CONCOURS "PREMIERE RENCONTRE : POV SCULLY" - FIC N°3 de Noisette

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CONCOURS "PREMIERE RENCONTRE : POV SCULLY" - FIC N°3 de Noisette

Message  noisette le Lun 14 Juin 2010 - 8:08

FIC N°3 de Noisette



Appartement le Scully, le matin du jour J.

Aie ! C’est le dernier tailleur de mon armoire. Si ca ne va pas, je suis mal.
Mmm…
Il faudra bien que ça fasse l’affaire. Positivons. Au moins avec ça, on ne me prendra pas pour une gamine.

Bon sang. Deux ans que j’attends cette opportunité ! Enfin, je vais pouvoir me confronter au terrain ! Je me demande où veux m’affecter Blévins. La police scientifique ? Une de nos sections criminelle ?

DRIIIING !
Le téléphone ? Qui est-ce ?
Ethan ?! Qu’est-ce qui lui prend de me couver maintenant ?
Il vire un peu trop protecteur avec cette histoire de vacances ensemble, je trouve…

- Ethan ?
- Salut Dana ! En forme pour le grand jour ?
- Ca va aller. Après tout, je n’ai aucune raison de m’inquiéter.
- Bien sur que non ! Tu es la meilleure. Je suis sûr qu’ils vont te proposer cash le poste de Hoover !


Ethan sait quand même me faire sourire.

- Celui là, je m’en passerai ! Les manœuvres, les complots, ce n’est pas ma tasse de thé !
- Ne sois pas candide.
– Ah voila ! Ca faisait longtemps ! Le professeur Minette va encore vouloir m’apprendre la noirceur de la vraie vie ! – Le FBI n’est pas un groupe d’enfants de chœur !
- Tu permettras que je conserve toutefois ma morale personnelle quant à l’orientation que doit prendre mon existence.


J’ai du dire ça un peu froidement et il l’a bien perçu.

- Evidemment. Je suis sûr que tu sauras parfaitement sauver notre pays de la bassesse, de la médiocrité et des salauds !

Il a dit ça sans méchanceté. Aucune. Mais ça me laisse quand même un petit goût amer dans la gorge. Et si j’en avais vraiment envie…? De sauver mon pays des bassesses et des salauds ? Est-ce que cela serait si risible ?

- Ethan, il faut que j’y aille…
- Euh oui, bien sur. Et sinon… je voulais te demander…


Nous y voila. Il y avait donc bien une autre raison à son appel.

- Tu crois que demain soir, tu pourrais venir à la maison. J’ai proposé à mon boss et à sa femme de venir diner. Et, je sais pas… un petit repas maison, ce serait sympa !
- Oh ! Tu te mets à la cuisine ?
(A-t-il perçu mon ironie ?!)
- Euh…
- Je te rappelle ce soir, Ethan. Là, je suis vraiment pressée… Excuse-moi.
- Bien sur ! Bonne chance, Dana.
- Merci.
- Dana ?
- Ethan ?
- Je suis impatient de prendre ces vacances avec toi à la fin de la semaine, tu sais…
- Oui.
– Je me sens légèrement honteuse d’avoir eu des pensées aussi dures à son égard. Il est charmant. C’est juste que…Non. Rien. – Moi aussi. A ce soir.

Je raccroche et reste un instant à examiner le téléphone.
Quand même…
Comment dois-je prendre le fait qu’au jour où le FBI s’apprête à me confier de nouvelles responsabilités que je présume d’importance, mon petit ami, lui, me missionne pour jouer les ménagères rassurantes vis-à-vis de son patron ?

Il y a quelque chose qui ne colle pas. Qui n’est pas moi…

Mais ce n’est certainement pas l’heure pour faire le bilan de ma vie privée alors que le chef de section m’attend dans trente minutes. J’attrape ma serviette de travail et je m’élance vers cette journée prometteuse.

Je veux du changement et je veux du frisson ! De l’air, quoi !



Une heure plus tard, en sortant de Chez Blévins.


Si Ethan était là, il triompherait !
Un vrai coup de politiciens qu’il me font là !
Et dire que j’y allais la fleur au fusil…
Il a raison. L’emballement m’a rendue naïve.
D’abord, ils me placardisent. Et ensuite, ils ont le toupet de me demander de jouer contre l’un des nôtres. Un original, certes mais quand même !
Je devrais coincer des criminels et tout ce qu’ils attendent de moi, c’est que je le coince, lui !
J’en ai la nausée.


Quelle galère !
Et ce Mulder… Spooky Mulder…
Un homme qui se terre aux sous-sols du FBI. Ca promet !
Dieu que ce couloir est glauque ! Moi qui voulait de l’air, autant pour ma pomme.

Enfin… C’était l’un des meilleurs analystes de la section des crimes violents et il préfère subir l’opprobre et les moqueries que d’accepter un poste qui ne lui ressemble pas… Ce type ne doit pas être complètement mauvais…

Je suis devant sa porte. Elle est entrouverte.
Je prends ma respiration et je frappe.

- Désolé, y’a personne ici à part le plus mal aimé des agents du FBI !

Je pousse le battant et je pénètre dans la petite pièce sombre.

Je détaille avec stupéfaction ce bureau. Il n’a rien de commun avec tous ceux que j’ai rencontrés jusqu’ici.
Il y a une pagaille incroyable. Des dossiers jusque sur le sol, des photos et des notes partout au mur. Je crois même – mais je n’ose m’attarder à cet endroit – avoir décelé des crayons plantés au plafond !
Et puis il y a ce poster qui me laisse perplexe quelques instants : « I WANT TO BELIEVE ».

Un bureau, c’est un peu comme un appartement qu’on visite. Il y en a qui sont froids et sans âme… Et il y a ceux qui sont… habités…
Le bureau des affaires non-classées est incontestablement habité. Et son propriétaire est là, à me tourner le dos, plongé avec fascination dans l’examen d’une diapositive.
Je le fixe maintenant. Je veux voir l’animal. Il parait grand et plutôt mince.
Je ne sais s’il a senti mon regard sur son cou, mais il daigne enfin se retourner et me dévisage maintenant de ses yeux clairs.
Avec une étincelle de malice.
Un homme assez séduisant, je dois dire.
Je lui tends la main avec un sourire que j’espère cordial.

- Agent Mulder. Je suis Dana Scully. J’ai été chargée de vous assister.
- Oh, c’est agréable d’être soudain si bien considéré ! Alors ? Qu’avez-vous fait de mal pour être envoyée ici ?


Je trésaille. Je n’apprécie guère son ton moqueur.
Et surtout… je n’ai rien fait de mal ! Rien !
J’essaye malgré tout de garder mon calme mais je réponds d’un ton un peu trop sec peut-être pour être parfaitement crédible.

- Rien ! J’avais envie de travailler avec vous. J’ai beaucoup entendu parler de vous.
- Oh vraiment, j’avais plutôt l’impression… que vous étiez là pour m’espionner…


Je le déteste.
Je me déteste, en fait. Et je bouille de colère.

- Si vous avez le moindre doute sur mes qualifications ou références…

Il ne m’écoute pas et m’interrompt avec un petit geste qui se veut apaisant, on dirait.

- Vous êtes docteur en médecine. Vous enseignez à l’Académie. Vous avez fait une thèse de physique « Le double paradoxe d’Einstein : Une nouvelle interprétation. Dana Scully ». Ca, c’est une référence : récrire Einstein !

Il sait qui je suis ? Il connait ma thèse ?
Je crois qu’à l’exception de ma famille et de mon maitre de thèse, personne ne l’a lue ! Et pourtant, j’en ai bavé et j’en suis plutôt fière…
Je m’adoucis aussitôt tout en me fustigeant d’être aussi lamentablement sensible à la flatterie… Je dois rester sur mes gardes.

- Oh ! Vous avez pris la peine de le lire ?
- Oui ! Et j’ai bien aimé. Mais je dois vous dire que dans mon travail, les lois de la physique s’appliquent rarement. Ceci étant, j’aimerai avoir votre opinion médicale sur ceci : femme de l’Oregon, 21 ans, mort inexpliquée. L’autopsie ne révèle rien. Zéro. Mais il y a ces deux marques au bas du dos… Docteur Scully, pouvez-vous les identifier ?


Il me projette une diapositive en disant cela. Et tout d’un coup, je n’ai plus aucun intérêt pour mes blessures d’amour propre. Face à moi, c’est le cadavre d’une jeune fille qui est morte forcément trop tôt. Et si seulement je peux, par mes connaissances, faire que justice lui soit rendue alors rien d’autre ne compte.
Je veux comprendre. Ces marques sont effectivement anormales. Peut-être est-ce sans intérêt, peut être pas… Mes cours de médecine légale me reviennent en tête. « Ne jamais passer sur un détail qui semble insignifiant » nous enseignait le Docteur Scarpetta…

- Des traces de piqûres ? Une morsure d’animal ? Une sorte d’électrocution ?

Il a du en arriver aux mêmes conclusions, mais il ajoute.

- Vous êtes callée en chimie ? On a trouvé cette substance dans les tissus proches…

Cette fois apparaît la représentation schématique d’une molécule.
Je me penche. Elle me semble familière et en même temps…
Qu’est-ce que c’est que cette chose ? !
Je me tourne vers lui. Je veux savoir.

- C’est organique... Je ne sais pas. Une espèce de protéine de synthèse ?
- Je ne l’ai jamais vu avant non plus. Mais on la retrouve à Sturgis, Dakota de Sud. Et de nouveau à Shamrock, au Texas.


Les images de corps défilent. De telles marques présentes sur trois cadavres différents ?
Et ils auraient vraiment relégués ces dossiers sans enquêter de manière plus approfondie ? !
L’agent Mulder me fixe. Il ne m’a pas tout dit. Je lui pose la question qui me taraude. Question purement rhétorique, à vrai dire. Je jurerai déjà de sa réponse.

- Avez-vous une théorie ?
- J’en ai plein des théories ! Et d’abord, pouvez-vous m’expliquer pourquoi la politique du bureau est d’étiqueter ces affaires « phénomènes inexpliqués » et de les ignorer ?


J’aimerai pouvoir lui opposer des arguments. Mais je suis troublée. Et si une telle politique a réellement cours par ici, je la désapprouve…
De tels dossiers appellent une investigation rigoureuse et rationnelle et méritent mieux qu’une enquête fondée sur des hypothèses fantaisistes.
Je repense fugacement à ce célèbre passage de « La lettre volée » d’Edgar Allan Poe : « Voilà encore une de vos idées bizarres, dit le préfet, qui avait la manie d’appeler bizarres toutes les choses situées au-delà de sa compréhension, et qui vivait ainsi au milieu d’une immense légion de bizarreries. »
Je n’ai jamais aimé rester dans l’ignorance. Je refuse qu’un brouillard confortable me cache la connaissance, la vérité. Et quand on veut savoir, on cherche !

Il se rapproche de moi. Ses yeux verts me vrillent.
Je dois reconnaître qu’il possède des yeux… hum… pas mal. Il sourit.
J’ai la vague impression qu’il me prépare une mauvaise blague.

- …Croyez-vous en l’existence des extra-terrestres ?

Je vois. Il a décidé de me sortir son petit numéro.
S’il espère se débarrasser de moi à si bon compte, il se trompe lourdement.

- En toute logique, je dois dire non. Avec les distances à traverser depuis l’espace, les demandes énergétiques excéderaient les capacités d’un vaisseau -…
- Réponse classique. Vous savez : Cette femme de l’Oregon est la quatrième de sa promotion à mourir dans des circonstances inexpliquées… Si la tradition et la science n’offrent pas de réponse, le fantastique ne devient-il pas une plausibilité ?


Sa question est réelle. Et il attend mon point de vue. Avec attention.
Je réalise brusquement que je suis en train de goûter cet échange !
De plus en plus…
Nous ne sommes peut-être pas d’accord. Soit.
Mais en le détaillant, je vois enfin en lui le contradicteur que j’attendais. Un homme engagé dans cette voie par conviction.
Bien loin de tous ces petits jeux médiocres, de ce désir d’esbroufe et de l’obsession du pouvoir à tout prix qui semblent l’apanage de ces messieurs de Washington…
L’agent Mulder me paraît tout d’un coup un homme plus que digne de mon estime. Puissant à sa manière. De cette puissance, peut-être, de ceux qui s’en vont seuls contre tous…
Je connais ça. Un peu…
Mais en attendant, je ne lui passerai pas ce genre d’approximations de raisonnement. Fussent-elles administrées avec un timbre enjôleur et des prunelles riantes…

- La fille est morte de quelque chose. Si c’est une mort naturelle, ils ont peut-être raté quelque chose à l’autopsie. Si elle a été assassinée, l’enquête a manqué de rigueur. Ce que je trouve fantastique, c’est que certains trouvent des réponses au-delà de la science ! Les réponses existent. Il faut juste savoir où les chercher !

Et toc !
Son visage se fend à nouveau d’un grand sourire. Il a l’élégance des bons joueurs. J’apprécie.

- D’où le I dans FBI. A demain matin, Scully. Tôt et de bonne humeur. Nous partons dans l’état très plausible de l’Oregon à 8 heures.

Il me tourne le dos, s’assoit et reprend sa tache comme si de rien n’était.
Ses mots résonnent quelques instants dans ma tête. C’est très bizarre. J’ai ressenti comme un frisson de plaisir.
Je ne sais vraiment pas pourquoi.
Je tente d’analyser ma réaction. Peut-être… Peut-être que, dans ce dernier geste, j’ai comme l’impression qu’il vient de m’accorder sa confiance en considérant que nous sommes désormais dégagés de tout protocole ? Un genre de cadeau de bienvenue, en fait.
Oui. Ca doit être ça.

Je jette un dernier regard à son antre, sa planète sur laquelle je viens de prendre pied, effleurant son bureau… quand mes doigts heurtent sa plaque. Je la prends et pose mon regard sur son nom.

Fox MULDER


Fox Mulder…
Je pose mes yeux sur sa nuque courbée.
Drôle de type. Peut-être un peu présomptueux, mais… intéressant.
Très intéressant.
Qui sait ? Le vent d’air frais pourrait bien venir d’un sous-sol sinistre et d’un bureau sans lumière tout compte fait…

Mulder…
Mulder et Scully.
Je percute soudain ce qui a provoqué cette sensation si agréable il y a quelques secondes : il a laissé tomber le « Docteur Scully »… Il m’a juste appelée Scully.
Scully tout court.
Je crois bien qu’il vient de m’adopter…

Je franchis le seuil et dans un sourire, sans me retourner, je lance.

- A demain, Mulder.



FIN

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