Prise de Conscience

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Prise de Conscience

Message  Chrissaez le Mar 2 Sep 2014 - 9:19

Prologue :

Après des mois et des mois d’enquêtes aussi inintéressantes les unes que les autres (hormis leurs escapades pas très légales), les agents Mulder et Scully étaient de nouveau sur les routes à la poursuite de leur gibier préféré : les extraterrestres.

Pourtant, la bonne humeur n’était pas au rendez-vous. Dans la voiture de fonction gris métallisé, choisie avec soin par Mulder, régnait une tension évidente. Comme toujours, ce dernier était excité à l’idée d’interroger un homme qui se disait victime d’enlèvement par des extraterrestres. Mais une chose avait changé depuis qu’il travaillait avec Scully. Au début, il n’aurait jamais pris la moindre précaution dans ses pensées et se serait dit : « Cet homme a été enlevé par des extraterrestres, c’est sûr ! ». Désormais, il restait prudent et attendait de l’interroger pour se faire sa propre idée.
Cet homme, ce Monsieur Andrew Smith, était revenu il y a trois jours, et disait à qui voulait bien l’écouter qu’il avait été enlevé par des extraterrestres.
Mulder était ravi de reprendre ses vieilles habitudes. Seule ombre au tableau : Scully. Elle était tendue et absente depuis quelques temps. Elle aurait du se réjouir, elle en était consciente. Ce n’était pas uniquement Mulder qui voulait réintégrer le service des affaires non classés. Elle aussi n’attendait que ça depuis des mois. C’est d’ailleurs la raison qui l’avait finalement poussé à rester au FBI, à ne pas démissionner. Elle voulait retrouver les affaires non classées et trouver les réponses à toutes les questions encore sans réponse. Seulement, elle n’arrivait pas à se réjouir. Elle ne ressentait rien. Rien du tout…

Le trajet se passait en silence. Mulder était concentré sur sa conduite. Quant à Scully, elle était concentrée sur… Rien du tout. Ses yeux fixaient le vide au loin, comme si elle distinguait quelque chose invisible aux yeux des autres. Elle se forçait à ne penser à rien. Car même si elle pensait, elle ne ressentait rien. Alors à quoi bon ?
Elle ne voulait pas que ses pensées soient envahies par ces futilités. Elle ne savait plus où elle en était, ne savait plus qui elle était, ce qu’elle devait faire, quel sens sa vie devait prendre… Sa vie était vide de sens depuis quelques temps et elle s’en voulait de la raison qui l’avait mise dans cet état. Elle n'était plus elle-même, elle ne se reconnaissait plus. Elle avait toujours refusé d’en arriver à ce type d’extrémité. Pourtant, elle en était là.

Elle se mit à imaginer un monde où elle ne serait plus, un monde où elle déciderait de partir loin pour ne jamais revenir. Que se passerait-il ? Quelqu’un se rendrait-il compte de son absence ?
Sa mère, sans aucun doute… Mais à part celle-ci ?
Elle n’avait pas d’amis, sa famille était loin.
Et Mulder ?
Elle était incapable de réfléchir et d’avoir un raisonnement cohérent. Elle avait toujours su qu’elle pouvait compter sur lui, elle lui faisait confiance à cent pour cent. Seulement, elle n’arrivait plus à y croire… Elle n’était plus que l’ombre d’elle-même et c’était comme s’il n’avait rien remarqué. Ou alors, s’il l’avait remarqué, il n’avait pas l’air de se sentir très concerné. Trop accaparé par sa petite vie.

« Tu es injuste !»

Elle était injuste, elle le savait, mais elle n’arrivait pas à penser autrement. Comment pourrait-il ne pas avoir remarqué qu’elle ne parlait que quand c’était nécessaire, qu’elle ne souriait plus, qu’elle était comme morte à l’intérieur… ?!
Elle se sentait comme prisonnière d’elle-même. Quelque chose s’était cassé en elle et elle n’arrivait pas à colmater la brèche. La relation qui la liait à son collègue s’étiolait petit à petit.  Elle n’était plus ce qu’elle avait été. Cela faisait deux semaines déjà, peut-être plus, elle ne pouvait pas le dire.

« On s’éloigne l’un de l’autre et il ne réagit pas. »

Cette indifférence à son égard était le pire, c’était ce qui la détruisait le plus. Elle se sentait seule. Seule dans cette descente aux enfers. Maintenant, elle était au fond du gouffre et personne ne s’en souciait. IL ne s’en souciait pas.
La petite voix qui s’était manifestée avait raison : elle était injuste. Il avait tenté de comprendre ce qu’elle avait. Il avait essayé mais s’était résigné devant son mutisme, pensant qu’elle parlerait quand elle serait prête et quand elle en éprouverait le besoin…

« Quoi qu’il en soit, je suis seule désormais. »

Flash-Back 1 :

C’était un samedi soir, Scully rentrait chez elle après un après-midi de shopping. Elle ne faisait cela que rarement, mais à chaque fois, c’était un plaisir. Elle prenait du temps pour elle et c’était appréciable. En arrivant chez elle, elle fut surprise de trouver une grande enveloppe posée sur le sol. Quelqu’un avait certainement dû la glisser sous la porte pendant son absence. Après avoir posé ses deux paquets à côté du meuble imposant de son salon, elle se pencha et prit l’enveloppe entre ses doigts. Mue par une curieuse intuition, elle alla s’assoir  sur son canapé et ouvrit l’enveloppe dont le contenu la laissa sans voix. Elle contenait plusieurs photos de Mulder et elle. En étudiant les différentes photos en sa possession, elle pouvait dire qu’elles avaient toutes été prises durant les six derniers mois, lors de leurs enquêtes banales ordonnées par Kersch et lors de leurs enquêtes moins autorisées. L’une d’elle remontait à quelques jours à peine, après avoir appris leur réintégration dans le service des affaires non classées.

Son attention se porta sur l’une d’entre elles. La photo avait été zoomée et on pouvait voir leurs deux visages. Leurs regards se mêlaient. Il se passait quelque chose à ce moment-là. Quiconque découvrant la photo, même une personne ne les connaissant pas, en serait arrivé à cette même conclusion. Pourtant, Scully se souvenait bien de ce moment, et elle était persuadée qu’il n’y avait rien eu de différent de d’habitude. Il n’y avait pas d’écrit accompagnant les photos, mais le message était très clair pour Scully : « On vous surveille toujours ».

Elle se devait d’en avertir Mulder. Elle tenta de le joindre sur son cellulaire, mais il sonna dans le vide. Elle décida alors d’aller lui en parler directement chez lui. Elle remit les photos dans l’enveloppe, puis sortit de chez elle aussi rapidement qu’elle était arrivée.

Durant le trajet l’amenant chez son collègue, elle ne put empêcher la peur de l’envahir. Peu importe qui avait laissé cette enveloppe, lui faire peur était de toute évidence son objectif, et il réussissait parfaitement. Mais quel était le but de tout ceci ? Leur faire peur pour quoi ? Pour les empêcher de revenir aux affaires non classées ?
Oui, certainement. Mais pourtant les personnes derrière cette menace ne pouvaient ignorer que quoiqu’il en soit, malgré les menaces, les intimidations ou même la peur, ni Mulder ni Scully n’hésiterait une seule seconde. Ils retourneraient aux affaires non classées, qu'elles qu'en soient les conséquences. Peut-être était-ce une manœuvre désespérée. En tout cas, elle était inutile.

L’ascenseur s’ouvrit, Scully en sortit et se rapprocha de l’appartement, quand une anxiété nettement plus intense la prit. La porte de l’appartement 42 n’était pas bien fermée…


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Dernière édition par Chrissaez le Dim 26 Oct 2014 - 20:58, édité 1 fois

Chrissaez
Cheveux de Scully saison 1

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Re: Prise de Conscience

Message  Chrissaez le Jeu 4 Sep 2014 - 10:30

Chapitre 01 :

Ils avaient roulé quatre heures avant d’arriver dans la petite ville d’Elkins en Virginie Occidentale. Avec l’aide de Scully et de sa carte routière, ils arrivèrent devant le petit hôpital où était toujours hospitalisé Monsieur Smith. Rapidement, ils trouvèrent le service de médecine polyvalente où il était censé se trouver. La dame de l’accueil leur avait indiqué la chambre 1214. Dans le couloir du service, ils croisèrent une femme blonde qui pleurait. Ils pensèrent immédiatement à un décès, c’était malheureusement trop fréquent dans les hôpitaux.
Tout au long du chemin qui les avait amené à ce Monsieur Smith, Scully se répétait sans cesse qu’elle devait se concentrer, penser à l’enquête, faire son boulot du mieux possible.
Ne rien ressentir ne devait pas l’empêcher de travailler. En tout cas, tant qu’elle n’avait pas pris une décision sur sa vie. Et à l’heure actuelle, elle en était incapable.
Il fallait qu'elle se mettre au travail.

Quand ils pénétrèrent dans la pièce, ils tombèrent sur un homme à moitié avachi dans son lit d’hôpital. Il était brun, avait une barbe qu’il ne devait pas avoir rasée depuis au moins une semaine. Il y a certaines personnes qui font penser dès qu'on les voit « Il ne casse pas trois pattes à un canard ». A tort ou à raison, d’ailleurs. Monsieur Smith était de ces hommes-là, pensa Scully. Il avait les cheveux en bataille, les yeux globuleux et un regard peu expressif. Il leva la tête pour observer les deux intrus qui venaient lui rendre visite.

« Bonsoir, je suis l’agent Mulder et voici ma collègue l’agent Scully, FBI. »

Le jeune homme s’était redressé dans son lit et semblait ravi de recevoir leur visite.

« Oui, je vous attendais ! »

Il avait presque hurlé et enchainé sans attendre une seconde de plus.

« Je vous remercie d’être venus. Les policiers m’ont dit que vous étiez spécialisés dans les phénomènes extraterrestres. J’ai d'abord trouvé étrange que le FBI ait des agents qui enquêtent sur ce sujet, mais c’est normal étant donné qu’ils sont parmi nous. Et puis le gouvernement est au courant, c’est évident. Je vous remercie de vous être déplacés si rapidement ! »

Mulder se risqua à jeter un regard à sa collègue qui avait les sourcils relevés, perplexe. Il connaissait cet air, elle avait le même quand elle l’écoutait raconter ses théories et qu’au fond d’elle, elle avait envie de lui dire : « Mulder, tu es cinglé. ». Il aurait tout donné ces derniers temps pour qu’elle pense ça de nouveau. Au moins, il pourrait rétablir le contact.
Il savait à quoi elle pensait. Dana devait plutôt expliquer tout ceci par un trouble psychiatrique plutôt que par un enlèvement extraterrestre. Smith parlait très vite et paraissait extrêmement enjoué sans une once de peur dans son comportement, alors qu’il était censé raconter une histoire traumatisante. C’était assez inhabituel et déconcertant, même pour Mulder.

« C’est normal, c’est notre travail. Et puis, je suis très intéressé à l’idée d’entendre ce que vous avez vécu. »

L’homme commença à raconter le déroulement des faits. Il était rentré chez lui tard ce soir-là. Sa petite amie passait la soirée chez une amie, et il en avait profité pour faire tout ce dont il avait envie de faire et que cette dernière ne lui permettait pas.

« Vous comprenez, elle cuisine beaucoup trop de légumes et de poissons. Alors ce soir-là, j’ai décidé de me commander une pizza, j’ai acheté un pack de bière et j’ai regardé mon match de baseball en toute tranquillité. J’ai pu manger devant la télé, et commenter le match comme je voulais, elle n’était pas là pour me dire de ne pas crier, de ne pas mettre de miettes partout. Mais bon, vous devez connaitre ça, agent Mulder. »

Scully ne réagissait même pas devant ce machisme évident. Entre ses études de médecine et son entrée au FBI, elle avait l’habitude d’être constamment confronté au sexisme. Et c’était quelque chose qu’elle avait apprécié en travaillant avec Mulder : Jamais, il ne lui avait fait sentir qu’il lui était supérieur en quelque manière que ce soit. Bien sûr, au début, il l’avait testée sur ses connaissances et ses déductions, mais il était surtout suspicieux quant à son rôle sur les affaires non classées. Il n’avait jamais montré « sa supériorité d’homme ». Et elle lui en avait toujours été reconnaissante.

Malgré le fait qu’elle n’avait aucunement envie de se trouver là, elle devait se concentrer sur les paroles de cet homme. La motivation n’était pas au rendez-vous, mais elle essaya de suivre. Elle ne comptait pas participer à l’interrogatoire, elle ne s’en sentait pas la force, mais elle allait au moins écouter.

Ensuite, Smith expliqua qu’il était allé se coucher et qu’une fois allongé dans son lit, il avait aperçu une étrange lueur par la fenêtre. Il s’était alors levé pour voir ce que c’était.

« J’ai pensé de suite aux voisins. Ils font des choses bizarres par moment. Alors je suis allé voir. C’était étrange car quand j’ai regardé dehors, la lumière avait disparu. Il y avait par contre ma voisine Madame Carpenter qui promenait son chien au coin de la rue. Un petit caniche très mignon mais qu’est-ce qu’il aboie ! Enfin, bref, la lumière est réapparue brutalement en beaucoup plus intense. Je ne voyais plus rien. J’ai commencé à entendre un bruit. C’était comme un grondement. C’était de plus en plus fort puis c’est devenu très aigu et là, plus rien, je crois que je suis tombé dans les pommes. »

« Quand êtes-vous revenu à vous ? »

« Il y a trois jours. J’ai disparu pendant 8 jours selon ma compagne. Je me suis réveillé sur mon canapé, c’est Sarah qui m’a réveillé. C’était étrange, j’avais juste l’impression d’avoir passé une longue nuit réparatrice. »

« Et qu’est-ce qui vous a fait croire que des extraterrestres étaient derrière tout ça ? »

Scully avait pris la parole pour la première fois, ce n’était pas prémédité, loin de là. C’était plutôt comme si elle avait pensé à voix haute. Elle semblait clairement excédée par le discours de Monsieur Smith et ne le cachait pas. En temps normal, elle aurait essayé de poser sa question avec plus de tact, sauf si elle avait voulu provoquer, mais là, sa question avait jailli comme elle l’avait pensé, de manière monotone et piquante.

« Vous voulez que ce soit quoi d’autre ? »
Son ton était autant condescendant que celui qu’avait employé Scully sans le vouloir. Monsieur Smith reporta son attention sur Mulder.

« Peu après mon réveil, les pompiers m’ont amené ici, à l’hôpital. Sarah s’est inquiétée car j’avais soit disant des absences. En fait pendant ces moments, j’avais des flashs. Je me revoyais, roulé en boule sur le sol, dans le noir. Des voix me parlaient. Elles me disaient que tout se passerait bien si je les laissais faire. Je me suis revu sur une table métallique, des genres de tuyaux étaient branchés à mes bras, j’en avais même un qui sortait de ma bouche. Si ça, ce n’est pas à cause des extraterrestres, je ne vois pas ce que c’est ! Et puis c’était la première fois que quelque chose comme ça m’arrivait. Je ne comprenais pas au début, mais maintenant tout est clair. Et puis, il faut que je prévienne les autres. Les gens doivent savoir ce qui se passe, c’est important. »

Scully faisait de son mieux afin de rester concentrée sur le discours dispersé et débité de manière extrêmement rapide de Monsieur Smith, mais ce n’était pas très efficace. Elle s’en rendit compte au moment où elle demanda :

« Vous avez déjà été victime d’enlèvement ? »

Elle sut dès la fin de sa phrase qu’elle n’aurait pas dû poser cette question. L’homme la fixait. S’il avait paru confus et désordonné à Scully quelques minutes auparavant, là, il semblait avoir retrouvé toute sa lucidité. Il avait pourtant dit que c’était la première fois ! Il était agacé, c’était évident. D’abord, elle remettait en cause ce qu’il avait vécu mais en plus, elle n’écoutait pas ! Scully porta son attention sur Mulder, qui s’était retourné vers elle. Ses yeux rencontrèrent ceux de Mulder.. Dans son regard se mêlaient de la peine, de l’inquiétude et de l’agacement. Elle n’arrivait pas à savoir quel sentiment dominait le plus. Elle essayait de s’intéresser, de se motiver, d’être présente, mais non… Elle n’y arrivait décidément pas.

Mulder reprit l’interrogatoire juste à temps pour empêcher l’homme de faire une remarque désobligeante à Scully. Il lui demanda quelques précisions sur ses souvenirs, puis conclut d’un rendez-vous le lendemain dans l’après-midi, à son domicile. Monsieur Smith devait quitter l’hôpital dans la matinée.

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Ils sortirent ensuite de la chambre. Scully, qui avait de sérieux doutes sur cette histoire, savait que désormais, c’était son domaine de compétence qui allait permettre d'avancer dans l’enquête.

« Je voudrai parler à son médecin, si ça ne t’ennuie pas. »

Mulder hocha la tête, et ils partirent en direction du bureau médical. Le médecin en charge de Monsieur Smith les reçut dans son bureau.

« Asseyez-vous, je vous en prie. Alors… Pour ce patient… Monsieur Smith, c’est bien ça ?  Je ne sais pas trop quoi vous dire… Il est arrivé aux urgences il y a trois jours. Il a bénéficié d’un scanner du corps entier, qui n’a rien mis en évidence de particulier. »

« Vous avez retrouvé des corps étrangers ? Des éclats métalliques, des choses comme ça ? »

« Non, il n’y avait rien de ce genre. »

« Est-ce que je peux voir son dossier médical ? Je suis docteur en médecine de formation... »

« Bien sûr, tenez. Il y a le compte rendu du scanner. Ils ont également fait un bilan biologique afin de chercher une cause organique à ces troubles. Quand il est arrivé, il était très agité et délirant. Il avait des moments où il semblait ailleurs, totalement aréactif et des moments où il était totalement délirant, à parler d’extraterrestres, de vaisseau spatial… Le bilan n’a rien montré, aucun déséquilibre ionique, aucun trouble à l’électrocardiogramme. Nous l’avons hospitalisé dans le service. On a complété le bilan par un électroencéphalogramme, mais on a rien retrouvé non plus. »

« Il a été vu par un neurologue ? »

« Oui, on a demandé un avis à titre systématique et parce que bon, vous le savez en tant que médecin... Les psychiatres refusent de voir un patient si la cause organique n’a pas été formellement éliminée. Et généralement, ils aiment bien avoir un avis du neurologue. Comme je m’y attendais, il n’a pas trouvé de cause neurologique. Le psychiatre est venu le voir, mais Monsieur Smith a refusé de lui parler. Il assure qu’il n’est pas fou… Sauf que tous les fous disent ça… »

Cette dernière phrase lui arracha un sourire, puis il continua :

« Il a un contact bizarre… Après, la schizophrénie se manifeste rarement après 30 ans, et une bouffée délirante aiguë ne dure pas aussi longtemps. De plus, il n’a réagi à aucun neuroleptique qu’on lui a injecté. Et bien sûr, il refuse de prendre tout traitement neuropsy. »

« Il n’y a pas possibilité de l’hospitaliser d’office histoire de faire un bilan psychiatrique ? »

« Il ne présente pas de risque concernant l’ordre public. Il est illuminé, c’est sûr, mais il ne fera de mal à personne, donc une HO n’est pas justifiée. Quant à sa famille, ils préfèrent qu’il rentre se reposer à la maison. Ils sont persuadés que ça ira mieux d’ici quelques jours. Je pense aussi que rentrer chez lui ne pourra lui faire que du bien. De là à dire que les troubles disparaitront, j’ai plus de doutes, mais sa famille a l’air bien présente, donc peut-être arriveront-ils à lui faire entendre raison. Il acceptera peut-être de se soigner.»

« Je vous remercie. J’aimerais quand même faire une photocopie de son dossier médical pour les besoins de l’enquête. »

Avant de quitter le bureau, Mulder ne put s’empêcher de glisser à l’attention du médecin : « Peut-être dit-il la vérité… ». Ce dernier ne dit rien, pensant peut-être à une blague et se contenta de les saluer. Scully récupéra les photocopies puis ils partirent de l’hôpital.

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Dans la voiture, Mulder ne put s’empêcher de tenter une pointe d’humour :

« Illuminé ! Pourquoi toutes les personnes qui croient aux extraterrestres se font traiter d’illuminées ?! »

Aucune réaction. Elle faisait semblant de lire le dossier médical, il la connaissait trop bien. Il savait qu’elle tentait de couper court à toute discussion avec cette technique. Il commençait à en avoir sérieusement marre de son comportement. OK, elle n’allait pas bien, mais elle pouvait faire un effort. En particulier lors de leurs missions ! Elle avait l’air ailleurs lors de l’interrogatoire de Monsieur Smith et avait posé une question auquel il avait déjà répondu ! Le seul moment où elle s’était intéressée à l’affaire, c’était avec le médecin. Heureusement d’ailleurs, car c’était son domaine, et évidemment, elle était beaucoup plus qualifiée que lui, même s’il avait des notions solides de psychiatrie clinique. Il préféra toutefois éviter la confrontation, de peur de la voir se renfermer d’avantage. C’était l’effet qu’il avait obtenu la semaine dernière…


Flash-Back 2 :

Il était derrière son bureau. Bureau qu’il avait ENFIN retrouvé après des mois et des mois d’encroutement. Il était le premier arrivé au boulot, comme d’habitude, mais ce matin, sa collègue tardait un peu. Elle avait 15 minutes de retard, et ça ne lui ressemblait pas. Elle était toujours très ponctuelle, jamais une minute d’avance, jamais une minute de retard. Il jeta un coup d’œil à son téléphone cellulaire : rien.
Pour leur premier jour de reprise, il était arrivé deux heures en avance, trop impatient et surexcité. Il tournait en rond chez lui, alors il avait décidé de venir plus tôt.

Scully arriva enfin, et à peine avait-elle mis un pied dans le bureau qu’il s’exclama :

« Enfin de retour chez soi, elle n’est pas belle la vie ?! »

Elle lui rendit un sourire quelque peu crispé. D’habitude, ses sourires étaient magnifiques. Elle était belle quand elle souriait. Il aimait la voir comme ça. Mais ce matin, son visage était terne, elle avait des cernes sous les yeux, et paraissait moins sûre d’elle. En temps normal, rien que sa démarche signifiait : « Je suis une femme forte, je peux tout affronter ». Là, il ne retrouvait pas la même énergie en elle.

« Bonjour Mulder. »

« Ouh là, tu m’as l’air fatiguée. Je suis sûre que tu as fait la fête tout le weekend pour fêter notre retour ! »

Scully hésita quelque peu mais tenta tout de même une réponse :

« Oui… J’ai reçu des amis ce weekend… Et euh… On était pas mal occupés… »

Elle n’avait jamais été douée pour les mensonges. Elle le savait. Il le savait. Elle espérait que Mulder ne le relève pas. Ce qu’il fit. Elle n’avait pas l’air d'humeur à lui raconter son weekend, elle en avait le droit. Lui non plus n’allait pas lui raconter le sien. Il vaut mieux garder certaines choses pour soi. Dans l’intérêt commun.

« On a une affaire ? »

« Non, rien du tout, j’essayais juste de remettre de l’ordre dans le bazar qu’ils nous ont laissé. »

« Bon, je vais finir un article que je dois faire pour une revue de médecine légale… »

Elle posa sa veste et se dirigea vers son petit coin de pièce qu’elle s’était aménagé autrefois. Sur sa table, elle tomba sur des notes dont l’écriture lui était inconnue. Elle se rapprocha, déchiffra certains mots et comprit immédiatement qui en était l'auteur  Elle les prit sans ménagement, et les jeta dans la poubelle la plus proche. Elle s’assit et alluma son ordinateur.

Mulder, qui l’avait regardée faire depuis le début, était surpris. Elle n’était clairement pas comme d’habitude. Il ne pipa mot et se remit à son classement. Elle était vraiment bizarre ce matin, mais il ne poussa pas sa réflexion plus loin. Cela pouvait arriver. Ce n’est qu’au bout de trois jours qu’il s’inquiéta sérieusement…

« Tu vas bien Scully ? »

Elle ne l’avait pas entendu approcher. Elle releva la tête et se rendit compte qu’il s’était appuyé via son épaule gauche contre le mur à un mètre d’elle, les bras croisés.

« Oui, je suis fatiguée, c’est tout. »

« Tu mens très mal. »

Il n’obtint pas de réponses, elle avait de nouveau baissé son regard et fixait le vide. Et avec ça, elle voulait lui faire croire que ça allait ?!
Il se rapprocha à nouveau d’elle.

« Qu’est-ce qui se passe ? Tu es ailleurs depuis lundi. Je pensais que tu serais contente, toi aussi, de revenir bosser ici…Mais j’ai l’impression que ça t’emmerde plus qu’autre chose… »

« C’est pas ça… »

« Alors c’est quoi ? »

Puis, il se souvint subitement d’une époque où elle était un peu ailleurs également, il prit peur.

« C’est ton cancer, c’est ça ? Tu es malade ? »

Scully réagit immédiatement à sa question, dont l’inquiétude était évidente. C’était un sujet trop grave pour qu’elle se permette de le laisser penser ça.

« Non. Ne t’inquiète pas, ça n’a rien à voir. Je suis en bonne santé. Mon dernier contrôle était parfait. »

« Tant mieux ».

Elle soutint son regard quelques secondes avant de retourner dans la contemplation de son bureau.

« Alors quoi ? Parle-moi ! »

… Toujours rien...
Il capitula. Il n’obtiendrait rien d’elle aujourd’hui. Elle ne parlerait pas.

« Bon… Comme tu veux. Mais sache que si tu as besoin de parler ou de quoi que ce soit d’autre, je suis là. »

Il retourna à son bureau après un dernier regard. Elle n’avait pas réagi un seul instant, comme si elle n’avait pas entendu un seul mot de ce qu’il venait de lui dire.

Je suis là… Cette simple phrase résonna en elle comme un écho qui s’éloignait tout doucement avant de laisser place à un nouveau silence. De nouveau, elle ne pensait plus rien. Le vide lui tenait compagnie.


Ce fut le vendredi de cette même semaine qu’il perdit patience. La matinée venait à peine de commencer…

« Mais qu’est-ce qui t’arrive à la fin ?! Si tu as un problème, parle-en ou alors fais un effort ! Ton comportement est insupportable !! »
Il avait crié, c’était plus fort que lui.  

Scully le fixait toujours, comme elle l’avait fait depuis qu’il s’était brutalement levé de sa chaise, la faisant presque basculer en arrière.
Avec calme, elle se leva, prit ses affaires, et quitta la pièce sans un mot ou même un regard.

Mulder retomba dans sa chaise, dépité, puis mit sa tête entre ses mains. La méthode douce et compréhensive avait échoué. La méthode forte aussi. L’avantage de cette dernière, toutefois, c’est qu’il avait pu extérioriser cette tension qui ne faisait que croitre. Il aurait juré la faire réagir, quitte à déclencher une dispute. Mais non, mis à part une ébauche de surprise sur son visage, ce dernier n’avait montré aucune émotion. Il se sentait totalement dépassé. Peut-être avait-elle besoin de prendre l’air. Oui, ça devait être ça. Elle avait besoin de réfléchir, et quand elle reviendrait, elle lui parlerait ou ferait un effort. Mais ce jour-là, elle ne vint pas travailler et il n’eût pas de nouvelles du weekend.


Dernière édition par Chrissaez le Dim 26 Oct 2014 - 21:00, édité 2 fois

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Re: Prise de Conscience

Message  Chrissaez le Dim 26 Oct 2014 - 20:57

Chapitre 02 :

A peine arrivée dans sa chambre, Scully avait commandé son repas au room service. Une simple salade. Elle était assise à la contempler. Elle y avait à peine touché, si ce n’est pour séparer chaque feuille de salade les unes des autres. Son estomac se crispait devant le peu de nourriture qu’il avait pu accueillir ces derniers temps, mais son œsophage refusait tout passage.

Le dossier médical de Monsieur Smith était posé sur le lit. Elle le prit et commença à le feuilleter, renonçant définitivement à son repas.  Après en avoir pris connaissance intégralement, Scully sortit prendre l’air. Elle ne voulait pas rester enfermée une seconde de plus.  

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Quant à Mulder, il avait du mal à se concentrer sur les documents de l’enquête. Sur le chemin du retour, ils s’étaient arrêtés au commissariat. Le lieutenant Johnston les attendait. Ils ne s’étaient pas attardés, le lieutenant étant appelé sur une levée de corps. « Appelez-moi si vous avez la moindre question. » avait-il dit avant de quitter le bâtiment.
Mulder était allongé sur le lit de sa chambre d’hôtel. Il parcourait le dossier mais la seule image qui lui venait à l’esprit était le visage de son amie. Il se sentait mal. Il détestait la voir dans cet état. Il partageait sa peine et se sentait impuissant. Il se sentait d’autant plus désarmé qu’il ne connaissait pas la raison de son désarroi. Il aurait voulu qu’elle se confie. Il voulait être là pour la femme qu’il… Il ferma les yeux de longues secondes à cette pensée.

« Rester là à ruminer ne sert à rien ». Il se leva, alluma la télé et déplia le prospectus de restauration du motel.  Il grimaça en constatant le peu de choix et surtout le type de plat proposé. Enfin, Plat était un bien grand mot : deux salades, trois sandwiches… Il fallait en toucher deux mots au bureau. Certes, ils voulaient les pousser à bout, ils avaient été obligés de maintenir leur service ouvert et n’avaient pas vraiment pu empêcher leur réaffectation, mais un hôtel moins miteux aurait été le bienvenu. Il commanda un sandwich sans grande conviction. De toute façon, il n’avait pas très faim.

Trois coups à la porte le tirèrent de sa lecture du dossier. C’est au moment où le vieil homme lui tendit le sandwich qu’il l’aperçut. Elle se tenait dos à lui au milieu du parking quasiment vide. Il devina de par sa posture qu’elle regardait le ciel. Il finit par refermer la porte après un dernier regard.

Une demi-heure était passée. Mulder avait mangé puis s’était replongé dans la lecture du dossier. Il en était arrivé au bout rapidement. Le dossier ne comportait pas grand-chose : quelques interrogatoires, une rapide description des lieux. Il se leva pour prendre sa douche, et ne put empêcher son regard de se diriger vers la fenêtre. Malgré la noirceur de la nuit, le lampadaire l’aida à distinguer sa silhouette. Elle ne semblait pas avoir bougé. Elle semblait figée. C’est ce qui l’inquiéta et le poussa à mettre son blouson avant de la rejoindre.

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« Scully ? Qu’est-ce qui se passe ?»

Il n’avait pas pu s’en empêcher. C’était plus fort que lui. Il la voyait là, debout depuis plus d’une demie heure, à observer les étoiles. Elle n’avait pas bougé d’un pouce… Alors, il était sorti de sa chambre et avait foncé droit vers elle. Scully se retourna subitement, elle ne l’avait pas entendu arriver… Totalement déconnectée... Elle n’avait pas envie de répondre à cette question. Il le savait. Elle le savait. Alors pourquoi est-ce qu’il lui demandait quand même ?

« De quoi tu parles ? »

Mulder émit un petit rire devant autant de mauvaise foi, et Scully ferma les yeux un court instant.

« Ne joue pas à ça Scully… Je t’ai laissé du temps. Tu as refusé de me dire ce qui n’allait pas la dernière fois. J’ai accepté. Je pensais que tu avais besoin de temps et que tu me parlerais si tu en avais besoin. Mais ça fait deux semaines et tu n’es pas mieux. Je m’inquiète, que se passe-t-il ?

Elle ouvrit la bouche mais se ravisa. Elle ne voulait pas lui en parler. Comment lui expliquer à quel point elle se sentait perdue ? Comment lui expliquer pourquoi ? Non, elle ne le pouvait définitivement pas…

Elle commençait à partir quand il s’avança et posa sa main sur son avant-bras. Elle se retourna pour lui faire face, et leva les yeux vers lui. Ils étaient à quelques centimètres l’un de l’autre, leurs regards s’accrochèrent. Ce qu’il vit dans ses yeux lui fit justement peur car il n’y vit rien du tout. Il avait l’habitude de lire si bien ce visage. Il le connaissait par cœur.  Il pouvait en permanence dire ce que ressentait sa collègue rien qu’en posant ses yeux sur ce doux visage. Mais là, il ne voyait rien. Et il avait peur. Était-ce parce qu’elle ne ressentait rien ? Ou était-ce parce qu’elle arrivait enfin à lui cacher ses sentiments ? Avait-elle remis ce masque de froideur que Mulder avait réussi à lui ôter avec le temps ?

Flash-Back 3 :

Elle n’en croyait pas ses yeux : c’était comme si le sol se dérobait sous ses pieds. Ne pouvant plus observer ce spectacle une seconde de plus, elle fit demi-tour et les yeux pleins de larmes, elle retourna péniblement jusqu’à sa voiture.


Cette image reprit vie au moment où leurs regards se croisèrent.

Ils étaient dans sa chambre. Elle ignorait d’ailleurs qu’il en avait une. Mais à présent, elle en comprenait l’utilité et elle comprenait pourquoi elle ne l’avait jamais vue… Les gémissements qu’elle entendait ne laissaient place à aucun doute sur l’activité en cours. Elle aurait très bien pu s’arrêter là et faire demi-tour immédiatement, mais elle n’en fit rien. Elle était comme attirée par ce qu’elle entendait. Elle voulait voir. Elle voulait être sûre. Sûre que c’était bien lui.
Mulder était torse nu. Une femme en tenue extrêmement légère dans ses bras. Et pas n’importe laquelle : Diana Fowley. Elle s’accrochait à lui comme si sa vie en dépendait. Mais surtout, l’image qu’elle n’arrivait pas à effacer était celle de Mulder. Il se noyait totalement dans ce baiser fougueux et passionné. Comme s’il attendait ça depuis longtemps. Ses mains se baladaient sur le corps de l’intruse, avide de sentiments. Et c’est au moment où elle enroula ses jambes autour du bassin de son amant que Scully retrouva l’usage de son corps. Elle fit demi-tour et essaya de faire le moins de bruit possible. Elle ne vit pas Diana Fowley esquisser un léger sourire. Et elle ne les vit pas basculer sur le lit.


Il vit une lueur de tristesse passer dans le regard de Scully. Mais rapidement, elle revint à la réalité et se reconstitua son masque de froideur. Elle baissa les yeux sur la main de Mulder et attendit que celui-ci comprenne le message et la laisse partir. A contre cœur et sachant qu’une fois de plus, il n’aurait pas la réponse à ses questions, il desserra son étreinte et la regarda rentrer dans sa chambre d’hôtel.

Le téléphone de Mulder sonna et afficha un numéro de téléphone qu’il commençait à connaitre par cœur. Une fois de plus, il ne décrocha pas. Il savait ce qu’elle allait lui dire. Il savait également ce qu’il devait lui dire, mais il n’était pas sûr d’en avoir la force… Il laissa le téléphone sonner puis retourna à son tour dans sa chambre.

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Re: Prise de Conscience

Message  Chrissaez le Dim 26 Oct 2014 - 21:20

Chapitre 03 :

Scully avait vraiment besoin de prendre l’air... Après sa « discussion » avec Mulder, elle était retournée dans sa chambre, mais rapidement, elle avait eu l’impression d’étouffer. Elle était alors ressortie, et était partie en direction du centre-ville.

Elle marchait doucement, le regard fixé au loin. Elle ne croisait que peu de voitures sur cette route quasiment déserte et peu fréquentée. Quelques lampadaires étaient présents. L’un d’eux clignotait, renforçant l’aspect peu rassurant de cette rue. Elle n’était pas anxieuse à l’idée de se retrouver seule dans une rue peu éclairée et peu fréquentée. Justement, elle aurait été ravie de ressentir quelque chose. Si seulement elle pouvait enfin ressentir. Que ce soit de la peur, de la peine, de la colère, de la haine… Peu importe le sentiment, elle voulait ressentir. Pour faire face à ses émotions, à ses sentiments et se retrouver. Même si la souffrance devait en être le prix à payer.

Elle arriva rapidement sur la place principale. Les commerces étaient fermés, les bars étaient quasi déserts. Sans réfléchir, elle rentra dans l’un d’eux, celui qui lui paraissait le moins mal famé. Elle se dirigea vers le comptoir et s’assit. Elle n’était pas seule, une femme à peine plus agée qu’elle fixait son whisky. Scully pivota légèrement sa tête vers la droite et fixa la jeune femme Elle lui était familière, mais n’arrivait pas à savoir où elle l’avait vue. C’était une jeune femme élancée avec de beaux et longs cheveux blonds.

« Qu’est-ce que vous buvez ? »

Elle s’arrêta quelques instants dans sa contemplation et réfléchit quelques instants avant de répondre au serveur :

« Un verre de vin rouge s’il vous plait. »

Elle regarda de nouveau cette femme. Quelque chose la troublait. Elle semblait être en proie à un dilemme intérieur intense. Elle n’avait pas touché à son verre, mais semblait être là depuis un moment à en juger par le mouchoir qu’elle avait émietté.

« Vous êtes dans le programme depuis combien de temps ? »

La femme tourna vivement la tête vers Scully et l’interrogea du regard, visiblement troublée et surprise d’avoir ainsi été mise à nue.

« Excusez-moi, c’est indiscret. »

Scully se remit à attendre son verre, se maudissant d’avoir interféré dans la solitude que recherchait cette femme. Mais au-delà de son hésitation à boire ou non ce verre d’alcool, c’est justement cette solitude qui la touchait. Solitude qui faisait écho à la sienne. Elles étaient loin de se ressembler physiquement, mais elles avaient l’air d’être dans le même état d’esprit.

« 28 mois »

Scully releva la tête et enchaina :

« Quel que soit la raison pour laquelle vous êtes ici, elle ne vaut pas la peine que vous sacrifiez tous ces efforts. »

Scully ou l’hôpital qui se fout de la charité ! Elle adressait ce conseil à une femme alors qu’elle n’était même pas capable de l’appliquer elle-même.

« Je sais… Je n’arrive pas à me décider. »

Scully réceptionna son verre et y trempa les lèvres. Elle aimait le vin rouge. Elle s’était toujours dit que si par malheur, elle devenait alcoolique, elle boirait du vin rouge. Heureusement, elle n’en était jamais arrivée jusque-là.

« C’est à cause d’un homme… »

L’inconnue paraissait pensive, combattant l’envie de pleurer ou de crier.

« Comme toujours… »

Un petit sourire vint se dessiner brièvement sur les lèvres de l’inconnue avant de disparaitre aussi tôt.

« L’homme avec qui je vis vient de me quitter…. Il aurait des choses importantes à faire ! Des choses que je ne peux pas comprendre visiblement. Et il ne pourrait pas rester avec quelqu’un qui ne peut pas le comprendre. C’est ce qu’il m’a dit… »

Elle marqua une courte pause avant de reprendre :

« Seulement ce qu’il m’a dit est incroyable ! Je ne sais pas ce qu’il lui prend. Enlevé par des extraterrestres !! Vous vous rendez compte ?! "

Scully comprit à cet instant pourquoi cette femme lui était familière. Elle l’avait croisée dans le couloir de l’hôpital. C’était cette femme en pleurs…

« Et il aimerait que je le suive pendant qu’il raconte cette histoire au monde entier ?! Selon lui, il doit répandre le message… De quoi, je ne sais pas d’ailleurs ! C’est n’importe quoi… »

La fin de sa tirade mêlait tristesse et colère. Cette dernière retomba vite comme un soufflet et lâcha, lasse :

« Je ne sais pas quoi faire… »

Un silence intervint entre les deux jeunes femmes qui fixaient chacune leur verre à nouveau. La seule différence entre les deux était que celui de Scully était déjà à moitié vide.

« Et vous ? Qu’a fait votre homme ? »

Une femme qui se retrouve seule dans un bar serait-elle là uniquement à cause d’un homme ? Visiblement, oui…

« Comment savez-vous ? »

« Vous m’avez dit : Comme toujours… alors j’en ai conclu que vous étiez aussi ici à cause de votre amoureux. » Répondit-elle en souriant.

« Ce n’est pas… Nous ne sommes même pas ensemble. Nous sommes uniquement amis… »

« Mais vous aimeriez plus. »

Ce n’était pas une question. Juste une affirmation.

« Je ne sais pas…A vrai dire, je n’y avait jamais vraiment pensé. Je ne l’avais jamais envisagé sous cet angle… C’était un ami, peut-être le seul et le meilleur ami. Mais c’était tout… Et puis, je l’ai vu avec cette autre femme… Ma réaction m’a forcé à m’interroger sur la nature de mes sentiments. Et là, j’ai tout compris, je me suis pris la vérité en pleine face : j’étais amoureuse de cet homme…  Et… J’ai du mal à l’accepter… Ça me détruit... J’ai perdu tous mes repères, je ne sais pas quoi faire ou comment réagir. Je suis complètement paumée… »

Les deux femmes se regardèrent : tout était dit. Il n’y avait rien à ajouter. Elles avaient vidé leur sac face à l’oreille attentive d’une inconnue qui ne jugerait pas leurs propos. C’est ce dont elles avaient toutes les deux besoin. Et pour une fois, la vie leur avait facilité les choses.

« Vous avez raison. Je ne toucherai pas à ce verre. Merci… ? »

« Dana. »

« Moi c’est Sarah. »

« Merci Sarah. »

Elles se regardèrent avec tendresse, puis Sarah se leva de sa chaise et quitta le bar plus légère qu’en y entrant… Elle ne savait pas ce qu’elle devait faire mais elle était soulagée d’un poids. Jamais elle n’en n’aurait parlé à sa famille. Déjà qu’ils ne portaient pas Andrew dans leur cœur… Elle ferait ce qu’elle avait toujours fait. Elle attendrait que la crise se termine et qu’il revienne... Il était comme ça : impulsif et original. Et elle l’aimait comme ça. Même si, il fallait l’admettre, avec cette histoire d’extraterrestre, il battait tous les records !

Scully finit son verre, laissa de l’argent puis quitta à son tour le bar.

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Re: Prise de Conscience

Message  Chrissaez le Mer 28 Déc 2016 - 20:05

Chapitre 4 :

Scully marchait depuis presque un quart d’heure quand la pluie se mit à tomber. Les quelques gouttes laissèrent rapidement place à une belle averse. Elle fut très vite trempée. La simple veste en laine qu’elle portait était trop fine pour la protéger, elle cola très vite la peau de Scully. Ses cheveux mouillés tombèrent sur sa nuque. Elle se concentrait sur le froid s’insinuant à travers ses vêtements et elle le ressentait. Cette constatation lui fit beaucoup de bien. Elle commençait à se détendre et un sourire apparu sur ses lèvres. Elle avait l’impression qu’elle se réappropriait enfin son corps.

Son corps glacé mais détendu, elle repensa aux évènements de ces dernières semaines. Elle repensa à la trahison de Mulder car oui c’était une trahison pour elle. Sa tête avait beau lui dire que Mulder était célibataire et qu’il était normal qu’il ait une vie privée, son cœur lui disait tout le contraire. Mulder et elle s’appartenait, cela ne pouvait être autrement. Ils avaient passés trop de temps seuls tous les deux pour que ce soit sans conséquences. Et maintenant qu’il l’avait trahie, son cœur s’était fissuré et gelé. Les émotions étaient trop puissantes pour qu’elle puisse les supporter. Son corps et sa raison ne le pouvait pas. C’est pour cela que son cerveau s’était mis sur off. Bloquer toute émotion pour se protéger, comme oublier certains évènements traumatisants pour se protéger. L’organisme humain est bien fait. Ce soir, sous cette pluie, elle sentait que ses forces lui revenait petit à petit, elle allait enfin pouvoir combattre ce vide qui s’était emparé d’elle, affronter ses émotions et les combattre. Elle ne les subirait pas, du moins pas longtemps. Elle les combattrait avec force.

Sur le chemin, les larmes coulaient à mesure que ses émotions revenaient. Exprimer cette histoire face à cette inconnue l’avait en quelque sorte libérée (libéréeeee, délivréeeee……. Oups pardon). Elle ne pouvait plus se voiler la face et faire comme si cela n’existait pas. Et maintenant, la tristesse et la colère s’emparèrent d’elle tout à coup. Les larmes redoublèrent. Elle espérait ne croiser personne car elle n’était clairement pas belle à voir, elle se sentait misérable et pathétique.

Mulder et elle partageaient tellement de choses depuis toutes ces années. Ils n’avaient toujours été que lui et elle. Personne d’autre ne s’était immiscé dans leur relation. Du moins de manière durable. Jusqu’à Diana Fowley. Et Mulder l’avait laissé faire. Même plus, il avait couché avec elle. Une fois, plusieurs fois, elle ne le savait pas. Cette incertitude était pire que tout. Etait-ce un dérapage nocturne ou au contraire avait-il repris une relation plus sérieuse avec elle ? Au fond d’elle, elle ne pouvait s’empêcher de pencher pour la deuxième solution, son côté pessimiste ressortait sur ce terrain. Et c’était vraiment le pire d’admettre ça que le seul fait de penser à ce soir-là. Et dire qu’avant, tout allait bien pour elle... Ils étaient des collègues de travail, des amis célibataires flirtant de manière innocente. Elle s’évertuait à penser que ce n’était qu’un jeu tout ce qu’il y a de plus innocent. Après tout, c’est Mulder. Il est comme ça. Il flirterait avec n’importe quelle jolie fille. C’était ce qu’elle s’était toujours dit. Malheureusement pour elle, cette « soirée » fut le moment où ce qu’elle avait tenté de réfréner depuis des mois lui avait exploser en peine face. Elle comprit que ses sentiments ne s’arrêtaient pas à l’amitié. Que ses sentiments étaient bien plus forts. Elle était amoureuse. Cela ne lui était pas arrivé depuis tellement longtemps. La seule fois où elle avait véritablement été amoureuse, c’était du Dr Daniel Waterston à la fac. Le coup de foudre avait été immédiat. Alors qu’avec Mulder ça ne s’était pas passé de la même façon. Ce sentiment était venu si progressivement qu’elle ne s’en était pas même pas rendue compte. Et la vie faisait qu’elle s’en rendait compte au moment où elle le perdait. Les larmes redoublèrent à nouveau, brouillèrent sa vue, et elle posa sa tête contre la porte de sa chambre. Elle n’avait rien vu du chemin qu’elle avait parcourue trop accaparée par ses pensées. Elle rentra et fila sous la douche. Effondrée, elle se laissait aller à ses sentiments. Enfin...

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Le lendemain matin, Mulder remarqua un changement chez sa collègue. Elle était cernée, certes, mais ses yeux avaient retrouvé un éclat. Il était à la fois soulagé de ne plus la voir amorphe, en mode automatique, mais également triste car ce regard il le connaissait. Il l’avait déjà vu quelques fois. Il sourit car il savait que pourtant elle faisait de nombreux efforts pour lui cacher la vérité, à chaque fois. Mais dans ces rares moments, ses efforts étaient insuffisants. Et comme ces fois précédentes, ce regard reflétait la tristesse… Pourtant, il ne dit rien. Il ne fit aucune allusion au changement d’état de sa partenaire. Il ne fit aucune blague lorsqu’elle lui tenta de lui dire bonjour avec plus d’entrain en le regardant bien en face alors qu’elle savait pertinemment qu’il lisait en elle et qu’elle ne le tromperait pas si facilement, ni même quand elle se permit quelques sourires forcés au fil de la journée. Intérieurement, elle l’en remerciait. Elle prenait beaucoup sur elle pour tenir la ligne de conduite qu’elle s’était fixée au moment de s’endormir et elle n’était pas prête à dévier de sa trajectoire. Et répondre aux blagues de Mulder ou à ses interrogations l’aurait fait dévier de sa trajectoire et ça, ce ne faisait clairement pas parti de son programme.

Côté enquête, ils firent chou blanc ce jour-là. Après avoir poiroter une demi-heure devant le domicile de Monsieur Smith, ils contactèrent l’hôpital pour apprendre que la sortie était décalé de 24h… Ils avaient donc fait le tour du voisinage dans l’idée de recueillir des informations, mais cela ne fut pas du tout concluant. Ils n’avaient pas réussi à recueillir le moindre témoignage intéressant. Les voisins n’avaient rien vu, comme tout le monde d’ailleurs… Vers 15h, Mulder craqua.

« Si on rentrait au motel ? De toute façon, n’on apprendra rien de plus aujourd’hui. Et Monsieur Smith n’est autorisé à quitter l’hôpital et rentrer chez lui que demain matin. »

« Enfin, si ça ne change pas cette fois… »

Première tentative d’humour de Scully. Mulder la regarda avec plaisir. La voir blaguer avec un sourire en coin lui fit un bien fou. Bon, bien entendu, ce n’était pas la franche rigolade, mais c’était un début !

« Je trouve quand même que c’est étrange qu’ils le laissent sortir aussi vite… »

« Ils n’ont rien de vraiment concret pour le retenir. Il n’est pas une menace. »

« Tu as raison, rentrons, je suis fatiguée. »

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Scully tournait en rond dans sa chambre. Elle était au bord des larmes mais refusait de les laisser couler. Elle ne savait pas quelle attitude adopter. Si seulement, elle pouvait être à Washington, une veille de week-end… Pourquoi devait-elle gérer toutes ses émotions en plein milieu d’une enquête ? L’après-midi avait été extrêmement longue, elle n’arrivait pas à s’occuper l’esprit. L’enquête l’ennuyait au possible, ils n’avaient rien, et elle n’était pas d’humeur à regarder la télé. Elle ne faisait que cogiter, à son grand désespoir… Puis, elle prit une décision ; bien décidée à détendre l’atmosphère avec Mulder quitte à refouler ses sentiments. Elle sortit et se dirigea vers sa chambre. Elle frappa à la porte de son collègue et attendit. Pas de réponse…

Elle décida toutefois de s’assoir sur le palier et de l’attendre. Elle s’alluma une cigarette. Puis une deuxième. Elle savait que ce n’était pas bien, mais elle avait racheté quelques paquets ces dernières semaines, tentant de se convaincre que ce n’était que temporaire. Elle avait fumé pendant les périodes de stress durant ses études et elle avait toujours réussie à arrêter facilement. Cette fois encore, ce serait le cas. Son regard se perdit dans le vague. La nicotine faisait son effet, elle se sentait légèrement partir, son cerveau s’embrumait. En face d’elle, quelques voitures passaient de temps à autre.

Elle remarqua à peine lorsqu’il s’assit à côté d’elle. Si la fumée de sa cigarette n’avait pas vacillé, elle n’aurait rien remarqué. Mulder lui prit la cigarette des mains et l’écrasa par terre. Scully sortit de sa torpeur mais ne leva pas les yeux pour autant. Scully sentit son cœur se déchirer encore une fois. Cette vision d’elle lui était insupportable.

« Qu’est-ce qui ne va pas Scully ? »

Il glissa une mèche de ses cheveux entre ses doigts et la ramena délicatement vers son oreille.

« Je suis désolée pour hier… Pour l’interrogatoire… »

Mulder hocha lentement la tête.

« Je sais… »

Il ramena sa tête contre lui et déposa un long baiser sur sa tempe. Il ferma les yeux un moment comme pour se convaincre que tout irait bien.

« Si tu veux rentrer chez toi, je peux continuer seul. »

Ça va aller Mulder. »

« Tu dis tout le temps ça mais je vois bien que ce n’est pas le cas. »

« J’ai besoin de travailler… »

Elle tentait de s’en convaincre. Elle ne voulait pas abandonner. Elle devait faire son travail peu importe ses convenances personnelles.

Mulder laissa passer quelques secondes, quelques minutes peut-être. Il la sentait pour la première fois depuis longtemps. Il prit sa main dans la sienne et la serra tout en continuant de la contempler l’air soucieux.  Ces contacts physiques et par conséquent émotionnels lui manquait. Il n’avait jamais compris pourquoi c’était si fort entre eux. Pourquoi un simple effleurement de main ou une simple accolade lui faisait ressentir autant d’émotions ? Avec Diana, c’était différent. Il n’aurait jamais dû se laisser aller la dernière fois. Ce n’était pas la solution. Ce n’était pas ce qu’il voulait au fond…

Il glissa ses doigts sous son menton et le força doucement à poser son regard sur lui.

« Pourquoi ne veux-tu pas me dire ce qu’il se passe ? »

« Parce que… Parce que je ne sais pas ce qu’il m’arrive… Je ne me reconnais plus. Et j’ai besoin d’affronter ça toute seule, de m’en sortir seule. C’est important. »

Elle baissa les yeux et finit par poser son front contre l’épaule de son collègue. Mulder l’entoura de ses bras et ils restèrent ainsi.

« Et j’ai besoin de travailler pour me retrouver. Pour être de nouveau moi. »

Mulder la libéra de son emprise, prit sa tête entre ses mains et ancra ses yeux dans les siens.

« Tout ce que je veux, c’est que tu ailles bien. Je ferai n’importe quoi pour ça… Si tu ne vas pas bien, je ne vais pas bien. Tu es la personne la plus importante dans ma vie, j’espère que tu le sais. »

Il posa son front contre le sien. Il avait besoin de la sentir tout contre lui. De sentir qu’il ne la perdrait pas. Qu’elle resterait auprès de lui et ne partirait jamais. Il avait besoin d’elle. Elle donnait un sens à sa vie. Il avait enfin trouvé la personne pour qui il serait prêt à mourir, hormis sa sœur. Il donnerait sa vie si ça pouvait lui assurer le bonheur.  Mulder sentit un vieux sentiment s’immiscer en lui. Une tension qu’il avait déjà ressenti quelques mois auparavant, dans ce couloir. Il y pensait chaque fois qu’il sortait de chez lui. Cette tension était de nouveau présente. Il aurait tellement voulu l’embrasser à ce moment précis… Mais il ne voulait pas profiter de sa situation. Elle était tellement perdue. Et il ne voulait pas qu’elle fasse quelque chose qu’elle pourrait lui reprocher et qui pourrait se mettre entre eux. Avant de faire quelque chose qu’il pourrait regretter, il lui donna un baiser sur le front puis se leva.

« Tu devrai rentrer te mettre au chaud. »

Scully resta dans la même position quelques instants, puis finit par prendre la main que Mulder lui tendait.
Alors que Scully se dirigeait vers sa chambre, elle fut arrêtée dans son élan.

« Et jettes moi ces cigarettes. »

Scully ne se retourna pas, elle se contenta de sourire. Mulder également...

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Re: Prise de Conscience

Message  Chrissaez le Dim 1 Jan 2017 - 22:55

Chapitre 5 :

A peine rentré dans sa chambre, le téléphone cellulaire de Mulder sonna.
« Diana… »
Après quelques secondes d’hésitation, il se décida à répondre. Après tout, il ne pouvait pas l’éviter éternellement.

« Mulder »

« Salut Fox ! Dis-moi, tu n’es pas très facile à joindre ces temps-ci. »

« Je suis assez occupé avec mon retour aux affaires non classés. »

« Bien sûr… Dis plutôt que tu m’évites depuis l’autre nuit. »

Et voilà. La discussion qui devait avoir lieu et qu’il avait réussi à décaler depuis plus de deux semaines était en face de lui. Ou plutôt à travers son téléphone.

« Ecoutes Diana. Je ne regrette pas ce qu’il s’est passé, mais je n’ai pas envie de continuer. Toi et moi, ça s’est terminé le jour où tu as quitté les affaires non classées. »

« Tu veux bien arrêter avec ça ? Je t’ai expliqué, Fox. Je suis désolée de la façon dont ça s’est terminé entre nous, j’ai merdé. Et aujourd’hui je me rends compte à quel point. J’ai toujours des sentiments pour toi et je suis sûr que ça peut marcher nous deux. Si seulement tu pouvais passer au-dessus du passé, tu le verrai toi aussi. »

« … »

Mulder posa sa main à la racine de son nez et se massa. Il pourrait, oui. Il pourrait le voir et envisager de repartir sur de nouvelles bases avec elle. Mais il y avait Scully.

« Ecoutes Diana, on en reparlera à mon retour sur Washington. »

« Parfait, tiens-moi au courant. Ne fais pas le mort, je saurai te retrouver. »

Sa dernière pointe d’humour conclut la conversation et Mulder raccrocha. Il bascula sur le lit, le regard fixant le plafond. Reculer pour mieux sauter… Pourquoi ne l’avait-il pas envoyé balader dès ce soir au téléphone ? Il ne devrait pas la revoir, il avait peur de craquer de nouveau… Si seulement Scully pouvait lui envoyer un signe… Parfois il avait l’impression qu’elle ressentait les mêmes sentiments que lui, qu’elle l’aimait. Mais elle se refermait rapidement sur elle-même et en l’espace d’un instant, il se dit qu’il l’avait peut-être rêvé. Malheureusement pour lui, l’état actuel du moral de Scully ne lui permettait pas de tenter une approche afin de la sonder. Ce n’était pas le bon moment. Dieu qu’il était lâche !  Vouloir à tout prix un signe positif ou négatif de Scully pour prendre sa décision vis-à-vis de Diana était lâche et pathétique. Mais il en avait marre de ces longues soirées en solitaire. D’accord il s’en accommodait, mais une vraie personne à ses côtés, c’est toujours mieux. Et si Scully ne pouvait pas lui offrir ça, il avait le droit de se tourner vers quelqu’un d’autre…

Tout à coup, Mulder réalisa.
Diana et lui avait couché ensemble chez lui il y a une vingtaine de jours environ. Et Scully était mal depuis… une vingtaine de jours également. Et si ça avait un lien ? Comment l’avait-elle appris ?

« Tu délires mon pauvre, c’est impossible. »

Pourtant, il ne put s’empêcher d’y voir un lien… Il se releva et pris sa douche. Cela expliquerait tellement de choses. Pourquoi elle refusait de lui parler, pourquoi elle avait instauré une telle distance entre eux. Ça collerait parfaitement. Mulder se sentit un bref instant soulagé. Si Scully était si mal, c’est qu’elle était amoureuse de lui, sans ça, elle n’aurait jamais été touchée à ce point. Mais ce soulagement fit rapidement place à l’angoisse. Et s’il avait tout gâché avec elle ? Si elle ne lui refaisait plus confiance avec ça ? Sa confiance était le plus important à leurs yeux, c’était le pilier de leur relation.

Il allait falloir qu’il trouve un moyen de lui parler. Il ne savait juste pas comment. Scully était particulièrement difficile d’accès quand le sujet devenait trop émotionnel, trop personnel. Et il ne devra surtout pas la brusquer. Il allait devoir faire preuve de diplomatie car c’était peut-être sa seule chance…

Inutile de préciser qu’il ne dormit quasiment pas cette nuit-là, imaginant mille et une situations différentes, mille et une réactions différentes…

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Scully de son côté avait plutôt bien dormi. Elle se sentait nettement plus reposée. Sa discussion avec Mulder lui avait fait du bien. Elle essaya de se concentrer là-dessus, sans penser au passé. Il était là pour elle et les mots qu’ils avaient employés lui avait réchauffé le cœur : « Tu es la personne la plus importante dans ma vie, j’espère que tu le sais » Comment ne pas le croire quand il disait ça et avec ce regard, ce ton dans la voix ? Elle aimerait tant y croire… En fait, elle y croyait mais avait du mal à concilier les deux informations : Fowley et cette phrase. Après tout, peut-être que ce n’était qu’un dérapage d’une nuit ? Ou au contraire, peut-être qu’elle mélangeait tout… Argggh !!!! Il fallait qu’elle arrête ! Se triturer les méninges comme ça de bon matin n’allait rien donner hormis un mal de crane pour le reste de la journée !

Elle sortit de la chambre et le vit à côté de la voiture de location. Scully regarda sa montre 8h53. Elle était pourtant à l’heure… Elle s’approcha tout doucement de lui, et après une profonde inspiration, elle dit :

« Tu es en avance. »

Il se retourna vers elle et la salua à son tour tandis qu’il se rassurait, elle allait mieux. Ou en tout cas, elle s’était secouée. Il y avait moins de tristesse dans ses iris, moins de tristesse ou de contrôle dans sa voix. Elle redevenait la Scully qu’il connaissait et admirait. Elle se battait. Quel que soit la raison contre quoi elle se battait. Et Mulder allait s’employer à découvrir cette raison. Il devait savoir s’il en était la cause ou non, en espérant qu’il s’était trompé sur toute la ligne la veille…

Ils montèrent dans la voiture puis se dirigèrent vers les lieux du supposé enlèvement. Dans la voiture, Scully contacta Monsieur Smith pour s’assurer que cette fois-ci, il ne leur ferait pas faux bon. Il était en route vers sa maison.

« On évitera de dire au bureau nos horaires de travail car entre hier où on a terminé à 15h et aujourd’hui, où on ne
peut que commencer à 9h, ils vont vraiment croire qu’on est payé à ne rien faire. »

« De toute façon, ils le pensent déjà… Mais je te confirme, on restera flou sur ces détails. »

Mulder gara la voiture devant le domicile de Monsieur Smith au moment où une certaine jeune femme sortait de la petite maison.  Scully la reconnue immédiatement et elle décida de s’attarder dans la voiture, elle ne voulait pas être reconnue.  Son escapade ne devait avoir aucune répercussion sur le travail. Mulder ne devait pas le savoir. Il ne devait rien savoir. Rien de plus que ce qu’il savait déjà  en tout cas.

La jeune femme monta rapidement dans une voiture puis démarra, permettant à Scully de sortir et de rejoindre Mulder sur le perron, sans que celui-ci ne se doute de quoi que ce soit. A peine fut-elle arrivée que la porte s’ouvrit.

« Je vous attendais agent Mulder. »

Monsieur Smith regarda à peine Scully, apparemment toujours vexé de son inintérêt manifeste lors de leur précédent entretien. Il les dirigea vers la chambre du premier étage.

« J’étais ici cette nuit-là, ma femme était chez une amie. Je venais de me coucher et ça s’est passé. Une lueur vive venue de l’extérieur et illuminant la pièce. Je me suis levée, je me suis rapprochée de la fenêtre puis plus rien… Je me suis senti partir. »

Mulder inspecta les lieux à la recherche d’un quelconque indice, sans succès. Quant à Scully, elle s’attardait sur un cadre posé sur la table de nuit.  Elle représentait un couple : un jeune homme et une jeune femme enlacés et souriant. Rien à voir avec la femme rencontrée deux jours plus tôt. Elle fut triste pour elle, elle espérait que cette histoire s’arrange. Qu’au moins l’une d’elle soit pleinement heureuse…

Scully inspecta également la chambre, sans succès, puis le trio descendit pour voir le salon où il était censé avoir réapparu. Toujours rien.

« La police a mené l’enquête ici ? »

« Oui mais ils n’ont pas cherché longtemps ; Ils sont très vite repartis. » dit-il d’un air dédaigneux.

Au bout d’une heure de recherche, Mulder n’avait recueilli que quelques éléments, qui ne leur révéleraient probablement rien en raison de l’absence de gel des lieux. La seule chance qu’il espérait mettre en évidence était un taux de radioactivité inhabituelle ou autre chose sortant de l’ordinaire. Sans ça, il ne voyait vraiment pas comment il pourrait résoudre l’enquête.

« Je m’occupe d’apporter ça au labo. Il y en a un pas très loin. Je devrai y être en une heure à peine. Je te tiens au courant si l’on trouve quelque chose. »

« Très bien. Merci Scully. »

Scully adressa un petit sourire à Monsieur Smith en guise d’au revoir, mais il ne se dérida pas vraiment. Il répondit à peine à son sourire mais uniquement par politesse. Mulder, quant à lui, resta avec lui afin d’en savoir un peu plus sur son histoire…

Chrissaez
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Re: Prise de Conscience

Message  Chrissaez le Lun 16 Jan 2017 - 19:20

Chapitre 06 :

Flash-back 4 :

Mulder était heureux. Ils allaient enfin réintégrer leur bureau lundi. Il avait un peu de peine pour Diana car elle allait devoir quitter le bureau des affaires non classées et il savait qu’elle aimait ce poste. Elle le lui avait bien prouvé durant leur année de partenariat.  Malgré les quelques doutes que Scully avait immiscé en lui, il était persuadé que Diana n’agissait que dans son intérêt, même si des choses le troublait. Que faisait le fumeur chez elle par exemple ? Comment savait-elle pour le rendez-vous ? Il ne l’aurait jamais admis à voix haute et encore moins devant Scully, mais oui, il y avait des zones d’ombre. Pourtant il ne l’imaginait pas agir contre lui, c’était juste impossible. C’était Diana. Après tout ce qu’ils avaient vécu ensemble, il savait qu’il pouvait lui faire confiance. C’est une femme bien, comme il en avait rarement rencontré. Elle était toujours optimiste, elle allait toujours au bout des choses, et elle était ouverte aux mêmes possibilités que lui. Il était très rapidement tombé sous son charme. Ils s’étaient rencontrés au FBI et quand il avait découvert les affaires non classées, ils avaient commencé leur collaboration. Ils s’étaient vite rapprochés et étaient tombés amoureux. Leur relation était fusionnelle, passionnée dès le début. Mais la chute avait été par conséquent brutale. Elle avait demandé sa mutation, et il n’en avait jamais su la raison. Pourquoi tout ce mystère là-dessus ?

« Toc toc toc »

Surpris, il se leva de son éternel canapé et allla ouvrir.

« Diana, que fais-tu là ? »

« Je peux entrer ? »

« Bien sûr »

Mulder se retourna et la laissa entrer derrière lui. Fowley repoussa la porte mais elle resta légèrement entre-ouverte. Elle rejoignit Mulder et s’assit à côté de lui.

« Je voulais te féliciter pour ta ré-affectation aux affaires non classées »

« Diana, je… »

« Non, c’est sincère. Je sais à quel point c’est important pour toi. Et c’est bien que toi et l’agent Scully reprenaient les rênes. Spencer était assez difficile à motiver… »

« Je me doute. »

Ils rirent légèrement à ce constat. Puis le silence se fit. Diana semblait chercher ses mots et il se contentait d’attendre qu’elle lui dise ce pour quoi elle était venue.

« Ecoutes Fox, je sais que tu es passé à autre chose, que toi et moi c’est fini et que c’est ma faute, mais je me disais que peut-être… tout n’était pas perdu… »

Sur le coup, Mulder ne réagit pas, il se contenta de la regarder dans les yeux. Elle était sincère. Elle l’aimait toujours, ça se voyait comme le nez au milieu de la figure. Et lui, il était nostalgique de l’époque où ils s’étaient aimés.

Brusquement, il se leva et fit quelques pas. Il lui faisait toujours dos, quand elle se leva et se posta derrière lui. Elle savait qu’il était en plein dilemme. Pour la première fois depuis son retour, elle sentait qu’elle pouvait le faire craquer. C’était ce soir ou jamais. Elle posa une main sur son épaule pour l’inciter à se retourner. Quand leurs yeux se rencontrèrent, ils étaient troublés. Diana posa ses mains sur son torse et les remonta doucement, sensuellement.

« Fox… Je t’aime.»

Mulder semblait hypnotisé. Tous les sentiments qu’il avait ressenti pour cette femme ressurgirent dans son esprit. Il ne pouvait pas les ignorer. Il ne pouvait pas ignorer leur passé. Et en cet instant, il n’y avait rien d’autre qu’eux. Mulder ne pensait plus à rien d’autre. Tout ce qu’il voyait c’était elle. Il ne pensait plus aux affaires non classées, à sa sœur ou à Scully. Bien qu’il savait que ce n’était pas une bonne idée, il se laissa tenter. Elle faisait renaitre en lui des sensations qu’il n’avait pas éprouvé depuis longtemps. Lorsque Mulder sentit son souffle près de ses lèvres, tout contrôle le quitta. Il l’embrassa passionnément et rapidement, ils se dirigèrent vers sa chambre…


Lorsque Mulder ouvrit les yeux, Diana était blottie contre lui, la tête reposant dans son cou. Il se sentait bien, ça faisait tellement longtemps que son activité sexuelle se résumait à une activité en solitaire qu’il avait presque oublié à quel point c’était agréable d’être deux pour ces activités…  Il essaya de se défaire de son étreinte mais Diana se réveilla.

« Bonjour »

« Bonjour »

Elle l’embrassa doucement.
Il se sentait bien. Il avait passé une nuit comme il n’en avait pas passé depuis longtemps et en plus de ça, il avait récupéré les affaires non classées. Lundi il retournerait au travail et Scully... Il se raidit tout à coup et elle le sentit instantanément.

« Qu’est-ce qu’il se passe ? »

« Rien… Je vais prendre une douche. » Il se leva rapidement et alla s’enfermer dans la salle de bains.  Mon dieu, qu’avait-il fait ? Scully… Il n’y avait pas pensé une seule seconde. Il eut du mal à se regarder dans le miroir. Il se sentait terriblement mal. Il culpabilisait. Si elle l’apprenait… Il savait qu’il n’avait rien fait de mal au fond. Scully et lui était amis, rien de plus. Il n’avait aucun compte à lui rendre, pourtant il se sentait mal. D’autant plus sachant l’aversion et la méfiance que Scully portait à cette femme. Il prit sa douche, priant pour Diana soit partie, mais c’était mal la connaitre.

Quand il sortit de la salle de bain, elle n’était plus dans la chambre. Elle était dans la cuisine, préparant le café. Quand elle s’approcha de lui, elle vit que quelque chose le tracassait mais elle préféra faire comme si elle n’avait rien vu. Elle s’approcha de lui et l’embrassa.

« J’ai préparé du café. »

« Merci. »

Ils s’installèrent à la table et Diana commença à parler de banalités. Mulder tentait de lui répondre mais ses réponses étaient succinctes. Tout à coup, il ne se sentait pas à sa place. Qu’est-ce qu’elle essayait de faire ? Lui faire croire qu’ils pourraient recoller les morceaux et retrouver leur complicité juste comme ça ? Ce n’était pas possible alors que ses pensées étaient dirigées vers Scully ce matin. Une fois leur café bu, Mulder prétexta des choses à faire pour qu’elle s’en aille. Vexée, mais ne voulant pas le montrer, elle se plia à sa demande après un dernier baiser, en espérant qu’il avait juste besoin d’un peu de temps.


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Mulder repensait à cette soirée, il la tournait en boucle dans sa tête… Il avait vite compris que c’était une erreur et ne l’avait pas recontacté, espérant qu’elle saisisse le message. Mais il allait devoir l’affronter et mettre les choses à plat avec elle. Leur nuit avait été une bouffée d’oxygène mais ça n’était que ça. Ça ne se reproduirait plus. Il ne pouvait pas se le permettre. Ça devait rester une erreur.

Vers 23h passé, Scully toqua à sa porte. Il se leva et lui ouvrit la porte. Elle rentra dans sa chambre, se retourna et lui
tendit un papier.

« Rien du tout, Mulder. Le labo n’a strictement rien détecté…  Si tu veux mon avis, cette histoire n’a rien à voir avec un phénomène extraterrestre. Ce type nous fait juste une bouffée délirante aiguë ou une schizophrénie. Il faudrait vraiment qu’il se fasse soigner. »

Mulder lu le document tout en s’asseyant sur son lit.

« Je crois que tu as raison. En tout cas, nous n’avons rien qui puisse étayer ses suppositions… Pfff. Comme première enquête, on peut dire que c’est raté ! »

« Je sais que tu es déçu Mulder mais je ne m’inquiète pas. La prochaine sera plus intéressante. »

Ils se regardèrent quelques instants, retrouvant une complicité et oubliant tout ce qu’ils se passaient dernièrement.

« Tu as raison. »

« Comme toujours. »

Cette dernière réplique dit dans un sourire à peine dissimulé, fit rire Mulder.

« Mais bien sûr, on en reparle à la prochaine enquête. »

Ils se sourirent puis Scully se retourna pour repartir en direction de sa chambre. Elle était fatiguée. Au moment où elle posa sa main sur la poignée, Mulder s’était rapproché et lui pris la main.

« Je suis content de te voir comme ça… Tu m’as manqué. »

Scully le fixa dans les yeux, incapable de réagir. Un voile de tristesse repassa dans ses yeux, et Mulder s’en voulu un peu d’avoir remis le sujet sur le tapis. Elle se contenta de lui adresser un faible sourire et de se détacher le plus vite possible de lui. Elle ne supportait pas cette proximité, sa main dans la sienne. C’était trop tôt.

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Le lendemain, Mulder et Scully partirent voir Monsieur Smith. Lorsque la porte s’ouvrit, c’était Sarah qui leur fit face. A la vue de l’agent Scully, une lueur d’étonnement passa sur le visage de la jeune femme. Scully se dépêchât de prendre les devants.

« Nous sommes les agents Scully et Mulder du FBI. Nous venons voir monsieur Smith. »

« Il est sorti. »

« Vous êtes sa compagne ? » Mulder avait pris la parole.

« Oui. »

« Pouvons-nous vous parler ? »

« Bien sûr, entrez. »

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« Vous voulez un café ? »

« Non merci, ça ira. »

« Avez-vous trouvé quelque chose ? »

« Non, mademoiselle. Il n’y a aucun élément qui nous laisse penser que ce qu’il dit se soit réellement passé… »

« J’en étais sûre… »

« Ecoutez, il ne ment pas. Je suis docteur en médecine et je pense qu’il souffre de schizophrénie. »

« Mais il allait bien jusque-là. »

« La schizophrénie se développe sans crier gare. C’est une maladie qui survient sans prévenir chez quelqu’un qui allait très bien auparavant. Mais il y a des traitements efficaces, qui permettent aux personnes atteintes de vivre une vie complètement normale. Il faut à tout prix qu’il accepte de se faire soigner. »

« Il refusera… »

« Alors il va falloir que vous le convainquiez… »

« Comment ? »

« Ecoutez, vous avez raison, il y a peu de chances qu’il accepte le traitement de lui-même tant qu’il sera dans son
délire. C’est pour cela qu’il faudrait que vous demandiez une hospitalisation. Vous êtes en mesure de le faire. A l’hôpital, il sera traité le temps de retrouver toutes ses capacités. Là seulement, il pourra prendre son traitement de lui-même. »

« Bien, c’est d’accord. Je pense que c’est la meilleure solution. »

« Vous devriez contacter son médecin traitant afin qu’il vous aide dans les démarches. »

« Est-ce que vous voulez qu’on lui parle ? »

« Non, je vous remercie mais ça risque de le mettre en colère et j’ai peur qu’il s’en aille si vous lui dites que vous ne le croyez pas. Il vaut mieux que je m’en occupe. Je vais aller voir son médecin dès maintenant. Je ne veux pas lui laisser l’opportunité de disparaitre dans la nature quand il aura compris ce que je m’apprête à faire. »

Malgré sa peine et son anxiété, Sarah était soulagée. Cette situation n’allait pas durer éternellement. Bientôt elle retrouverait son homme. Elle devait juste agir vite.

« Bien, nous allons vous laisser. »

« Merci de votre aide. »

Après un regard entendu, tous les trois se levèrent et se dirigèrent vers la porte. Mulder lui serra la main et sortit. Dès que Mulder avait passé la porte, Sarah arrêta Scully dans sa poignée de main et lui demanda tout bas.

« C’est lui ? »

Scully se contenta d’esquisser un sourire et de rougir. Elles se regardèrent d’un air entendu. Scully n’avait pas besoin de formuler quoi que ce soit. Son silence le faisait pour elle.

« Très bon choix. »

Le sourire s’agrandit encore plus, amusée par cette remarque, très véridique. Son partenaire avait beaucoup de charme, elle aussi l’avait immédiatement remarqué lors de leur première rencontre.

« Bon courage, Sarah. Je suis sûre que tout se passera bien. »

« J’espère que pour vous aussi. »

Scully se referma un peu et après un dernier sourire, elle quitta les lieux.

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Re: Prise de Conscience

Message  Chrissaez le Dim 22 Jan 2017 - 22:03

Chapitre 07 :

« Scully, tu viens ? »

« Oui j’arrive. »

Ils montèrent dans la voiture et prirent de nouveau la direction de leur motel afin de récupérer leur affaire pour rentrer sur Washington.

« J’appelle Skinner pour lui dire qu’on rentre et qu’on passe le voir pour le débrief. »

Scully appela son supérieur pour l’informer qu’ils seraient bientôt de retour et qu’ils passeraient à son bureau dans l’après-midi. Après avoir raccrocher, elle tenta de se concentrer sur autre chose que l’homme assis côté conducteur et aux derniers évènements. Cette affaire avait été intense. Pas l’affaire en soit bien évidemment qui était d’une simplicité enfantine, mais sur tous les à-côtés. Heureusement d’ailleurs que cette enquête n’était pas éprouvante car sinon, elle ne sait pas comment elle aurait réussi à gérer. Décidément cette histoire lui avait fait perdre toute raison et tout contrôle. Comment avait-elle pu en arriver là ? Se mettre dans cet état pour un homme… Ça ne lui était pas arrivé depuis l’échec cuisant de sa relation avec Daniel. La différence par rapport à sa relation avec Mulder, c’est que dans le cas de Daniel elle s’était attendu à un échec. Il était marié, c’était inévitable. Alors que pour Mulder, elle s’était tout pris dans la tête d’un coup : ses sentiments refoulés et dans le même temps la trahison de Mulder. Elle se languissait de rentrer au plus vite chez elle. Avec un peu de chance, elle y serait pour 18h – 18h30 et pourrait aller se prélasser dans un bon bain chaud et se remettre de ses émotions.

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Le reste du trajet se fit en silence. Ils arrivèrent aux bureaux du FBI en début d’après-midi. Skinner les fit patienter une trentaine de minutes avant de les recevoir dans son bureau.

« Bien, alors qu’en est-il de cet enquête ? »

« Disons que nous remontons notre taux d’élucidation… »

La réponse de Mulder était sarcastique, le regard de Skinner lui se fit interrogatif. Scully, ne voulant pas passer son après-midi à jouer à ce jeu-là, prit les choses en main.

« Monsieur Smith n’a pas été enlevé par des extraterrestres. Il est juste schizophrène. Nous ne savons pas exactement ce qu’il a fait pendant ces huit jours, mais une chose est sûre, ce ne sont pas les extraterrestres qui sont derrière tout ça. Cet amnésie fait partie de son délire. Ça le conforte là-dedans. Nous avons discuté avec sa compagne. Elle va s’occuper de la faire hospitaliser afin de le soigner. J’appellerai dans quelques jours pour voir si tout se passe bien. »

« Bien. Agent Scully, agent Mulder. Je vous laisse rédiger votre rapport et me le remettre d’ici la fin de la semaine. Cette affaire est close. »

Les deux agents se dirigèrent vers l’ascenseur. Mulder appuya sur le bouton du sous-sol tandis que Scully appuya sur celui du rez-de-chaussée.

« Tu repars ? »

« Oui, j’ai envie de rentrer chez moi. Et vu l’heure, il ne risque pas d’y avoir d’autres enquêtes d’ici ce soir alors… »

« OK je te ramène. »

« Ecoutes tu n’es pas obligé, je peux me débrouiller. »

« Je sais mais en fait tu as raison, ça me fera du bien aussi de rentrer me reposer. »

Scully ne put s’empêcher d’esquisser un petit sourire moqueur et interrogatif. Mulder haussa les épaules, et rentra dans son jeu.

« Bah oui, tout arrive ! »

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Au moment de s’installer dans la voiture de Mulder, le téléphone de ce dernier se mit à sonner. Ce numéro, il commençait à le connaitre vraiment par cœur… Il l’éteignit et le remis rapidement dans sa poche. Scully s’était figé devant se spectacle. Mais malgré le coup de poignard qu’elle ressentit, elle ne put s’empêcher de le provoquer.

« Tu ne réponds pas ? »

« Non, ce n’est pas important. »

Scully tentait de le regarder dans les yeux mais il fuyait délibérément son regard. Il était gêné. Il mentait très mal... Elle ne savait pas pourquoi elle continua à parler, mais elle le fit.

« Comment peux-tu le savoir sans répondre ? Tu as quelque chose à cacher ? »

Mulder releva la tête et ancra ses yeux dans les siens. Ceux de Scully étaient durs et plein de défis sans qu’elle ne puisse les contrôler. Ils se fixèrent quelques secondes ou quelques minutes, ils ne purent le dire et peu importe !

« Non. »

Ils se défièrent du regard en tentant de savoir ce que pensait l’autre et lequel craquerait en premier dans cet échange visuel clairement hostile.

« Bon allez on y va. »

Mulder avait craqué, il avait baissé les yeux devant le regard perçant de sa partenaire, et mit le contact pour se donner une contenance. Scully reporta son regard droit devant elle, surprise mais pas peu fière de son attitude. Elle ne savait pas ce qui lui avait pris, mais elle avait laissé la colère l’envahir, et n’avait pas pu s’en empêcher. Qu’il oublie de lui parler de certaines choses passe encore, mais qu’il lui mente en la regardant droit dans les yeux lui était insupportable !

Mulder gara la voiture devant l’immeuble de Scully et sans prendre la peine de le saluer ou même de le remercier, elle sortit de la voiture, récupéra sa valise et partit en direction de son appartement.  Elle était en colère et n’arrivait pas à se calmer. Elle avait l’impression que la tempête faisant rage en elle n’arrivait pas à atteindre le point culminant, et qu’elle continuait de monter…

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Mulder arriva enfin chez lui, et c’est las qu’il déposa ses affaires dans l’entrée et s’avachit sur son canapé. C’était les montagnes russes dans sa vie en ce moment. Entre sa nuit avec Diana et sa relation avec Scully, il était fatigué. Et il ne pouvait blâmer que lui-même… Sa dernière confrontation avec Scully lui avait confirmer que son hypothèse était juste. Malheureusement pour lui, Scully savait… Comment, il n’en avait aucune idée, mais elle savait. Le regard qu’elle lui avait lancé…  Elle n’avait jamais été aussi dure et froide avec lui. Même lorsqu’ils se disputaient dans le cadre de leurs enquêtes ou même lors de leur confrontation concernant Diana chez les trois compères, elle n’avait jamais été aussi en colère. Il alluma la télévision et tenta de se changer les idées, mais il voyait les images défiler sans les voir. Après avoir cogité suffisamment longtemps, il prit son courage à deux mains et se saisit de son téléphone.

« Diana, c’est moi. Est-ce qu’on peut se voir ce soir ? »

« Bien sûr. Tu n’as qu’à passer à mon appartement, je rentre d’ici une petite demie heure. »

« Ok. A tout à l’heure. »

Mulder s’était montré très froid avec elle et elle savait que cela n’annonçait rien de bon. Cette soirée n’allait pas s’éterniser…

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Diana Fowley laissa entrer Mulder dans son appartement sans une pointe d’angoisse.

« Tu veux boire quelque chose ? »

« Non, je ne reste pas… »

Les deux restèrent face à face, mal à l’aise, mais Diana tenta une dernière fis sa chance.

« Ecoutes Fox, je sais que c’est soudain. Mais ça peut marcher nous deux. Ce que je t’ai dit au téléphone, je le pense vraiment, nous…»

« Diana, arrête. Ça ne PEUT pas marcher. Je suis désolé si je t’ai fait croire cela. Ce n’était pas mon but. Je ne regrette pas la nuit que nous avons passé ensemble. Vraiment pas. Mais si ça m’a appris une chose…, c’est que nous deux c’est bel et bien fini… »

« Pas pour moi. »

« Mais pour moi, si. » Il marqua une pause avant de poursuivre. « J’ai toujours des sentiments pour toi, je l’avoue. On a vécu une belle histoire, et j’y ai cru. Mais je suis passé à autre chose. Je ne ressens plus la même chose. Désormais, j’ai de l’affection pour toi, pour tout ce que nous avons partagé ensemble, mais c’est tout. Je ne t’aime plus comme ça. »

Le visage de Diana se durcit.

« Et tu as eu besoin de tout ce temps pour t’en rendre compte ? »

« Je sais, j’ai merdé, mais j’avais besoin de réfléchir à tout ça. »

« Ouais, c’est ça… »

« Je suis désolé. »

« Oui moi aussi. » Elle souffla cette phrase avec une pointe d’ironie, le regard dévié sur le côté, laissant à Mulder l’opportunité de se diriger vers la sortie. Il jeta un dernier regard sur la femme qu’il avait autrefois considéré comme la femme de sa vie, et quitta cet appartement. >Elle était froissée, il le savait, mais il savait aussi qu’elle était suffisamment intelligente pour le comprendre. Même si ça prendrait un peu de temps. Comme lui avait fini par comprendre et accepter son départ.

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Scully se prélassait dans son bain, se maudissant pour sa conduite de gamine. Autant, elle avait été fière de confronter Mulder, autant la façon dont ils s’étaient quitté lui paraissait désormais excessive. Elle n’aurait pas dû se comporter de la sorte, mais c’était plus fort qu’elle, elle était énervée contre lui. Elle tentait malgré tout de se calmer. Il fallait à tout prix qu’elle se reprenne et que demain, en retournant au boulot, elle apaise les choses. Tous ces non-dits ne servaient à rien, mis à part l’énerver et la mettre dans des états pas possibles. Mais l’avantage de cette situation se dit-elle, c’est qu’elle ressentait enfin de nouveau quelque chose. Même si c’était de la colère, c’était toujours mieux que rien. Et c’était plus stimulant que la déprime… A partir du moment où elle évitait de se défouler sur Mulder. S’il en ignorait les raisons, elle n’avait pas le droit de faire cela. En fait, elle n’avait pas le droit du tout. Ils étaient amis, elle n’avait aucun droit de jugement sur sa vie privée. Même si au fond d’elle, elle ne pouvait s’empêcher de se dire que oui, elle avait un droit de regard sur sa vie privée. Car leur relation serait obligatoirement modifiée par l’inclusion d’une tierce personne dans leur duo. Et en cela, elle avait le droit d’être méfiante. Bon, ok, elle se cherchait des excuses… Mais qui pourrait l’en blâmer ? Elle tenta de balayer toutes ses pensées en se laissant glisser, plongeant sa tête dans l’eau, en vain.

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