CONCOURS AUTOMNE 2010 - FIC N°3 de Coccie

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CONCOURS AUTOMNE 2010 - FIC N°3 de Coccie

Message  noisette le Lun 15 Nov 2010 - 9:35

FIC N°3 de Coccie


Le Songe d’une nuit d’automne.
Il n’était pas six heures du matin quand elle se sentit arrachée brutalement à sa courte nuit. Scully ouvrit les yeux et essaya de discerner tant bien que mal ce qu’affichait son réveil. Pourquoi avait-elle pris cette habitude d’arriver si tôt au bureau ? En cette seconde, elle maudit son sérieux et son respect profond des règles. Sans cette fichue alarme, elle dormirait probablement encore. Mais surtout, en cette douce matinée d’automne qui se profilait à l’horizon, elle se sentait troublée.

Elle était assise dans le recoin que Mulder avait pris soin de ne jamais trop encombrer afin de lui laisser un espace bien à elle dans leur sous-sol. Elle semblait très concentrée. Et lui, comme à son habitude, était assis à son bureau. Elle sentait qu’il l’observait. Il lui demanda :
- Qu’est-ce que tu fais ?
Elle lui répondit :
- Je traduis du Navajo.
Il se leva et s’approcha d’elle beaucoup plus vite qu’elle ne s’y était préparée. Il souleva ses cheveux dégageant ainsi son cou et glissa ses mains sur sa peau. Elle ne s’était pas retournée. Tremblante, de toutes ses forces elle luttait pour rester concentrée sur la feuille qu’elle tenait devant elle et n’avait toujours pas lâché son stylo. Elle s’y agrippait comme pour maitriser le feu grondant en elle. Puis ce fut son visage qu’elle sentit contre le sien. Une douce chaleur si apaisante. C’était comme une danse ardente. L’unes contre l’autre, leurs joues semblaient jouer à s’attiser. Elle tourna enfin délicatement son visage vers lui. Leurs lèvres étaient si proches. Elle ferma ses yeux, se laissant envouter par le parfum de cet homme. Ils ne pouvaient pas résister. Réel désir ou manipulation d’un charme en provenance directe des tréfonds de la nuit ? Peu importe ! Il n’y avait pas le temps pour les questions. Tout ceci semblait si fragile et instable. Trop sublime pour être vrai. Toutes ces sensations donnaient l’impression d’avoir en elles cette capacité de s’effacer d’un instant à l’autre. Leurs respirations s’entremêlèrent puis ce furent leurs lèvres… Et violemment l’alarme stridente du réveil de Scully avait dissipé l’instant dans les profondeurs des songes.

Elle entra dans la pièce. Il était déjà là. A son bureau. Il leva la tête vers elle, abandonnant ainsi son journal qu’il replia aussitôt. Il en profita aussi pour enlever précipitamment ses jambes négligemment avachies sur le meuble.
- Bonjour Scully.
Elle regardait le sol. Il répéta, un peu plus fort :
- Bonjour Scully !
Elle sembla revenir à la réalité et daigna enfin lui accorder un regard. Accompagné d’un sourire un peu crispé, elle bafouilla :
- Bon… jour Mulder.
- Ça va ? demanda-t-il inquiet.
- Oui. Oui tout va bien.
De nouveau, Mulder sentit qu’elle lui échappait. Il observa encore ses yeux bleus se fondre avec le vide. Toutefois, elle revint vite à elle-même et se dirigea vers le fond de la pièce. Elle s’assit. Du navajo… Scully n’avait jamais rien compris à cette langue amérindienne. Son rêve ne la quittait plus. Et Mulder était un ami. Un collègue de travail qui plus est. Bon sang ! Ce n’était qu’un rêve. Un rêve… essaya de se convaincre Scully au plus profond d’elle-même. Ce n’était qu’un rêve. Il n’y avait rien de réel. Mulder était toujours… Elle risqua un fébrile coup d’œil derrière son épaule. Sa chaise de bureau légèrement basculée en arrière, il avait ré-ouvert son journal, ses pieds avaient retrouvé le dessus de son bureau et seul le bruit des graines de tournesols qu’il faisait craquer entre ses dents rompaient le silence. Pas de doute. Mulder était toujours… Mulder. Rien n’avait changé. Son rêve n’avait en aucun cas, apparemment, interféré avec la réalité. Scully se surprit à sourire, puis elle se retourna aussitôt comme prise en flagrant délit. Elle inspira. Peut-être un peu trop fort car, Mulder lança un regard en sa direction. Scully lui paraissait… « bizarre » ce matin. Légèrement « Lady Spooky » sur les bords. Enfin bon ! Cela faisait pratiquement cinq ans qu’ils passaient toutes leurs journées ensembles. Sa bizarrerie commençait certainement à déteindre sur elle. Donc rien d’alarmant ! Scully ne pouvait échapper à ce processus logique. Elle devenait à son tour pour ainsi dire une… « zinzin de l’espace ».

Elle devait finir de classer les dossiers des affaires sur lesquelles ils travaillaient. Des dossiers que Mulder ne rangeait jamais. Ses gestes étaient automatiques. Elle avait quitté la nuit mais… pas son rêve. Elle osa quand même lui demander, mais sans se retourner vers lui :
- Mulder… que penses-tu des rêves qui surgissent juste avant le réveil ?
C’était donc ça. Les rêves… Scully avait fait un rêve et elle en cherchait sa signification. Au fond, cela réjouit Mulder. Pour une fois, elle laissait sans s’en rendre compte son scepticisme de côté tout en s’ouvrant à d’autres explications prenant leurs sources au-delà de la réalité.
- De quoi parlait ton rêve ?
- …
Aïe… comment avait-elle pu être aussi stupide. De quoi parlait son rêve ? …
- Oh non… il n’y a pas de rêves. Elle sourit. Je ne me souviens jamais de mes rêves. C’est pour la femme de Bill. Tara ! Elle enseigne à l’université et l’interprétation des rêves tient une grande place dans son cours… Je l’ai vue ce weekend.
Elle se souvenait. Il en était persuadé. Et en plus, son mensonge était assez convaincant, reconnut-il. Scully avait-elle un don caché pour l’improvisation ?... Elle ne voulait pas lui révéler le contenu de son rêve. Avait-il eu un rôle ? Etait-il venu lui rendre visite dans ses songes ? … L’avait-il hantée durant sa nuit ? …
- Ma théorie Scully ? Tu veux savoir ma « théorie » sur les rêves ?
- Oui… je veux ta théorie sur les rêves Mulder. Tu en as des tas et il se trouve que celle-ci pourrait m’intéresser… ainsi que Tara, rajouta-t-elle maladroitement.
- Et bien disons que … selon ma « théorie »… les rêves qui surgissent et qui se bousculent au réveil prouvent souvent qu’ils correspondent à ce qu’on désire le moins…
Scully sentit son estomac se nouer.

« A ce qu’on désire le moins »…

Vraiment ? … Scully comprit en cet instant même que ce baiser songé était au fond désiré à en juger par le léger malaise, pour le moins étrange et inattendu qui s’empara d’elle sous les propos de Mulder.
- … par exemple, souvent on rêve de la journée qu’on va devoir affronter. Tu rêves que tu vas au travail, donc ! … cela signifie que tu n’as aucunement envie de te lever pour aller au travail. Mais si deux personnes rêvent de la même chose au même moment… cela prouve au-contraire… qu’elles désirent ce qu’elles rêvent Scully… Comme si ces deux personnes avaient partagé leur nuit.
- … Donc cela compte…
- Oui… ça compte.
Elle tourna la tête vers lui. Il paraissait si loin et si près à la fois. Leurs regards se croisèrent.
- Et… tu as rêvé cette nuit… Mulder ?
Il ne répondit pas. Cette fois-ci, c’était lui qui semblait être victime de ses propres démons songeurs. Il revint quand même à lui.
- Non… je n’ai pas rêvé. Je n’ai pas dormi de la nuit.
Mulder n’avait pas besoin de s’évader de la réalité pour comprendre ce qu’il ressentait pour cette femme. Scully. Mais elle, elle en avait besoin.
C’était vrai, il n’avait pas dormi et n’avait ainsi pu être victime de ses songes. Selon sa… « théorie »… le baiser rêvé de Scully ne comptait pas, puisqu’elle seule en avait rêvé.
Mais… une chose était sûre… ils désiraient ce baiser dans la réalité. Ils le désiraient tous les deux. Un baiser compterait-il un jour ? … mais au fond il existait déjà dans leurs cœurs.
Le froissement du papier la fit quelque peu tressaillir. Il venait de replier son journal. Elle comprit en entendant le bruit sourd qui s’élevait dans l’air qu’il se dirigeait vers elle. Plus que quelques mètres. En cette seconde pour Scully, le bureau ne lui avait jamais paru aussi grand. Il semblait s’approcher d’elle avec une effroyable lenteur, comme s’il prenait un certain plaisir à la voir dérailler de nervosité. Scully crut que sa poitrine était sur le point d’exploser. Son cœur battait à tout rompre. Le ressentait-il ? … Soudain, il passa un bras devant elle et saisit au hasard plusieurs dossiers.
- Tu ne vas quand même pas trier tout ça toute seule Scully ?
Elle le dévisagea, se demandant comment réussissait-elle encore à affronter son regard sans trahir ses désirs les plus refoulés et surtout les plus inavouables avant tout envers elle-même.
Où était la part de réalité en cet instant ? Le rêve semblant délicieusement s’emparer des lois de la nature. Tout s’entrechoquait. Jamais elle n’avait contemplé son vert profond avec tant d’insistance. Mulder se sentit lui-même déstabilisé. Il crut lire du désir dans ses yeux. Un feu ardent paraissait habiter les prunelles gracieuses de sa partenaire.
- Non… murmura Mulder. Je n’ai pas rêvé cette nuit.
- Une autre fois peut-être…
Elle aussi était à bout de souffle.
- Oui une autre nuit… ça comptera, lui assura Mulder.
Après un silence presque insoutenable, ils réussirent à s’extirper des yeux de l’autre. Il retourna à son bureau, une pile de dossiers sous le bras. Elle reprit son archivage.

Il s’en était fallu de peu pour que le rêve rencontre la réalité, mais ce n’était pas encore pour maintenant. Pas encore… Mais un jour, ce bon moment arriverait. Pour cela, il fallait croire. Garder foi en la réalisation de nos rêves les plus incroyables.


FIN.

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