"Un temps pour vivre, un temps pour mourir..."

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"Un temps pour vivre, un temps pour mourir..."

Message  PtiteCoccie88 le Mer 13 Avr 2011 - 15:31

Titre: "Un temps pour vivre, un temps pour mourir..."
Auteur: PtiteCoccie
Date de publication: Mercredi 13 avril 2011

S | Angst
5 pages

Résumé: L'histoire se situe avant la trilogie Gethsemane, Redux I & II. Charles, vient passer le weekend à Washington auprès de sa mère et de sa soeur, Dana.

Disclaimer: Les personnages ne m'appartiennent pas. Je ne m'en sers que pour le plaisir de mon Imagination et celle des Autres.

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« Un temps pour vivre, un temps pour mourir… »


Les nouvelles n’étaient pas bonnes. Il avait eu sa mère au téléphone. Charles releva la tête, saisit son bagage et héla un taxi.

- Georgetown s’il vous plaît !

Il regrettait de ne pas pouvoir être plus présent auprès de sa famille, surtout de sa sœur, la seule qui lui restait, l’autre lui ayant été déjà arrachée. Assassinée…

Durant le trajet qui le conduisait de l’aéroport jusqu’à sa mère, les paroles échangées la veille au téléphone le martelaient : « Il y a des métastases Charles ! C’est pas possible ! Déjà Missy et maintenant Dana ! J’en peux plus Charles ! » Il avait écouté sa mère à travers le combiné et avait juste prononcé un simple « j’arrive » en s’efforçant d’emprunter le ton le plus neutre possible, dénoué d’émotions. Il ne fallait surtout pas que sa mère perçoit un quelconque trouble en lui au risque de paraître indifférent face au cancer qui rongeait sa petite sœur. Mais ce n’était pas le cas. Cette maladie était vraiment loin de le laisser imperturbable. Mais rester de marbre, dur comme la pierre était la seule solution qui lui permettait de tenir debout. S’il s’autorisait à écouter ses émotions, à analyser ce qu’il ressentait au plus profond de ses tripes ne serait-ce qu’une courte seconde, il savait que ce serait foutu, qu’il craquerait et qu’il perdrait définitivement le peu de confiance qu’il avait accordé à la vie sur Terre.

Elle habitait au rez-de-chaussée. Un appartement à seulement quelques rues de celui de sa sœur mais, il avait préféré passer chez sa mère avant comme pour reculer la vision d’horreur de sa sœur qui lui confirmerait comme un électrochoc que « oui ! », sa sœur n’en avait plus pour très longtemps. Il redoutait la confrontation avec son teint blafard, ses yeux rouges et cernés flirtant avec la mort et ses cheveux… ses si beaux cheveux juste éteints.

Il inspira et donna deux coups qui eux aussi ne devaient laisser filtrer aucun trouble. Rien. Ces deux coups devaient juste ressembler à deux coups qu’on frappe sur une porte en bois et sur laquelle était apposé un simple numéro.

- Charles ! Tu es déjà là !

Margaret Scully s’engouffra aussitôt dans les bras de son fils, visiblement soulagée et émue.

- J’ai pris le premier avion maman.

Ils pénétrèrent tous les deux dans le salon. Il abandonna ses affaires dans la chambre d’amis, puis avant de revenir auprès de sa mère, s’arrêta quelques secondes devant la fenêtre, regardant au-dehors sans saisir ce qui se mouvait sous ses yeux, ne discernant pas vraiment ce que la nature et les bruits de la ville montraient, ses yeux ne saisissaient rien d’autre que le vide.

- Tu as vu ta sœur ?
- Non, pas encore. Je passerai la voir dans l’après-midi. Je préférais te voir en premier.

Sa mère préparait du thé. Il l’observait de sa place. Il s’était assis sur une chaise. Maggie lui tendit une tasse, puis elle s’assit en face de lui. La table de la cuisine les séparait.

- Le médecin a dit qu’elle n’en avait plus pour très longtemps. Trois mois, pas plus. Il a dit aussi que c’était un vrai miracle qu’elle ait tenu jusqu’aux fêtes…

Charles se noya dans sa tasse qui lui brûlait les mains. Contrôler, il fallait contrôler. Se concentrer sur la douleur causée par la chaleur du thé emprisonnée dans ses paumes. Regarder aussi sa mère dans les yeux mais, ne pas sombrer comme elle. Rester debout pour elle, pour sa sœur. Tomber ne sert à rien, car quand la mort décide de vous faucher, rien ne peut l’arrêter. De toute façon, elle nous fauche tous un jour, continuait de ruminer Charles. La seule raison qui fait que nous redoutons tant cet instant est parce qu’on ne saura jamais avec exactitude, quand cet instant qui nous menace depuis notre premier souffle surviendra. On voudrait savoir la seconde exacte comme pour mieux être prêt mais, cela est impossible. Mais on sait déjà que la mort viendra un jour, ce qui est un bon début.

Soudain Maggie explosa.

- J’en ai marre Charles ! J’en ai marre, marre, marre !

Elle hurlait de toutes ses forces. Elle avait cogné si fort contre la table que le thé s’éjecta presque au plafond, mimant à la perfection les tremblements qui secouaient Margaret Scully.

- Elle va mourir Charles ! Mourir !

Charles se leva. Jamais il ne l’avait vue dans un tel état. Même les disputes qui étaient parfois survenues entre ses parents n’avaient atteint un tel degré de douleur. Charles eut soudain cette drôle de sensation – celle qu’il ne respirait plus. Il se rapprocha d’elle.

- Ça arrive. Les gens meurent, on meurt. C’est comme ça, ça arrive.

Charles ne savait même pas pourquoi il disait cela. Il avait l’impression qu’un robot parlait à sa place. Il y avait un tel décalage entre la rage de torture qui déchirait sa mère et puis la sienne, si calme. Sa mère extériorisait mais, lui, Charles, intériorisait. Dès que la douleur voulait se faire entendre, il mettait un couvercle dessus. La marmite au fond de lui bouillait mais, le couvercle était pratique. Il assourdissait la douleur. Il l’entendait résonner, se débattre mais, il ne comprenait pas trop ce que la douleur voulait dire. Et au fond, il n’avait pas envie de savoir. La vie était bien trop courte pour qu’on s’accorde le droit de perdre son temps avec madame douleur. Il fallait avancer et vite. Ne jamais s’arrêter sur les souffrances, toujours foncer droit devant, la tête haute et garder l’espoir en principal ligne de mire ! Sa sœur était encore vivante. Alors, cela ne servait à rien d’imaginer déjà les jours où elle serait morte. Pourquoi inviter la mort avant l’heure ? C’est stupide pensa Charles. Et quand elle serait morte, il continuerait à vivre pour elle.

Sa mère se réfugia dans sa chambre. Dans un premier temps, il resta là, planté au milieu de la cuisine puis, la boule au ventre, rejoignit sa mère. Elle s’était assise au bord du lit. Les larmes coulaient, son visage était tout rouge. Il l’observait. Charles ne pouvait rien faire d’autre que d’observer sa mère car, il n’y avait tout simplement rien d’autre à faire. Est-ce que Dana allait vraiment mourir ? La médecine avait dit « oui ». Mais Charles avait plus foi en sa petite sœur qu’en cette foutue médecine qui n’était jamais capable d’être là quand on avait besoin d’elle. Il ne voulait pas croire que sa petite sœur se laisserait avoir avec cette maladie. Dana était beaucoup trop forte. C’est simple, qu’elle meurt était la chose la plus inconcevable qui puisse exister. C’était sûrement pour ça qu’il était incroyablement doué pour occulter la peur et l’enfouir sous terre parce que cette peur n’avait pas de raison d’être pour lui étant donné qu’il ne pouvait pas croire que sa sœur pouvait mourir. Sa sœur était malade, dansait constamment avec la mort mais, en attendant elle était en vie ! Son temps de vie n’était pas encore écoulé. Et Charles n’avait vraiment pas envie de gâcher par des pensées noires le temps de vie de sa petite sœur.

- Je vais voir Dana, maman.

Doucement, il l’aida à s’allonger sur le lit et remonta les couvertures sur elle. Avant de s’éclipser, il s’assura qu’elle eut l’air plus détendu et referma la porte de la chambre derrière lui.

***

Dana n’avait pas voulu rester chez elle et puis, le soleil était tellement plus agréable dans le parc que sous un toit.

- Maman va bien, répéta Charles à sa sœur qui avait bien du mal à se laisser convaincre. Elle est parfois un peu déboussolée mais, elle va bien, finit-il dans un sourire.
- Bien, hocha Dana.

Ils s’étaient assis sur un banc vert. C’était Dimanche. Les cris de joie et l’insouciance des enfants étaient de sortie.

- C’est agréable… murmura-t-elle

Dana ferma ses yeux tournés vers le ciel et savoura la douceur des rayons du soleil chauffer son visage.

- Tu devrais emmener Mulder dans ce parc.
- Mulder… souffla-t-elle, heureuse. A part son bureau et sa voiture, c’est tout ce qu’il connaît.
- Tu lui as déjà proposé au-moins ?
- De quoi ?
- Et bien de sortir de sa voiture ou de son bureau.
- Non.

Scully rouvrit ses yeux et les recentra sur son frère.

Son visage était de plus en plus émacié, quant à sa taille, de plus en plus fine. Cette vue de sa petite sœur n’effraya pas pour autant Charles. Elle avait toujours été plus ou moins fluette. Il se refusait de croire que la maladie avait un rôle dans cette transformation physique. Le plus important était que le rire de Dana devait rester intact. Si jamais celui-ci venait à changer, alors il pourrait commencer à avoir peur. Mais, la peur pouvait-elle reculer la mort ? Non. Alors, encore une fois, il ne fallait pas avoir peur car, cela ne menait à rien de positif.

- Appelle-le !
- De qui ?
- A ton avis Dana !
- Non… elle sourit, apparemment gênée.
- Appelle Mulder j’te dis !
- Il voudra jamais…
- Mais on est Dimanche Dana ! Tout le monde rêve de profiter d’un tel soleil avec une aussi jolie demoiselle…

Elle sourit, encore une fois.

- Tu rougis !
- Non.
- Si !
- Non !
- Si !
- Bien sûr que non Charles !
- Bien sûr que si !

Puis son sourire se dissipa laissant place à un rire d’abord nerveux puis de plus en plus ressourçant, tout en embarquant celui de Charles.

Le frère et la sœur étaient dans un parc, profitant du soleil, juste heureux.

Dana sortit enfin son portable du fond de sa poche.

- Mais tu restes avec nous si jamais il vient ? Je voudrais pas qu’il croit que je lui donne un rencard parce qu’on n'est pas ensembles…

Charles soupira et dévisagea sa sœur. Elle semblait ne pas avoir dormie depuis des jours tellement ses yeux étaient cernés mais, il voyait une fraicheur magnifique ancrée dans ses prunelles bleues. Mulder rendait sa sœur heureuse. Il n’avait pas eu besoin de le rencontrer pour comprendre cela. Et le bonheur qui habitait sa petite sœur était vraiment la plus belle des choses qui permettait à Charles d’avancer.

- Je resterai cinq minutes !
- Mais…
- J’ai déjà toute la soirée avec toi ce soir ! N’oublie pas, on dîne tous les trois chez maman. Mais en attendant, profite de cette jolie après-midi avec Mulder. Il te rend heureuse et j’aime te voir heureuse. Tes yeux pétillent quand tu prononces ce nom.
- C’est pas vrai…
- Tu as raison. Tes yeux ne pétillent pas, ils brillent !

Scully réalisa que son frère avait raison. Elle aimait bien Mulder. Peut-être un peu plus qu’un ami mais, elle considérait qu’il était encore un peu trop tôt pour se l’avouer à elle-même.

- Merci Charles.
- De rien petite sœur.

Il caressa sa joue tandis qu’elle composait le numéro de Mulder.

***

Un homme, grand, brun et à la silhouette élancée se montra entre les allées du parc. Une jeune femme rousse assise en compagnie d’un autre homme sur un banc dissimulé entre la végétation et la lumière du soleil lui fit un signe de la main.

- Mulder, je te présente mon frère, Charles. Il passe le weekend à Washington.

Les deux hommes se serrèrent la main. Charles ne put s’empêcher d’arborer un sourire, refaisant défiler dans son esprit toutes les conquêtes de sa petite sœur. Elle les choisissait tous grands et bruns. Mais, celui-ci, Mulder, avait quelque chose que les autres n’avaient pas. Il savait réveiller l’insouciance de Dana malgré la présence de la maladie qui la dévorait un petit peu plus chaque jour doucement mais, sûrement.

- Je dois y aller !
- Meuh Charles ! bafouilla Scully. T’avais dit cinq et là ça fait que…
- On se voit ce soir, t’inquiète !

Il déposa un baiser furtif sur l’une de ses joues et la laissa toute entière à Mulder.

Charles remontait les allées du parc le corps détendu et apaisé de toutes tensions. Et Charles le savait, Mulder était le meilleur des remèdes pour sa sœur. Il agissait là où la médecine était impuissante, dans le cœur de sa petite sœur, le faisant doublement battre. Et tant que Mulder serait aux côtés de Scully, son cœur resterait vivant.

Même si la vie est vanité, elle reste la plus belle de toutes les anomalies et ne prend de sens que justement parce qu’elle doit s’éteindre un jour. Il y a un temps pour tout, un pour vivre, un pour mourir mais, entre les deux, il faut être heureux.

***

THE END. sunny

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