Parenthèse

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Parenthèse

Message  Bermuda le Dim 17 Jan 2016 - 23:07

Voici une fanfic NC17 (voire NC21) écrite pour un défi zone 51 d'XFM.
Une vieille discussion avec Missy sur les fanfics slash ainsi que le souhait d'humbug de voir le rare pairing non canon qu'il estimait crédible sont à l'origine de cette expérience : une improbable fanfic Scully/Marita !  Suspect  Razz
Cette fanfic leur est donc dédiée  Very Happy



******************************************************






Marita Covarrubias s'avança dans le bar.
Elle balaya la salle d’un regard et s’arrêta sur la silhouette assise au fond, attablée au comptoir. C’était une femme aux cheveux roux montés en un chignon sauvage sur la tête. Devant elle un verre de ce qui semblait une sorte de crème liquide et ambrée. Elle le tournait entre ses doigts d’un air absent. Perchée sur le haut tabouret en bois, elle semblait se perdre dans les reflets de la boisson, les épaules basses et la tête lourde...
Elle portait un pantalon de lin crème un peu sali aux genoux ce qui ne semblait pas la préoccuper outre mesure. N'était-ce son teint relativement clair bien que bronzé, elle ne dénotait pas tant que ça. Le bar - c'était assez rare dans le quartier historique du township de Soweto - était fréquenté autant par des blancs que par des noirs. Un cran au-dessus du boui-boui accessible à la classe laborieuse et sans le sou. Mais un de moins que tous les troquets des hôtels fréquentés par les étrangers ou les riches propriétaires et entrepreneurs locaux qui préféraient les comptoirs de Johannesburg, 15 kms plus au nord..

Marita s'approcha par derrière, suscitant au passage quelques regards appuyés sur sa démarche chaloupée et ses longues jambes blanches.
- Bonsoir...
- Bonsoir, répondit la femme.
Elle n’avait pas relevé la tête bien décidée à ne pas se laisser importuner. Ce n’était pas suffisant pour refroidir la diplomate habituée aux accueils plutôt tièdes. Sa profession suscitait la méfiance.
- Vous permettez ? s’enquit-elle en désignant le tabouret vide voisin.
La femme laissa filer un soupir fatigué et porta son verre à sa bouche pour faire glisser une longue gorgée d'alcool dans sa gorge. Marita nota l'élégance de son cou renversé, ainsi que la pellicule légèrement noire de sueur qui faisait briller sa peau. Elle laissa couler ses yeux vers le décolleté offert par un débardeur blanc sous un chemisier olive ouvert. En dépit d’une tenue confortable et plutôt simple, quelque chose se dégageait de cette femme : une sorte d’aura sensuelle, presque intimidante. Marita s’attarda une seconde de trop sur la forme ferme et ronde de ses seins qui se devinaient sous le tissu. La promesse était tentante et Marita se fit la réflexion que cela faisait bien trop longtemps qu’elle ne s’était pas frottée à une autre peau de femme. Elle inspira profondément pour s’extraire de sa contemplation. Elle n’était pas là pour ça…
- Mauvaise journée...? entama-t-elle sur un ton prévenant.
- Mmmm, marmonna la femme en guise de vague assentiment sans lever les yeux et toujours peu disposée à socialiser.
- … ou mauvaise date ? Poursuivit Marita.
Elle avait pris ses renseignements. Aujourd’hui était une date anniversaire. Un triste anniversaire pour cette femme qui avait dû abandonner l’enfant qu’elle avait si ardemment désiré. Marita comptait bien s’en servir.
La femme cessa de faire tourner le verre.
Elle redressa la tête et le buste, puis pivota lentement vers la diplomate. Son attitude et son expression s'étaient transformées. Et elle paraissait soudain beaucoup plus alerte à défaut d’être plus réceptive.
Elle dévisagea longuement Marita. Puis sans rien dire, avec un petit sourire amer, elle revint à son premier intérêt : la boisson brune. Marita prit la chaise de bar et s’assit.
- Vous m'avez reconnue ?
- Que voulez-vous, mademoiselle Covarrubias ? articula posément la femme dont l’expression impénétrable aurait aussi bien pu signifier qu’elle était tentée par l’idée de jouer à faire des bulles dans son verre.
- La même chose que vous Dana, ça m’ira très bien, tenta Marita ignorant ostensiblement le sous-entendu de la femme au nom de Dana. Elle fit signe au barman pour qu'il lui serve le même breuvage.
L'autre sourit à nouveau. Avec quelque chose de plus carnassier au fond du regard.
- Que me voulez-vous ?
- Me croirez-vous si je vous dis que je suis là par hasard ?
- Il n'y a pas de hasard avec les gens comme vous...
- Vous ne me faites pas confiance Scully ?
Marita insista doucement mais délibérément sur le nom de famille - elle savait ce que cela évoquerait en cette femme - et elle vit avec une certaine satisfaction le visage de sa voisine se crisper. Elle avait tapé dans le mille.
- …
Le barman, un immense noir au gabarit de joueur de rugby, apportait un second verre et le lui tendit. Marita trempa ses lèvres dedans en fermant les yeux. La journée avait été longue et elle ne s'était pas rendue compte d’à quel point elle était épuisée...
- C'est bon, apprécia-t-elle en savourant réellement la chaleur du breuvage sucré.
- C'est de l'amarula.
- Il faudra que j’en ramène aux Etats-Unis…
- Vous êtes venue pour moi, mademoiselle Covarrubias ?
- Marita s’il vous plait. Et je suis vraiment là par hasard. Je suis entrée, je vous ai reconnue, c'est tout.
Dana Scully vida d’un coup ce qui lui restait à boire et se leva.
- Très bien. Vous m’excuserez mais je vais rentrer. Ravie de vous avoir revue.
Elle sortit un billet de la poche de son pantalon et le déposa sur le comptoir. A ses pieds reposait un large sac besace en cuir : elle s’en empara et esquissa un mouvement vers la sortie.
Marita attrapa son bras.
- Attendez...
Dana Scully se décida enfin à étudier plus attentivement le visage de la diplomate. C’était une belle femme. Ses cheveux blonds mi-longs collaient à ses tempes humides. La soirée était chaude. De cette chaleur lourde et poisseuse qui caractérisait l’Afrique du Sud.
Marita Covarrubias portait un fin chemisier clair sur un tailleur de marque. Léger certainement mais peu appropriée aux circonstances présentes. Elle avait déposé son veston, bien superflu sur un tabouret à sa droite.
Ses yeux étaient d'un bleu si pur, son expression si désarmante que Scully se troubla. Elle n'avait jamais vraiment su où classer Covarrubias, et renâclait à reconnaître que les instincts protecteurs de Mulder à l'égard de la mystérieuse diplomate l'avaient toujours un peu contrariée.
- Que devient l'agent Mulder ?
Scully baissa les yeux sur la main qui serrait toujours son bras et Marita desserra sa prise en s'excusant.
- Toujours aux États-Unis aux dernières nouvelles, répondit Scully le visage fermé pour ne pas laisser transparaître ses sentiments.
- Alors c'est vrai ? Vous êtes séparés ?
Cette fois, le regard de Scully vira à l'orage.
- Et vous prétendez passer par hasard hein ?!
- Ce n’est pas ce que vous croyez. J'ai juste voulu savoir ce que vous deveniez il y a quelques temps, rien d'autre !
Sa main effleura imperceptiblement celle de Dana, laissant celle-ci un peu décontenancée.
- Je suis désolée. S’il vous plait, restez un peu… - Elle désigna le verre vide - Je peux vous en offrir un autre ?
Dana se rassit avec une sensation désagréable.
- Ce n’est pas dans mes habitudes d’écumer les bars, énonça-t-elle lentement tout en regrettant immédiatement de donner l’impression de se justifier.
Elle posa son sac à ses pieds.
- Dans ce cas, j’ai eu de la chance de vous trouver, rassura Marita en faisant un nouveau signe au serveur pour qu’il remplisse le verre de sa voisine.
Il revint vers elles et avec un sourire pour Scully, versa l’amarula avec largesse. Scully le regarda faire, muette.
- Si vous avez besoin d’être raccompagnée, je suis là Docteur, offrit-il avec un clin d’œil.
Elle répondit à son sourire.
- Je ne voudrais pas vous arracher à votre service. Mais merci de l’offre.
Nelson Umtata s’éloigna discrètement en se disant que décidément, le docteur Scully était encore plus séduisante lorsqu’elle se détendait. Marita le suivit des yeux.
- Vous avez une touche on dirait...
Dana ignora sa remarque et se tourna vers elle.
- Que faites vous ici ? demanda-t-elle finalement par pur formalisme.
- Je suis détachée par la Cour Pénale Internationale pour une mission diplomatique.
- Le Soudan hein ?
- Oui. Je crois que vous connaissez bien.
- Trop. Elle saisit le verre et en but une gorgée. L’Afrique du Sud n’arrêtera pas Omar El-Béchir, professa-t-elle d’un air sombre.
Marita s’arrêta sur son expression. Ses yeux bleus avaient foncé, des flammes rageuses dansaient dans ce regard. De la rage, et des réminiscences de mauvais souvenirs, présuma-t-elle.
- Qu’est-ce qui vous fait penser que ce serait ma mission ?
- A cause du sommet de l’Union Africaine qui aura lieu dans 15 jours par exemple. Et aussi de la venue annoncée d’un homme poursuivi pour génocide… Il entre et sort dans ce pays comme bon lui semble, avec les courbettes en prime.
- C’est bien notre problème, approuva la diplomate. Je suis ici pour convaincre le gouvernement de respecter ses engagements vis-à-vis de la CPI.
- Il posera sur la photo des chefs d’états africains et repartira tranquillement. Croyez-moi.
- C’est possible mais il faut bien essayer, même si le jeu semble perdu d’avance, non ?
Marita adressa un sourire énigmatique à Scully et leva son verre.
- Aux causes perdues…
Dana contempla cette femme en ignorant délibérément le toast : Marita Covarrubias ne manquait pas de charme. Mais c'était une pragmatique, pas une idéaliste, de cela elle était certaine. Elles se mesurèrent du regard quelques secondes encore. Et Marita retourna à sa boisson.
- Vous savez ce que c’est, je crois, lâcha-t-elle négligemment.
- Je suis experte en causes perdues, railla Scully.
- Vous faites des missions humanitaires, c’est ça ? s’intéressa la diplomate.
- Une ou deux fois par an, oui. Le reste du temps, j’exerce ici, au St John Eye Hospital. Mais vous le savez très bien.
- Vous vous y plaisez ?
Scully soupira vivement.
- On doit vraiment faire tout ce cirque ?
Marita sentit qu’elle risquait de la perdre. Il était temps de lui présenter l’addition ou c’en était fini de sa vraie mission.
- Écoutez, je sais que vous vous méfiez de moi…
- Vous avez bossé avec le syndicat !
- J’étais agent double, j’ai risqué ma vie pour donner des informations à Mulder, protesta Marita. J’ai payé de ma personne et j’ai pris cher, murmura-t-elle encore soudain moins fière.
Dana la jaugea du regard. La fêlure dans les yeux de la blonde ne mentait pas. Mais ce n’était pas suffisant.
- Que faisiez-vous avec Krycek alors ?
- Peut-être plus ou moins ce que vous faisiez avec Mulder ! siffla Marita en la toisant d’un œil furieux.
- …
- J’ai témoigné à son procès, Scully. Ça m’a couté 5 ans de placard et la peur au ventre pendant toutes ces années. Mais je vous en prie, ne me remerciez pas !
Elle se leva vivement laissant Scully avec un désagréable sentiment de culpabilité.
- Vous logez où ?
L’autre s’interrompit dans son mouvement. Et s’approcha du visage de Scully jusqu’à sentir son souffle sur les lèvres. Autour d’elles, quelques hommes lorgnaient dans leur direction et, aux sourires lubriques affichés par certains, l’image mentale qui se dégageait de cette scène n’était pas pour leur déplaire.
- Épargnez moi les chaud et froid. Je venais en amie.
- Où logez-vous ? répéta Scully en soutenant le regard farouche qui virait à l’orage.
- Nulle part si vous voulez savoir. Problème de réservation, se raidit Marita.
- J’habite à deux pas si vous voulez savoir. Permission de régler la facture ? ironisa Dana sur le même ton.
Elle se leva à son tour. Marita s’adoucit imperceptiblement. Elle n’avait pas prévu que la partie se jouerait ainsi. Mais le résultat dépassait ses espérances. Elle se surprit à apprécier la tournure que prenait cette situation inattendue.
- Très bien. Mais vous me faites faire un tour d’abord…
- Soweto la nuit pour deux femmes, ce n’est pas forcément un haut lieu de balade…
- Je suis d’humeur téméraire ce soir, balaya Marita en plantant deux yeux mutins et délibérément équivoques dans ceux de Dana Scully.

***

La nuit était claire.
Dana avait passé sa besace autour de sa poitrine et remonté ses manches. Marita gardait la veste sur son bras et observait avec intérêt leur environnement. Un jeune homme croisa les deux femmes en les sifflant. Elles l’ignorèrent superbement en poursuivant leur course.
- Pourquoi vous êtes-vous séparés ? attaqua Marita sans ménagement, tout en admirant le ciel flamboyant au-dessus des habitations.
- Et vous ? rétorqua Scully. C’était quoi votre histoire avec Mulder ?
Marita grimaça, un peu contrariée, un peu amusée. Mulder l’avait bien prévenue qu’elle ne serait pas docile. Mais ça ne lui déplaisait pas. Au contraire. Elle aimait ça, cette montée d’adrénaline lorsqu’on ignore encore si les corps vont se heurter pour se battre ou se donner du plaisir.
- Vous réagissez comme quelqu’un qui n’a pas fait son deuil. Vous devriez baisser la garde de temps en temps…
- Vraiment ? opposa Scully avec un regard lourd de sens vers la diplomate.
- …
- Entre nous, vous n’appliqueriez pas ce conseil à vous-même. Vous devriez me l’épargner je crois.
Elles se turent toutes les deux, continuant à avancer d’un pas flâneur. Même à cette heure tardive, Soweto était plein de lumière et de bruits. Les deux femmes marchaient tranquillement au milieu d’une rue dont la chaussée abimée rappelait combien tous les quartiers ne bénéficiaient pas des mêmes moyens. Elles dépassaient des groupes d’hommes et parfois d’enfants : tout ce petit monde conversait plus ou moins bruyamment autour de postes radio, de canettes vides…
Scully n’avait pas envie de parler. La vie nocturne de sa ville d’adoption, réputée l’une des plus dangereuses au monde l’enveloppait dans une épaisse brume paradoxalement confortable. Elle s’imprégnait de cette vitalité. Soweto étaient peut-être le seul endroit où elle s’était toujours sentie pleinement éveillée même lorsque son esprit s’assombrissait. A bien y réfléchir, elle se fit la remarque que c’était l’Afrique qui lui avait fait cet effet.
- Vous n’avez pas peur ici ? finit par demander Marita en jetant un œil à un groupe de jeunes qui les interpellaient bruyamment.
Pour la première fois de la soirée, Scully sourit vraiment.
- Vous n’êtes plus d’humeur téméraire, Ma-ri-ta ?
- Je m’informe, c’est tout.
- Vous avez ça dans votre ADN, n’est-ce pas ? ironisa Scully. Toujours chercher l’info…
- Disons que je préfère mourir en connaissance de cause que vivre dans l’ignorance, répliqua l’autre avec une expression plus grave qui troubla Scully à nouveau.
Elle eut une pensée fugace pour l’homme qu’elle avait quitté. Et comme si elle l’avait deviné, Marita ajouta :
- Peut-être que c’était ça « mon histoire » avec Mulder : l’alliance de circonstance de deux morts en sursis partageant des intérêts communs.
- Vous êtes des morts en sursis plutôt coriaces tout comptes faits.
- C’est à cause de ça que vous l’avez quitté…
Ce n’était plus une question.
Scully soupira.
- J’avais juste besoin de… vivre…
- Et ici, vous vivez ?
- Quelque chose comme ça, oui.
- Sauf un jour comme celui-ci, nuança Marita d’une voix curieusement compatissante.
Le regard de Dana se voila.
- Il y a quelqu’un dans votre vie ? reprit l’autre.
- …
- Un homme ? Une femme ?
Scully se retourna vers son interlocutrice, déconcertée.
- Personne qui ne vaille d’être mentionné.
- Ah ! Ce n’est donc pas un « non »…, releva Marita les yeux brillants.
- Et vous ? Un homme dans chaque ambassade ? persifla Dana.
Marita eut un petit rire.
- Vous ne m’aimez pas beaucoup hein ? constata-t-elle.
Scully ne répondit pas immédiatement.
- Disons que… je vous trouve très intrusive. Et pas très claire…
La diplomate laissa passer quelques secondes. Et confessa un ton plus bas, comme un gage de bonne foi.
- Pas dans chaque ambassade. Des hommes parfois. Des femmes aussi.
Dana s’abstint de commenter. Covarrubias parlait presque pour elle-même, mais Scully se demanda un instant s’il n’y avait pas un message à son attention…
- Je n’ai pas assez de temps pour le plaisir, conclut Marita avec un regard appuyé vers la rouquine.
Scully s’arrêta devant un petit immeuble de deux étages avec un sentiment diffus de malaise. Elle glissa sa clé dans la serrure de la porte d’entrée.
- Bienvenue au club, lâcha Dana avec plus de sincérité qu’elle ne l’aurait voulu.


Dernière édition par Bermuda le Jeu 19 Oct 2017 - 19:25, édité 1 fois

Bermuda
Cheveux de Scully saison 1

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Re: Parenthèse

Message  Bermuda le Dim 17 Jan 2016 - 23:16

***


- Merci. Je préfère nettement ça au bureau qu’on m’a affecté au Sandton Convention Center.
- Je vous en prie.
Elle poussa la porte de son appartement en laissant Marita rentrer la première. L’entrée étroite ouvrait sur l’endroit qui paraissait être l'unique pièce de l'habitation avec sa petite cuisine, un canapé recouvert de tissus locaux, un bureau, une bibliothèque peu remplie et une table de bois.
Elle referma la porte derrière elles et laissa glisser le sac à terre.
- Une seule pièce ? nota la diplomate avec intérêt.
- Ma chambre est juste derrière. Et le canapé se déplie, informa Dana du ton le plus neutre qu’elle put. Et vos affaires ?
- J’ai ma brosse à dent avec moi. Pour le reste, je suis sûre que vous voudrez bien me dépanner…
- On doit pouvoir s’arranger, convint Scully sans grand enthousiasme.
Le sourire de Marita s’élargit.
- … mais je peux aussi dormir nue si c’est l’usage.
Elle vissa ses yeux dans ceux de Dana qui les soutint avec un drôle de sensation au cœur. Elles étaient très près l’une de l’autre. Un peu trop même…
- J’ai des tee-shirts qui vous iront très bien.
Elle hésita.
- Je crois toujours que tout cela est très calculé vous savez, déclara-t-elle.
- Alors pourquoi m'inviter chez vous ? Articula doucement Marita avec un regard perçant.
Elle ne paraissait pas vouloir avancer vers le séjour et bloquait le passage. Dana poussa doucement son invitée pour tenter de se dégager du petit corridor.
- Il faut croire que je ne vous veux pas tant de mal, déclara-t-elle en haussant les épaules.
Marita résista avec aplomb. Elle n'avait pas du tout l'intention de se laisser déplacer. Elle leva une main vers le ventre de Scully qui la dévisagea avec incompréhension.
- J’en suis très heureuse, murmura la diplomate.
Et elle la plaqua soudain contre le mur.

- Qu'est-ce que vous faites ?! Hoqueta Dana en écarquillant les yeux devant ce radical changement d’attitude.
- Peut-être que moi aussi je vous veux du bien, susurra Marita.
Ses yeux étaient immenses, sa bouche s’était entrouverte et Dana s’oublia une seconde sur les lèvres pulpeuses. La soirée était encore chaude, collant ses vêtements à sa peau moite. Dana inspira profondément en s’efforçant de maitriser la violente sensation qui l’étouffait : le poids du ventre de Marita sur elle affolait sa respiration. Elle tenta de se dégager à nouveau mais Marita insista et ses mains vinrent saisir les poignets de Scully pour les immobiliser contre la terre du mur à hauteur de visage. Pour des raisons qu’elle se refusait d’analyser, Scully ne se débattait que mollement mais elle redressa tout de même le menton et défia :
- Je n’en suis pas, Covarrubias.
- C’est ce qu’elles disent, sourit Marita en délaissant soudain le poignet pour laisser courir ses doigts sur la peau fine des avants bras de Dana.
Elle savoura la satisfaction de sentir naitre la chair de poule et ses infimes frissons sous son toucher léger.

Non sans mal, Dana voyait ses défenses tomber les unes après les autres. La tête lui tournait… C’était l’alcool, la fatigue, la tiédeur de cette soirée mais pas seulement. Elle sentit ses jambes se dérober sous son poids et s’affaissa légèrement. Marita pressa davantage contre elle pour la maintenir de tout son corps. Scully tressaillit mais la laissa faire.
Elle ferma un instant les yeux.
La sensation était plutôt douce, confortable… Les mains de la femme étaient montées jusqu’à ses épaules et gentiment écartaient son chemisier en le faisant glisser le long de ses bras. Scully la regarda faire, le souffle court. Marita vint poser délicatement ses lèvres gonflées sur son épaule dénudée puis au creux de son cou. Le chemisier tomba à terre. Et Dana ferma à nouveau ses yeux, comme pour se rassembler en elle-même.
Sous la caresse impérieuse, sa bouche s’ouvrit. Elle se mit à gémir imperceptiblement. Des gouttes de sueur perlaient le long de ses tempes brulantes. Marita intensifia son étreinte.
Cette poitrine qui pesait contre la sienne troublait Scully. Un trouble qui la privait bizarrement de tous ses moyens. Marita poursuivit ses baisers et s’attaqua à l’oreille en venant doucement mordiller le lobe. Mulder ne faisait jamais ça, se surprit à penser Dana en se mordant la lèvre.
Le souvenir lui revint brutalement en plein figure.
William, bébé. Debout sur ses genoux. Babillant gaillardement et manipulant sans relâche son nez, sa bouche et ses oreilles. Ça le fascinait.
Les larmes lui montèrent aux yeux.

- Arrêtez ça, murmura Dana dans un souffle.
La femme quitta l’oreille et vint prendre entre ses mains le visage de Scully. Elle sonda le regard fuyant.
- C’est vraiment ce que vous voulez ? chuchota Marita en plaçant sa bouche à quelques centimètres de la chair rosie.
- …
- Vous avez besoin d’une diversion.
- Je ne vois pas de quoi vous voulez parler, expira Dana en retenant ses larmes.
- Bien sûr que si. Nous nous ressemblons vous savez…
- Je ne vois pas en quoi !
Un éclair triste parcourut le regard de Marita. Elle se concentra soudain ailleurs.
- La souffrance…, dit-elle en faisant glisser ses doigts sur la joue gauche de Scully dont elle découvrait qu’elle était barrée d’une fine cicatrice qu’elle ne lui connaissait pas auparavant.
Dana déglutit et dans un geste réflexe, passa furtivement sa langue sur ses lèvres. Marita le nota. Elle descendit encore un peu sa main et son pouce vint caresser la lèvre inférieure de Scully.
- … la perte, poursuivit-elle tout en dessinant la longueur de la lèvre d’une Scully en apnée.
Dans un sursaut, celle-ci repoussa l’intruse et se rua dans son séjour.
- Allez vous faire foutre Covarrubias ! cracha-t-elle en se dirigeant vers son évier.
Elle ouvrit vivement l’eau et s’en aspergea le visage. Marita s’approcha par derrière.
- Moi aussi, j’ai perdu un enfant…
- Je ne veux pas de cette discussion !
Marita la ceintura d’un bras et l’obligea à faire volte-face.
- Alors ne parlons pas, décréta-t-elle en scellant sa proposition d’un baiser brutal.
Ses lèvres s’étaient écrasées avec dureté mais sa bouche s’ouvrit immédiatement, happant avec volupté celle de Scully.
Plus celle-ci se débattait, plus Marita accentuait sa prise autour de la taille. De l’autre main, elle attrapa la nuque pour embrasser la rousse plus profondément encore.
D’un coup brusque, Scully se dégagea et repoussa vivement son assaillante en posant les mains sur sa poitrine.

Peut-être à cause du sourire satisfait éclairant le visage de Marita, Scully réalisa consternée qu’elle avait eu les seins de femmes sous ses doigts. C’est là qu’elle sentit les choses lui échapper. La gifle partit d’un coup et fit vaciller la blonde et toutes les certitudes de Dana avec.

Marita marqua un temps pour reprendre ses esprits. Puis lentement, elle se redressa d’un air triomphant, fit un pas vers Scully et lui saisit d’autorité les mains pour les poser à nouveau sur sa propre poitrine.
- Arrêtez de fuir Dana, intima-t-elle d’une voix aussi douce que ses gestes étaient rudes.
L’usage du prénom laissa Scully désemparée.
- Et autorisez-vous le droit au plaisir, murmura-t-elle en mêlant ses doigts à ceux de Scully pour leur imprimer le mouvement lent auquel elle aspirait.
Les seins de Marita roulaient sous la paume délicate de Scully. Et elle se surprit à initier un mouvement plus profond, hypnotisée par l’expression du visage de celle qui l’assaillait deux minutes plus tôt.
La diplomate, si maitresse d’elle-même, avait fermé les yeux et retenait son souffle.
Dana admira ses pommettes hautes et roses d’excitation, la forme délicate de ses oreilles ornées de deux perles de nacre. Elle s’oublia sur le bombé parfait et désirable de ses lèvres ouvertes et le désir déferla sur elle. Elle n’avait ni l’envie ni la force de lui résister.

Alors, avec douceur et très lentement, elle vint embrasser les lèvres rouges et généreuses. Elle s’empara de sa lèvre inférieure d’abord, baisant délicatement la pulpe appétissante. Le bout de sa langue vint humidifier furtivement la chair tendre, puis entreprit d’explorer plus avant la bouche, fondant ses baisers comme autant de caresses mouillées sur une peau de cerise.
Marita n’avait pas été embrassée avec autant d’attention et de douceur depuis la nuit des temps. Elle inspira vivement, cherchant l’air et tentant de contenir l’affolement de son rythme cardiaque. Elle n’avait pas prévu ça. Elle avait imaginé quelque chose de primaire, presque bestial entre deux femmes avides de plaisir. Une jouissance à voler. Des griffures. Un corps à corps dans la sueur, entre peur et avidité.
Et par-dessus tout : du sexe.
Pur, dur, cru, sans fioriture.
Du sexe qui sent, du sexe qui sue, du sexe qui laisse ses traces sur les peaux brulantes.
Un festin de sexe à faire se damner un prêtre.

Baiser. Juste baiser.
C’est cela qu’elle prévoyait.
C’était comme ça que ça avait commencé. Comme ça que ça devait continuer.
Sans sentiment. Sans douceur. Sans un regard en arrière.

Mais pas l’autre. Il y avait une prévenance terrible dans les baisers de Scully, une prévenance dont Marita ne voulait pas ! Plutôt crever.
A sa surprise, elle sentit à son tour les larmes lui monter aux yeux. Avec violence, elle rompit le contact repoussant Scully sans ménagement.
Celle-ci la fixa en haletant de ses yeux bleus avides, les sourcils froncés d’incompréhension. Son visage se transfigura d’une colère sourde mais Marita ne lui laissa pas le temps de comprendre : elle saisit le haut du débardeur entre ses mains et d’un mouvement rageur, elle le déchira en s’y reprenant à trois reprises pour que se révèlent le ventre clair et le soutien-gorge couleur parme de Dana. Sans lui laisser le temps de se défendre, elle s’abattit sur elle la coinçant à nouveau contre le mur ocre, arrachant ce qui lui restait de tissu et la dernière barrière entre elle et les seins désirés.
- Vous êtes dingue ! tressaillit Scully.
- Et toi, tu te mets bien trop d’obligations Dana, opposa Marita en empoignant les blanches rondeurs dévoilées. Juste du sexe. Ça suffit largement !
- Qui vous dit que ça me suffit à moi ?! protesta Scully avec des éclairs dans les yeux. Nous ne sommes pas des animaux !
- Vraiment …
Dana aurait aimé avoir la force de mettre fin à tout ça. Elle s’était oubliée et cela n’aurait jamais dû arriver. Mais la vérité était que Marita avait réveillé un volcan en sommeil depuis trop longtemps et que même la façon dont celle-ci la brusquait parvenait à l’exciter.
A en juger par le regard goguenard mais déterminée de Covarrubias, celle-ci n’était pas dupe.

Elle descendit sa bouche à hauteur des tétons, se repaissant de leur aréole brune et de leur sommet qui durcissait entre ses doigts. Du plat de la langue, elle lécha d’un mouvement large le sein gauche déclenchant un hoquet de plaisir chez Scully. Puis elle vint poser sa bouche sur son jumeau droit et commença doucement à le mouiller et le téter en experte.
Soudain, d’un geste brusque, elle plaqua sa main entre les jambes de Scully. Celle-ci frémit mais Marita maintint sa prise et augmenta même son intensité en venant tourmenter son pubis. L’écrasant, l’étranglant, le pétrissant comme une pâte à pain travaillée avec ardeur.
- Je sais que tu en veux. Et nous sommes deux, murmura-t-elle en quittant la poitrine tendre et en se délectant de son propre pouvoir.
Scully avait renversé sa tête. Ses yeux étaient clos submergés par la puissance de son plaisir. Marita l’observa se mordre la lèvre inférieure pour tenter de résister. L’envie qu’elle avait d’elle se décuplait de seconde en seconde.
Elle défit le pantalon juste assez pour glisser sa main et s’insinua sous la culotte trempée faisant sursauter Scully dans sa précipitation. Elle s’arrêta une seconde. Puis elle reprit, insistant, massant profondément le sexe de Dana faisant naitre des soupirs entremêlés de mots inaudibles. Ses doigts crochetèrent une prise et s’ancrèrent quelque part à l’intérieur de Scully qui ne respirait plus.
Dana s’arrima d’une main à la nuque de Marita et de l’autre, tenta de se libérer de la poigne ferme qui déclenchait dans son épicentre des ondes alternativement glacées et brulantes.
Elle murmura quelque chose que Marita ne comprit pas trop occupée à maintenir son emprise.
- Quoi ? chuchota-t-elle en pinçant un mamelon.
Dana réprima un cri.
- Déshabillez-vous, bon sang ! articula-t-elle dans un souffle mais très distinctement cette fois.
Marita apprécia.
- Toi d’abord.

La diplomate semblait préférer la posture dominante. Scully changea de stratégie. De tout son poids, elle se bascula contre la blonde réussissant à la renverser dans son mouvement. Elles roulèrent à terre, dans un corps à corps fiévreux. Dana parvient à un moment à prendre la blonde par surprise : elle tira son tailleur en dévoilant les cuisses blanches de Marita et un string bleu nuit étonnamment affriolant aux yeux du médecin. Elle la débarrassa du vêtement et s’apprêta à saisir avec la même férocité le string foncé, mais la diplomate avait appris à se battre. Elle percuta de toutes ses forces l’ancien agent du FBI en enroulant sa taille et la coucha au sol. Elle agrippa à son tour le pantalon et d’un geste brusque, en débarrassa Dana avec ahanement d’appréciation. Elle était déjà prête à reprendre ses assauts sous son ventre mais celle-ci empoigna Marita par le cou et réussit en s’accrochant de toutes ses forces à la renverser et à l’immobiliser contre le plancher.
Avec un rire haché d’excitation, la diplomate rendit les armes. Elle était en nage. Ses cheveux blonds bataillaient sur son front, ses yeux et sa bouche. Son visage était rouge d’effort. Dana se redressa, victorieuse, enserrant la taille de son adversaire entre ses cuisses fermes. Elle s’attarda sur le spectacle sous ses yeux. Marita était extrêmement belle et Scully se demandait comment diable elle avait pu mettre si longtemps à s’en rendre compte.
- Tu y prends gout on dirait, savoura Marita essoufflée par la lutte.
Scully se détendit, et sourit à cette femme dont les yeux aguicheurs, exigeants et furieusement provocants venait de l’enflammer en quelques minutes, elle qui s’était toujours considérée comme strictement hétéro.
Avec un calme qui la surprit elle-même, elle articula posément :
- J’ai envie de prendre tout ce qui est bon, Covarrubias.
- Essaye donc alors, murmura l’autre en plaçant ses mains à plat au-dessus de sa tête comme une offrande.
Elle la mettait au défi d’oser s’écarter de son chemin balisé et rassurant. Et Scully ne se le fit pas dire deux fois. Toujours à califourchon, elle se pencha vers Marita, écarta une mèche tombant sur ses yeux bleus à se noyer et lissa ses cheveux avec douceur.
- Pas besoin de sentiment Scully, rappela la blonde en effleurant le ventre plat.
- Allez vous faire foutre. Je fais ce que je veux, rétorqua Dana dans un murmure en posant ses lèvres sur celles de sa victime consentante.


Dernière édition par Bermuda le Jeu 19 Oct 2017 - 19:44, édité 1 fois

Bermuda
Cheveux de Scully saison 1

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Re: Parenthèse

Message  Bermuda le Dim 17 Jan 2016 - 23:19

Avec une lenteur infinie, elle fit courir sa langue à l’intérieur de la bouche charnue, cherchant et trouvant finalement sa sœur. Par petits coups précis, elle apprivoisa l’inconnue puis imperceptiblement, entama une danse lascive, piquante, électrisante. Marita effleurait doucement la peau sensible des flancs de Dana, encourageant par une pression plus ou moins forte les initiatives qui lui plaisaient.
Les mains de Scully descendirent en caressant les joues ardentes, la chute du cou puis vinrent se faufiler à la naissance de l’affolante poitrine. Elle hésita.
- Vas-y..., murmura Marita en prenant le visage de Scully au creux de ses paumes et en venant ranimer le baiser.
Dana se laissa embrasser cette fois, écoutant et raffermissant son envie à la saveur des lèvres de Marita. Elle s’arracha du baiser pour poser son regard sur le chemisier et se mit à défaire délicatement les boutons. Elle avait déjà déshabillé un homme et à sa grande surprise, elle refaisait ses gestes sur un corps de femme avec autant de fébrilité. Peut-être même un peu plus, se dit-elle.
Son cœur battait la chamade en dévoilant le soutien-gorge qui ne cachait pas grand-chose de la poitrine généreuse de Marita.
Celle-ci étudiait les réactions de Scully, sourire aux lèvres. C’est ce sourire un brin supérieur que Dana voulut faire disparaître en défaisant sans ménagement cette fois le sous-vêtement et en saisissant fermement les fiers tétons entre ses doigts.

Elle commença doucement à les faire rouler entre son pouce et son index tout en contractant doucement ses cuisses. Puis elle se pencha lentement vers Marita en reculant un peu : ses lèvres étaient juste au-dessus des seins luisants. Elle jeta un dernier coup d’œil vers la femme dont le corps mouillait sa peau d'une sueur capiteuse, s’assurant de son total consentement. Marita avait basculé sa tête en arrière et haletait doucement ce qui parut convenir à Scully : elle prit un mamelon en bouche et à son tour se mit à l’envelopper tendrement. Elle s’étourdit à la saveur légèrement amère de la chair rose et lécha la frêle colline. Sa main vint soutenir son travail, poussant gentiment le sein par en dessous pour tenir droit et haut le terrain de ses investigations. Elle se mit à sucer délicatement son sommet tout en venant remonter sa jambe entre celles, humides, de la diplomate.
Celle-ci avait glissé ses doigts dans les cheveux flamboyant de Dana et les lissait avec douceur, rassemblant derrière la nuque les mèches rebelles qui tombaient sur ses mamelles.
- Continue. C'est beau l'application d'une débutante ! Taquina-t-elle.
Dana se rembrunit un peu et se redressa en se demandant si elle s'y prenait vraiment comme il le fallait.
- …
- Arrête de douter ! Rit doucement Marita en ramenant la bouche de la rouquine sur sa poitrine. C'est beau et c'est bon ! Ne t'arrête pas -...
Elle ravala ses derniers mots dans un hoquet de surprise. De toute évidence, Scully avait décidé de sévir !
Avec un peu plus d'assurance, poursuivant son petit jeu en bas, elle quitta le balcon de Marita pour venir explorer la peau ivoire juste en dessous. Sa langue vint recueillir le sel piquant de la sueur et de l’excitation. L’une de ses mains accompagnait de caresses effleurées l’action de sa langue, tandis que l’autre venait à l’aveugle poser fermement sur le cou renversé… Elle s’attarda sur le nombril, puis sur les flancs délicats, jusqu’à atteindre le seuil : sous elle, la chute vers le centre névralgique de cette femme qui brûlait déjà pour ce qu’elle lui faisait.
Marita frémit : sa peau se constellait de petits points tendres. En dépit de la chaleur, elle avait la chair de poule.

Les mains de Scully vinrent saisir le dernier minuscule sous-vêtement et le firent glisser le long des jambes immenses. Dana semblait vouloir prendre tout son temps, effleurant au passage le voile délicat.
- Combien de femmes Covarrubias ? Demanda-t-elle soudain.
Marita la dévisagea avec surprise.
- Une dizaine, avoua-t-elle finalement. Et toi ?
- Aucune.
Il y avait comme un regret dans sa voix.
- Combien de fois en as-tu eu envie ? Insista la diplomate.
- …
Marita caressa les lèvres entrouvertes et gonflées sous le travail.
- Combien ?
- Deux fois - Scully sourit et corrigea - Trois aujourd'hui...
Ses yeux bleus croisèrent ceux de la diplomate avec un mélange de défi et de désir. Marita admira la fierté farouche de celle qui lui offrait l'aveu de son attirance. Et elle s'émut d'être l'objet de convoitise d'une femme aussi rare dans ses élans que Scully. Et aussi belle.
- Tu es belle, dit-elle en se rendant compte au moment où elle prononçait ces mots qu'elle avait pensé tout haut.
Pendant une seconde, elle s'en voulut. Mais l'illumination sur le visage de Dana balaya ses objections théoriques. L'illumination et la résolution.
Scully souleva les deux cuisses de Marita et les écarta fermement. Elle prit une longue inspiration. Du bout des doigts, elle ouvrit religieusement les lèvres intimes, s’attarda un instant devant la vision de cet autre moi inattendu, puis elle posa ses lèvres avec mille précautions à la pointe de ce sexe manifestement très entretenu…
Et Marita Covarrubias se dit pour la première fois que peut-être, après tout, elle pourrait baiser avec du sentiment. Et elle s'oublia pour sombrer dans l'ivresse de ce désir, expectatif et impatient comme une fiancée.

Dana alternait les lècheries tantôt précises et rapides, tantôt généreuses et indolentes. Et en quelques secondes, Marita fut déjà au seuil de l’orgasme. La langue de Scully lima consciencieusement le bouton de plaisir, ciselant ses contours avec lenteur. Au supplice, la diplomate essayait de canaliser ses sensations et de les étouffer pour que le plaisir dure encore. Ses jambes enserraient Scully tandis que ses mains écrasaient la tête de sa tortionnaire contre le cœur de sa féminité. Soudain la morsure se fit plus intense. Marita voulut repousser cette bouche si ardente à la tâche.
Mais Dana attrapa à nouveau les cuisses et les maintint fermement sur ses épaules. Elle posa ses lèvres autour du berlingot pourpre et, très doucement, se mit à aspirer le petit organe. De légers à-coups, puis plus profonds. Marita était secouée de violents tremblements. Elle se cabra soudain et laissa échapper un long gémissement, presque un sanglot.
Scully cessa ses mouvements, émerveillée par le spectacle émouvant de cette femme habituée à tout maîtriser, totalement abandonnée et soumise aux répliques de son plaisir. Tout en gardant sa bouche tendrement posée sur le sexe palpitant, elle vint caresser du dos de la main l’intérieur des cuisses qu’elle maintenait ouvertes.
Au bout de quelques minutes, elle sentit que Marita s’était apaisée et se détacha avec un dernier baiser sur la petite perle rose sang encore dure malgré sa libération.

La diplomate eut un petit rire.
- Tu m’as prise de vitesse, on dirait ! Ça n’était pas comme ça que j’imaginais les choses.
- Désolée d'avoir bousculé vos plans, sourit Scully en revenant à hauteur du visage transfiguré par la jouissance de Marita.
Elle était méconnaissable. Comme si en s’abandonnant à la volupté, elle avait gommé tout ce qu’il y avait de noir en elle. Sa blondeur semblait former un écrin solaire pour ses yeux dont la beauté azurée était à couper le souffle. Elle venait adoucir les traits altiers quoique non dépourvus d'une certaine sauvagerie. Il y avait une lionne dans cette femme. Et une chatte exigeante. De celles qu'on ne contrarie pas..., se dit Scully avec un mélange d'admiration et de crainte.

- Tu as juste oublié quelque chose…
- Quoi ? interrogea Scully un rien dépitée par son inexpérience.
- C'est encore meilleur avec un corps à l’intérieur, chuchota Marita avec un sourire gourmand.
- …
Marita se mit à genoux et saisit la main de Scully.
- Comme ça, indiqua-t-elle en rassemblant les doigts et en les conduisant en elle.

Bouche bée, Scully fixa l'image improbable de ses propres doigts pénétrant une autre femme. Au bout de quelques secondes, elle secoua la tête dans une tentative de reprendre le contrôle de ses propres gestes et s'agenouilla à son tour. Elle vint faire face à Marita et s'approcha jusqu'à l'effleurer presque. Sa main libre se posa au creux de son rein, puis descendit et s'insinua sous la fesse galbée comme une pêche jusqu'à ce que leurs corps se tendent et se touchent. Elle poursuivit son exploration de la vallée basse et poussa vers la raie sensible du bout des doigts. En même temps, de son autre main toujours puissamment maintenue par la diplomate, elle martelait le mouvement de va-et-vient au fond de son initiatrice. Marita inspira vivement. Cette sensation d'être prise en étau, investie de tous côtés faisait à nouveau trémuler ses entrailles. Elle rejeta la tête en arrière et abandonna la direction des opérations pour prendre entre ses mains le visage de Scully et conduire ses lèvres à sa bouche. Son baiser avide s'abattit sur Dana comme un raz de marée sensoriel et la chamboula : elle perdait le rythme de son pilonnage pour s'étourdir dans la moiteur follement douce des lèvres impérieuses autant que souples et tendres. Elle ne se concentrait plus que sur ça et interrompit sans même s'en rendre compte ses investigations sur le sexe de Marita.
Puis, complètement submergée, Scully vint poser sa tête sur l'épaule de Marita pour reprendre ses esprits. La diplomate lissa les cheveux roux avec plus de délicatesse qu'elle n'imaginait en posséder, et chuchota finalement à l'oreille de Dana.
- Je suis une imbécile. Je me re-sers alors que tu n'as pas encore goûté au plat...
- Le plat ?

Marita la bascula par terre avec précaution. Dana n'opposa pas de résistance.
- Du plaisir. Jusqu'à ce que tu demandes grâce...



***


Les yeux grands ouverts et la respiration encore légèrement haletante, Scully fixait son plafond lézardé.
Elle releva la tête pour jeter un œil à Marita qui continuait à se frotter doucement contre elle faisant persister des vagues de volupté. Elle ne put s'empêcher de sourire en observant leur position : jamais elle n'aurait imaginer se retrouver un jour dans cette posture et plus encore, y prendre du plaisir.
Marita était de côté, tenant encore la jambe droite de Scully contre son sein tandis que Dana, elle, avait sous le nez le pied aux ongles parfaitement soignés et au vernis rouge vif de sa partenaire. Elle prit le pied entre ses mains et, d'humeur espiègle, vint chatouiller le gros orteil avec sa bouche. Covarrubias répondit en riant et intensifiant la friction de son sexe contre celui encore à vif et presque douloureux de Scully.
Celle-ci lâcha le pied et remonta en caressant la cheville, le mollet, puis l'arrière du genou jusqu'à sentir sous ses doigts le haut des cuisses de Marita.

Elle hésita une seconde et attaqua d'une voix moins ferme qu'elle le souhaitait.
- Et maintenant... Dites-moi pourquoi vous êtes là ?
Il y eut un long silence. Puis Covarrubias se redressa, défaisant la jointure entre leurs deux corps transpirants. Elle vint se rallonger à côté de Dana, sur le tapis multicolore qui avait généreusement accueilli leurs ébats improvisés, et se tourna face à elle. Elle resta un moment silencieuse, plongeant ses yeux clairs mais soudainement moins sereins dans ceux de Scully.
Elle posa un léger baiser sur sa bouche.
- Alors c'est déjà fini ?
Il y avait un imperceptible dépit dans sa voix malgré le petit sourire.
- Vous n'espériez pas un mariage ?
Malgré la plaisanterie, Dana gardait un air grave. Le vent tournait et la diplomate savait quand il fallait laisser filer les bouts.
Elle lâcha.
- Il faut que tu rentres là-bas. Pour Mulder...
Scully se crispa. Au fond d'elle, elle avait pressenti que tout cela impliquait Mulder. Elle s’assit en tournant presque le dos à son amante.
- Je ne peux pas, souffla-t-elle. Je ne peux plus.
Marita caressa lentement ce dos nu qui ployait sous la peine. Elle suivit le dessin de la colonne vertébrale en se faisant la réflexion que tout était dit dans cette échine courbée.
- Il a besoin de toi, insista-t-elle.
- Il va mal ? L'angoisse étreignit Scully.
- Oui.
- Je ne peux pas le soigner. Au contraire, avec moi, il auto-alimente encore plus ses névroses, articula Dana partagée entre remord et accablement.
- Il n'a pas besoin d'être soigné, corrigea Marita. Il a seulement besoin de toi pour sauver la vie de votre fils.
Scully refoula ses larmes.
- William est en sécurité, voulut-elle se rassurer en pensant à la famille si conventionnelle et sécurisante qui avait recueilli leur fils.
Elle les avait vus.
Une fois.
Et c'était ce jour là qu'elle avait décidé de partir aussi loin que possible. Il n'y avait plus de place pour elle dans le pays où vivaient William et Mulder...
- Non Dana. Plus maintenant.
- …
- Je suis désolée.
Elle l'était à un point que Scully ne pouvait même pas concevoir.
- Les autres ont retrouvé sa trace.
- Vous mentez ! Éclata Scully en se redressant vivement. C'est encore une de vos manipulations de merde ! Vous êtes là pour vos petits intérêts, certainement pas pour les nôtres. Ne jouez pas à ça avec moi !
Marita se redressa sur un coude. Elle s’efforçait de garder la tête froide alors que Scully la surplombait telle une guerrière amazone. Nue. Folle de rage. Et prête à lui sauter au cou.
Ce moment, depuis le début la diplomate savait qu'elle y serait confrontée. Mais elle n'avait pas pensé qu'il la meurtrirait autant. Elle s'assit, prit une longue inspiration et leva un regard triste vers Dana.
- Je suis venue te raconter une histoire. Mon histoire. Et ce qu'ils ont fait à mon enfant... Tu devrais m'écouter si tu ne veux pas qu'il t'arrive la même chose...



***

Scully passa la porte des arrivées.
Devant elle, une foule de personnes était venue accueillir un être proche le plus souvent. Son cœur se serra. Revenir aux États-Unis lui rappelait cruellement combien sa vie avait été un fiasco. Bill le lui avait rappelé une fois de plus dans une lettre l'an passé : « Tu avais misé sur le mauvais cheval » avait-il écrit.
Pourrait-il un jour comprendre qu'on ne choisit pas le cheval ? Pouvait-il comprendre à quel point elle l’avait aimé ce « cheval » et le déchirement que ça avait été de le quitter... Pour son bien...
Elle allongea le pas pour dépasser les autres passagers qui s'arrêtaient et partageaient effusions et retrouvailles. Soudain elle entendit une voix derrière elle. Un homme.
- Madame Pétrie ?
Elle se figea, submergée par l'émotion. Cinq ans qu'elle ne l'avait pas vu. Cinq ans d'absence balayés en une seule vanne.
- Laura Pétrie ? Reprit-il en murmurant presque. Il s'était approché encore.
Lentement, elle se retourna. Il était là. La mine un peu défaite. Il portait un jean, un tee-shirt et une veste treillis défraîchie. Il lui souriait d'un air un peu repenti avec une pancarte à la main marquée de « son nom ». Elle balançait encore entre rire et pleurer.
Elle fit un pas vers lui et retint de toutes ses forces la larme qui menaçait de glisser sur sa joue.
- Mulder, voulut-elle dire mais aucun son ne sortit de sa bouche.
Il baissa sa pancarte et leva la main vers sa joue pour lui offrir une légère caresse. Puis il vint l'étreindre tendrement.
Un mélange étrange de paix et d'angoisse diffuse l'envahit.
- Merci, chuchota-t-il à son oreille.



***

Il conduisait et elle le dévisageait en silence depuis quelques secondes. Ils avaient parlé de William. Mulder lui avait fait un topo efficace et concis, se gardant de trop développer encore la partie qui était la plus douloureuse pour eux deux. L'air était plein des pensées qui se bousculaient en eux. Finalement, elle lui posa la question qui lui brûlait les lèvres.
- Pourquoi elle, Mulder ? Pourquoi Marita et pas toi ?
- Tu m'aurais écouté ? Demanda-t-il avec un éclair de souffrance dans le regard.
- …
Il posa subrepticement sa main sur celle de Scully sans perdre la route de vue et reprit.
- Elle aussi a perdu un enfant. J'ai pensé qu'elle saurait mieux te comprendre, te parler. Et te convaincre. Ça a marché, non ? Ajouta-t-il heureux.
Scully regarda cet homme pour lequel elle avait tant sacrifié. Elle n'avait jamais cessé de l'aimer.
Sa souffrance la faisait souffrir. Et lorsqu’il était heureux, elle l'était avec lui.
Là, il rayonnait en dépit de la lourde tâche qui les attendait...
Et Scully sentait son cœur s'emplir de chaleur et d’espoir.
- Ça a marché, convint-elle. Elle a été très convaincante, ajouta-t-elle avec un brusque coup de chaud en espérant qu'elle ne devenait pas rouge.
- Comment a-t-elle fait ?
Dana sourit et sans trop réfléchir, comme la réminiscence de très anciennes et confortables habitudes, lui répondit en haussant les épaules d'un air désabusé :
- La bonne vieille méthode : séduction et sexe.
Mulder ouvrit grand les yeux et se tourna brièvement vers elle. Scully lui offrit un immense sourire et la surprise de Mulder mua en ravissement.
- You hou !
Tout reprenait sa place avec tant de facilité, se dit-elle avec émotion.
- Ne me remercie pas. C'est cadeau ! Taquina-t-elle.
Mulder éclata de rire.
- Pour ma bibliothèque de fantasme !
Elle fut soudain tentée de jouer un peu avec le feu.
- Qui te dit que ce n'est pas vrai ? Provoqua-t-elle.
Mulder était concentré à nouveau sur la route mais son visage s'éclaira.
- Tu sais ce qui est vrai ? - Sa main vint prendre celle de Dana et la serra avec une force qu'il ne maîtrisait pas - Que je suis assis à côté de la femme dont tous les hommes rêvent...
Elle sourit en elle-même et se demanda si peut-être ce ne serait pas aussi le cas d'une ou deux femmes...

Bermuda
Cheveux de Scully saison 1

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