Skinner dans la tourmente (en cours)

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Skinner dans la tourmente (en cours)

Message  noisette le Lun 27 Oct 2014 - 9:39

Auteur : DuaneB

Date : Octobre 2014

Résumé : Skinner dans tous ses états ?

Avertissement : NC21

*****

Washington D.C.
17h05


Jour de pluie sur Washington.
Walter rentra dans son appartement. Sombre. Cartons qui sentaient l'heureux mariage qu'il venait juste de rompre. Il posa ses lunettes qu'il avait sur le nez depuis ce matin. En se frottant les yeux, il repensa aux regards et aux jugements de Scully. Cette dernière ne s'était pas permis de sous-entendre quoi que ce soit, mais l'expression de ses regards parlait d'elle-même.

Maintenant que cette affaire de succube était terminée, close comme peut l'être une telle affaire, Skinner avait tout le temps pour faire un constat d'une banalité confondante : il était seul, entouré des ruines d'une vie qui n'était plus. Il s'allongea sur le canapé d'angle en cuir où il avait tant étreint sa femme, avec vigueur et sans concessions. La beauté de Sharon était si abrupte, intouchable, impardonnable ; le genre de femme que l'on voudrait plus laide pour ne plus se soucier de sa beauté, d'à quel point il faudra entretenir tout ça... A quel point ça foutra le camp avec les ans, les crises, les sauvageries...

Des portraits sous verre trainaient évidement çà et là. Celui-ci : un voyage en Alberta. Elle portait une belle écharpe mauve, dont les courbes rappelaient encore le blizzard qu'il y avait ce jour là. Ses cheveux strictement noirs ondulaient comme des vagues invisibles. Lui ne pouvait pas en dire autant. Son charme de grand chauve était ailleurs. Il portait un bonnet en serrant sa femme. Sa femme. Il s'était lui aussi fourvoyé sur la permanence de leur amour.

Des larmes vinrent en même temps que la nuit. Babioles, reliques, passés décomposés, trônaient piteusement au milieu de cet appartement dont chacune des pièces pouvait maintenant recevoir les cris et les pleurs d'un homme qui avait toujours pris soin de tout garder. Les larmes coulaient le long du nez et des joues si sensuelles de Walter. Son regard ne savait plus sur quoi se poser sans que cette insupportable faiblesse ne prenne le dessus. L’immondice de l'amour était bien là. Aussi vache que toujours.


Washington D.C.
Downtown Bar
22h34


Penser qu'une telle dépression puisse ôter à un homme, même Walter, le fonctionnement du membre indiscret est aussi sot que de croire que les guerres n'existeront plus. Progrès, repentance, trêves, mais érections...
Le bock de bière à la main, assis au comptoir sur un tabouret en hauteur, Walter s'était décidé à sortir de son cauchemar ; même si sortir lui en montrait d'autres. La vulgarité des gens, la violence - dont il était pourtant accoutumé par ses fonctions de directeur adjoint du FBI - la frénésie d'un soir comme un autre... La vie continuant sans lui. Imperturbable fleuve de boue tourbillonnant sous les ponts.

N'ayant plus rien à perdre ni personne à aimer, surtout pas lui-même, Walter quitta le bar. De retour chez lui, aussi vide que sérieux, Walter saisit son téléphone fixe. Et bien qu'un portrait de Sharon se tenait juste à côté du téléphone, Walter se surprit à composer le numéro d'un service de call girl. Ne jugeons point cet homme détruit, dévasté, dont le chagrin intériorisé, en quelque sorte dompté, n’enlevait en rien un furieux désir de vengeance envers la vie. L'intelligence n’était bien entendu pas convoquée. Ni même l'amour, ni encore moins sa droiture et sa pondération qui pouvaient par moment rivaliser avec Scully, voire la devancer. Walter savait pertinemment qu'il n’œuvrait pas pour le bien en faisant cela. En attendant que quelqu'un décroche, il regarda - non sans pincement au cœur - sa femme, désespérément belle et profonde.
- Bonsoir. Oui. Rendez-vous au Downtown bar. Minuit et demi, j'y serai. Mon nom ? Mark Cutner. Je vous remercie.

De retour au bar, Walter dévisagea chaque femme en entrant. Comme il s'était décrit, il savait aussi que la femme du téléphone le reconnaitrait assez facilement. A peine avancé vers le comptoir, une femme d'origine asiatique s'adressa à lui.
Vous êtes Mark? Oui, et vous Rose? Vous ne m'aviez pas précisé que vous aviez un regard si puissant. Ni vous que vous étiez si belle.
- Il y a un hôtel juste à un bloc. Très chic, discret. Ça vous dit ? dit-elle d'un air passablement malicieux et coquin, à des milliers d'années lumière des états d'âme de Walter.


Hotel Michigan
Washington D.C.
00h53


Il s’avéra que dans la lumière plus tamisée de la chambre, avec celles de la ville qui scintillaient derrière la fenêtre, cette Rose était une femme parfaitement exotique, canonique, surement joueuse et ô combien lisse de cheveux comme de peau. Son visage aux traits raffinés évoquait des galipettes adolescentes et puériles derrière des bambouseraies sauvages, des masturbations longues sur des territoires oubliés, révolus. La féline était probablement originaire du pays des matins calmes, avec une saveur que Walter devinait sucrée, florilège de parfums défendus.

Elle ôta son manteau noir, puis ses talons aiguilles... Elle contempla un court moment Walter. Lui ne bougeait pas. Il la regardait faire. Elle continua de se dévêtir, sans mot dire... Elle se retrouva en soutien-gorge. Skinner lui empoigna violemment les seins par derrière et lui arracha ce soutien-gorge en dentelle noir pour le jeter par terre. Puis il poussa brusquement la Rose sur le lit. Elle couina de plaisir. Il s'assit sur une chaise et ne bougea plus.
C'est alors que Rose, dans un silence bien léger, commença à caresser lentement l'intérieur de son vagin à travers les dentelles de ses bas. Walter lui ordonna de continuer. Il restait immobile sur cette chaise, presque comme au bureau... Il pensait aux remords qu'il devrait ressentir, à la culpabilité d'avoir déjà succombé à ses démons, à sa réputation entachée. La raison pour laquelle, là où n'importe quel homme en pareille situation aurait déjà sauté sur la créature, Walter s'interdisait tout contact avec cette femme pour le moment.
Elle se mit à quatre pattes, tout en maniant son jardin plus tellement secret... Skinner ouvrit sa braguette et sortit son sexe en totale érection, tel un building miniature... La séance masturbatoire n'était en aucun cas un flirt d'adolescents ne s'assumant pas. Il s'agissait davantage de repousser l'inévitable pour en augmenter les plaisirs ; vieux procédé connu.
On devine aisément la suite...

La folle a probablement pompé à gorge déployée tout le précieux membre dur de notre homme. Il l'aura probablement pénétrée de toutes les manières et avec force: baffes savantes, pressions des seins, appui des cuisses, cambrure du dos, pénis de métal et larmes d'adieu sur langue douce...

Le problème avec ce genre d'écart, ce n'est pas tant le pendant que l'après. Dirions nous qu'il y eut originalité en l’espèce ? Walter Skinner ne valait-il pas mieux que cela ? N'était-ce pas facile de plonger si connement dans le bon vieux piège désormais admis des hommes d'expérience "érection - piège à con" ? Un homme d'une telle envergure, d'un tel charisme pouvait-il à ce point là sombrer dans les bas-fonds les plus immondes de la banalité ? Divorce ? Et alors ?

............

Le lendemain, il arpentait les couloirs du Hoover building comme un automate ivre, saoulé par trois puissantes décharges.
Bonjour à sa secrétaire, poignées de mains à quelques agents spéciaux et moins spéciaux... Eux aussi, se disait-il, ont joui cette nuit. Eux aussi ont leur famille, leur belle famille, leur beau sexe d'hommes castrés. Il croisa Mulder et Scully devant les distributeurs et les salua aimablement. Il vit le regard si profond et interrogatif de Scully envers lui, et cela lui procura une sensation d'émerveillement. Quelle femme ! Si jeune et déjà si brillante, si forte, expérimentée sans expériences, scientifique mais croyante... Sa beauté était encore tout autre que celle de Sharon, mais pleine de sucre et de mire ; du lait interdit, bien au fond des seins qu'il imaginait très blancs et lisses avec de beaux mamelons aux courbes parfaites. Et quelle sinusoïde !
Entre Rose, Sharon, et Scully... Les femmes tiennent le monde. Walter, en homme sage et aguerri, le savait fort bien. Il s'assit à son bureau après avoir demandé à sa secrétaire ses rendez-vous pour la journée. Un agent de la police scientifique à 9h00, une mère d'une victime de viol mécontente de l’enquête menée à 10h15, puis Leyla Harrison du service de comptabilité à 11h00...
Une matinée banale pour Walter.

A midi, pendant sa pause, Walter examinait le café dans son mug sans mot dire, le regard fixe. Il se sentait aux confins d'une solitude extrême. Il écoutait les secondes de la pendule de son bureau en pensant simultanément à sa femme et à Rose. Comme son après-midi était pour ainsi dire libre, il fit décaler quelques rendez-vous pour être complètement libre et décida d'appeler la Rose. Elle ne se fit pas trop prier pour fixer une autre séance en fin d'après-midi...

En refermant la porte de la chambre, leurs lèvres étaient semblables à ces saumons fumés bien collés dans une barquette recouverte d'un film plastique. Quelle viande soumise !
Cette femme doucereusement maléfique et complice, imaginez une Lucy Liu affamée de sexe, sortit la langue et lécha le visage de Walter dans tous les sens. Sa langue vint dans le creux de l'oreille, passa sous les narines, humidifiât les paupières, puis descendit tout le long du corps de Walter qui restait debout, excité comme jamais. Elle s'agenouilla et lécha la braguette de notre homme en rut.
Au moment où elle s’apprêtait à ouvrir la braguette, Walter saisit sa main et traina violemment la femme jusqu'à la baignoire. Il lui ordonna de se dévêtir totalement et de s'assoir dans la baignoire, ce qu'elle fit. Ensuite, elle devait se mettre à quatre pattes et gémir dans sa langue d'origine ; ce fut le cas.
La Rose se branla fortement, en con comme en cul. Elle criait.
Lui, tout en fermant les yeux, comme pour fuir la réalité de ce qu'il vivait, pensait aux visages de toutes celles qu'il avait pénétrées dans sa vie avant Sharon. C'est alors que des larmes lui vinrent aux yeux en même tant qu'une forte envie d'uriner, tout en maintenant une érection molle, précisément due à l'envie d'uriner. Il sortit donc sa grosse verge de marbre, face à cette folle en plein gémissements qui tressaillit de joie à la vue de cette tour de chair bien veineuse. Walter s'approcha d'elle et lui pissa dessus d'un grand jet continu et chaud. Sur les cheveux, dans les yeux, les oreilles et bien sur dans la bouche que Rose entrouvrait lorsqu'elle criait de plaisir. La Rose ruisselait d'urine. Ça coulait sur tout le visage, sur ses seins en entonnoir.
Ils firent tranquillement l'amour. Il l'encula royalement puis lui pressa les seins d'une main en la caressant de l'autre.
Enfin vint la blanche conclusion, toujours sur la langue. Ce fut le minimum... En déchargeant, Walter se sentait partir, dans un pays loin de tout ça ; de cette obligation bestiale, de cette frénétique baise finalement glauque, de ces femmes impartiales et justes dans l'inconscience de leurs erreurs, loin de cette folle qui lui bouffait le manche, loin de Mulder et de ses croisades, loin de sa secrétaire qui aimerait surement être à la place de Rose, loin de Scully - qu'il avait presque l'impression de salir en pensant à elle à un tel moment -, loin de tout...

Tout cela n'était qu'une mauvaise passe dans une vie peu confrontée à l’exotisme du célibat, et dont le divorce n'était encore qu'une plaie béante. Walter n'était qu'un homme ; pas seulement un directeur droit et sombre. Pas seulement un chauve à lunettes vaguement musclé et boxeur occasionnel.

Les rues étaient grises, avec encore cette pluie bien infecte qui maintenait une ambiance morose et désabusée.
Après cette éprouvante séance, Walter prit plaisir à s’assoir seul dans un café, histoire de faire le point sur ce que devenait sa vie. Il regardait passer les femmes ; se les imaginait nues, en train de le sucer, le menton jusqu’aux couilles… Affreuse et malsaine obsession, processus d’oubli par excès de sexe, sexe post divorce ? Un peu tout ça...
Mais il serait un peu simpliste de ne se borner qu’à ces conclusions, dignes d’une psychologie de comptoir, d’étudiant en psychologie qui réciterait sa leçon, produit de freudismes outranciers. Le luxe ultime, et qui s’avéra bien plus psychanalytique pour Walter, était de remplacer Freud par Sade. Il comprit ainsi à quel point ses pulsions sexuelles faisaient écho à l’inverse de la vie qu’il avait pu mener jusqu’alors.
La vie n’étant pas forcement ce mignon petit rondeau que l’on peut entonner légèrement le long d’un champ de tournesols, Walter décida - en finissant son café - d’assumer cette nouvelle facette de sa vie intime.
Urine… Salope offerte pour bien culpabiliser…
La dichotomie était d’autant plus forte pour Walter qu’il se voyait aspiré dans un comportement sexuel qui ne lui ressemblait pas, qui ressemblait à tout ce qu’il aurait réprimé et dénoncé chez l’homme en temps normal. Qu’importe, le principal pour lui était de savoir qu’il avait un fond intouchable de droiture qui ne serait jamais entamé, grignoté, rongé, contaminé. Comme un fil d’Ariane autour duquel sa vie pouvait s’enrouler, se tordre à souhait, cabrioler. La liberté consistait à savoir qu’elle existait. Il en allait de même pour le pardon. Dieu et le sexe ne sont finalement pas si éloignés dans ces vies bousculées. Il n’y avait pas un Walter impeccable et implacable et un Walter donjuanesque et sale. Il y avait un homme en souffrance qui se raccrochait à son phallus de phare.
Vu et revu ; incorrigible pouvoir des corps liés aux idées.


Hoover Building
Washington D.C.


Walter était assis à son bureau en train d’écouter les plaintes mêlées de menaces sourdes de CGB Sepnder.
« Ils n’ont aucune chance. Dois-je vous signaler que l’assassinat de Mélissa Scully était une épouvantable erreur, qui a bien sûr été rectifiée ? souffla CGB.
- Dois-je à mon tour vous rappeler qu’il s’agit de la sœur d’un agent fédéral, et que toutes vos dites corrections ne justifieront en aucune manière l’atrocité d’une telle erreur ? rétorqua Skinner.
- Mon cher Walter, vous oubliez notre récente intervention dans la prison où était détenu ce bon vieux Louis Cardinal. Le reste des bienfaits de notre action trouvera son écho dans le temps.
- Est-ce ainsi que vous avez procédé toute votre vie durant ? On tue quelqu’un en échange d’une autre de ses victimes ? Quel poids pesez-vous dans le marché du meurtre ?
- Mr. Skinner, chacun doit un jour payer le prix de ses erreurs. N’êtes-vous pas vous-même au beau milieu d’un divorce ? Sans compter que l’un de mes hommes vous aurait aperçu hier en charmante compagnie, assena CGB d’un air malicieux doté de ce petit sourire à peine esquissé, du coin des lèvres bien fripées.
- Dévoilez ça, et je détruis tous vos efforts menés depuis plus de cinquante ans. N’oubliez pas Albert Hosteen... Si vous voulez bien quitter mon bureau, j’ai encore une foule de rendez-vous."

Walter avait l’habitude des cambrures, des échanges musclés. Non seulement de par la boxe, mais aussi par les dialogues tendus avec CGB Spender dont il était malheureusement coutumier. Les hommes sont entre eux comme ils étaient enfants : plein d’insouciance parfumée à la banane, de sanglots terribles traduisant leurs profondes injustices, de petits coups de poing au chocolat…
Ceux de CGB n’étaient évidemment pas au chocolat.
Avec cet homme, c’était toujours du chantage et des coups par en dessous. Walter, l’espace d’un instant, prit peur pour sa réputation… Mais il connaissait bien son ennemi. Bluff !


Dernière édition par noisette le Lun 27 Oct 2014 - 11:15, édité 2 fois

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Re: Skinner dans la tourmente (en cours)

Message  noisette le Lun 27 Oct 2014 - 9:40

Washington square
Washington D.C.
17h14


Walter se mit à rêver d’une toute autre vie que la sienne. Il s’imaginait professeur de géographie avec une spécialité en démographie et aménagement des territoires. Ses élèves seraient tous fascinés par son érudition, sa diction, sa force de conviction, ses sourires francs et sa profonde compréhension des jeunes. Dans cette vie, il aurait un noyau solides de fans, de groupies si l’on préfère ; et des deux sexes. Des jeunes femmes qui caresseraient leur triangle en pensant à Dr. Skinner ; des jeunes hommes s’imaginant rouler une pelle au beau Walter, en s’asseyant sur des manuels de cours et des fiches bourrées de graphiques… Mais cette vie n’était qu’une projection bien lointaine…
Assis sur un banc au pied d’un catalpa bien gros et dense, Walter observait la vie s’étendre devant lui ; complètement abattu, écrasé de fatigue, pétris de dégout de lui-même mélangé à une irréversible attirance physique pour cette Rose prête à tout, joueuse et jouisseuse… Le vrombissement des voitures, les mères promenant leur poussette, les petits chiens nerveux, les filles à la glace ainsi que les garçons à la gaufre, rien ne trouvait grâce aux yeux de Walter. Jamais, de toute sa vie, Walter n'avait éprouvé un tel chagrin intérieur. Jamais il n’avait sombré si facilement. Rose était pour lui un puissant opium, une infernale excitation permettant l’oubli. L’ordre du moment étant bien entendu de s’oublier lui-même.

Et pourtant… Bien des choses le rattachaient inextricablement à son monde, à sa vie bien rangée de directeur adjoint du FBI. Ce travail était pour Walter bien plus qu’une passion anodine et béate. C’était une question d’éthique, une révélation du même ordre qu’un appel vers Dieu. Pater noster…
Il avait toujours eu depuis l’enfance un sens aigu des valeurs humaines, de la justice. Jeune homme, il se faisait parfois railler pour sa loyauté sans pareille car cela impliquait chez lui un manque total de vie festive. Pour ses camarades, Walter était d’un ennui profond. Sauf pour les fonceurs de son espèce qui avaient compris que la vie ne permettait rien à ceux qui en demandaient beaucoup.

Walter était assez pertinent pour savoir par quelle phase il était en train de passer. Il avait quelques passions en dehors de son travail. Il était un mélomane incollable sur Bach, comme Mulder. En bon cinéphile et amateur de littérature, il vouait un culte à Fellini et à quelques écrivains français du XIXe siècle. Sportif, il pratiquait de temps à autre le ski en plus de la boxe. Il adorait randonner dans les Appalaches avec Sharon. Les promenades le faisaient bander très fort, le soir. Tout ce bon air venait s’engouffrer dans sa tête, ses couilles, son imagination... Bref ! Un homme sensible.
Côté travail, le moins que l’on puisse dire est qu’il avait écopé d’une année pour le moins chargée en rebondissement et en risques. Sa supervision du département des affaires non classées ne lui avait jamais autant demandé d’implications personnelles, d’énergie, de sang froid et de discernement. Mais le fait était qu’il comprenait profondément la quête de Mulder, sa passion indomptable et dévastatrice.
Par ailleurs, il vouait une admiration sans précédent pour Scully. S’il y avait un graal dans la vie de Walter, c’était immanquablement Scully. Il faut dire qu’ils avaient beaucoup en commun : la droiture, leur sérieux, la justice, la force, la merveilleuse et silencieuse mystique qui traversait leur vie. Si Walter bien sûr n’arborait aucun signe visible, son profond sentiment de justice, son intégrité ainsi que son éducation, étaient en revanche proches d’une inclinaison religieuse. Ce sentiment d’admiration portait avant tout sur les qualités de Scully, son brio, son rationalisme intransigeant.
Si à qualités égales l’agent spécial avait ressemblé à un gros bouledogue, nous sommes en droit d’imaginer que Walter aurait été sans doute moins admiratif. Parce que la beauté de Dana Katherine Scully était un canon retentissant du haut d’une citadelle, un obus explosant en pleine campagne sur fond de Legrand, une stalagmite de cristal, une chevelure qui faisait pleurer, quelques petites taches de rousseur à faire tressaillir le cœur, une bouche aux commissures parfaites. Ni trop ouvertes, ni trop radines. Des formes robustement fines et finement robustes, ses yeux formant un regard d’une intensité telle, que Walter se surprenait souvent à cligner des yeux face à elle, pour réapprécier son regard à nouveau, instantanément, comme pour recharger immédiatement le plaisir de déceler telle ou telle expression sur son visage. Une expressivité comparable à une symphonie de Mahler, à une femme fatale et dont les mots agacent tant ils sont impuissants à la décrire.
En comparaison, Rose n’était qu’une hyène surexcitée et vorace. Mais Skinner savait compartimenter sa vie, de même que ses sentiments. Amour classique et profond pour Sharon, sexe défouloir pour Rose, passion intérieure et secrète pour Scully. Le point commun reliant ce trio pour le moins éclectique ? Verge et cerveau, comme toujours…

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