Dernière chance / It was my last chance

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Dernière chance / It was my last chance

Message  Oiseaubleu le Sam 16 Aoû 2014 - 7:11

Titre : Dernière chance... / It was my last chance...
Auteur : Oiseaubleu
Date de publication : 16 août 2014
Avertissement : G
Catégorie : V
Mots clés : A - MSR
Ship : +
Nombre de pages (approximatif) : 3
Résumé : Une femme très troublée marche dans la rue
Disclaimer : Les personnages de la série X-files ne m’appartiennent pas. Ils sont la propriété de Chris Carter et de son équipe. J’écris cette fanfic dans un but purement créatif et non commercial.



Dernière chance…
It was my last chance…
« Je suis vraiment désolé… J’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir… Bien docteur… Je vous remercie pour tout ce que vous avez fait… Au revoir… »


Les mots s’entrechoquent dans ma tête sans que je puisse les relier entre eux. Sans que je puisse en retrouver le sens. Je marche sans savoir où je vais, portée par une sorte d’automatisme qui me maintient dans un état, extérieurement normal. Autour de moi, le monde s’agite : hommes, femmes, enfants, véhicules… Mais je ne l’entends pas. Je traverse ce grouillement  humain comme dans un rêve. Mon cœur bat vite ; fort. Je le perçois de manière amplifiée. Sa violente pulsation me fait mal. Dans tout mon corps, la contraction de son mouvement continue, me secoue. C’est comme si j’étais un cœur. Un cœur immense secoué par les derniers soubresauts d’une vie qui s’éteint et se meure. Mon sang s’agite, palpite. C’est comme s’il tapait avec violence contre les parois de mes veines, de mes artères, pour sortir et jaillir, hors de moi. Un... deux… trois… quatre… J’essaye de me concentrer sur les battements. J’essaye de compter les secondes. Ma conscience médicale vient de reprendre le dessus et j’écoute, attentivement, mes pulsations cardiaques, comme je le ferais avec un malade… Je suis malade. Mais personne autour de moi ne semble le savoir. J’ai envie de crier à cette foule grouillante de vie qui a perdu toute trace d’humanité, que je souffre… terriblement… plus que je n’ai jamais souffert, avant.


On croit toujours que l’on a atteint le pire quand on croise la souffrance. On se dit que « non », décidément, rien ne pourra jamais nous faire plus mal… Mais l’on se trompe. Le pire est toujours devant soi. Pas derrière. Il n’y a pas de limite dans l’horreur de notre condition humaine. Il n’y a pas de limite dans la folie meurtrière de l’homme. Et là, je me demande… vraiment… pour la première fois… Où es-tu ? Où es-tu mon Dieu ? Pourquoi ? Pourquoi, moi ? Qu’ai-je fait ? Oui, je me suis éloignée de toi… c’est vrai. Mais je n’ai jamais renié tes principes et ta foi. J’ai toujours veillé à être honnête, intègre, juste, droite, comme tu nous l’as enseigné… Combien d’hommes et de femmes peuvent prétendre en faire autant. Combien de femmes… qui pourtant ne seront pas privées, elles, de leur droit à donner la vie ; droit que je n’ai plus, moi.




Combien de temps cela fait-il que je suis couchée ? Je ne sais plus… Comment suis-je arrivée là ? Je ne me souviens pas… Si, peut-être… La porte… Ses bras… Quand je suis rentrée, il était allongé, là, sur mon canapé… Qu’ai-je dit ? Je ne me souviens plus exactement… « C’était ma dernière chance… » Ses bras, son torse, ses lèvres… Je sens encore leur chaleur parcourir tout mon corps. Il m’a prise entre ses bras. Il m’a réconfortée, un moment. Il m’a dit qu’il ne fallait pas abandonner… «Miracle », a-t-il prononcé… « Never give up on a miracle»…


Quelque chose vient de troubler mes pensées. J’ouvre péniblement les yeux. Je ne sais pas ce qui se passe. Je tourne ma tête vers la porte qui vient de s’entrouvrir… « Tu dors ? » demande doucement la voix, au dehors. « Non. » Je réponds à mi-voix, comme si j’avais peur de réveiller quelqu’un… quelqu’un qui dormirait à côté de moi… ou en moi. Il se rapproche. Il vient s’asseoir au bord de mon lit. Sa main se dirige lentement vers mon visage et avec douceur, elle glisse sur mon front, entre les mèches folles de mes cheveux qui tombent sur mes yeux. Je reçois ses mains sur ma peau comme une caresse protectrice et bienveillante. Ses deux mains parcourent mon visage à présent, alors que j’ai fermé les yeux, le temps de reprendre une nouvelle inspiration. J’ai pleuré. Je n’ai pas cessé de pleurer depuis que j’ai refermé la porte de ma chambre. Je voudrais le lui cacher, mais il le sait.


Ses lèvres se sont posées sur mon front. Il m’a embrassée avec douceur et tendresse. « Je suis là », a-t-il dit. Et il s’est allongé sur mon lit, à côté de moi. Je me suis poussée un peu, pour lui faire une place. Puis je me suis tournée, sur le côté. Mon dos s’est calé contre son torse. Mes jambes repliées sont venues s’emboîter dans les siennes. Ses bras ont entouré mon corps, pour envelopper les miens. Tout à coup, j’ai senti que quelque chose se relâchait en moi. Enfin… Je pousse un profond soupir. Comme une expiration longue et lente qui se dégage de moi. Depuis que je suis sortie du cabinet du médecin, mon souffle était resté bloqué, coincé entre mes côtes, dans mes poumons. J’avais l’impression de ne plus pouvoir respirer à fond, profondément… Je ne pleure plus. Je suis calme.


« Merci… » Je lui murmure à peine ma gratitude envers ce geste qui me réconforte tant. Mais je ne veux pas l’obliger à rester, à me protéger. Je me dois d’être forte. Je n’aime pas me sentir faiblir. Je n’aime pas me sentir faible entre les bras d’un homme. Je ne sais pas pourquoi. C’est comme si j’avais peur qu’on me fasse du mal, tout à coup. Comme si ce corps allait me serrer plus fort, jusqu’à m’envelopper complètement et m’étouffer. Je sais que je suis stupide. Pourquoi aurais-je peur de lui ? Il partage ma vie depuis tant d’années, maintenant. Sa loyauté envers moi n’a jamais failli. Il est le seul que je laisse entrer parfois, dans les dédales sombres de mon intimité retenue. Il est le seul que mon corps accepte de recevoir, en ami, dans ces instants de tendresse que nous partageons, parfois. Des lèvres posées sur une joue, sur un front… des mains qui se pressent… des corps qui se serrent et s’étreignent… chastement. Toujours chastement. Comme un meilleur ami, comme un frère. Un frère de sang… fruit d’un même sang…


« Ça va aller. Ne t’en fais pas. C’est juste un mauvais moment à passer. Il faut que je me fasse à l’idée que c’est terminé, maintenant. C’est une page que je dois tourner. Définitivement. D’ici quelques jours, tout ira mieux. Je n’aurais pas dû y croire autant. C’était une erreur de ma part. Je me suis laissé gagner par cet espoir fou que ça marcherait… » Je cherche à le rassurer mais je ne suis plus en mesure de finir ma phrase. Je ne sais même plus ce que je voulais dire. Ses bras me serrent plus fort. « Je t’assure que tu peux y aller. J’ai juste besoin de repos. Je vais dormir un peu et demain, tout ira mieux. » Je sais que je mens. Je sais que tout cela n’est pas vrai. J’ai besoin de lui, de sa présence, de sa chaleur, de son amour, pour ne pas sombrer encore dans le vide de mon être. Mais je le repousse toujours, comme à chaque fois que je me sens fragile, entre ses bras. « Je suis sûr que ça va aller, me répond-il. Tu es une femme incroyablement forte, et je sais que je peux te laisser… Mais… ». Il s’arrête, un moment. J’ai l’impression qu’il hésite à me dire… Il reprend : « …C’est moi qui ai besoin de toi, à présent… C’est moi qui te demande de me laisser rester près de toi, cette nuit… » Je reste muette, un instant. Je ne sais que répondre. Je suis touchée par sa délicatesse, son tact. Il peut être si rude parfois… Mais là… Je n’en reviens pas…


« J’ai besoin de toi, me répète-t-il. Je ne perturberai pas ton sommeil, c’est promis… Tu sais, moi aussi j’y ai cru. » Il s’arrête un moment pour reprendre son souffle. Je sais à présent qu’il souffre, autant que moi. Puis il reprend : « Au début, j’avais peur. Avant d’accepter ta demande. Avant de te dire "oui". Je me demandais où j’allais me situer par rapport à cet enfant. J’avais peur qu’il nous éloigne l’un de l’autre, qu’il nous sépare, qu’il se pose entre toi et moi, entre toi et notre quête… ma quête. C’était très égoïste de ma part, je l’avoue. Je voulais te garder pour moi, toute entière. Je ne voulais pas te partager avec un autre. Et puis, l’idée de sa venue a commencé à germer en moi. Je me suis imaginé ta grossesse, sa naissance, ses premiers pas. Je me suis imaginé en tonton, en grand frère… presque en papa… J’y ai pensé souvent ces derniers temps. Et à chaque nouvelle FIV, l’attente de sa venue a grandi en moi. La peur a fait place au désir. Le désir de nous voir nous prolonger, ensemble, dans cet être qui serait un peu le fruit de notre collaboration… Une autre forme de collaboration… »


Je me suis retournée vers lui… « Mulder… », ai-je murmuré, avec douceur. « Scully… », a-t-il répondu simplement. Et je me suis blottie contre lui, entre ses bras, pour ne plus avoir peur. Et je l’ai serré fort, contre moi, pour ne plus qu’il ait mal.


FIN


Cette fanfic fait référence à l’échec de la dernière tentative de Scully pour avoir un enfant, par fécondation in vitro. Il s’agit de la Saison 8, Episode 13 (« Per Manum »). Et plus précisément, à la fin de l’épisode, du moment où Scully a un flash-back où elle se revoit rentrer chez elle et annoncer à Mulder que son dernier essai pour avoir un enfant, a échoué.

Oiseaubleu
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