Dures retrouvailles

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Dures retrouvailles

Message  titechhiuaua le Mar 4 Mai 2010 - 11:19

Résumé: Mulder essaye de reprendre contact avec Scully et William. Il ne les a jamais revus depuis son départ. Une absence qui risque de lui coûter cher.



Il faisait très beau en ce début de printemps. William rentrait du collège et il prit le courrier dans la boite aux lettres en passant , comme il avait pris l’habitude de le faire tous les jours. Il déposa tout sur le bureau de sa mère et commença à regarder de beau qui pourrait l’intéresser dans la pile de courrier. Une enveloppe d’un ton un peu beige attira son attention. Il ne connaissait pas cette écriture mais ce qui l’intriguait le plus, c’est qu’en plus d’être adressée à sa mère, elle lui était aussi adressée. Il prit l’enveloppe et alla dans sa chambre. Il déposa ses affaires et se jeta sur son lit, le mp3 sur les oreilles. Entre ses doigts, tournait et retournait dans tous les sens l’enveloppe qu’il avait pris avec lui. Il finit par l’ouvrir. Il alla directement en bas de la page pour savoir qui en était l’auteur. Il fit un bond quand il lut le nom de Mulder. Mais celui-ci lui en voulait beaucoup de ne pas être présent, la colère monta en lui et sans même la lire, il remit la lettre dans l’enveloppe et l’arracha en deux en l’envoyant directement dans la poubelle près de son bureau.

Quelques jours plus tard, alors que Scully faisait le ménage dans la maison, elle bouscula la poubelle de William qui se renversa. Elle jura et se mit à la ramasser. Quand soudain entre ses mains, un morceau d’enveloppe attira son attention. Son cœur se mit à battre énormément vite d’un coup. Elle sortit de celle-ci un bout de lettre. Elle chercha avec frénésie les autres morceaux mais ses yeux se perlèrent quand elle les assembla. Elle avait la confirmation qu’elle avait bien reconnu cette écriture. Elle s’empressa de ramasser la poubelle et de sortir avec l’aspirateur de la chambre de William. Elle alla s’isoler dans son bureau. Elle était assise devant cette lettre qu’elle tenait très fort entre ces mains, elle en tremblait d’émotion. Puis elle se mit à lire la lettre.

« Ma chère Scully, Mon cher William,
Si vous saviez combien vous me manquez tous les deux. Je n’ai pas repris contact plus tôt pour être sûr de ne pas vous remettre en danger. Ma vie est bien vide sans vous. Vous êtes ma seule raison d’avancer aujourd’hui. Je sais que mon absence a dû vous rendre malheureux tout comme moi je le suis. Si vous saviez combien j’aimerai vous serrer dans mes bras et vous couvrir de bisous. J’aimerais bien si le cœur vous en dit que l’on se voit. J’ai forcé quelques fois le destin pour vous croiser mais je n’ai pas osé venir au devant de vous. J’avais peur d’être repoussé, de ne plus faire partie de votre vie, que vous m’ayez tout simplement oublié. Tu es devenu si grand mon cher William et si beau ! Tu dois en faire craquer plus d’une ! Quant à toi Scully, tu es toujours aussi belle, mon cœur s’emballe à une vitesse folle quand je t’aperçois.
Je vous aime de tout mon cœur.
Mulder »


Scully essuyait son visage comme elle le pouvait. Elle avait eu du mal à finir de la lire tant elle était bouleversée et que les larmes tombaient. Elle pleurait de joie et de soulagement après toutes ces années à s’inquiéter pour lui. Elle posa la tête dans ses bras sur son bureau et finit par s’endormir, fatiguée par toute cette émotion qu’elle venait d’avoir.
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Re: Dures retrouvailles

Message  titechhiuaua le Jeu 6 Mai 2010 - 17:56

William rentra un peu plus tard, il chercha Scully un peu partout dans la maison. Il s’arrêta net quand il la vit dans le bureau.

- Maman ?

Elle dormait toujours. Il s’approcha et la réveilla.

- Tu m’as fait peur.
- Excuse-moi, je m’étais assoupie.
- Tout va bien ?


William s’aperçut qu’elle avait trouvé la lettre. Scully avait compris.

- Quand l’a-t-on reçue ?
- La semaine dernière.
- Pourquoi ne pas me l’avoir donnée ?
- Tu sais très bien pourquoi !


William commençait à partir, il n’avait nulle envie de parler de ça.

- Mais elle m’était aussi adressée !

William se retourna et la regarda dans les yeux :

- Comment peux-tu aimer un homme qui t’a laissée tomber ?
- Il ne nous a pas laissés tomber !


Elle s’était redressé vivement en lui répondant.

- Ce n’est pas pour autant qu’il a donné ou pris de nos nouvelles.

William partit en colère contre sa mère. Décidément il ne comprendrait rien aux histoires de cœur. Il ne pouvait et ne voulait comprendre que sa mère pouvait être encore amoureuse de son père après les soucis que leur avait causé son absence Il avait grandi sans son père et ne savait ce que pouvait représenter l’image d’un père. Il se rappelait simplement le pincement au cœur qu’il avait enfant lorsque les autres enfants repartaient avec leur père à la sortie de l’école. Il était parti dans sa chambre pour s’allonger sur son lit et s’isoler avec son mp3 sur les oreilles. Scully l’avait laissé tranquille. Cette conversation, il l’avait déjà eue des tas de fois. La seule différence aujourd’hui était cette lettre. Et même si ça l’ennuyait que son fils ne veuille entendre parler de son père, elle pouvait aussi le comprendre. Ce qui la blessait le plus, c’était de savoir qu’il en souffrait. Ils étaient très proches et très complices, seul ce sujet de conversation les dressait l’un contre l’autre. Scully, prise entre les deux souffrait de la situation elle aussi.

Les jours passaient et Scully s’attristait de ne pas croiser Mulder dans la rue. Depuis qu’elle avait lu sa lettre, elle regardait de tous les côtés lorsqu’elle sortait espérant le voir. Elle était certaine que s’il les avait déjà aperçus alors il ferait en sorte de pouvoir les apercevoir à nouveau. Lorsqu’un jour alors qu’elle ouvrait le portillon de chez elle, quelque chose sur sa droite attira son attention. Elle se redressa vivement lorsqu’elle le vit. Chacun immobile, ne laissant rien paraître sur leur visage. Puis Scully esquissa enfin un sourire et Mulder fit de même. Il était soulagé de la voir sourire. Puis elle avança vers lui, doucement déjà, puis en courant ensuite. Elle se jeta dans ses bras, les larmes aux yeux. Elle n’arrivait plus à les contenir. Mulder la serra tout contre lui, il avait besoin de sentir son corps, ses cheveux, son parfum… Scully qui avait collé sa tête tout contre son torse, releva la tête vers lui. Mulder fut bouleversé quand il vit ses larmes et l’expression de son regard. Son cœur battait si vite qu’il crut qu’il allait défaillir. Elle posa ses mains sur son visage, elle le caressa du bout des doigts comme si elle le découvrait pour la première fois. Puis elle l’attira vers elle tout en se mettant sur la pointe des pieds pour pouvoir y déposer un baiser sur ses lèvres qui lui avaient tant manquées. Mulder accentua le baiser tout en resserrant ses bras autour d’elle. Quand ils arrêtèrent leur baiser, ils se retrouvèrent front contre front plongés dans le regard de l’autre. Scully attrapa une main de Mulder et l’emmena chez elle. Mulder découvrit la maison avec joie. Elle ressemblait bien à sa propriétaire, rafraîchissante, chaleureuse et conviviale. Ils n’avaient échangé aucun mot, voulant profiter au maximum de cet instant si intense qu’étaient leurs retrouvailles. Jusqu’à ce que le téléphone de Scully se mit à sonner.

- Maman, c’est William. Est-ce que je peux rester dormir chez Kylian ?

Scully hésita un instant, elle regarda Mulder. Elle était perdue. Elle aurait tant aimé qu’ils se rencontrent mais elle savait très bien qu’il lui en voudrait. Pour ne pas envenimer la situation, elle lui répondit :

- Si tu veux.
- Merci Maman ! A demain !
- A demain mon chéri !


Alors qu’elle allait raccrocher :

- Maman ?
- Oui ? ...
- Je… Excuse-moi pour la dernière fois.
- Ne t’en fais pas. Amuse-toi bien. Je t’aime.
- Moi aussi maman.


Scully raccrocha le sourire aux lèvres. William ne lui avait pas adressé la parole depuis leur dispute. Elle vint s’asseoir près de Mulder. Chacun racontait ce qu’était devenu leur vie.

- Merci pour ta lettre que j’ai bien failli ne pas pouvoir lire.
- Pourquoi ?
- C’est William qui est tombé dessus le premier et comme il t’en veut pour ton absence, il l’avait jetée dans sa poubelle.
- Tu fouilles la poubelle de ton fils ?
- Non, je l’ai renversée en faisant le ménage.

Mulder resta passer la soirée auprès d’elle. Ils discutaient et discutaient… et discutaient. Tant de choses à se raconter, à se dire…

- Scully, je voudrais que tu…
- Ne te justifie pas. Je sais très bien que c’était pour nous que tu as fait ça. Même si pour nous ça a été très difficile.


Il se faisait déjà tard et Mulder se décida à la laisser tranquille. Ils étaient sur le pas de la porte, Scully alla se blottir une dernière fois contre lui puis elle lui demanda d’attendre un instant. Elle alla dans son bureau chercher la photo d’elle et William qui trônait sur son bureau. Quand elle lui tendit, Mulder fut très touché et l’a remercia en déposant un baiser sur ses lèvres.
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Re: Dures retrouvailles

Message  titechhiuaua le Ven 14 Mai 2010 - 9:25

Le lendemain :
Elle était en train de faire quelques papiers quand William rentra à la maison.

- Maman ?
- Je suis dans le bureau.


William vint la rejoindre et déposa un bisou sur sa joue. Il remarqua au passage le sourire inhabituel de Scully.

- Tu as passé une bonne soirée ?
- Oui très bien.
- Qu’est-ce que vous avez fait de beau ?
- On a joué à la console et regardé un film. Et toi ?


Scully ne s’étala pas sur la soirée. Mais c’était sans compter sur William et sa curiosité.

- Qu’est-ce que tu as fait ?

Elle hésita et finit par lui dire :

- Rien de spécial.
- Où elle est la photo de nous deux ?!


Elle se sentait prise à son piège. Elle ne pourrait lui cacher et redoutait déjà la réaction de William.

- Je… je l’ai donnée à ton père.
- Quoi ?!
- Il est venu hier soir.


Elle sentait la dispute venir et elle ne savait pas comment la désamorcer.

- C’est pas vrai ?!
- Si… je… j’allais…
- Je m’en fous ! Comment tu t’es débrouillée pour le voir, ce que vous avez fait, je m’en fous !!! Je ne veux pas en entendre parler !


William partit s’enfermer dans sa chambre. Scully se mit à pleurer. La situation entre elle et William était devenue de plus en plus difficile. Elle ne savait que faire. Elle ne pouvait et ne voulait repousser cet homme qu’elle attendait depuis si longtemps mais surtout elle ne voulait faire de mal à son enfant. Elle était partagée entre cet homme qu’elle aimait et cet enfant qu’elle chérissait tant. Elle aurait tout donné pour que ça s’arrange et qu’ils deviennent une vraie famille. Puis elle prit une feuille de papier, si elle ne pouvait lui parler alors elle lui écrirait.

« Mon cher William,
Je t’écris ces quelques mots car il est devenu très difficile de discuter ensemble. Tu sais que je t’aime plus que tout et que ça ne changera jamais. Mais j’aime aussi cet homme qui a réussi à faire chavirer mon cœur et continue de le faire. Tu es ce que j’ai de plus cher au monde et c’est lui qui m’a offert ce si beau cadeau. Alors que je n’espérais plus pouvoir devenir maman parce que je ne pouvais avoir d’enfant, tu es arrivé dans nos vies comme un miracle. On a tous les deux souffert de son absence mais aujourd’hui il est là, rien que pour toi et moi. Je n’ai pas envie de laisser passer cette chance. Et j’espère que tu le comprendras. J’ai besoin de vous deux à mes côtés.
Ta maman qui t’aime »


Scully plia la lettre et se leva pour aller lui donner. Elle toqua pour s’annoncer et déposa la lettre sur son bureau. William la regardait faire sans pour autant lui adresser la parole. Une fois qu’elle fut sortie de la chambre, la curiosité le piqua et il alla voir ce que Scully avait déposé.

Elle venait de s’asseoir sur le canapé quand William vint la rejoindre. Elle le regarda, étonnée qu’il soit ainsi près d’elle après leur petite dispute. Elle attendait qu’il entame la conversation pour ne pas le brusquer ni faire redémarrer leur dispute.

- Je suis désolé de ne pas avoir voulu t’écouter.
- Tu as lu ma lettre ?


Il lui avait fait signe de la tête. Le silence venait à nouveau de s’installer. Chacun gêné et redoutant la conversation qui allait suivre.

- Pourquoi ne peux-tu pas avoir d’enfant ?
- Je suis stérile.
- Comment ça se fait ? Il y a une raison ?


Scully n’osait lui dire toute la vérité. Son enlèvement, son cancer, etc… Elle se sentait obligée de lui cacher certaines choses, il était trop jeune pour entendre toute la vérité et surtout elle voulait le protéger de cette vérité qui avait séparé leur famille.

- J’ai été très malade.
- C'est-à-dire ?
- J’ai eu un cancer.
- Mais c’est terminé ?


La voix de William était brisée. Ce qu’il venait d’apprendre lui faisait peur, peur de la perdre. Perdre cette personne si importante pour lui, la seule près de lui.

- Ne t’inquiète pas, tout va très bien.
- Tu le connaissais déjà ?


Elle savait très bien de qui il voulait parler. Trop heureuse de ce rapprochement entre eux deux, trop heureuse qu’il lui demande un peu de lui, un peu de cet homme. Elle continua :

- Oui. Il a toujours été à mes côtés lorsque j’avais besoin de lui. Je savais et je sais que je peux compter sur lui.
- Sauf depuis que je suis né.
- Il m’a protégé lorsque tu es né. J’avais, enfin on avait de gros soucis et c'est grâce à lui que tu as pu naître.
- Quel genre de soucis ?
- Le genre qu’un garçon de ton âge ne peut connaître. Disons simplement que des gens nous en voulaient à ton père et moi.
- Pourquoi ?


Scully hésitait, elle ne trouvait pas les mots :

- Lorsqu’on travaillait au FBI, on voulait emprisonner ceux qui devaient l’être et ça ne leur a pas plu. C’est aussi pour cette raison que ton père a du partir. Sinon nous aurions tous été en danger. Je sais que je te l’ai déjà dis et que ça peut être dur à comprendre tout ça. Je sais aussi que tu lui en veux et surtout je comprends très bien mais sache simplement qu’il t’a toujours aimé et qu’il t’aime toujours autant. Lui aussi comprend très bien que tu puisses lui en vouloir.

William n’avait toujours rien dit et pour la première fois, il n’avait pas coupé la parole de Scully alors qu’ordinairement il se met en colère et lui coupe la parole car il ne veut rien savoir ou entendre sur son père. Scully toujours aussi étonnée de cette conversation lui demanda :

- Essaye de faire un effort, fais le au moins pour moi, s’il te plaît.
- Je ne te promets rien mais j’y réfléchirais.


Scully s’approcha de William et le prit dans ces bras. Une petite porte venait de s’ouvrir dans le cœur de William, elle avait réussi à le toucher et avait senti qu’il n’y était pas aussi indifférent qu’il ne le disait. Elle lui glissa à l’oreille :

- Je t’aime.

Quelques mois étaient passés depuis leur dernière conversation sur Mulder. Scully voyait Mulder assez souvent mais sans William qui ne se sentait pas encore le courage et l’envie de le rencontrer. Entre Mulder et Scully, les choses étaient restées ce quelles étaient lorsque leurs vies s’étaient séparées. Des regards, des baisers, des doigts qui s’enlacent, de longs silences mais aussi de grandes discutions. Ils n’avaient pas franchi ce pas à nouveau qui les avait tant rapprochés et qui avait fait naître ce petit miracle qui avait bien grandi maintenant. Aujourd’hui, Scully avait envie de faire avancer un peu les choses. Elle prit son téléphone :

- Mulder.
- Bonjour, c’est Scully. Comment vas-tu ?
- Toujours bien quand je t’entends.


Un sourire s’était dessiné sur les lèvres de Scully, il avait toujours ce pouvoir de la faire sourire avec seulement quelques mots.

- Je vais me balader au parc avec William dans une heure. Comme ça tu pourras voir à quoi il ressemble de toi-même.
- Avec plaisir.
- Par contre, je ne sais pas si on se croisera. Je ne sais pas trop s’il est prêt à te rencontrer.
- Ne te fais pas de soucis, je n’interviendrais pas sans ton accord.
- Merci. Bonne journée.
- Merci. A toi aussi.


Ils raccrochèrent tous les deux. Chacun heureux d’avoir entendu l’autre. Sur le chemin pour aller au parc, William dit à Scully :

- Tu as changé depuis qu’il est revenu.
- En bien j’espère ?!
- Je te vois beaucoup plus avec le sourire. On dirait même que tu es plus heureuse.


Le sourire de Scully s’élargit encore plus.

- Tu n’étais pas bien avec moi ?
- Qu’est-ce que tu vas chercher là ! J’étais et je suis toujours aussi heureuse de t’avoir. Simplement il me manquait une petite partie de moi avec son absence.


William ne répondit pas. Ils étaient en train de s’engager sur une nouvelle discussion qu’il n’avait nullement envie d’avoir maintenant mais ça le touchait quand même.
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Re: Dures retrouvailles

Message  titechhiuaua le Sam 15 Mai 2010 - 15:16

Ils roulaient tranquillement lorsque Scully reconnut la voiture derrière eux. Elle esquissa un petit sourire qu’elle essaya de dissimuler. Elle restait tout de même concentrée sur la route. Elle ne voulait surtout pas que William découvre son petit stratagème. Elle mourrait d’envie que les choses avancent et même si elle savait que son fils n’était pourtant pas prêt à affronter ces sentiments qu’il avait au fond de son cœur. Ils allaient bientôt arriver quand soudain un camion qui venait de griller un stop vint percuter la voiture de plein fouet du côté chauffeur. Mulder hurla son prénom et descendit précipitamment de sa voiture. Il fit descendre William qui avait eu la chance de ne rien avoir. William, choqué par le choc, descendit de la voiture aidé de Mulder qui lui tendit son téléphone. Il appela les secours comme le lui avait sous-entendu cet homme qui lui avait tendu son téléphone. Pas un mot, un simple geste et ils s’étaient tous les deux compris. Mulder entra par le côté passager pour pouvoir aller rejoindre Scully. Il prit son pouls tout de suite et fut légèrement soulagé de le sentir. Il déposa délicatement une main sur la joue de Scully qui ouvrit difficilement les yeux.

- Les secours arrivent.
- J’ai mal.
- Ne t’inquiète pas.


Scully referma les yeux et Mulder paniqua :

- Reste avec moi, je t’en supplie.


Mais Scully ne réagissait plus. Les douleurs étaient trop fortes.

- S’il te plaît. Je … Je t’aime Scully.

Il avait laissé les mots sortir de son cœur comme si ça lui était vital de les lui souffler. Ces mots qu’aucun des deux n’avait laissés libres de franchir leurs lèvres. Les secours arrivèrent et il laissa Scully entre de bonnes mains. Il alla rejoindre William qui le fixait. Etait-ce vraiment l’homme qu’il redoutait de rencontrer ? Il lui était si familier et surtout il avait l’impression de voir son reflet dans un miroir mais avec un bon nombre d’années de plus.

- Est-ce le hasard ou est-ce prémédité ?

Mulder n’avait pas envie de mentir à son fils qu’il avait en face de lui pour la première fois, un regard froid et défiant comme pouvait être celui de celle qu’il chérissait tant. Mais pour elle, il finit par lui mentir pour la couvrir, pour ne pas qu’il s’éloigne d’elle.

- Le hasard.

William n’était pas dupe mais pour le moment la chose plus importante pour lui était sa mère :

- Comment va-t-elle ?
- Je ne sais pas.


Les secours la sortirent délicatement de la voiture. William voulut courir près d’elle mais Mulder l’en empêcha.

- Lâche-moi !
- Laisse-les faire leur travail.
- Je veux la voir !
- Tu vas les gêner ! Elle a besoin de toutes leurs attentions ! Elle a besoin d’être soignée.


William arrêta de se débattre, des larmes perlaient le coin de ces yeux. Mais par fierté, pour se montrer fort devant celui qui a été si absent, il ne laissa rien échapper.

- Monte dans ma voiture, on va suivre les ambulances.
- Je n’irai pas avec vous !
- Tu préfères y aller à pied ?


William dut se résigner, s’il voulait être auprès d’elle, il n’avait pas le choix. Il le suivit et monta dans la voiture. Sur le chemin, Mulder avait jeté quelques regards à son fils si près de lui mais à la fois si lointain. Celui-ci l’ignorait sans difficulté. Une fois sur place, Mulder demanda à un médecin d’ausculter William pour être sûr qu’il n’avait rien. A son retour, William s’arrêta à l’entrée de la salle d’attente et regarda Mulder qui attendait. Il avait la tête dans ses bras. Il fut touché de le voir ainsi et se demandait s’il s’inquiétait pour eux ou juste pour elle. Puis il s’approcha enfin et lui demanda :

- Pourquoi n’es-tu pas encore parti ?

Mulder releva la tête surpris de son retour et de sa question.

- Je ne vais pas te laisser seul.
- Tu ne t’en étais pas encore inquiété jusqu’à aujourd’hui !
- Ce n’est pas vrai !
- De toutes façons, Bill et Mamy ont été prévenus. Ils vont arriver.
- Je ne partirai pas sans savoir si tu n’as rien ni sans savoir comment elle va ! Et seulement ensuite je te laisserai tranquille si c’est ce que tu veux mais à la seule condition que ta grand-mère et Bill soit là !


Encore une fois Mulder avait eu raison de lui. William s’assit sans rien lui dire. Après tout, il devait peut-être plus tenir à eux qu’il ne pouvait le penser. Et s’il s’était trompé sur le compte de cet homme ? Un tas de questions se bousculaient dans la tête de William. Margaret et Bill arrivèrent peu de temps après. Elle s’approcha de Mulder, étonné de le voir là. Mulder lui tendit une main qu’elle ne prit pas pour la simple et bonne raison qu’elle le serra dans ses bras. Elle comprit aussitôt d’où était revenu le sourire de sa fille.

- Comment va-t-elle ?
- Les médecins ne sont pas encore venus nous voir.


Mulder tendit une main à Bill qui ne la serra pas. Mulder baissa la sienne, très gêné de la situation qui venait de se dérouler devant son fils. Allait-il penser que son père était un lâche jusqu’au bout ? Ou cet affrontement allait-il aussi renforcer sa rancœur contre lui. William avait tout vu même le regard perdu de cet homme qui se tenait près de Bill. Si grand mais si déstabilisé devant ce petit être qu’était son fils.

- Vous pouvez partir maintenant. Ils n’ont pas besoin de vous.
- Ce n’est pas à vous d’en juger. J’attends de savoir comment elle va et j’attendrais aussi les résultats de William.


William venait en quelques secondes d’être impressionné par celui qui venait de tenir tête à son oncle. Jusque là, il n’avait jamais vu personne lui tenir tête à part Scully.

- Ma mère s’occupera de William. Déguerpissez d’ici pendant qu’il en est encore temps !
- J’ai autant le droit que vous d’être là. Que ça vous plaise ou non !
- Partez ! Comme vous l’avez déjà fait. C’est le mieux que vous puissiez faire et c’est certainement la seule chose que vous savez faire !
- NON !


Tout le monde venait de se retourner vers William. Il avait le moyen de clouer enfin le bec de son oncle et il allait s’en servir même si pour cela il devait faire de très gros efforts envers Mulder.

- Il pourra très bien s’occuper de moi.
- Tu iras chez ta grand-mère !
- Arrête un peu de faire le chef ! Et de vouloir décider pour les autres !
- William !
- Je suis désolé Mamy mais c’est la vérité ! Maintenant si ça ne lui plaît pas, il n’a qu’à partir !


Plus personne ne disait quoi que ce soit. Et ils attendirent en silence les nouvelles qui ne tardèrent plus à arriver. Le diagnostique était moins important qu’ils ne l’avaient pensé. Quelques bleus et un bras cassé. Maintenant il fallait juste attendre qu’elle se réveille de son coma dans lequel elle était plongée.


Une semaine plus tard
Mulder dormait dans la chambre d’amis de Scully. Pour ne pas perturber William et ses habitudes, il avait décidé de faire ainsi. William n’avait pas adressé une seule fois la parole à Mulder qui essayait de tout faire pour qu’il se sente bien. Ils étaient dans la chambre d’hôpital de Scully. Mulder s’était endormi dans le fauteuil au pied du lit et William regardait par la fenêtre. Scully ouvrit difficilement les yeux à cause de la lumière du soleil qui traversait les fenêtres. Quand elle réussit enfin à les ouvrir, elle appela aussitôt William qui s’approcha d’elle et la prit dans ses bras.

- Tu es tout seul ?

William fit signe vers Mulder. Il aperçut le petit sourire du coin des lèvres de sa mère. Celle-ci était tout de même étonnée qu’ils soient tous les deux dans la même pièce.

- Depuis quand je suis là ?
- Une semaine.
- Qui s’est occupé de toi ?


Il fit à nouveau signe vers Mulder. Scully avait du mal à y croire.

- Comment tu vas toi ?
- Ca va.
- Comment ça s’est passé tous les deux ?
- Bien.
- Tu vois ! Vous vous êtes parlé ?


William fit non de la tête.

- Ecoute William, je sais que tu vas dire que je me répète mais c’est quelqu’un de bien et …
- Arrête maman, je sais ; tu l’as déjà dit cent fois.


Mulder venait de se réveiller mais il gardait les yeux fermés pour les laisser se retrouver et discuter ensemble. Ils en avaient certainement besoin et il ne voulait pas jouer l’intrus entre eux deux même si ce n’était pas mieux de les écouter. Après un court instant, William reprit :

- Tu l’aime encore autant que lorsque vous vous êtes rencontrés ?
- Oui.


Scully vit alors un léger sourire s’afficher sur les lèvres de Mulder. Il venait de se trahir sans le vouloir.

- Comment tu fais pour ne pas lui en vouloir ?

Scully et Mulder n’avaient pas encore parlé de leur sentiment sur ce passé. Elle savait que Mulder ne dormait plus et elle s’en voulait déjà de le lui dire indirectement mais elle voulait aussi faire comprendre à son fils la place qu’il avait dans son cœur.

- Je lui en ai voulu moi aussi. Tout comme toi mais le temps est bien trop court pour que je perde mon temps à lui en vouloir. Aujourd’hui il est là et j’ai envie d’en profiter.

William était songeur par rapport à ce que venait de lui dire Scully. Mulder était touché et ému par les paroles de Scully. Il ouvrit enfin les yeux et s’approcha d’elle. Il déposa un baiser hésitant devant William.

- Comment tu te sens ?
- Bien. Merci de t’être occupé de William.
- Tu n’as pas à me remercier pour ça, c’est tout à fait normal.
- Je suppose que tu as croisé maman et Bill.
- Effectivement.
- Comment ça s’est passé ?
- Bien.


Scully comprit au regard de William que Mulder ne lui disait pas tout. William ne comprenait pas pourquoi il lui cachait leur altercation, pourquoi protéger Bill après tout ce qu’il avait pu lui dire. Elle, Elle savait que c’était soit pour ne pas l’inquiéter, soit tout simplement pour ne pas en parler devant William. Quand ils repartirent à la maison, William lui adressa enfin la parole :

- Pourquoi tu lui as menti ?
- Elle n’a pas besoin de ça. Elle a d’autres choses bien plus importantes à penser et à s’occuper en ce moment.
- Comme ?
- Toi !
- Et toi ?


Mulder regarda son fils avec un grand sourire. Ces quelques mots échangés avec lui, lui avait fait très plaisir.


Une semaine plus tard
Margaret était venue rendre visite à sa fille.

- Comment vas-tu faire pour rentrer chez toi ?
- Mulder va venir avec William.
- Comment feras-tu chez toi ?
- Je ne suis pas handicapée, j’ai juste un bras cassé ! William m’aidera un peu et Mulder viendra de temps en temps pour me donner un coup de main.
- Pourquoi ne m’as-tu pas dit qu’il était de retour ?
- Parce que ça ne regarde que moi. Mais aussi pour la même raison que je suppose que Bill a encore été désagréable avec lui.
- Il veut simplement te protéger.
- C’est ma vie ! J’en fais ce que je veux, que ça lui plaise ou non !


Mulder et William venaient d’entrer au même instant. Scully baissa la tête de honte de se donner en spectacle devant ceux qu’elle aime. Une heure plus tard, Scully était de retour chez elle.


Mulder venait leur rendre visite presque tous les jours pour aider Scully. Il passait un peu de temps avec William. Et même si ce dernier était réticent, les deux hommes apprenaient tout de même à se connaître petit à petit. William laissait tomber la barrière entre lui et Mulder au fur et à mesure que les jours passaient.


- Il se fait tard, je vais rentrer. Merci pour le dîner.

Scully regardait Mulder sans rien lui répondre, elle était plongée dans ses grands yeux.

- Tout va bien Scully ?

Scully se reprit et lui sourit :

- Excuse-moi. Tout va bien. Je pensais juste à…
- A ?...
- Je… enfin j’aimerais si tu le veux bien…
- J’accepterais tout ce que tu veux.


Scully sourit à nouveau. Elle était prête à lui demander de rester et il lui déclarait qu’il était prêt à tout pour elle. Il s’approcha d’elle réduisant ainsi l’espace entre leurs deux visages. Leurs cœurs battaient à l’unisson, ce baiser qu’ils s’apprêtaient à se donner était plein de sous-entendus, de non-dit et de promesses. Scully se leva et tendit une main vers Mulder. Il se plongea dans ses yeux tout en posant une main dans celle de Scully. Se redressant à son tour, il la prit dans ses bras et la souleva. Il l’emmena dans sa chambre et la déposa délicatement sur le lit. Il abandonna ses lèvres sur celles de Scully…

Mulder s’était fait une petite place entre eux deux. Doucement, ils redevenaient une famille enfin réunie.
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