel. Ils se sentaient déjà se noyer l’un en l’autre, manquer d’air. Leurs visages implacablement s’attiraient, de plus en plus près, incapables de lutter contre ce magnétisme irraisonné mais tellement grisant ! Grisant jusqu’à s’oublier…

La valise, posée en équilibre précaire sur un tabouret, bascula et s’écrasa dans un bruit retentissant. Ils sursautèrent.
Difficilement, il se détacha du bleu ravageur des prunelles de Scully en déglutissant péniblement. Il s’écarta d’elle et s’éclaircit la voix en passant sa main dans ses cheveux d’un air embarrassé.
- Bon. Hem… On y va ?

***

Les clients les observaient à la dérobée. Des murmures qui oscillaient entre réprobation, persiflage mais peut-être aussi de l’amusement pour certains avaient ponctué leur entrée dans la salle du restaurant de grillades.
Scully assumait. Crânement. Pendant que Mulder, ravi, s’évertuait avec application à faire comme si de rien n’était.
Comme s’il n’avait pas noté les coups d’œil envieux des hommes… et ceux, agacés, des femmes qui voyaient en la tenue de l’intruse la marque d’une dangereuse liberté.
Comme si, lui-même, ne succombait pas sous le charme du sourire mutin de sa partenaire qui semblait, tout compte fait, prendre goût à cette petite entorse aux sacro-saintes règles de ce qui devait être ou pas.
< Qu’ils en pensent ce qu’ils veulent ! Rien ne viendra gâcher cette soirée et peu importe leurs jugements étriqués. > décréta-t-elle pour elle-même. Peu importe puisqu’IL était là, face à elle, rayonnant, prompt à la faire rire et totalement indifférent à ce qui les entourait.
Elle le dévisagea et son sourire, soudain, s’élargit.
- Quoi ? demanda-t-il, piqué par la curiosité. A quoi penses-tu ?
Elle se pinça les lèvres d’une drôle de manière.
- Je pensais… à ce à quoi ressemblerait cette soirée si c’était ta valise que nous avions perdu et toi qui avais été éclaboussé…
Ils se regardèrent.

Et dans la triste salle de ce restaurant où la plupart des cœurs étaient aussi froids que la neige qui pleuvait au dehors, un gigantesque éclat de rire retentit, balayant la torpeur et insinuant une brise d’espérance. Aujourd’hui peut-être, les choses pourraient… qui sait… changer vraiment…


Un peu plus tard, dans la soirée…

Ils étaient face à la porte de la chambre de Scully. Elle introduisit la clé dans la serrure et se tourna vers lui.
- Bien. Bonne nuit Mulder. C’était… Elle lui sourit d’un air serein. C’était parfait.
Il lui sourit à son tour mais ne bougea pas. Il resta ainsi, à la regarder sans rien dire. Elle frissonna.
- Oui ? s’enquit-elle les yeux brillants.
- C’est que… tu as quelque chose à moi.

Il y eut un silence. La tension entre leurs deux corps était perceptible. Ils irradiaient littéralement de désir.
Elle prit la cravate entre ses doigts et lentement, se mit à la défaire. Il était hypnotisé par ses gestes précis, terriblement sensuels. Il ne pouvait pas quitter des yeux ces doigts qui dansaient sur le tissu comme s’ils jouaient d’un instrument. Dans un mouvement suggestif, elle fit glisser le pan le plus large le long de son cou à peine renversé. Là, tout de suite, il aurait voulu être un vêtement pour caresser ainsi sa peau diaphane.
- Tiens.
Elle lui tendit la cravate. Il la saisit mais ne partit pas pour autant. Elle l’observa avec malice.
- Oh !… Tu veux peut-être… le reste ?
- Je dors très mal si je n’ai pas le compte exact de mes vêtements tout près de moi.

Elle s’avança et monta sur la pointe de ses pieds.
- Et moi, je dors très mal lorsque j’ai un peu bu si je n’ai pas un corps bien chaud tout près de moi !
Il retint un rire.
- Heureusement que tu ne bois pas trop !
- Seulement en bonne compagnie, aguicha-t-elle.

Ils se sourirent et se turent, conscients d’avoir tous les deux emprunté une pente terriblement glissante.
Il passa tendrement un doigt sur la joue de soie de sa partenaire.
- Scully… Où est-ce qu’on va ? murmura-t-il.
Elle leva les yeux soudain plus graves vers lui et posa sa main sur celle que Mulder avait laissé sur son visage. Elle laissa aller sa tête un instant contre la paume large, ferma les yeux et savoura le contact intime et bouleversant. Puis elle articula d’une voix très basse et furieusement sensuelle.
- Dans mon lit, on dirait.
Sans se détacher du regard noir de désir de Mulder, elle tourna la poignée et pénétra à reculons dans la pièce en entraînant doucement son partenaire à l’intérieur.
- Tu es sûre ? souffla-t-il.
Elle le lâcha et lui tourna le dos avec un petit rire forcé.
- Je l’étais, je crois… Je ne sais plus bien en fait.
Il sentit qu’il l’avait ébranlée. Il ferma rapidement la porte derrière lui et la rattrapa par le bras, l’obligeant à lui faire face de nouveau.
- Ce n’était pas une critique ! C’est juste que…
- Oui ?
- Je ne sais pas. Ce n’est peut-être pas raisonnable.

Mais tout son être lui soufflait le contraire. Il ne demandait qu’à être bousculé dans ses certitudes. Elle le transperça d’un regard clair et sut traduire son message contradictoire.
- Non, ce n’est pas raisonnable… mais…
Ses mots s’envolèrent et se perdirent dans la nuit comme des étoiles filantes. Ils n’étaient pas nécessaires. Seul son corps désirait s’exprimer. Les mains de Scully se tendirent vers la taille puissante de Mulder et s’arrimèrent à ses hanches. Des odeurs l’assaillirent et elle vacilla sous son parfum d’homme. La tête lui tournait, ensorcelée par les effluves virils, familiers et entêtants. Une légère transpiration, le musc qui le caractérisait tellement…
Elle croisa son regard vert trouble et sentit qu’elle était perdue. Il était tellement dense à cette seconde qu’il lui coupa presque la respiration.
En apnée, elle parcourut ses traits longs, sa mâchoire ferme, son cou fin et s’arrêta sur sa bouche… Sa bouche et ses lèvres pleines, voluptueuses, irrésistiblement attirantes…
Elle crevait d’envie de les goûter !

Elle approcha son visage.
- Mulder…
Elles étaient si proches ses lèvres ! Mais si hautes aussi… Il devina ses pensées et se pencha légèrement.
- Si tu ne veux pas Mulder, arrêtes-moi tout de suite…, articula-t-elle presque sans souffle.
Il glissa ses mains sur ses joues. Elles étaient brûlantes.
Du bout de sa langue, elle humecta ses lèvres desséchées par la soif et monta à lui comme à une source vive.
A l’aveuglette, elle perçut d’abord le souffle chaud sur sa bouche. Puis, dans un effleurement, leurs lèvres se touchèrent et se quittèrent presque aussi vite. Elle sentit les paumes de Mulder descendre sur son cou et relever son menton pour que renaisse cette rencontre.
Elle pressa son corps contre le bassin de Mulder, s’accordant à l’infime ondulation de ses hanches et chercha à nouveau ses lèvres.
Lorsqu’elle les trouva, une marée de délices déferla dans son ventre. Elles étaient si douces…
Délicatement, comme on picore, elle baisa la pulpe tendre. Et il lui répondit, posément d’abord, promenant souplement ses lèvres sur elle avec d’infinies douceurs comme s’il risquait de la briser. Puis leur baiser se fit plus profond. Le souffle court, elle augmenta la pression et, tremblante, elle glissa sa langue sur les lèvres brûlantes forçant ainsi un passage qui ne demandait qu’à s’ouvrir.
Elle sentait comme si elle était en lui l’effort surhumain qu’il faisait pour garder le contrôle. Et elle-même était à deux doigts de perdre la tête alors que la main de Mulder descendait entre eux et passait sous sa chemise. Il saisit son sein droit avec un grognement de plaisir et de son autre main, il insista gentiment contre sa nuque et vint l’embrasser plus fougueusement encore.
Il lui arrachait maintenant de petits soupirs entre deux contacts affamés de leurs bouches. Ils s’agrippaient l’un à l’autre avec l’énergie de la passion. Elle se repaissait de ces baisers mais c’était toute la peau de cet homme qu’elle désirait ardemment embraser.
Elle le repoussa vivement, provoquant chez lui un vide insoutenable.
- Mulder, prononça-t-elle comme jamais elle n’avait prononcé son nom.
Il en trembla. Il y avait tant d’amour et de désir dans cet appel.
Elle leva la main vers son torse et il s’apprêta à faire de même.
- Je t’en prie, non, Mulder… Offre-moi quelques secondes de conscience encore…
Et elle défit un à un chaque bouton de sa chemise, lentement. Très lentement. Il en serait devenu fou s’il ne s’était maintenu en rivant ses yeux à ceux, brouillés de désir, de Dana. Lorsqu’enfin, elle le débarrassa de sa chemise et qu’elle posa avec fièvre ses lèvres sur sa peau brune, il laissa échapper un imperceptible gémissement.
Elle fit glisser sa bouche sur son ventre, savourant son goût chaud et salé sur sa langue, comme un pain sorti du four.
A son tour, avec fermeté, il s’écarta et attrapa les bras frêles de Scully.
- Ca suffit maintenant…
Sa voix rauque fit frémir Dana.
- Je veux récupérer ma chemise !
Elle étrangla un rire en reculant vers le lit.
- Alors, viens la prendre !
- Ca ! Tu n’auras pas besoin de le dire deux fois !

Il s’élança vers elle et ils basculèrent sur le lit, s’étreignant de toutes leurs forces. Alors qu’elle tenait sa tête, ébouriffant ses cheveux pour mieux l’embrasser, il insinua ses mains larges sous sa taille, massant sa peau lisse et douce comme un nuage. Il se libéra de l’emprise de Scully et fit courir ses lèvres sur ses paupières sucrées, sur ses oreilles et au creux de son cou de cygne. Puis, avec une émotion qu’il peinait à dissimuler, il se redressa en se callant contre les reins magnifiques et entreprit de la libérer du vêtement d’homme. Ses doigts s’escrimaient contre les boutons, rendus maladroits par l’impatience et l’humidité dans ses yeux. Il devina plus qu’il ne vit les doigts de Dana venir à son secours et ensemble, ils réussirent à dégager les deux pans de tissu. Ils restaient encore fermés sur la poitrine de Scully. Elle écarta les bras, ferma les yeux et s’offrit à lui.
- Déshabille-moi, Mulder… S’il te plait…
- Mon Dieu oui ! Il me plait ! hoqueta-t-il dans un rire chaviré.

Il passa ses mains sous le blanc de la chemise qui s’ouvrit toute seule comme le rideau d’un théâtre. En soupirant d’aise, il se faufila vers les seins, empressé de les libérer du soutien-gorge.
Ses mains larges enveloppèrent le galbe de sa chair vibrante, alternant une délicate stimulation à gauche puis à droite, pinçant doucement un téton, puis posant ses lèvres sur l’autre.
Il percevait le ventre de Scully qui se soulevait sous ses cuisses. Parfois dans un halètement désordonné, d’autres fois, dans une longue inspiration qui la faisait gémir et balancer sa tête d’un côté puis de l’autre.
Il se rassit, enserrant plus fort encore la taille de Scully entre ses jambes, réfrénant l’envie de lui arracher immédiatement son pantalon et sa culotte. Il posa ses yeux sur ceux, clôts, de sa partenaire. Son visage renversé vers l’arrière était partiellement dissimulé par ses cheveux flamboyants. Il savoura son expression bouleversée. Elle était sublime ainsi offerte.
Il passa ses pouces sur la gorge nue, interceptant une fine coulée de gouttes de sueur et glissa sous son menton. Il remonta ses doigts jusqu’à la bouche de Dana et la libéra des mèches auburn d’une main tandis que de l’autre, il vint frôler les lèvres humides. Il fit jouer son pouce contre la chair tendre, s’insinuant parfois à l’intérieur juste pour le frisson de sentir la langue de Scully le lécher doucement dans une caresse intime renversante et terriblement érotique.
Il contempla son corps qui se livrait tout entier au plaisir, sans mesquine restriction. Elle s’abandonnait à lui. En toute transparence. En toute impudeur. Sans rien lui dissimuler de l’émerveillement de ses sens.
Il souleva délicatement sa taille pour lui ôter ses vêtements. Elle accompagna son geste en se cambrant pour lui faciliter la tache. Il sourit et s’attaqua au bas.
Il enleva ses chaussures et les chaussettes trop larges qu’il lui avait prêtées. Son pied était si fin…
Il posa ses deux mains sur la cheville et lentement, en la touchant à peine, il remonta le bas du pantalon sur sa peau en marquant de sa bouche chaque étape de sa progression. Il fit courir ses lèvres sous le genou, coula sa langue en remontant le long de la cuisse. Il était si haut que ses doigts pouvaient se glisser et chatouiller le pli de l’aine. Elle eut un rire rauque.
- Si tu ne me débarrasses pas de tout ça très vite, c’est moi qui vais craquer…
- Je veux voir ça, provoqua-t-il en fleuretant audacieusement avec le tissu de sa culotte.
- Mulder, gémit-elle.

Il ne la caressait pas directement mais c’était presque pire…
Non. Pas presque. C’était pire !
Elle le laissa le torturer ainsi pendant de délicieuses minutes. Il ne semblait pas disposé à passer la vitesse supérieure.
Ce fut elle qui finalement saisi sa main et se redressa en se mettant à genou face à lui.
- On dirait que tu ne te rends pas bien compte. Qu’est-ce que tu dirais si je te faisais subir des choses pareilles ? susurra-t-elle en posant sa main à l’endroit précis où une certaine activité faisait se tendre la flanelle du pantalon de Mulder.
Il gloussa.
- Je dirais que j’aime ça !
- Et ça te suffirait ? risqua-t-elle en le basculant à son tour.

Elle passa au-dessus de lui et ses mains commencèrent à le parcourir. Elle voulait palper, goûter chaque centimètre carré de sa peau. L’appel était irrépressible et alors qu’elle massait avec émotion la chair ferme de son ventre, elle se mit à embrasser son corps. Des baisers délicats, à peine appuyés, qui dessinaient des chemins sinueux de son cou à son nombril en passant par ses tétons d’homme et la vallée qu’une brise trouble creusait juste au-dessous de sa taille.
Les mains de Mulder caressaient ses cheveux, se crispant légèrement quand le baiser se faisait plus insistant. Les tempes bouillantes, elle s’orienta doucement sous son ventre. Il tenta de la retenir mais elle se dégagea. Ses doigts saisirent la ceinture et, fébrilement, l’ouvrirent.
Maladroitement, elle attrapa le pantalon et en débarrassa Mulder. Dans la foulée, elle se libéra aussi du sien.
Lorsqu’elle eut fini, il ne portait plus que son boxer et elle, sa culotte.
Ils se dévisagèrent, le souffle court. Lentement, elle glissa ses pouces de chaque côté de ses hanches et se dégagea. La culotte tomba à ses pieds, révélant à Mulder l’ombre discrète de sa toison pubienne.

Soudain, il fut sur elle, l’étreignant de toutes ses forces, tandis que malgré elle, elle répondait à l’assaut en griffant son dos, s’agrippant à lui comme à une bouée.
Ils roulèrent sur le lit et dans une danse brûlante, brutale, animale, ils cherchèrent à se fondre l’un en l’autre. Avec une passion rageuse.
La gorge suffoquée d’amour, ils goûtèrent à chaque chair, s’emplirent de la note entêtante du râle de plaisir qui s’élevait entre eux.
Il arracha son dernier vêtement. Allongée sous lui, elle saisit ses hanches et les amena au-dessus d’elle.
- Viens !
Il plia ses coudes et se pencha sur ses lèvres. Il les enveloppa avec douceur, son baiser investit la bouche de Dana cherchant sa langue dans un petit jeu électrisant. Tout en répondant et en approfondissant leur échange enivrant, elle monta son bassin contre lui. Lentement, en se retenant d’imploser sous le désir, elle imprima un mouvement circulaire contre le bassin de Mulder, consciente de stimuler ainsi certaines zones particulièrement sensibles... Ses mains fines se posèrent sur les fesses fermes et rondes à en crever de son partenaire et imprimèrent une pression impérieuse.
- Maintenant ? murmura-t-il avec une malice qu’il peinait à ne pas faire voler en éclat tant il la désirait.
- Tout de suite ! supplia-t-elle.

Et elle s’étrangla dans un cri rauque alors qu’il la pénétrait sans même attendre sa réponse.
Leurs corps prirent un rythme lascif, voluptueux puis la danse se fit fauve et de plus en plus frénétique, ponctuée d’exclamations de plaisir que ni l’un ni l’autre ne pouvaient retenir tant l’expérience était d’une intensité affolante.
Malgré les protestations de Dana, il osa interrompre un instant son va-et-vient pour descendre l’embrasser fébrilement et enfouir sa tête entre ses cuisses.
Elle se contracta sous ses baisers appuyés et sentit très vite un grondement monter au creux de ses reins.
- Mon dieu, reviens Mulder ! Je veux te sentir en moi quand…
Elle s’interrompit, trop émue pour poursuivre. Il ne se le fit pas dire deux fois et revint en elle dans un mouvement fluide, tellement doux qu’il en était douloureux. Ensemble, ils reprirent leur chorégraphie dans un brouillard lent. Elle avait renversé sa tête vers l’arrière et elle la balançait de gauche à droite, les yeux fermés, à chaque fois que son corps se tendait de plénitude. La veine de son cou battait la mesure de sa jouissance, l’eau dégoulinait sur son visage que le plaisir rosissait et plaquait ses mèches auburn sur sa peau enfiévrée. A bout de souffle, il ne quittait pas des yeux sa compagne. Il voulait la voir. Voir l’extase investir ses traits bouleversés. Et pleurer de joie à l’idée qu’il en était la cause.
L’orgasme la saisit, la souleva et la transfigura alors qu’elle retombait, tremblante comme un nouveau-né.
Il s’oubliait, se noyant dans le spectacle sublime.
Alors pour lui, elle se retint de perdre conscience. Pour lui, elle dressa la petite mort. Et en manquant de défaillir à chaque mouvement, elle reprit la danse en plantant son regard noir de braise sur lui. Il se focalisa sur sa lèvre vibrante et sensuelle, puis ferma les yeux. Et se laissa emmener par elle vers les cimes. Et cette fois, ce fut elle qui laissa couler une larme de bonheur lorsque, dans un ultime ahanement, il libéra sa semence avec une expression magnifique. Elle glissa ses mains dans sa tignasse brune, embrassa sa paupière et le ramena contre son épaule, l’enlaçant avec amour.

Il s’octroya quelques secondes pour reprendre ses esprits.
Puis, du bout des hanches, il bougea très légèrement contre elle, provoquant un nouveau frottement là où la sensibilité de la chair gonflée de plaisir était déjà presque à son paroxysme. Alors, avec un frisson, elle coupa les cordes qui retenaient la petite mort.
Dans l’immobilité de leurs deux corps lourds abandonnés l’un sur l’autre, elle la laissa finir son travail et s’offrit sans résistance cette fois au plaisir. Il perçut la réplique et l’accompagna en enlaçant de ses bras puissants la taille frêle de Scully. Il la serra jusqu’à sentir les convulsions s’espacer et s’atténuer peu à peu.
Elle expira enfin dans un ultime sursaut. Ses doigts se décrispèrent et libérèrent les draps froissés. Tous ses muscles se relâchèrent la livrant encore pantelante et la peau constellée de perles de sueur à un presque-sommeil comblé. Mulder roula doucement sur le côté et la ramena contre son épaule en caressant tendrement le creux de ses reins. Elle frissonna et se blottit contre lui. Les yeux fermés, elle sourit et murmura.

- J’en ai rêvé de tes doigts sur moi, si tu savais !
- Et moi donc… !

Il glissa amoureusement sa main dans ses cheveux fins et lissa délicatement les mèches rousses.
- Tu sais Mulder ?
- Mmm ?
- C’était peut-être la pire des journées. Mais ça n’a aucune importance. Parce qu’il ne pouvait pas y avoir de nuit plus belle !

FIN.

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