Coeur et Confiance

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Coeur et Confiance

Message  PtiteCoccie88 le Lun 20 Déc 2010 - 10:37

Titre: Coeur et Confiance
Auteur: Coccie
Date de publication: Lundi 4 octobre 2010 (1ère Edition) - Lundi 20 décembre 2010 (2ème Edition)

Avertissement: PG-13
Catégorie: S
Mots Clés: MSR
Ship: ++ (exp+)

Résumé: De l'amitié à l'amour... il n'y a parfois qu'un pas...

Disclamer: Les personnages ne m'appartiennent pas. Je ne m'en sers que pour le plaisir de mon Imagination et celle des Autres.

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« Je suis plein du silence assourdissant d’aimer » Aragon.

« Le cœur qui d'abord résiste - comme un vase qu'on enfonce dans l'eau et qui se remplit tout à coup. »
Paul Claudel.


COEUR ET CONFIANCE


La lumière s’infiltrait sur ses joues. Elle regardait par la fenêtre. Les décorations de fin d’année brillaient. Elle essayait de se concentrer dessus et de se laisser embarquer et émerveiller par toutes ces paillettes, par toute cette joie, par toutes ces personnes émanant de bonheur, juste heureuse dans les bras de l’autre, d’un ami, d’un amant… savourant simplement ce passage au second millénaire.

- Alors, où est-ce que je vous dépose ?
- Pour moi ce sera Georgetown, s’il vous plait.

Il ne s’était pas attendu à cette réponse. Ces deux-là, ne passeraient donc pas le restant de la nuit ensembles. Dommage, se dit-il. Il aurait pourtant juré, dès qu’ils les avaient aperçus à l’aéroport bien avant qu’ils ne s’engouffrent dans son taxi, qu’ils partageaient leurs nuits depuis toujours. Il en aurait même mis sa main à couper. Cela se voyait dans leurs regards. Surtout dans les yeux de l’homme. La fille qui regardait toujours par la fenêtre était plus difficile à décrypter. On aurait dit qu’elle essayait de se fondre avec la vitre. Il était pourtant si persuadé qu’ils formaient un couple ! Visiblement l’heure avancée avait rendu son jugement moins fiable. Le chauffeur reprit :

- Il n’est que trois heures du matin ! Ne me dites pas madame que vous allez abandonner une nuit pareille ?

Elle se tourna vers lui. Mulder lui renvoya un sourire timide. Mais elle, ne se dérida pas. Puis, s’avançant vers le chauffeur, dans un très grand calme elle répéta:

- Pour moi ce sera Georgetown, s’il vous plait.

Le taxi s’arrêta. Le chauffeur retira une valise du coffre.

- Bonne nuit Mulder.
- Bonne nuit Scully.

Ils croisèrent leurs regards. Les secondes leur parurent soudainement interminables. Elle relâcha la première tout en ouvrant la portière. Lui aurait pu rester ainsi aussi longtemps qu’elle lui en aurait donné la possibilité. Mais, elle en avait décidé autrement. Il l’observa monter les escaliers de l’immeuble presqu’en courant. Elle ne se retourna pas une seule fois. Si on lui avait donné le pouvoir de se dématérialiser sur le champ, il sait qu’elle l’aurait fait. Et pour ce soir, elle avait décidé de fuir… comme toujours.

Le chauffeur reprit sa place à l’avant tout en lançant un regard au rétroviseur interne.

- Raah … vous inquiétez pas… ce n’est qu’une question de temps ! Ce soir elle fuit mais … croyez-moi ! Une fois qu’elles ont décidé de rester… elles ne partent plus jamais. (Il lui fit un clin d’œil malicieux à travers le rétro interne) Ces filles sont rares… compliquées… mais ce sont de vraies perles… il faut pas les brusquer … et je sais de quoi je parle ! Maintenant la balle est dans son camp ! Vous n’avez plus qu’à attendre ! Et croyez-moi… vu la façon dont elle vous regarde… le supplice devrait bientôt toucher à sa fin ! … En tout cas… vous avez bien choisi…

Mulder détacha enfin son regard du hall de l’immeuble de Scully. Les paroles de cet inconnu lui frappèrent l’esprit. Ce chauffeur qu’ils ne connaissaient pas il y a encore moins d’une heure avait sur le champ saisi la profondeur de leur relation mais, surtout, il semblait y voir beaucoup plus clair qu’eux ! Et s’il avait vu tout ça rien qu’en les scrutant à l’aide de son rétro, cela signifiait tout simplement qu’ils avaient franchi la limite qu’ils s’étaient imposés en silence dès le départ. « Et croyez-moi, vu la façon dont elle vous regarde… le supplice devrait bientôt toucher à sa fin ! » Les mots de l’inconnu résonnèrent de nouveau en lui. Il fallait que cela vienne d’elle. Rien ne se passerait tant qu’elle ne voudrait pas.


***

Le lendemain, Dimanche 2 janvier 2000

Il ouvrit son sac. Depuis son retour, il n’avait même pas pris la peine de défaire son bagage. Il se sentait préoccupé. Son esprit était … ailleurs. C’était une sensation plutôt étrange, comme lorsqu’on se sent angoissé mais, qu’on se trouve incapable de mettre le doigt sur la source de cette angoisse, de ce nœud à l’estomac. Il enleva sa veste du sac, mais il s’arrêta dans son geste. C’était la veste qu’il lui avait mise sur les épaules dans l’avion. Elle s’était endormie. Il avait cru la voir frissonner. Alors… il l’avait recouverte avec sa veste, pour pas qu’elle ne prenne froid. Quand elle s’était réveillée, peu avant qu’ils atterrissent sur le tarmac de Washington, elle avait paru surprise de trouver cette veste sur elle. Elle lui en voulait un peu. Du-moins, c’est la sensation qu’elle lui avait fait gentiment laisser entendre. Il s’était défendu en disant que la clim’ avait été montée de plusieurs crans durant son sommeil. Et il n’avait pas menti… (D’accord ! peut-être un peu...) « Ce n’est qu’une question de temps !... il faut pas les brusquer… Maintenant la balle est dans son camp ! Vous n’avez plus qu’à attendre ! » … En douceur… il fallait y aller en douceur et surtout être patient. Mais au fond, lui-même qu’est-ce qu’il voulait ? … En avait-il vraiment envie ? … Il n’avait jamais eu son esprit autant confus et emmêlé. Ce trouble était suffisant pour lui prouver qu’il avait envie de plus. Et elle ? … Que voulait-elle ? Il ferma ses yeux. Le parfum imprégné au cœur de sa veste qu’il tenait toujours entre ses mains créa en lui un manque insoutenable, une véritable torture ! Il avait envie d’être près d’elle… A maintes reprises, il avait eu besoin d’elle, de sa présence, de son jugement, de son soutien, de la scientifique, d’une amie… mais maintenant… tout ce qu’il voulait, c’était elle. Juste Scully. Il voulait la femme qui se cachait en elle… Et, il n’y avait qu’un moyen pour savoir si elle aussi voulait plus qu’un ami. Il décrocha le téléphone.

Il était quinze heures de l’après-midi et elle n’en était rendu qu’à l’étape de la douche, pas parce qu’elle ne s’était levée que maintenant, non ! Juste parce qu’elle avait été tout simplement incapable de faire quoi que ce soit depuis qu’elle avait quitté ce taxi. Depuis qu’elle l’avait quitté lui. Mulder. Elle était rentrée, avait jeté sa valise dans la chambre et avait passé le restant des heures assise sur son canapé, une tasse bien chaude entre les mains, avec la télé en musique de fond… Et même quand arrivait le moment de s’endormir… la même révélation revenait sans cesse lui frapper l’esprit avant même que la lumière n’ait pu rencontrer une seule de ses prunelles. Elle pensait à lui. Elle n’arrivait pas à faire autre chose que de penser à lui. Il l’habitait. Bon Dieu ! Qu’est-ce qu’il lui arrivait ?! Elle ne s’était pas sentie comme ça depuis sa dernière année en médecine ! Même sous la douche, elle pensait à lui. Ce genre de pensée lui avait déjà traversé l’esprit – Elle et Mulder. Elle avait plusieurs fois imaginé ce que les choses seraient s’ils étaient plus que des amis. Et puis, tous les deux avaient l’habitude d’essuyer les rumeurs qui couraient dans les couloirs du FBI à propos d’eux. Une femme et un homme enfermés dans un sous-sol… les rumeurs allaient bon train. Mais, elle s’en fichait. Cela ne l’avait jamais atteinte ni même fait du mal car… ces rumeurs étaient « carrément » fausses ! Mais… aujourd’hui… elle n’arrivait tout simplement pas à effacer cette drôle d’idée que lui et elle pourraient être plus que des amis. Pas parce qu’elle ne savait plus comment faire, non, elle ne pouvait pas oublier quelque chose qu’elle avait si souvent faite. Là, elle n’y arrivait pas, car… elle ne voulait pas. Elle ne voulait pas laisser échapper cette « drôle d’idée ».

La sonnerie stridente la fit revenir à la réalité. Elle arrêta l’eau et enroula une serviette de bain autour d’elle tout en se précipitant sur le téléphone.

- Allo ?
- Scully ?
- Oui.
- C’est moi.
- Oui.
- Je me demandais si…
- Oui…
- Euh… j’aimerai savoir si je pouvais enlever…
- Ton bandage ?
- J’aurai besoin d’un docteur.
- …
- Scully ?
- … j’arrive.

***

45 minutes plus tard

Les portes de l’ascenseur s’ouvrirent et Scully respira aussi fort qu’elle le put. Elle fit une chose qu’elle n’avait pas pour habitude de faire. Elle vérifia sa tenue. Un pantalon noir et un pull blanc, le tout dissimulé sous une veste noire. (Et ce n’était même pas la peine de mentionner qu’elle avait aussi vérifié sa coiffure dans le miroir de l’ascenseur… !) Mais bon sang ! Maintenant ses mains semblaient trembler… Il avait besoin d’un docteur, elle était médecin. Une équation parfaite, sans aucun mystère. Et surtout sans aucun sous-entendu ! Du-moins, elle essayait de s’en convaincre… Elle venait juste vérifier l’état de son bras qu’il s’était fait mettre en sang quelques heures plus tôt par une bande d’adeptes qui avaient voulu à eux tous seuls revisiter Thriller ! Bref … passons ! Car, elle était arrivée devant le numéro 42… Elle respira encore une fois, espérant dissiper ces tremblements nerveux qui s’emparaient progressivement d’elle. Elle porta plusieurs coups sur le bois qu’elle s’amusa à faire tinter en mélodie douce et … gênée.

Il ouvrit la porte. Elle entra et passa sous son bras (celui en bon état évidemment) sans qu’elle lui ait laissé le temps de prononcer un seul son.

- Je t’en prie… entre… se murmura-t-il.

Il se retourna. Elle était déjà au milieu de l’appartement. Il referma la porte.

- Si tu restes « scotché » dans l’entrée Mulder, je vais avoir du mal à t’examiner.

Elle était d’un calme remarquable. Un contrôle absolu. Ce qui ne l’avait pas empêché de déceler une lueur d’appréhension dans les yeux de sa partenaire entre l’instant où il lui avait ouvert la porte et celui où elle s’était infiltrée dans le salon. Un bleu océan pas si calme que cela.

- J’arrive et… « bonjour » !

Elle ne releva même pas les yeux vers lui.

- Bonjour Mulder.

Elle s’était adossée contre la table de la cuisine. Il n’était plus qu’à quelques centimètres d’elle.

Si elle croisait son regard, elle savait que ce serait irrémédiablement « foutu » ! Faire comme s’il ne s’était rien passé. Après tout, que s’était-il passé ? Il l’avait juste embrassée. Rien de plus. Et à minuit qui plus est ! Des tas de personnes faisaient cela à minuit, un premier janvier. Oui, mais pas des amis ! Seuls les amants … ! « Oh non… c’est pas possible ! » hurla-t-elle en silence. Elle se sentait comme une collégienne, stupide, presque honteuse de se trouver si fébrile devant le désir qui lui donnait l’impression qu’elle était en train de revivre ses premiers émois d’adolescentes ! Ou alors, c’était parce que les deuxièmes fois… les dix-millièmes fois n’ont jamais existées et qu’elles n’existeront probablement jamais… Scully comprit qu’il n’y avait en réalité que des premières fois… Son bras, il fallait se concentrer sur son bras, sur la raison première de sa venue, ici, dans son appartement, au milieu de la cuisine de Mulder, un dimanche après-midi.

A quoi pensait-elle ? Elle était en train d’examiner son bras sous toutes les coutures. Dans un premier temps elle enleva délicatement le bandage enroulé tout autour. Elle ne pouvait pas penser qu’à son bras… ce trouble dans son bleu-azur, il n’était pas fou, il l’avait bien senti. Toujours ce besoin de tout contrôler. Elle ne pouvait s’en empêcher. Un pas de travers et « paf », c’était la fin du monde. Sauf que… il l’avait embrassée et … la fin du monde n’avait pas frappé. Même s’ils avaient tous les deux cédé à ce pour quoi ils avaient toujours lutté – leurs désirs. Puis dans un deuxième temps, elle lui demanda :

- Lève le bras...

Il s’exécuta. Elle lui faisait faire plusieurs mouvements articulatoires, même si rien n’avait été cassé. Une simple précaution. Un « truc » de médecin sûrement ou peut-être juste un « truc » pour retarder une confrontation... Non elle ne pouvait pas penser qu’à son bras. Scully était humaine… elle avait elle aussi le droit de succomber et d’échapper à la réalité. Ils avaient déjà la confiance de l’autre … ne restait plus que le cœur…

Ses mains posées sur son bras, l’aidant à exécuter cette série de mouvements divers lui rappela violemment cette sensation qu’elle avait ressentie ce soir-là… toujours ce même soir. Ce moment où il avait passé son bras autour de ses épaules... puis ils étaient sortis de l’enceinte de l’hôpital et s’étaient rendus à l’aéroport. A cet instant précis où il l’avait prise dans ses bras, son corps avait répondu à cet appel… des sens. C’était comme si son corps venait de se réveiller. Et en cet instant même … rien qu’en posant ses mains sur son bras, de le toucher… elle comprit que son corps n’était pas prêt d’oublier et de laisser filer ces doux frissons ressentis depuis ce baiser, depuis ce bras passé autour d’elle, depuis cette veste marron qu’il avait délicatement positionnée sur ses épaules dans l’avion… Son corps voulait plus… et son esprit… que voulait-il ? La réponse était évidente. Elle n’avait pratiquement pas dormi et rien mangé depuis qu’elle l’avait quitté… elle n’avait rien fait… sauf penser à lui. Son esprit le voulait. Lui. Mulder.

Doux et vanillé. Son parfum, celui qu’elle avait emprisonné dans sa valise, dans sa veste, sur sa peau… l’envahissait de nouveau. S’il y avait bien une personne qui devait absolument se contrôler dans cette pièce… c’était lui, et non elle.

Elle laissa tranquille son bras, leva enfin les yeux et lui sourit.

- C’est bon… ton bras respire la santé. Tu peux retourner jouer au base-ball… Tu peux faire ce que tu veux…

Il lui rendit son sourire.

- Ce que je veux ?

Par pitié… ne pas croiser son regard. Ne pas faire que le bleu rencontre le vert. Elle lui avait souri. C’était
déjà « trop ».

- Oui…

Non seulement elle avait croisé son âme mais en plus, sa voix n’était plus qu’un souffle. Il agrippa le bleu de ses yeux comme pour la retenir… l’empêcher qu’elle ne se dérobe une énième fois. Attendre… mais quel châtiment ! Elle venait de dire qu’il pouvait faire ce qu’il voulait. C’était tentant. Avait-il le droit ? … Elle ne le lâchait pas des yeux. Ses sens lui donnèrent la réponse. Il pencha son visage vers elle. Il sentit bientôt son souffle légèrement saccadé sur lui. Elle ne se dérobait toujours pas. Ou rectification… elle se dérobait sous ses sens. Elle ne fuyait plus, elle ne luttait plus contre son envie… Un désir commun et brûlant. Elle s’abandonnait. Malgré elle, elle eut un léger mouvement de recul dû à une certaine crispation nerveuse qui l’envahit soudainement au moment même où elle sentit à son tour son souffle sur elle. Elle agrippait de ses deux mains la table sur laquelle elle était toujours adossée… comme si tant que ses mains reposaient sur le bois, elles ne pouvaient reposer sur lui… Oui… Scully essayait dans un ultime effort de sauver le peu de contrôle qui l’habitait encore. Il glissa une main sous ses cheveux. Le peu de contrôle l’avait désormais quittée… Au contact de sa paume contre sa joue, elle ne put résister davantage. Elle ferma ses yeux. Mulder se sentit défaillir car, il savait que lui seul était responsable du laisser-aller de la femme qui se tenait en face de lui, si près de lui. Il eut l’impression de la découvrir comme jamais elle lui en avait donné et accordé l’occasion. Les émotions se décuplèrent. Sa paume était si chaude ou était-ce en réalité sa joue qui était en feu ? … Une de ses mains abandonna enfin la table pour partir à l’encontre de la sienne posée contre sa joue, non pour se dégager de l’emprise de Mulder, mais pour au-contraire… mieux l’amener… contre elle. Pour la première fois en pratiquement huit ans, il sentit enfin qu’elle se laissait tomber, complètement, dans l’instant présent. Plus de questions s’entrechoquant dans l’esprit. Plus d’analyses existentielles, plus rien. Juste Elle et Lui. La sentir si proche de lui, si accessible était… juste inimaginable il y a encore quelques secondes. Leurs visages se frôlaient… leurs lèvres…

« Toc Toc Toc ! »

Scully rouvrit ses yeux et se redressa aussitôt. Alerte plus que jamais ! On aurait presque cru entendre les violons s’arrêter et le tourne-disque dérailler.

- Skinner ! J’avais complètement oublié…
- Quoi ?
- Chut Scully! chuchota Mulder.
- Mais…

Il plaça un doigt sur ses lèvres, à défaut d’avoir pu de nouveau les goûter…

- C’est pour un rapport. Celui de la semaine où t’étais clouée au lit… il a appelé entre le moment … (Il grimaça, appréhendant déjà la réaction de sa partenaire)… où moi je t’ai appelée et le moment où toi tu es arrivée…

Elle arracha sa main qui emprisonnait sa bouche.

- Mulder ! chuchota-t-elle à son tour. Deux mois ! C’était il y a deux mois que j’étais « clouée au lit » comme tu dis ! Mulder ! Tu avais tout le temps de lui remettre ton rapport !
- Je sais… Il grimaça encore.

« Toc Toc Toc Toc ! »

- Mulder ! C’est Skinner ! Vous êtes-là ? !
- Oui ! Une minute ! J’arrive ! …

Là, il n’y avait plus de doutes. Mulder discerna parfaitement une panique atroce dans son bleu-océan. Sans réfléchir, il saisit la veste noire qu’elle avait posée sur une des chaises près de la table et la fit disparaître dans sa chambre, tout comme sa propriétaire.

- Mulder !… essaya de rétorquer Scully.
- Chuuut ! Tu restes là et tu bouges pas !
- Mais…

La porte de la chambre se referma.

Elle leva les yeux au ciel. Pendant un quart de seconde, elle se demanda si elle se sentait exaspérée à cause des étourderies de Mulder, de son manque crucial de sérieux dans certaines situations, comme par exemple, défaillir au règlement en « oubliant » de rendre tous les rapports de l’année en cours avant la suivante ! Ou alors… se sentait-elle exaspérée, frustrée… parce qu’on leur avait arraché avant même qu’il ne prenne réalité… ce second baiser…

Elle colla son oreille sur la porte.

- Je suis vraiment navré de vous déranger un dimanche après-midi Mulder mais… je pense que vous savez pertinemment l’objet de ma venue…
- Oui, c’est de ma faute. J’ai pris pas mal de retard ces derniers temps.
- Et heureusement que l’agent Scully vous a plus d’une fois aidé à finir vos rapports !

Scully sourit. Sauf qu’en réalité, elle ne finissait pas ses rapports… elle les lui rédigeait entièrement ! Sauf celui-ci apparemment… Elle entendit qu’on farfouillait. Plusieurs documents semblèrent dégringoler sur le sol.

- Mulder… se murmura-t-elle, … amusée.
- Tenez ! Le voici !
- Merci bien Mulder. Et à l’avenir, tachez d’être un peu plus organisé !

Scully décolla de la porte et regarda autour d’elle. Dans sa chambre. Elle se trouvait… dans sa chambre. Elle ne discernait plus qu’un brouhaha en provenance de derrière la cloison. Elle ne s’était jamais aventurée dans cette partie de l’appartement. Une salle de bain communiquait avec la pièce. Et… le lit était fait. Mulder était… surprenant. Ou alors, c’était parce que tout comme elle, il ne dormait presque jamais et que tout comme elle encore une fois, il préférait passer la nuit sur le canapé plutôt que de se sentir seul dans un lit trop grand. La solitude ne l’avait jamais dérangée. Elle aimait être seule et indépendante mais… ces temps-ci, il y avait comme un manque. Et le manque ne survient que lorsqu’on donne son cœur. Elle souffla. Elle tournait vraiment en rond dans la pièce. Elle décida de se poser sur le lit, mais juste sur le rebord, tout en prenant sa veste dans ses mains, comme pour s’occuper. En réalité, sa veste n’était plus qu’un bout de chiffon tellement ses mains s’acharnaient dessus. Elle les entendait toujours discuter derrière la porte, mais ne faisait plus aucun effort pour tenter de comprendre ce qu’il se disait. Etait-elle amoureuse de lui ? Dana essaya de répondre à cette question. Le seul fait qu’elle ne trouvait toujours pas de réponse au bout de dix minutes fut suffisant pour lui prouver que… oui… il y avait de fortes chances pour qu’elle en soit amoureuse. La réponse ne venait pas, car elle avait peur de se l’avouer. Elle n’avait jamais pleinement donné son cœur par peur de perdre… car lorsqu’on n’a rien, on ne peut rien perdre. Mais, cette fois-ci, refuser de donner son cœur était peut-être une erreur… elle risquait de perdre sa vie. Elle le sentait au fond d’elle-même. Sa vie était avec Mulder.

Skinner afficha un air troublé.

- Vous allez bien monsieur ?
- Oui… juste que… qu’un homme si mal organisé soit aussi doué pour parfumer son intérieur… c’est rare.

Mulder déglutit difficilement.

Skinner lui sourit. Mulder ne réussit qu’à lui renvoyer un air crispé. Skinner posa une main sur l’épaule de Mulder.

- Bon ! En tout cas… bonne année Mulder.
- Bonne année à vous aussi.

Mulder se sentit soulager lorsqu’il referma la porte de son appartement et qu’il entendit au loin le grondement silencieux de l’ascenseur redescendre. Il s’adossa contre la porte et ferma les yeux. Puis les rouvrit aussitôt.

Scully !

Elle était là. Trente minutes s’étaient écoulées. Qui aurait pu croire que Walter Skinner était aussi bavard ?!

Endormie…

Une princesse. Il l’avait enfermée dans son donjon et … la princesse s’était endormie. Depuis combien de temps n’avait-elle pas réussi à trouver le sommeil ? … L’avait-elle trouvé ne serait-ce qu’une seule fois depuis leur retour en avion, depuis… qu’ils s’étaient séparés…

Elle bougea.

- Scully… murmura-t-il doucement, tout en s’asseyant près d’elle.

Elle avait choisi le côté où il avait pour habitude de dormir… Il arrivait encore à résister à ce que sa veste garde prisonnière son parfum, mais… il savait que pour ses draps… ce serait peine perdue.

Elle ouvrit les yeux. Elle semblait revenir d’une autre planète. Elle mit plusieurs instants à reprendre ses esprits. Mulder lui sourit. Puis elle porta ses mains à son visage, comme pour se cacher… de la honte.

- Oh non… je suis vraiment désolée Mulder…

Sa voix était suave et … délicieusement endormie.

Il rit doucement.

- Désolée de quoi ? … de t’être endormie ? …

Il lui enleva ses mains sous lesquelles elle se dissimulait. Pourquoi vouloir cacher un si beau visage ? … Elle se laissa faire.

- Prends le temps qu’il faut pour émerger…

Il lui sourit de nouveau.

- … en attendant je vais faire du café.

Elle acquiesça.

Il avait eu peur qu’elle se rue vers la porte de sortie dès qu’il l’aurait délivrée. Finalement, il était plutôt heureux qu’elle se soit endormie. Heureux de l’avoir enfermée dans sa chambre plutôt que dans le placard sous l’escalier ! … Il sourit tout en préparant le filtre à café.

Il l’entendit approcher. Sans même se retourner, il lui demanda :

- Ta voiture Scully ?
- De quoi ma voiture ?

Il se retourna.

- Tu l’as garée où ?

Elle réfléchit un court instant tout en fronçant les sourcils.

- Au sous-sol ! Oui c’est ça au sous-sol.
- Bien… Prévoyante !
- C’est pas ce que tu crois Mulder, je …
- Je sais Scully…

Il s’était approché d’elle. Puis un peu plus bas, et moins moqueur, il reprit :

- Juste que… si Skinner avait reconnu ta voiture garée devant l’immeuble… j’aurai été obligé de lui dire que le voisin était ton amant !
- Mulder !
- Je plaisante !

Il lui sourit encore.

- Tiens… bois-le tant qu’il est brûlant.

Il lui tendit une des deux tasses qu’il tenait dans ses mains. Elle s’en empara et entre deux gorgées, elle dit :

- Y’avait juste plus de place devant l’immeuble au moment où je suis arrivée.
- Je sais… répéta-t-il de manière à la rassurer et surtout… à la détendre.

Mais il ne put s’empêcher de continuer sur sa lancée.

- Mais… on aurait pu lui dire la vérité… que tu étais venue m’ausculter…

Mulder ne fut pas dupe. Scully ne faisait pas que boire son café…

- … mais quand j’ai vu luire cette lueur de panique et d’effroi dans tes yeux…

… elle cherchait littéralement à disparaitre et à se fondre dans le velours noir.

Il la provoquait. Du-moins, il cherchait à … il cherchait quoi ? … A ce qu’elle le regarde. Oui c’était ça. Il voulait qu’elle le regarde. Il voulait qu’elle accepte. Pas qu’elle comprenne ou qu’elle réalise qu’il était en train de se passer quelque chose. Il voulait juste qu’elle accepte… parce qu’elle savait pertinemment et lui aussi… qu’il se passait… « quelque chose » ! Et le regarder comme elle l’avait fait avant que « toc toc toc » ne les dérange ou comme après… leur premier baiser… était à coup sûr un aller sans retour vers le paradis des sens…. Le Paradis des Sens… Qu’est-ce qui l’empêchait de prendre ce billet ? … Parce qu’ils travaillaient ensembles ? Et que donc c’était contraire au règlement ? ! Voilà pourquoi Mulder avait préféré la « cacher » dans sa chambre comme on cache l’amant dans le placard ou sous le lit ! Ou parce qu’elle avait peur que plus rien ne soit comme avant… que tout change… Sa confiance était la chose la plus précieuse qu’elle détenait en ce moment même. Elle ne voulait pas perdre un tel trésor. Le cœur et la confiance de l’autre sont-ils compatibles ? Peuvent-ils vivre ensemble… pour l’éternité ? … Tous ces doutes s’entrechoquaient dans son esprit… tout comme dans celui de Mulder aussi.

Elle abandonna enfin son café noir. En réalité, il n’y avait plus rien au fond de sa tasse. Elle n’avait donc plus vraiment le choix. Elle n’avait même pas pris la peine de s’asseoir pour savourer l’arôme délicat. Lui non plus. Ils étaient restés l’un en face de l’autre, debout… comme deux adolescents tournant autour du pot. Oui… on aurait dit deux adolescents…

Le bleu rencontra de nouveau le vert.

- Je… je vais y aller… Merci pour le café !

Elle bafouillait… Scully s’en voulait d’être aussi … maladroite.

Et elle lui redonna la porcelaine. Il la regarda renfiler sa veste. Ses mouvements étaient précipités… tendus. En apparence non… Dana Scully ne perdait jamais totalement tout son contrôle, même si en ces quelques secondes, celui-ci était plus que mal mené… mais il sentait son trouble - la force qui la poussait à partir alors qu’elle n’avait qu’une seule envie – celle de rester.

Elle avait enfin complètement remis sa veste. Elle se dirigeait vers la sortie.

- Tu ne veux pas un autre café Scully ?
- Non… non… non vraiment ça ira Mulder. Je te remercie.
- Bon et bien… dans ce cas à demain Scully.
- Oui. A demain Mulder.

Elle était arrivée devant la porte. Elle n’avait plus qu’à saisir la poignée et elle était dehors. Alors qu’est-ce qui l’empêchait d’appuyer dessus…

Il s’approcha derrière elle. Si elle ne voulait pas, elle détenait toujours la possibilité de s’enfuir à tout moment. Pour cela, il lui suffisait d’ouvrir la porte. Mais, contre toute attente, Mulder l’ouvrit pour elle. Décision… décision. Il l’obligeait à faire un choix – maintenant ! … Et doucement, elle referma la porte tout en accrochant ses yeux. Ce fut plus fort qu’elle. Les actes parlent pour nous. Ils révèlent à l’autre nos sentiments. Elle avait décidé de rester. Délicatement, il s’empara de sa main encore posée sur la porte pour l’enlacer dans la sienne. Tout s’accéléra très vite. Il n’avait même pas encore pleinement saisi ses doigts fins et délicats qu’elle l’attira vers elle. Ils échangèrent encore un dernier regard, puis… tout devint subitement… noir de profondeur et de délice au moment où elle posa ses lèvres sur les siennes. Elle avait décidé de mener la danse. Il se laissa embarquer.

« Une fois qu’elles ont décidé de rester… elles ne partent plus jamais. »

Elle s’était plaquée contre le mur de l’entrée. Ce qui avait été jusqu’à présent douceur et finesse laissa très vite place à une fougue sans retenue et sauvage. En deux-trois mouvements il l’avait déjà débarrassée de sa veste qui glissa au sol, alors qu’elle avait eu besoin de secondes interminables pour pouvoir l’enfiler correctement. Pendant qu’il s’était décidé à explorer et parsemer son cou de fins baisers, elle ne put s’empêcher de libérer un gémissement tout aussi doux. Il retrouva aussitôt ses lèvres et elle se sentit soulever du sol…

Jamais, elle n’aurait osé penser et imaginer qu’elle refranchirait si rapidement la porte de sa chambre. Il l’allongea sur le lit. Il se tenait au-dessus d’elle. Elle rouvrit ses yeux. Il profita de ce court instant pour sonder la profondeur de son envie. Il voulait aller à son rythme. Ne rien faire contre sa volonté. Elle était en train de lui offrir son cœur, mais ce n’était pas une raison pour qu’en échange, elle lui retire sa confiance. Cœur et Confiance. Il voulait les deux. Et elle aussi.

- C’est bien ce que tu veux Scully ? réussit-il à lui murmurer, presque péniblement tellement le désir était ensorcelant.

Elle hocha la tête. Il lui remit une mèche rousse en place.

- Oui… lui répondit-elle, dans un souffle encore plus troublé et agité que celui de Mulder.
- Tu es sûre ?... Je ne veux rien faire contre...
- Chuuut… Viens plutôt par là.

Et elle l’attira de nouveau vers lui. Mulder n’eut pas besoin de se faire prier pour lui obéir. Ils voulaient autant que l’autre… s’éclipser hors-du-temps.

***

Un instant de délice plus tard…

Il s’amusait à faire glisser ses doigts sur sa peau. Dès qu’il arrivait en haut de sa hanche, il la sentait se raidir et frissonner… Jusque là elle avait résisté, mais cet ultime frisson dessina un sourire sur ses lèvres. Elle lui offrit même son rire, ce qui finit aussi par lui faire rouvrir ses yeux. Et elle ne chercha pas à fuir les siens… au-contraire, elle se sentait bien. Il lui sourit. Il fit remonter ses doigts de ses hanches jusqu’au niveau de sa bouche. Encore une fois, elle n’avait pu retenir un léger frisson au moment où il s’était faufilé à la hauteur de sa taille. Elle déposa quelques tendres baisers sur ses doigts.

Il lui murmura :

- Dana Katherine Scully…

Elle saupoudrait toujours ses doigts de caresse et de baisers.

- … vous êtes si surprenante…

Elle sourit, presque imperceptiblement.

- … Tu caches une telle fougue…

Elle s’arrêta et le regarda. Encore une fois, il la dégagea d’une nouvelle mèche rousse qui lui barrait le front.

- … Oui… tu es très surprenante…

Un silence passa.

- … En bien ? …

Il s’était attendu à ce type d’interrogation. Il accrocha son regard aussi fort qu’il le put.

- Bien plus que tu ne le crois.

Elle avait besoin d’être rassurée. Il ajouta :

- Tu as ma confiance. Et pour toujours.
- De ça… je n’ai jamais douté. Encore une fois… Tu viens de m’en donner la preuve.

Il la rapprocha près de lui et l’enlaça de toutes ses forces, tout en lui caressant les cheveux. Elle se laissait bercer. Scully se sentait bien mais, elle se sentait surtout… heureuse. Elle se sentait aimée, adorée, et surtout n’éprouvait au creux de ses bras, cette peur de confier ses désirs et de se dévoiler dans la nudité de son âme. Elle ne craignait pas d’être trahie car, c’était… Lui.

Il ne s’était jamais douté que Scully puisse être si surprenante mais, il se sentait étonné, qu’elle-même ne sache pas qu’elle détenait tous ces trésors en elle. Comme si elle avait attendu aujourd’hui, pour oser enfin les découvrir. Ou alors… elle avait juste préféré attendre le bon moment avant de se décider à les offrir… à Lui. Rien qu’à Lui.

Il faut toujours attendre plusieurs années avant qu’une perle ne se transforme en or… Et en cette fin d’après-midi de janvier, Il l’avait transformée en Or.

Parce que c’était Lui. Parce que c’était Elle.

***

Le lendemain matin, Lundi 3 janvier 2000

Il appuya sur le haut-parleur.

- Prévenez l’agent Scully de venir me voir sur le champ s’il vous plait.

Une voix féminine, rendue quelque peu grésillante par la machine lui répondit :

- Oui, tout de suite Monsieur le directeur adjoint.

Cinq minutes plus tard

La secrétaire fit signe à l’agent Scully qu’elle pouvait entrer dans le bureau de Walter Skinner.

- Bonjour agent Scully.
- Bonjour Monsieur.
- Et Bonne Année et meilleurs vœux.
- Oui. Vous de même. Bonne Année Monsieur.

Scully n’avait jamais été très l’aise avec ces effusions de vœux accompagnant toujours les premières quarante-huit heures d’un mois de janvier. Mais… pour la première fois depuis longtemps, Scully avait bien un vœu pour cette nouvelle année – celui de vivre encore pour longtemps des instants hors-du-temps comme… celui de cette fin d’après-midi, hier et … de cette nuit passée. Avec Lui.

- Voici la nouvelle affaire sur laquelle vous et l’agent Mulder êtes assignés. Une disparition. La famille n’a pas de nouvelles de leur fille aînée depuis 48 heures. Mais d’après une enquête de voisinage, il s’agirait d’une simple fugue.
- Si ceci n’est pas une « X-Files », en quoi moi et l’agent Mulder pouvons-nous contribuer à cette affaire monsieur ?
- Et bien disons que tout d’abord, c’est moi qui donne les ordres ici agent Scully !

Elle grimaça.

- … et deuxièmement, vous et l’agent Mulder faites parties des rares personnes qui n’ont pas décidé de prendre trois semaines de congés d’affilées !
- Oui… je comprends monsieur.

Elle sourit.

- Tenez ! Voici le dossier.
- Merci.

Le dossier était posé sur le bureau. Et lorsque Dana Scully passa devant Walter Skinner pour récupérer l’enquête, celui-ci ne put ignorer l’étrange sensation qui le chamboula. Doux et Vanillé. Le parfum…



Le même que celui de l’appartement de Mulder…



Elle et Mulder.



Les gens prennent des vacances pour retrouver leurs familles. Retrouver les gens qu’ils aiment. Eux deux n’avaient pas besoin de ce genre de choses car… ils étaient déjà en présence de l’un et de l’autre tous les jours. Le F.B.I avait décidé de les mettre en collaboration pour les séparer au plus vite. Mais ce dernier n’avait pas prévu qu’ils resteraient ensembles… pour toujours.

***

Deux jours plus tard, 23h21

Seul un léger cliquetis déconcentrait le silence de l’espace.

« A 19 heures et 54 minutes, en ce mercredi 5 janvier 2000, dans l’état du Maryland, la jeune Sarah Watson, âgée de 14 ans et 3 mois s’est d’elle-même présentée au domicile de ses parents, domiciliés à Baltimore, résidants au 4 Privet Drive… »

Mulder semblait très attentif à ce que sa partenaire faisait apparaître sur l’écran.

- Mulder… prévint gentiment celle-ci.

Il était trop proche d’elle à son goût.

- Ecris aussi que cette affaire n’était qu’une perte de temps et que… le F.B.I aurait pu faire des économies de billets d’avions et d’hôtels encore une fois… à ce rythme, j’ai peur qu’un jour on nous accuse de dilapider toutes les cartes de crédit du F.B.I !
- Mulder si tu as quelque chose à dire, je t’en prie, je te laisse ma place.
- Tu sais très bien que tu es bien meilleure que moi dans ce domaine et…
- Dis plutôt que tu n’aimes pas te coltiner le sale boulot ! Et que…

Elle s’interrompit. Pas parce qu’elle n’avait plus envie de parler mais… parce qu’il venait de la troubler. Elle ferma ses paupières. Cette douceur au creux de son cou… Néanmoins, dans un effort surhumain, elle réussit à reprendre un semblant de contrôle, tentant ainsi de repousser les délicieux baisers de son partenaire.

- Arrête… souffla-t-elle… … Mulder ! On est en service ! dit-elle plus vivement en s’écartant de lui.
- Ah oui c’est vrai…

Il lui sourit.

Elle essaya de discerner ce qui se dissimulait sous ce regard malicieux qui lui faisait face.

- Mulder je suis sérieuse ! Si jamais ça venait à se savoir…
- Mais on est dans un motel perdu !
- Oui mais…

Elle avait envie de l’embrasser…

- … mieux vaut prendre les bonnes habitudes … tout de suite, acheva Mulder pour elle. Je comprends Scully, rassure-toi. Mais au fait… (Il prit un air étonné)… tu parles de quoi ?
- Mulder… ! répondit-elle tout en levant sa main droite, comme si elle avait voulu poser sa main dans un mouvement d’agacement sur lui.

Mais, elle ne put retenir un léger gloussement tout en s’arrêtant dans son attitude exaspérée.

Lui… il lui offrit encore une fois son plus beau sourire. Il lui était impossible d’y résister… ça marchait à tous les coups… elle retrouvait toujours son calme à la suite de ce tableau… exquis.

Son regard malicieux ne l’avait toujours pas quitté. Moyennement rassurée elle se retourna vers l’écran d’ordinateur.

« L’enquête a conclu sur une simple fugue de la jeune Sarah Watson. Le F.B.I…

- Mulder !! Je …

Elle souffla comme en dernier recours pour s’empêcher de lâcher un juron à l’encontre de son partenaire. Scully se sentit furax !

- Oops…

Elle se retourna vers lui.

- Faut jamais éteindre un ordi comme ça ! C’est…
- Oui… on m’a dit qu’on n’avait pas le droit d’éteindre si subitement les ordinateurs. Certains sont aussi tendus et électrique que leur propriétaire…

Il se rapprochait dangereusement d’elle. Il continua :

- … oui… on m’a dit qu’on n’avait pas le droit…
- Mais… … du coup… je ne suis plus en service…

Il l’attira vers lui, ce qui l’obligea à se lever de sa chaise. Il la dirigeait maintenant sur le lit juste derrière eux. Elle s’y laissait conduire avec plaisir et une démarche des plus sensuelles, ne cessant de quitter les yeux de son… amant. La malice à elle aussi s’emparait de ses yeux. D’une voix avide de sensations, elle murmura :

- Ils nous cachent bien des secrets… pourquoi ne pourrions-nous pas faire pareil ? …

Il lui souleva quelques mèches rousses… un geste qu’il aimait tant depuis… quelques jours.

- Il se trouve que… je suis complètement d’accord avec vous.

Nerveusement, elle se mordit la lèvre inférieure.

- Finalement… on devrait demander à Skinner de nous refiler un peu plus souvent ce genre d’affaire…

Elle rit doucement… de plaisir.

- Han ! Agent Scully ! Mais … que vous arrive-t-il ? Vous ne souhaitez plus soutenir votre co-équipier dans sa quête perdue ?! Vous me décevez … je …
- Chuuut…

Elle posa ses lèvres sur les siennes. Elle n’avait absolument plus du tout envie d’entendre parler « boulot » en cet instant précis.

- … arrête d’imiter Skinner… on n’a pas besoin du F.B.I. là tout de suite… Fais-moi oublier tout ça…

Et Mulder avait déjà oublié ce qu’il était occupé à lui dire. Ses lèvres… son goût… Elle l’ensorcelait… Où se trouvait la part de vérité en ce moment même ? Etait-il en train de rêver ? … Non… Elle était bien là et lui aussi.


Pour la première fois depuis longtemps, il ne se sentait plus hanté et ravagé par le passé.

- Scully…
- … hum…

Elle attendait qu’il lui réponde. Et voyant que la réponse ne venait toujours pas… elle arrêta ses baisers et chercha ses yeux malgré la pénombre. Il lui demandait de revenir à la réalité alors qu’ils venaient à peine de s’en échapper…

- Quoi ? …
- Pourquoi… pourquoi on a attendu tout ce temps ?...

Elle savait très bien où il voulait en venir… Depuis juin 98, ils avaient compris ce qu’ils étaient l’un pour l’autre. Cette révélation avait atterri comme un coup de fouet au plus profond d’eux.

Elle se redressa légèrement, de manière à mieux lui faire face.

- Et bien… disons que … ce n’était sans doute pas le bon moment… Il faut faire confiance… tout n’est qu’une question de confiance… et… cela sera toujours ainsi.

Il la contempla.

Un éclair de lumière lui traversa l’âme. Tous les choix qui l’avaient conduit jusqu’ici n’avaient-ils pas tous qu’un seul but… ?...

Elle se tenait au-dessus de lui. Elle lui sourit. Il la rapprocha de lui, s’emparant d’elle, l’invitant à sombrer dans un voyage qui avait toutes les cartes pour perdurer au-delà de la nuit et même de la vie.

Scully était sa Vérité. Et toute vérité révélée demeure éternelle.

The End. I love you

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