Pour du beurre...

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Pour du beurre...

Message  noisette le Mer 22 Déc 2010 - 12:01

POUR DU BEURRE...



On frappait avec insistance. Mulder se leva, passa rapidement sa chemise et tout en la boutonnant vint entrebâiller la porte.
Sans attendre davantage, Scully poussa le bois et s’engouffra dans la chambre, manifestement très remontée.
Fox referma derrière elle, la laissa parcourir trois fois le tour de la pièce jusqu’à ce qu’elle daigne enfin s’asseoir au bord du lit.
- Ca ne va pas ? interrogea-t-il avec perspicacité.
Elle leva les yeux vers lui, serra les dents et jeta dans un souffle.
- Mulder, je crois que je vais bientôt tuer.
- Rien que ça… Il prit place à côté d’elle. Dis-moi tout, Bundy !
Elle soupira.
- C’est l’agent Gridham. Il est juste… imbuvable !
- Je ne comprends pas, taquina son partenaire. Il a pourtant un charme fou, une drague subtile et toute en finesse - …
- Non mais tu l’as vu ? s’emporta Scully. J’ai été claire avec lui pourtant ! Et en plus, ajouta-t-elle d’un air dégoûté, il est d’une vulgarité sans nom !
- Comment ? Tu n’aime pas son humour ? Pourtant sa blague sur les femmes au volant était extrêmement classieuse !
- Ne m’en parle pas. J’ai failli freiner et le faire descendre sur-le-champ. Je ne sais pas comment fait l’agent Ragazzi pour supporter un coéquipier pareil. Je la plains !
- Pas moi !
- Mulder ! Ce type balade ses mains sur toutes les femmes qui passent à sa portée. C’est un grand malade, siffla-t-elle entre ses dents.
- Il t’a… ? !
- Il s’est pris une claque !
Pour le coup, Mulder sursauta.
- Tu plaisantes, là ?
- Pas du tout. C’était ça ou un coup de pied bien placé, jeta-t-elle avec un regard noir et une détermination telle que son partenaire ne put retenir une grimace douloureuse en convoquant l’image à laquelle Gridham avait échappé de peu.
- Mais que ?
- Il m’a mis la main aux…
Elle s’interrompit, le rouge lui montait au visage. Elle inspira pour tenter de calmer la colère qui la saisissait de nouveau.
- Il a fait ça ?!
Mulder se redressa vivement. Il avait nettement moins envie de rire maintenant. Le flirt lourdingue du colosse du FBI ne lui avait évidemment pas échappé mais jusque là, il était plutôt au spectacle à voir Scully fulminer devant l’outrecuidance du prétendant. C’est que l’agent semblait extrêmement confiant en son charme irrésistible et totalement imperméable aux remarques cinglantes que ne cessait de lui administrer Scully.
Et puis, Mulder avait eu d’autres préoccupations en tête... Parce Wilhelmina Ragazzi n’était pas la dernière des aguicheuses !
- Tu veux que j’aille le provoquer en duel à l’aube pour sauver ton honneur ? tenta Mulder en tendant sa main à Scully pour la relever.
Elle saisit son poignet et se redressa, se plantant face à lui avec un sourire un peu apaisé.
- Et toi ? Veux-tu que j’aille régler son compte à l’autre -…
- Pouf ? suggéra-t-il promptement.
Malgré elle, Scully laissa échapper un rire.
- Tu n’es pas sensible aux arguments siliconnés de la belle italienne ? railla-t-elle.
- Peut-être que je le serai si elle se taisait !
- Mulder ! réprimanda Dana d’un air sévère mais jubilant intérieurement.
Wilhelmina se distinguait en effet par un mélange de propos d’une inanité consternante et d’allusions sexuelles qui viraient à l’obsession. Que Mulder en ait été l’objet ces derniers jours avait agacé Scully au plus haut point mais elle avait déjà fort à faire avec l’autre pervers pour se concentrer sur cette potiche, empêcheuse de tourner en rond.
- Voilà ma proposition : Je me charge de ton plouc vicieux et tu règles son compte à la mégère… dans la boue si possible !
- Ben voyons !
- Ce serait pas libérateur ? demanda innocemment Mulder le sourire aux lèvres.
- C’est lui que je veux voir mordre la poussière ! souffla Scully l’air mauvais.
- Ce n’est pas très chrétien ça, provoqua Fox qui savourait le feu consumant sa généralement si stoïque partenaire.
Elle le fusilla du regard et faillit lui répondre que parfois, elle était une mauvaise fille. In extremis, elle réussit à se retenir. Avec lui, ce n’aurait été très approprié. Mais il était trop tard. Ses yeux avaient parlé pour elle. Et leur message était on ne peut plus explicite. Avec une surprise ravie, Mulder décrypta l’expression effrontée sur le visage de Scully, et dans un élan spontané, il porta sa main à sa bouche et baisa avec malice sa peau chaude. Elle eut un sursaut imperceptible et le dévisagea les yeux ronds.
Il esquissa une courbette.
- Je suis votre homme pour toute vengeance que vous jugerez appropriée, Milady !
Elle éclata de rire.
Il avait encore gagné. Cet homme était un sorcier. Il parvenait à la retourner comme une crêpe. C’était probablement pour ça qu’elle avait frappé à sa chambre. Lui seul était capable de transformer ainsi une rage indicible en un fou-rire émancipateur.
- Ca ira, je crois, Mulder.
- Sûre ?
Elle le regarda avec gratitude.
- Ca va déjà beaucoup mieux. Je vais aller me coucher.
- Très bien. Il lui sourit, elle s’avança vers la porte. Bonne nuit alors.
Elle passa le seuil de la chambre et se retourna vers lui avec une œillade facétieuse.
- Bonne nuit D’Artagnan…

***


Les deux agents de Détroit attendaient près de la voiture.
- La rouquine, je la sens bien, moi…
- Elle t’a un peu jeté hier, non ?
Il prit un air très satisfait et glissa les pouces dans sa ceinture avec une mine de cow-boy.
- T’as rien compris. Ces bonnes femmes, elles disent non mais en fait, c’est exactement ce qu’elles veulent ! Un vrai mec !
Wilhelmina haussa les épaules et remonta son push-up.
- Ben moi, je crois que je vais lui mettre le grappin dessus au vrai mec.
- Ah ah, rigola-t-il pétri de suffisance. Toi aussi ? Mais je vais te faire une petite place. Je suis sur que Dana Scully partagera avec plaisir…
- Dans tes rêves !
- Mmm… si, si. C’est une idée excellente, en fait, poursuivit l’autre que l’image réjouissait au plus haut point.
- On t’a déjà dit que t’es vraiment minable, Gridham ? ! cracha Ragazzi en sortant un tube de rouge à lèvres d’un vermillon clinquant et agressif.
- Des jalouses ! sourit l’agent avec désinvolture.
- C’est ça…
- La ferme, Wilhelmina. Ils arrivent.

- Qu’est-ce qu’elle a fait encore ? chuchota Mulder à l’oreille de sa partenaire. On jurerait qu’elle part en infiltration dans un réseau de prostitution.
- Tu insulte le plus vieux métier du monde, Mulder, lui rétorqua Scully sur le même ton. En revanche, dans la catégorie « maquereau du far-ouest », lui se défend pas mal je trouve !

- Alors, les jeunes ! On complote ? ! triompha Gary Gridham.

Il intercepta Scully qui se dirigeait vers la portière côté conducteur et lui piqua la clé des mains.
- Laissez les mâles faire leur travail. Vos petites mains ont bien mieux à faire pour se rendre agréables, ajouta-t-il avec un rire gras.
Elle reprit le trousseau d’autorité.
- Ca ira, agent Gridham. Mes petites mains décident seules des ouvrages qui méritent qu’on s’y attelle.
- Ouh ouh ! gloussa l’autre. Des promesses. Je me réjouis d’avance, je suis sûr que vous avez des doigts très habiles !
Elle stoppa net.
- Ca suffit !
Le grand blond continuait imperturbable, inconscient du brusque changement qui s’était opéré chez l’objet de son fantasme.
- Wilhelmina, et si tu prenais l’autre voiture avec l’agent Mulder ?
- Mais avec plaisir, et je veux bien lui laisser le volant… pour avoir les mains libres ! aguicha la brune en chaleur.
Mulder protesta vivement.
- Pas question !
- Hey, Spooky, tu vires un peu surprotecteur, non ? Je vais être trèèès gentil avec ta collègue.
Il lui administra une grande claque virile dans le dos. Scully fit un pas vers lui et le foudroya d’un air mauvais. Il rit encore.
- Agent Scully, restez cool. Le règlement, c’est juste bon pour les gratte-papier. Je n’irai pas répéter tout ça à nos supérieurs hiérarchiques. Juste aux copains, ajouta-t-il en s’étranglant de rire.
- Ca suffit ! siffla Dana entre ses dents pour la seconde fois, ce qui aurait du alerter le mufle s’il avait eu un tant soit peu de jugeote.
- Gridham, tu ferais mieux d’arrêter ça immédiatement, ponctua Mulder avec un calme inquiétant.
- Hey on se calme. C’est une grande fille, et elle est pas à toi, hein.
- Mulder, laissez ce crétin. Ragazzi s’avançait avec un déhanché très peu discret. On sera bien mieux tous les deux, susurra-t-elle très près de son oreille provoquant un mouvement de recul chez Fox.
- J’en doute.
- Ah Ah ! Je suis peut-être un crétin mais c’est pas moi qui racole, Whilma ! On en revient toujours à vous, les bonnes femmes hein. Ca allume, ça excite notre concupiscence – il détacha soigneusement chaque syllabe pour se donner un air vaguement professoral – et après…
- On parie qu’il ne sait pas ce que ça veut dire ? persifla Dana à mi-voix.
- Tu te crois au dessus des autres, peut-être, Scully ? grimaça Gridham qui avait entendu en s’avançant vers elle. Ca ne me fait pas peur, tu sais. Je sais ce qui se cache derrière tes postures de petite bêcheuse !… Et puis, ajouta-t-il d’un air ravi, dans concupiscence, il y a… sens, entre autres ! s’étrangla-t-il trop heureux de sa vanne. Ecoute tes sens, miss ice-queen !
Il leva la main vers le haut de la poitrine de Scully.
- Oublie un peu les règles. Laisse-toi faire…
- Toi aussi, ajouta Wilhelmina en prenant le bras de Mulder.

Scully recula d’un pas. Son regard croisa celui de Mulder et ils s’accrochèrent avec une force qui les surprit eux-mêmes.
Ils n’eurent pas besoin d’échanger la moindre parole. Leurs yeux clairs plantés l’un dans l’autre, ils faisaient le vide. Ils savaient où ils allaient. C’était limpide.

- Fox… articula-t-elle sans forcer sa voix d’un iota.
Il se dégagea sans un regard pour l’italienne et s’approcha de Dana.
- C’est bien que vous ne soyez pas trop à cheval sur le règlement, nota Mulder avec un sourire énigmatique en direction de Gridham.
Et en disant cela, il glissa sa main dans le cou de Scully pour la ramener doucement vers lui d’un geste de propriétaire. Elle frémit mais ne se déroba pas.
Au contraire, elle se serra un peu plus contre lui et fit passer ses doigts sous sa veste pour enrouler sa taille et le ramener contre sa hanche.
Ils échangèrent un regard entendu puis ils toisèrent leurs deux collègues d’un air de défi. Les agents de Détroit restèrent interdits quelques secondes.
- Fais pas le con, Spooky. J’y crois pas à ton petit manège.
- Non, vous nous faites marcher, ajouta Ragazzi avec un rire déstabilisé.
- Vraiment ?…

Mulder pivota pour faire face à Scully qui le tenait toujours par la taille. Elle avait levé le visage vers lui et l’observait avec confiance et une lueur malicieuse au fond de son iris plus bleu que jamais. Il posa ses mains sur le cou frêle et remonta lentement vers les joues qui avaient pris de la couleur. Elle souleva légèrement la chemise de son partenaire pour faufiler ses doigts fins tout contre la peau chaude sous le tissu. Devant ce geste manifestement intime, Wilhelmina eut un sursaut. Ca sentait le roussi pour eux.
Le feu aux oreilles, elle vit Fox Mulder se pencher sur le visage paisible de Dana Scully. Et leurs lèvres se rejoignirent. Avec une douceur incroyable d’abord. Ca eut l’air de calmer Gridham. Puis il parut avoir un doute et s’avança d’un air suspicieux.
Non sans agacement, Scully rompit le contact. D’un geste dédaigneux de la main, elle chassa l’intrus comme s’il s’était agi d’une fiente de pigeon sur un veston. Puis elle revint elle-même vers Mulder pour approfondir le baiser avec soudain beaucoup plus de fougue et d’appétit.
Ragazzi soupira.
Ils étaient ensemble. Ca ne faisait plus aucun doute.

< Alors elle embrassait comme ça…> découvrit Fox avec un frisson de plaisir. Elle avait déplacé ses mains et les pressait doucement contre sa taille en parcourant de ses lèvres souples et si chaudes ses propres lèvres. C’était comme un brasier qui s’enflamme.
< Il va me faire perdre la tête… > s’émut Dana en sentant les bras de Mulder insister contre son dos pour la plaquer davantage contre son corps. Petit à petit, elle sentait sa bouche qui s’ouvrait davantage lui laissant tout le loisir d’approfondir son exploration. Exploration dont son diable de partenaire ne se privait guère ! Et ça ne lui déplaisait pas. Au contraire…
< J’ai rêvé ! Elle n’a pas… > Il eut un rire réjoui en réalisant qu’une langue à peine intimidée s’était frayé discrètement un passage furtif entre ses dents.
Elle s’écarta légèrement et l’interrogea en rougissant furtivement.
- Mulder ? chuchota-t-elle.
- J’ai du mal à t’embrasser, avoua-t-il sur le même ton. Je souris trop !
Ils se dévisagèrent et pouffèrent de concert.
- Ils nous regardent encore ? reprit-elle en un murmure.
- J’en ai peur. Il va falloir que je prenne sur moi, taquina-t-il.
Et il saisit avec détermination le visage de Scully pour l’embrasser de nouveau sans bouder son plaisir. Et avec une pointe d’espièglerie, il glissa à son tour un petit bout de langue entre eux.
En revanche, il ne s’attendait pas à rencontrer si vite celle, non moins espiègle, de sa comparse.
- Scully ! protesta-t-il.
- Je ne fais pas exprès ! C’est un réflexe, se défendit-elle tout bas avec un brin de mauvaise foi.
- Ils ont bon dos les réflexes ! se marra-t-il en venant enfouir sa tête dans son cou.
Dans un sourire, elle se surprit à l’étreindre davantage. A goûter le poids de son collègue tout contre sa poitrine et à perdre ses mains dans le bas de son dos. Une sensation furieusement agréable et inédite.
Hum.
Il n’y avait pas que ça d’inédit…
Il s’écarta et toussa.
- Mulder…
- C’est un réflexe !

***

- Vous nous excusez ? En fait, on va plutôt vous rejoindre après. On a… oublié un petit truc à l’hôtel. N’est-ce pas Scully ?
- On dirait que oui, approuva-t-elle avec un large sourire.
Gridham s’approcha l’air vicelard.
- Attends un peu là… Tu la baises et tu l’appelles Scully ?
Mulder lâcha Scully, fit un pas et se planta devant le rustre, les yeux dans les yeux.
- Je ne la *baise* pas, articula-t-il d’un ton menaçant. Nous *faisons l’amour*…
Là, Dana sentit son cœur lui tomber dans le ventre.
- …Et toi, ajouta-t-il avec un sourire inquiétant, tu devrais faire plus attention à ton vocabulaire. Parce que Scully – il insista sur le nom de famille – t’a remis les idées en place hier et qu’aujourd’hui, ça pourrait bien être moi si tu vois ce que je veux dire.
Il le toisa encore deux secondes et se fendit d’un grand sourire.
- Tu le vois là ?…
- Ouais, ouais…
- Bien ! On vous laisse partir devant alors. Sans vous commander !

***

- Ils ne nous regardent plus ?
- Je ne crois pas.
- Dommage, confessa-t-il dans un sourire.
Ils se regardèrent en toute franchise.
- Merci Mulder.
- Je suis ton homme. J’espère que ça n’a pas été trop dur, plaisanta-t-il gentiment.
Elle faillit lui répliquer quelque chose mais se retint. Il aurait pu prendre ça pour un flirt. Et… de toute évidence, il ne parlait pas de son « arme de service » à cet instant.
- C’était plutôt agréable, en fait, convint-elle avec honnêteté tout en rosissant sensiblement.
- Autant pour moi. Et maintenant ?
Oui. Et maintenant ?
Continuer. Mine de rien.
Faire comme si tout était parfaitement normal…
- Que dirais-tu d’un petit déjeuner ?
- Grande idée ! Avec des donuts !
- Et pourquoi pas, après tout ? J’ai faim ce matin ! avoua-t-elle dans un élan enthousiaste spontané et totalement irréfléchi. Elle s’empourpra derechef.
Il esquissa une œillade malicieuse tout en lui tenant la porte de l’hôtel.
- Après toi…
Ouf… il ne relevait pas.
- … Milady !

noisette
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