Une Nuit sans Fin

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Une Nuit sans Fin

Message  PtiteCoccie88 le Lun 20 Déc 2010 - 11:24

Titre: Une Nuit sans Fin
Auteur: Coccie
Date de publication: Mercredi 13 octobre 2010 (1ère Edition) - Lundi 20 décembre 2010 (2ème Edition)

PG-13
Ship ++
MSR
9 pages


Résumé: Mulder et Scully se retrouvent suspendus de leurs fonctions et décident alors de s'envoler pour Hollywood! Mais... que sont-ils véritablement l'un pour l'autre? ... De simples amis? ... Partez errer avec eux dans la cité des lumières et... vous aurez votre réponse

Disclaimer: Les personnages ne m'appartiennent pas. Je ne m'en sers que pour le plaisir de mon Imagination et celle des Autres.

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UNE NUIT SANS FIN

Elle était dans le noir. Postée à la fenêtre, les lumières l’éblouissaient dans toutes leurs splendeurs. Emerveillée. On aurait dit une petite fille. On aurait pu croire qu’elle découvrait l’océan pour la première fois. L’eau qui s’écoulait à travers la pièce voisine l’apaisait. Elle aimait ce bruit – celui de la douche résonnant dans les murs et envahissant l’espace d’une douce glissade silencieuse. Le soleil ne semblait jamais se coucher sur cette ville. Elle ne semblait jamais dormir. Dana regarda sa montre. Quatre heures du matin. Elle aussi n’avait visiblement aucunement envie de disparaître sous les draps. A moins d’y être accompagnée… Elle se tenait toujours postée à la fenêtre de leur chambre d’hôtel. Ou plutôt à la fenêtre de la chambre de son partenaire. Elle aussi avait une chambre, située également au même étage, mais à l’autre bout. Et pour cette nuit, elle n’avait pas résisté à rester si loin de lui.

Elle l’entendit sortir de la douche. La lumière s’échappant de la salle de bain perturba un infime instant la pénombre de la chambre. Elle appréhendait sa réaction. Elle n’osa pas affronter son premier regard. Elle préféra rester tournée vers les lumières de la nuit.

- Scully ? Quelque chose ne va pas ?

Il n’avait pas paru surpris mais, inquiet. Il ne lui avait pas demandé ce qu’elle faisait là mais, ce qui n’allait pas. Une réaction typique et très belle d’un véritable… ami.

Elle se retourna enfin. Elle ne put s’empêcher de rester accrochée à cette simple serviette de bain enroulée autour de lui. Quelques gouttes dégringolaient encore le long de sa peau. Elles glissaient et… son regard avec.

- Scully ?

Elle se ressaisit et rougit à l’intérieur d’elle-même, mal à l’aise de s’être laissée surprendre par l’ombre d’un désir.

- Hum … je n’arrivais pas à dormir.

Elle lui sourit.

Elle semblait gênée, confuse. Le son de sa voix venait de la trahir. Mais, Mulder détecta une belle lueur d’espièglerie au fond de ses yeux. Il s’approcha d’elle, doucement. Comme un animal avant de surprendre sa proie. Scully réalisa qu’elle était tombée dans la gueule du loup et qu’elle seule était la responsable de cet état. Elle ne pouvait pas reculer. A-moins d’être saisi au beau milieu de la nuit d’un certain courage nous donnant la force et l’idiotie de sauter du septième étage d’un palace Hollywoodien.

- J’avais fermé la porte. Comment as-tu pu …
- J’ai … volé.
- Tu as quoi ?

Il la cherchait. Il savait toujours comment s’y prendre pour trouver la faille en elle qui la pousserait à lui révéler ses pensées les plus refoulées.

- Je …

Elle sourit légèrement. Elle détourna par la même occasion son regard.

- Tout à l’heure, quand je suis retournée dans ma chambre… juste avant d’y retourner, j’ai … aperçu sur un des étalages que laissent trainer les femmes de chambre parfois dans les couloirs juste avant de changer les draps et les serviettes...

Elle reprit sa respiration.

Il s’était considérablement rapproché d’elle. La regarder s’empourprer dans une explication plausible jusqu’à en perdre son souffle était un vrai délice. Elle recroisa son regard.

- Je t’écoute. Continue Scully…

Il était si proche. Le parfum de la douche envahissait tout son corps. Cela ne lui ressemblait pas mais, en cette seconde, elle n’avait qu’une seule envie – lui arracher ce tissu qui le recouvrait. Elle sentit son souffle parcourir son visage, son cou…

- Je ne crois pas avoir entendu la fin de ton explication Scully… provoqua-t-il encore dans un souffle.

Il fit glisser ses doigts dans son cou. Elle sentit aussi ses lèvres se poser sur sa peau. Mulder comprit qu’elle allait défaillir au moment où, lui, sentit les mains douces de cette femme qui essayait de se justifier de sa présence si près de lui, agripper et parcourir son bras. Il décida de ne pas s’arrêter tout de suite pour que la sentence soit encore plus douloureuse et rageante… pour elle.

Elle savait que rien d’autre que lui n’était dissimulé sous cette serviette de bain qui l’enveloppait. Il n’y avait que son corps, sa peau… son parfum… Ses yeux se fermèrent. Il venait de s’emparer de son visage. Ses doigts rencontrèrent le coin de ses lèvres, puis… ce furent leurs deux lèvres qui se rencontrèrent. Il fit tomber sa veste noire. Même à quatre heures du matin, Scully ne semblait jamais vouloir se séparer de son tailleur, bien que ce soir, il s’agissait d’une robe. Il la trouvait d’ailleurs magnifique à l’intérieur mais, il savait qu’il la trouverait encore plus irrésistible sans. Elle commença à s’approcher dangereusement de l’endroit stratégique pour pouvoir faire glisser au sol ce fameux coton qui semblait tant l’embêter, la… « titiller »… Il intercepta aussitôt sa main, comme à une petite fille qu’on souhaite réprimander suite à une bêtise.

- Ha ha ha … fit-t-il doucement mais sur un ton si sensuel que Scully ne sembla pas comprendre tout de suite qu’il avait décidé de mettre fin volontairement à ce plaisir qui commençait à violemment s’emparer d’eux.

Elle chercha de nouveau ses lèvres. Où étaient-elles ? … Par pitié, il fallait qu’on les lui rende. Mulder. Elle ne voulait que lui. Elle ne se reconnaissait plus. Elle, d’habitude si réservée et toujours dans la retenue concernant tout ce qui était en relation avec l’autre ne comprenait jamais très bien cet instinct des sens qui la poussait naturellement à s’oublier dans les bras de cet homme. Mulder. Un homme avec lequel elle travaillait depuis pratiquement huit ans. Mais depuis quelques semaines, c’était le monde à l’envers, comme s’il n’arrêtait pas de se retourner sur lui-même. Le jour, ils étaient amis, deux agents du FBI travaillant ensembles, ne laissant rien paraître de leurs sentiments au-delà de l’amitié et … la nuit… tout semblait se retourner. S’accélérer. La nuit, tout semblait prendre sens. Les nuits ne devraient jamais s’arrêter. Tout semble parfois moins compliqué la nuit. Plus simple. La nuit, un instant où tout semble se ralentir, s’endormir, s’éteindre, devenir silencieux et pourtant… la nuit est parfois le seul moment où certains êtres arrivent enfin à se sentir vivants. Où certaines personnes se sentent juste exister dans les yeux de l’autre.

- Je t’écoute Scully, lui murmura-t-il de nouveau.
- Mulder, souffla-t-elle.
- Je sais je suis le pire des bourreaux.
- Même en Enfer, le Diable ne voudrait pas de toi.
- Il ne faudrait pas que je lui fasse de l’ombre.

Elle lui sourit. Elle était amoureuse de lui. Il le voyait dans ses yeux. Mais… ils n’en parlaient jamais. Ils ne se posaient pas de questions. Ils se contentaient de vivre leurs désirs. De prendre le rythme de leurs instincts. Ils ne pensaient pas à l’avenir. Ils étaient bien. Certains soirs, après le travail, ils n’étaient que de simples amis et chacun rentraient chez lui, et puis d’autres soirs, il ne fallait pas chercher à comprendre, ils n’arrivaient pas à se quitter, comme aimantés. Depuis trois semaines qu’ils se trouvaient dans cet hôtel, ils n’avaient pas encore fléchi. Dans l’après-midi, ils s’étaient même appelés depuis leurs chambres respectives. Elle lui avait dit qu’elle préparait sa valise pour leur retour à Washington. En réalité, elle était plongée dans un bain moussant. Et… leurs conversations n’avaient en rien trahi le virage que leur relation prenait quelque fois depuis… le début du mois de janvier. Mais, en ce milieu de nuit… ils craquaient… encore. Et ils n’aimaient pas chercher une raison à cette faille qui s’installait de plus en plus en eux. Comme ça, sans prévenir. D’un seul coup, le désir les submergeait. Il suffisait d’un regard silencieux, mais déchaîné par l’envie d’échapper… aux autres. Juste fuir le monde. Faire table rase et s’enfuir tous les deux. Tout laisser tomber. Et juste vivre.

Elle humidifia ses lèvres, et se les pinça sans véritablement s’en rendre compte. Elle se baissa pour ramasser sa veste. Elle glissa sa main dans l’une des poches et en sortit un badge gris.

Mulder écarquilla les yeux.

- Nan … Scully …
- Quand j’ai vu le badge posé entre les draps et les serviettes dans le couloir … j’ai pas pu m’empêcher de le prendre… tout comme moi, tu sais que celui-ci donne accès à toutes les chambres…
- Oui mais… je ne voudrais pas que tu te retrouves sous les barreaux par ma faute …

Elle s’esclaffa doucement.

- Enfin bon … tout cela me rassure car, je suis heureux de constater que tu as préféré forcer ma porte plutôt que celle de Skinner…
- Mulder ! chuchota-t-elle.

Elle rougit. Prise la main dans le sac. Elle n’avait pas réussi à lutter cette nuit. Oui… depuis quelques semaines… ils luttaient de moins en moins. La seule raison pour laquelle ils avaient néanmoins réussi à tenir aussi longtemps durant ces trois semaines était sans doute dû au chamboulement de leurs repères. Ils n’étaient pas à Washington, mais à Hollywood ! Ils avaient fait encore n’importe quoi et s’étaient retrouvés suspendus pendant trois semaines par leur supérieur, Skinner. Et… ce supérieur se trouvait pour une fois non pas à l’étage au-dessus mais, en dessous. Lui aussi était à Hollywood. Un gars, un peu farfelu, avait eu cette idée folle, saugrenue même de tourner un film basé sur l’histoire de deux agents du FBI. Ce qu’ils étaient. Et ce gars, un peu pénible d’ailleurs, avait tenu à les suivre sur plusieurs semaines afin de parfaire au mieux son scénario et … il était dorénavant intimement persuadé que l’agent Scully, c’est-à-dire, elle-même, pensa Scully, qu’elle et le directeur adjoint du FBI, donc Skinner ! … entretenaient une relation « secrète » ! Et tout naturellement, ils avaient été conviés à l’avant-première… ! Tout ceci était d’une aberrance absolue ! pensa encore Scully. Mais, être si près de cet homme en ce moment même, Mulder, n’était pas quelque chose d’insupportable, ni de grotesque. C’était juste magique et enivrant.

Elle s’assit sur le rebord du lit, laissant tomber au sol ses talons de la manière la plus suggestive qui puisse exister.

Il la déshabilla du regard. Ils s’étaient quittés il y a moins d’une heure. Ils avaient flâner dans quelques rues de la cité des lumières, là où la nuit ne s’arrête jamais, une carte de crédit du FBI dans la poche donnée par leur supérieur pour essayer d’essuyer la honte qu’avait versée la projection de ce film… mais, ils ne s’en étaient même pas servie. Ils s’étaient sentis trop occupés l’un par l’autre qu’ils n’avaient fait que déambuler dans la nuit éclairée. Mains dans la main. Ils s’étaient assis sur un banc. Ils avaient regardé les âmes défiler devant eux. Elle avait posé sa tête sur son épaule. Il avait senti sa respiration ralentir. Il avait compris qu’elle n’allait plus tarder à sombrer dans les griffes du sommeil. Il lui avait gentiment conseillé qu’il était peut-être temps de rentrer. Et… dès qu’ils avaient refranchi les portes de l’hôtel, le monde s’était remis à l’endroit. Ils étaient chacun remontés dans leur chambre. Le monde était resté à l’endroit seulement… trente minutes. Tout s’était retourné au moment où elle s’était levée de son propre lit sur lequel elle s’était allongée, toute habillée, elle pensait. Elle pensait à lui. Elle avait cru sentir le sol trembler aussi, juste avant d’entrer dans sa chambre, trente minutes plutôt donc… lorsqu’elle s’était emparée discrètement du badge, oublié par mégarde dans le couloir par une femme de chambre distraite une seconde de trop.

- Ecoute Scully… essaya de se ressaisir Mulder.
- Je t’écoute.

A son tour de le provoquer. Mulder n’eut qu’une seule envie. Tout comme elle brûlait d’envie, il le sentait, de lui faire glisser la serviette, lui, il voulait lui arracher sa robe. Cette fois-ci, c’est lui qui n’arrivait plus à finir ses phrases, à trouver ses mots, trop troublé par ce qu’il avait sous les yeux. Une collègue, une amie, une femme dévorée par le désir. Son amante.

Néanmoins, il tenta de continuer et lui lança la première excuse qui lui traversa l’esprit :

- Il … il est tard…

Elle s’esclaffa, tout en silence.

- Tard Mulder…

Elle se leva.

- Depuis quand toi et moi, on se soucie de l’heure ?

Elle s’était presque collée contre son torse nu. Elle lui murmura au creux de l’oreille, tout en glissant sa main vers sa taille.

- Tu veux que je te rappelle le nombre de fois où tu m’as ordonné de quitter mon lit au beau milieu de la nuit pour te suivre je ne sais où ? … …
- Non… lui répondit-il à bout de souffle, bien trop perturbé par les mains baladeuses et sacrément aguicheuses de sa partenaire.

Jusqu’au dernier instant, il crut qu’elle allait lui défaire. Qu’elle allait enfin le débarrasser de tous les obstacles qui pouvaient perdurer entre eux. Elle joua encore une dernière fois avec le coton serré autour de sa taille puis, elle s’écarta. Elle ancra ses yeux dans les siens puis, lui prit la main, lui faisant ainsi comprendre que cela ne faisait que commencer. Leur voyage au bout de la nuit n’était pas prêt de s’achever. Pas encore. Elle l’attira vers le lit. Ils s’y assirent tous les deux, doucement, sans jamais abandonner les yeux de l’autre. Elle se tourna légèrement sur le côté. Il commença à peupler une nouvelle fois son cou de son souffle et de baisers. Elle aimait ça. Il le savait. C’était son début d’itinéraire préféré. Ses baisers dans son cou… si enivrant. Il aimait la voir s’embarquer dans un autre monde. Il aimait l’idée que lui seul était capable de lui faire perdre le contrôle. Lui, uniquement savait comment s’y prendre. Il détenait la clef. Parce qu’elle lui avait donnée. Tout doucement, il fit glisser une bretelle de sa robe sur son épaule. Elle bascula légèrement sa tête en arrière, comme pour mieux savourer ces secondes d’un plaisir naissant. La deuxième bretelle glissa. Puis, il s’attaqua à la fermeture de sa robe. Il sentit le pouls de sa partenaire s’accélérer brutalement au moment où il parcouru à l’aide de ses mains et de ses lèvres son dos à présent dénudé. Il lui souleva quelques mèches rousses qui cachaient sa nuque, tout en la caressant. Elle se retourna vers lui. Leurs yeux fermés, ils se cherchaient des lèvres. Il écarta le haut de sa robe afin de l’en dégager complètement par le haut. Elle sourit. Il ne le vit pas. Ses yeux étaient fermés. Mais il le vit à travers le souffle que ce sourire dégagea. Elle se rapprocha de lui. Elle se risqua encore une fois à glisser ses mains près de sa taille. Aussitôt, Mulder l’intercepta. Il ne voulait pas précipiter les choses cette nuit, il voulait faire durer le plaisir, juste la faire languir… Il voulait la garder avec lui le plus longtemps possible. Elle avait encore trop tendance à avoir cette fichue habitude de disparaître dans la nuit. Mais peut-être que pour celle-ci ce serait différent. Elle n’avait pas disparu dans la nuit, mais elle lui était apparue…

- Mulder… lui reprocha-t-elle.
- J’ai été patient durant de nombreuses années, maintenant c’est à toi de l’être… !

Il lui parvint encore ce souffle qui se dégageait d’elle lorsqu’elle souriait.

Elle se coinça contre lui, se calant contre sa taille. Ils ne s’effleuraient plus, ils semblaient vouloir fondre l’un dans l’autre. La fougue montait. Leurs baisers, jusqu’ici tendres et doux s’évaporèrent progressivement pour laisser la place aux baisers incontrôlés, coupant la respiration, et faisant oublier tout. Sauf l’instant présent. Il dégrafa en un geste son soutien-gorge. Il la fit basculer en arrière, en travers du lit. Ce qui énervait tant Scully glissa enfin au sol. Il était à présent nu. Elle sentait partout en elle combien il la désirait. C’était étrange la manière dont les choses basculaient parfois entre eux. Ils ne savaient jamais quand le changement allait opérer. Jamais ce n’était prémédité. Tout se bousculait dans les derniers instants. Certes, elle avait volontairement dérobé ce badge pour s’introduire dans la chambre de Mulder mais… elle avait juste eu envie de sentir sa présence près d’elle. Rien de plus. Elle avait juste voulu continuer cette nuit qu’ils avaient commencée ensembles, en errant dehors. Deux nuits auparavant, ils s’étaient retrouvés au bar de l’hôtel. Ni elle, ni lui, ne s’étaient donnés rendez-vous. Ils avaient juste été victime de la même envie au même moment. Ils avaient juste discuté, au beau milieu de la nuit encore, autour d’un verre. Et rien de plus. Au cours de cette nuit, ils avaient juste eu besoin d’une écoute, d’une oreille attentive, d’un ami. Ils avaient juste eu besoin de se sentir en confiance. Comme s’ils avaient eu besoin de se prouver que eux deux, c’était bien plus qu’une simple histoire de désirs et de pulsions. Ils avaient tenu bons pendant trois semaines. C’était comme s’ils avaient d’un commun accord silencieux, décidés de faire une escale, une pause, pour pouvoir continuer plus sereinement leur voyage. Et oui… eux deux, c’était bien plus qu’une simple histoire de désir. Ils l’avaient senti lors de ces courtes heures passées sur ce banc, au beau milieu d’une foule qui donnait l’impression qu’elle n’avait jamais envie de dormir. Une foule qui avait soif de sensations et d’un air qui à chaque instant n’était jamais deux fois pareil.

Leurs corps nus dansaient l’un avec l’autre. Leurs respirations se perdaient dans des saccades de plus en plus rapides, incontrôlées et fortes, mais s’accordant toujours selon le même rythme. Il rouvrit ses yeux. La contempler s’abandonner l’émouvait toujours autant que lors de cette première fois où ils s’étaient offerts l’un à l’autre. A chaque fois, il se sentait chaviré. Elle respirait difficilement. Sa tête était penchée en arrière. Elle finit elle aussi par rouvrir ses yeux, comme si elle avait senti qu’il n’était plus vraiment là. Elle chercha ses yeux. Il faisait si noir. Elle les trouva. Ils retrouvèrent peu à peu leurs souffles. Il posa son front contre le sien.

- Qu’est-ce qu’il y a ?

Elle s’était arrachée ces quelques mots. Le plaisir la submergeait. Elle était tremblante.

- Rien… il n’y a rien.
- Menteur…

Il sourit.

- J’ai juste parfois du mal à réaliser…

Elle l’enlaça encore plus.

- … que toi et moi…
- Mulder… parfois… je crois… qu’il ne faut pas chercher à comprendre. Surtout dans des moments pareils…

Son sourire se renforça. Elle avait raison. Chercher à savoir « pourquoi » dans un tel moment était presque un outrage aux règles de la bienséance. Leurs lèvres se scellèrent de nouveau. Ils roulèrent sur le lit. Elle se retrouva au dessus de lui. Puis très vite, ils se sentirent soulever par leur propre danse, leurs tremblements, l’air qui semblait de nouveau leur manquer. Plus de questions. Plus de doutes. Juste cette soif insatiable de sentir l’autre au plus profond de soi.

Le lendemain matin.

Il regarda une dernière fois sa montre et soupira.

- Mais qu’est-ce qu’ils font ?

Cela ne leur ressemblait pas. Ils étaient en retard.

- C’est bon, ils arrivent, murmura à l’avant une femme à un homme.

Skinner parut soudainement un peu plus soulagé.

Un bruit de pas rapide et précipité résonna. Plusieurs personnes murmurèrent discrètement, un peu exaspérés par l’attente :

- Ah enfin ! C’est pas trop tôt…

Le souffle court, il les vit surgir à l’entrée de l’avion. Skinner ne put dissimuler l’étonnement qui s’empara de lui à la vue de ses deux agents… mains dans la main. C’était pour qu’il l’aide à courir plus vite. Oui, c’était sûrement ça. Mulder n’avait pas voulu perdre Scully en cours de route. A ceci près qu’ils… étaient arrivés tous les deux en retard. Tous les deux avaient bel et bien failli rater leur avion pour rentrer sur Washington car, ils étaient… ensembles.

- Vous avez de la chance, leur dit l’hôtesse chargée de les accueillir et de les placer. Une minute de plus et… vous étiez bon pour le prochain !
- Panne de réveil ! fit comprendre malicieusement Mulder à l’hôtesse.

Skinner vit Scully sourire. Puis, celle-ci croisa son regard. Skinner ! Elle l’avait complètement oublié. Leurs trois billets de retour avaient été réservés sur le même vol, c’est vrai ! Comment avait-elle pu oublier ?! … C’était sûrement l’effet de cette nuit sans fin. Mulder avait réussi à la déconnecter de la réalité… et pas qu’un peu. Elle n’osa même pas compter le nombre de fois qu’il avait réussi à la faire… « décoller »… ! ... Elle réalisa qu’il fallait qu’elle lâche la main de Mulder. Ce qu’elle fit. L’hôtesse les dirigea vers le fond de la carlingue. Scully se retrouva entre Skinner et Mulder.

Elle regarda dans un premier temps ses mains. Skinner avait compris. Ce n’était pas possible autrement. Ses yeux l’avaient trahi au moment où Mulder s’amusait à donner une explication à l’hôtesse, concernant leur retard. Skinner n’avait eu qu’à lire dans ses yeux. Puis, elle prit un magazine traînant dans le filet du siège. Et Skinner choisit le moment où Mulder se leva pour aller aux toilettes pour se lancer :

- Agent Scully…

Elle ne décrocha pas ses yeux du magazine. De quoi parlaient les pages qu’elle était en train de lire ? … Elle n’en avait strictement aucune idée !

Elle savait où il voulait en venir. Ce qu’il voulait éclairer. Des explications. Voilà ce qu’il voulait.

- … je vous connais depuis longtemps…

Elle ne décrochait toujours pas ses yeux des pages colorées.

- … vous êtes l’un de mes meilleurs agents. Vous avez toujours fait preuve d’un très grand sérieux et d’une extrême « ponctualité »…

Elle grimaça à l’intérieur d’elle-même.

- L’agence a toujours pu compter sur vous. Et…

Elle releva la tête vers lui, ce qui le déstabilisa un quart de seconde.

- Et quoi ? demanda-t-elle le plus innocemment du monde.

Elle lui tenait tête.

Il voulu reprendre, mais elle l’en empêcha.

- Monsieur ! Moi et Mulder ne sommes pas en service. Vous le savez. C’est vous-même qui nous avez mis à pied durant trois longues et interminables semaines. Ce qui se passe dans ces moments-là ne concerne en rien le règlement du FBI. Moi et Mulder ne regarde que moi et Mulder.

Jamais, il ne l’avait vue afficher une telle assurance et une telle détermination dans sa voix et dans son regard…

- Ya un problème ? demanda Mulder, surpris et un peu inquiet d’observer Skinner et Scully, les yeux dans les yeux, se demandant qui allait oser tirer le premier.

Walter Skinner leva les yeux vers Mulder.

- Non. Il n’y en a aucun, répondit-il tout en recroisant le regard de Scully, lui faisant ainsi comprendre qu’il n’y avait effectivement aucun problème.
- Bien, lança Mulder soulagé. Parce que l’espace d’une seconde, j’ai cru que Scully avait encore désobéi au règlement.

Elle se retourna vivement vers lui.

- Je plaisante… la rassura-t-il. Le FBI ne peut de toute façon se passer de toi. Personne… ne peut se passer de toi.

Elle aurait voulu l’embrasser. Mais ce n’était pas possible. Skinner… était toujours dans les parages.

- Mulder a raison.

Scully se retourna vers Skinner.

- Vous êtes l’un de nos meilleurs scientifiques… pour ne pas dire le meilleur. Ne me décevez pas. Me suis-je bien fait comprendre ? …

Mulder comprit soudainement de quoi eux deux avaient bien pu parler durant sa courte absence. Il s’en voulu presque d’avoir abandonné Scully face à Skinner.

- Monsieur…
- Oui agent Mulder ?
- Si jamais… l’agent Scully vous donne encore la sensation de vous décevoir ou… de désobéir au règlement… sachez que… ce n’est pas un agent que vous perdrez mais « deux » agents… Et puis…vous pouvez pas nous virer. Vous l’avez dit vous-même. On est les meilleurs.

Oui… pas de doutes… ces deux-là étaient bien amoureux. Il avait eu des soupçons quelques mois auparavant mais… ce n’était resté que des soupçons. Skinner répondit :

- Mais… je ne me fais pas de soucis pour l’agent Scully. Je suis sûr qu’elle sait ce qu’elle fait.
- Ah ça oui !

C’était sorti tout seul. Faiblement mais… sûrement. Les yeux rivés vers le tissu du siège devant elle, Scully ne s’était même pas encore entendu prononcer ces trois mots qu’elle sentit le rouge l’envahir. Discrètement, Mulder lui saisit la main.

Une sonnerie claire comme un léger gong se fit entendre :

« Mesdames et messieurs, ici votre commandant, je vous prie de bien vouloir regagner vos places et d’attacher vos ceintures. Nous entamons notre descente vers Washington D.C. Le ciel est dégagé. La température extérieure est actuellement de 15°C. Je vous souhaite à toutes et à tous une agréable journée. J’espère que vous avez passé un bon voyage en notre compagnie. »

Scully se sentit sauvée par le retour au sol. Skinner n’était apparemment plus désireux de plus amples explications. De toute façon… il sortait bien avec sa secrétaire… Skinner songea qu’il était peut-être temps de réviser le protocole du F.B.I.

Interdits ou pas… service ou pas en service … dans tous les cas… Mulder et Scully n’étaient pas prêts de renoncer aux nuits sans fin.


The End. I love you

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