Frères et Soeurs

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Frères et Soeurs

Message  Chrissaez le Ven 26 Déc 2014 - 0:46

Il n’avait pas entendu la première fois où elle avait frappé à sa porte, mais trois coups supplémentaires attirèrent son attention. Il se leva, se demandant qui pouvait venir chez lui en ce jour si « spécial ». Il fut surpris de voir sa partenaire derrière la porte, il ne pensait pas la voir de la semaine. Quand il ouvrit la porte, elle osa à peine lever les yeux vers lui, de peur de craquer. Elle s’était retenue de pleurer toute la journée. Elle avait vaincu cette envie, sans vraiment savoir comment.

« Je te dérange ? »

« Bien sûr que non, entre. »

Elle pénétra doucement dans l’appartement. Elle était frêle, fragile, prête à se briser et à jeter les armes à la moindre agression extérieure supplémentaire. Elle s’assit sur le canapé et fixa ses mains, mal à l’aise. Mulder, inquiet, s’assit près d’elle et attendit qu’elle parle, qu’elle se confie.

« Je n’étais pas sûre que tu étais chez toi, et je ne veux pas te déranger, mais je ne voulais pas rester seule. »

Elle baissa de nouveau le regard, suite à cet aveu. Ne pas craquer. Ne jamais craquer. C’était la règle qu’elle s’était imposée depuis sa plus tendre enfance.

« Ça ne s’est pas bien passé ? »

La phrase de trop. C’était la question à ne pas poser si elle voulait pouvoir rester forte. Mais elle savait en venant ici, qu’il la poserait. L’eau brouilla son regard et la première larme roula sur sa joue. Mulder se rapprocha d’elle et la prit dans ses bras. Les larmes qui avaient voulu s’extérioriser toute la journée se libérèrent enfin et se déversèrent sur l’épaule d’un ami bienveillant. Le seul ami, la seule personne qui la comprenait et qui la respectait telle qu’elle était. Malgré le caractère rassurant de cette constatation, le souvenir de ce midi lui revint en tête de plein fouet, et elle se remit à pleurer. Les larmes ne voulaient pas s’arrêter. La tristesse et la colère se mélangeaient, chacune essayant de prendre le pas sur l’autre. Scully ne ressentait rien d’autre. Ces deux sentiments balayaient toute autre émotion chez la jeune femme. Elle pleura de plus belle.

« Pourquoi fait-il toujours ça ? Pourquoi mon frère ne m’accepte pas comme je suis ? »

Il ferma les yeux, incapable de dire quoi que ce soit pour la réconforter ou effacer sa peine. Que pouvait-il répondre à ça, sans se détester lui-même pour toutes les souffrances qu’elle subissait chaque jour, et indirectement, par sa faute. Il resserra son étreinte et posa un baiser sur sa nuque.

Il s’allongea sur le canapé et l’invita à le rejoindre, ce qu’elle fit naturellement. Elle enfouit son visage dans le cou de son ami et ferma les yeux. Elle continuait de pleurer, Mulder caressait son bras du bout de ses doigts. Elle ne comprenait pas pourquoi et comment son frère et elle en étaient arrivés là. Ça aurait été plus simple de se dire que c’était la faute de son entrée au FBI ou de Mulder, mais ce n’était pas le cas. Leur relation avait commencé à se dégrader environ un an avant ça. Il avait toujours été autoritaire, mais en vieillissant, son caractère ne s’était pas amélioré. Il fallait toujours faire comme monsieur avait décidé. Il fallait toujours dire ce qu’il voulait entendre. Dès qu’une discussion le dérangeait, il en changeait. Elle en avait des choses à lui reprocher... Mais c’était son frère. Alors, elle se taisait, et se disait que les choses s’amélioreraient. Pourtant, ce midi, alors qu’ils étaient à l’apéritif, elle l’avait contré sur une banalité, et il lui avait balancé une horreur en pleine tête. Elle n’avait rien dit, avait encaissé, et avait tenu tout le repas. Mais arrivée à la buche, elle était partie, ne pouvant plus supporter ces réjouissances sur demande, et devant lutter en permanence contre les larmes qui menaçaient d’apparaître.

Scully se calma petit à petit, elle n’était plus seule. Mulder était là. Cette seule pensée était de taille à combattre le désarroi qui l’abattait. A ce moment précis, elle se rendait compte de la chance qu’elle avait d’avoir cet homme dans sa vie. Toute la détresse ressentie quelques heures auparavant se dissipait face à la tendresse et le soutien de Mulder. Elle reviendrait, c’était sûr, mais elle pouvait profiter de ces rares instants de plénitude avec lui.

« Noël, c’est vraiment une fête à la con. » santa

Chrissaez
Cheveux de Scully saison 1

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